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Guide pratique : Évaluation du Fonds de Commerce

L'évaluation du fonds de commerce est l'une des missions les plus complexes et les plus stratégiques en expertise comptable. Elle mobilise à la fois une maîtrise des méthodes d'évaluation reconnues, une connaissance approfondie du tissu économique local et un jugement professionnel affûté.

Ce guide pratique, rédigé par les experts du Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY, est conçu comme un outil de référence destiné aux dirigeants d'entreprises, investisseurs, avocats d'affaires, notaires et professionnels du chiffre. Il synthétise les meilleures pratiques en matière d'évaluation de fonds de commerce, adaptées au contexte marocain.

💡 Pourquoi évaluer son fonds de commerce ?

Une évaluation rigoureuse permet de :

  • Sécuriser une transaction de cession ou d'acquisition
  • Optimiser la négociation du prix de vente
  • Satisfaire aux exigences des établissements bancaires
  • Résoudre des situations de litige entre associés
  • Planifier une restructuration ou une transmission d'entreprise

1. Qu'est-ce qu'un Fonds de Commerce ?

1.1 Définition juridique et comptable

Le fonds de commerce est une universalité de fait regroupant l'ensemble des éléments corporels et incorporels affectés à l'exploitation d'une activité commerciale ou artisanale. Il constitue, en droit marocain comme en droit français, un actif économique à part entière, cessible, apportable et évaluable.

📖 Définition de référence

« L'ensemble des droits et valeurs au moyen desquels s'exerce un négoce ou une industrie. Il est composé de divers éléments dont la réunion, sous une direction unique, crée la valeur du fonds. »

Doctrine juridique et comptable consolidée (France/Maroc)

1.2 Composition du fonds de commerce

Le fonds de commerce se compose de deux grandes catégories d'éléments :

🏢 Éléments Incorporels 🔧 Éléments Corporels
Clientèle et achalandageMatériel et outillage
Droit au bailMobilier commercial
Nom commercial et enseigneAgencements et installations
Licences et autorisationsVéhicules affectés à l'exploitation
Brevets, marques, dessins industrielsInformatique et équipements
Droits de propriété intellectuelleStock (exclu du fonds)
⚠️ Important : Éléments exclus du fonds de commerce

Le stock de marchandises et les créances clients ne font pas partie du fonds de commerce. Ils font l'objet d'une valorisation séparée dans le cadre d'une cession.

1.3 Contextes d'évaluation

L'évaluation du fonds de commerce est requise dans de nombreuses circonstances :

  • Cession ou acquisition du fonds (transaction commerciale)
  • Apport à une société (PP vers PM, fusion, scission)
  • Dossier de crédit ou nantissement auprès d'établissements financiers
  • Litige entre associés ou contentieux judiciaire
  • Éviction du locataire — indemnité d'éviction
  • Déclarations fiscales et succession
  • Restructuration d'entreprise ou transmission familiale

2. Principes Fondamentaux de l'Évaluation

2.1 Les sources documentaires indispensables

Toute évaluation professionnelle du fonds de commerce repose sur une collecte rigoureuse de documents. Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY préconise la revue des éléments suivants :

Documents Comptables Documents Juridiques Informations de Terrain
Bilans et CPC sur 3 à 5 ansBail commercialEmplacement géographique
ESG / États de SynthèseStatuts et K-bisZone de chalandise
Balances détailléesLicences & autorisationsÉtude de concurrence
Déclarations fiscales (IS/IR)Contrats fournisseurs clésTendances du secteur
Tableaux de trésorerieMarques et brevetsConjoncture économique

2.2 Période de référence retenue

Par convention professionnelle, l'évaluation porte sur les 3 à 5 derniers exercices comptables clos. Cette période permet de lisser les effets conjoncturels et d'obtenir une vision représentative de la performance réelle du fonds.

📌 Règle pratique — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY — Pondération des exercices
  • Exercice N-1 : pondération 50%
  • Exercice N-2 : pondération 30%
  • Exercice N-3 : pondération 20%

Cette pondération peut être adaptée selon la tendance d'évolution du chiffre d'affaires.

2.3 Le jugement professionnel : pilier de toute évaluation

Aucune méthode n'est universelle. L'expert évaluateur doit exercer son jugement professionnel à chaque étape, en tenant compte :

  • De la conjoncture économique nationale et locale
  • Des caractéristiques spécifiques du fonds (emplacement, clientèle, notoriété)
  • De la dépendance du fonds à la personnalité du dirigeant
  • Des conditions du bail commercial
  • De la dynamique sectorielle et concurrentielle

3. La Méthode des Barèmes Professionnels (CA)

3.1 Principe de la méthode

La méthode d'évaluation par le chiffre d'affaires (CA) est la plus répandue dans la pratique marocaine et française. Elle consiste à appliquer un coefficient sectoriel au chiffre d'affaires moyen constaté sur la période de référence.

🔢 Formule de calcul

Valeur du Fonds = CA TTC moyen (3-5 ans) × Coefficient sectoriel

Le coefficient sectoriel est exprimé en pourcentage (%) du CA TTC annuel.

Exemple : Pour un commerce de détail alimentaire, le barème varie typiquement de 60% à 100% du CA TTC.

3.2 Analyse préalable du chiffre d'affaires

Avant d'appliquer un barème, une analyse critique du CA s'impose. L'expert doit vérifier :

  • La cohérence du CA avec les déclarations fiscales (TVA, IS/IR)
  • L'évolution du CA sur 3 à 5 ans (tendance haussière, stagnation, déclin)
  • La composition du CA (produits, services, géographie, saisonnalité)
  • L'impact de la stratégie commerciale sur le CA (promotion, fidélisation)
  • L'existence d'éléments exceptionnels (chantiers ponctuels, pandémie, etc.)

3.3 Les barèmes sectoriels au Maroc

En France, l'administration fiscale publie des barèmes de référence. Au Maroc, l'accès à des barèmes officiels demeure limité. Les praticiens s'appuient sur les barèmes français adaptés au contexte local, les transactions comparables de marché, les recommandations de l'Ordre des Experts-Comptables, et les données sectorielles de Bank Al-Maghrib et du HCP.

Secteur d'Activité Barème Min (% CA TTC) Barème Max (% CA TTC)
Commerce alimentaire de détail60%100%
Boulangerie – Pâtisserie70%100%
Café – Restaurant40%80%
Pharmacie50%100%
Coiffure – Esthétique40%80%
Habillement – Mode30%70%
Auto-école60%100%
Activités libérales (médecin, etc.)50%100%
Commerce B2B / Négoce20%50%
Hôtellerie40%80%

Ces barèmes sont donnés à titre indicatif et doivent être ajustés selon les critères qualitatifs propres à chaque fonds.

3.4 Critères d'ajustement du barème

Le coefficient retenu évolue en fonction de la qualité du fonds. Le tableau suivant synthétise les principaux facteurs d'ajustement :

Facteur favorable → Barème élevé Facteur défavorable → Barème bas
Emplacement premium (zone à fort trafic)Emplacement secondaire, faible visibilité
Clientèle fidèle et diversifiéeClientèle concentrée ou liée au dirigeant
Bail longue durée, loyer maîtriséBail précaire ou loyer élevé
Notoriété forte, marque reconnueFonds récent, image peu établie
CA en croissance constanteCA stagnant ou en déclin
Secteur porteur et dynamiqueSecteur en difficulté ou concurrencé
Dépendance faible au dirigeantFonds très dépendant du gérant

4. La Méthode par la Rentabilité (EBE)

4.1 Définition et calcul de l'EBE

L'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) mesure la richesse générée par l'exploitation du fonds, indépendamment de la politique financière, fiscale et des amortissements. C'est l'indicateur de performance économique réelle par excellence.

📊 Calcul de l'EBE — Cascade de l'ESG

Marge Brute sur Ventes en l'État

+ Production de l'Exercice

− Consommations de l'Exercice (achats + autres charges externes)

= VALEUR AJOUTÉE

+ Subventions d'exploitation

− Impôts et taxes

− Charges de personnel (hors rémunération du dirigeant)

= EXCÉDENT BRUT D'EXPLOITATION (EBE)

4.2 Retraitement de la rémunération du dirigeant

Point crucial : la rémunération du chef d'entreprise ne doit pas être incluse dans les charges de personnel pour le calcul de l'EBE d'évaluation. En effet, cette rémunération cessera avec la vente du fonds. L'acquéreur fixera librement sa propre rémunération.

⚠️ Retraitement obligatoire

EBE retraité = EBE comptable + Rémunération nette du dirigeant actuel

Ce retraitement peut avoir un impact considérable sur la valeur finale du fonds. Il est impératif de bien identifier et documenter ce poste lors de la mission d'évaluation.

4.3 Application de la méthode EBE

Une fois l'EBE moyen retraité calculé, on lui applique un coefficient multiplicateur :

🔢 Formule EBE

Valeur du Fonds = EBE moyen retraité (3-5 ans) × Coefficient

Les coefficients usuellement pratiqués varient de 2 à 5 selon la qualité du fonds.

Un fonds premium bien situé avec forte rentabilité peut justifier un coefficient de 5 ou plus.

Qualité du Fonds Coefficient EBE Profil type
Excellent (premium)4 à 6Emplacement de 1er ordre, CA croissant, forte rentabilité
Bon3 à 4Emplacement correct, bonne clientèle, rentabilité stable
Moyen2 à 3Emplacement acceptable, concurrence modérée
Fragile1 à 2Déclin d'activité, bail précaire, dépendance dirigeant forte

5. Les Autres Méthodes d'Évaluation

5.1 Méthode des comparables (approche de marché)

Cette méthode consiste à se référer aux transactions récentes portant sur des fonds de commerce comparables (même secteur, même zone géographique, taille similaire). Elle est particulièrement pertinente dans les marchés avec une base de données de transactions suffisante.

🔍 Application pratique — Sources de comparables au Maroc
  • Agences immobilières spécialisées en cession de fonds
  • Chambres de commerce et d'industrie
  • Réseaux d'experts-comptables et notaires
  • Bases de données transactionnelles des cabinets spécialisés

5.2 Méthode de la marge brute

Cette approche applique un coefficient à la marge brute de l'entreprise plutôt qu'au CA total. Elle est mieux adaptée aux activités à forte valeur ajoutée ou aux négoces avec des marges très variables selon les produits.

5.3 Méthode du droit au bail

Dans certains cas, notamment pour les fonds dont la valeur est principalement portée par l'emplacement et le bail, on procède à une évaluation spécifique du droit au bail. Celle-ci se base sur la différence entre le loyer du marché et le loyer contractuel, capitalisée sur la durée résiduelle du bail.

🔢 Formule du droit au bail

Droit au Bail = (Loyer marché − Loyer contractuel) × Coefficient de capitalisation

Exemple : Loyer marché = 50 000 MAD/mois, loyer contractuel = 30 000 MAD/mois

Économie mensuelle = 20 000 MAD → Droit au bail estimé = 20 000 × 12 × Coefficient

5.4 Méthode du Goodwill

Le Goodwill représente la valeur du sur-profit généré par le fonds par rapport à une rentabilité normale attendue. Cette méthode, plus complexe, est utilisée dans les évaluations d'entreprises et intègre le coût du capital investi.

📐 Formule du Goodwill

GW = (Résultat net retraité − i × Actif net corrigé) × Coefficient d'actualisation

où i = taux de rendement normal des capitaux investis (généralement 5% à 8%)

Cette méthode est davantage utilisée pour l'évaluation globale des entreprises.

5.5 Méthodes Ferbos et Pinoteau

Ces méthodes empiriques, développées par des praticiens français, combinent plusieurs paramètres (CA, marge, emplacement) pour aboutir à une valorisation plus nuancée. Elles sont peu répandues au Maroc mais peuvent servir de contre-vérification utile.

6. Synthèse Comparative des Méthodes

6.1 Tableau comparatif

Méthode Données requises Facilité d'usage Fiabilité Usage au Maroc
Barèmes CACA TTC 3-5 ans⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Très fréquent
EBE / RentabilitéESG 3-5 ans + retraitements⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Fréquent
ComparablesBase données transactions⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Limité
Droit au bailBail + loyers marché⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Parfois
GoodwillActif net + rentabilité⭐⭐⭐⭐⭐⭐Rare
Marge bruteComptes détaillés⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Occasionnel

6.2 Recommandation — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY : l'approche combinée

La jurisprudence et la doctrine professionnelle recommandent de croiser les méthodes pour aboutir à une valeur vénale robuste. Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY préconise systématiquement l'approche combinée :

🎯 Méthodologie — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY — Approche en 5 étapes
  1. Calcul de la valeur par les barèmes CA (méthode de base)
  2. Calcul de la valeur par l'EBE retraité (méthode de contrôle)
  3. Pondération selon la qualité des données disponibles
  4. Ajustements qualitatifs (bail, emplacement, clientèle, conjoncture)
  5. Fourchette de valeur et valeur centrale recommandée

La valeur retenue = Moyenne pondérée des deux approches principales

7. Critères Qualitatifs d'Ajustement

7.1 L'emplacement : facteur déterminant

L'emplacement est souvent le premier facteur de valeur d'un fonds de commerce. Au Maroc, l'analyse doit porter sur :

  • La localisation (centre-ville, zone commerciale, périphérie, medina)
  • Le flux piétonnier et automobile
  • La visibilité et l'accessibilité du local
  • La présence de commerces moteurs (grande surface, banque, pharmacie)
  • L'évolution du quartier (gentrification, déclin, projets urbains)

7.2 Analyse du bail commercial

Le bail commercial conditionne la pérennité du fonds. L'expert doit examiner :

Élément du bail Impact sur la valeur
Durée résiduelle longue (> 6 ans)Valeur plus élevée
Loyer maîtrisé (< prix de marché)Droit au bail valorisé
Clause de renouvellement favorableSécurité accrue
Bail précaire ou à durée courteDécote significative
Loyer élevé (> prix de marché)Pénalise la valeur
Clause d'indexation plafonnéeFacteur positif

7.3 La clientèle et sa fidélité

La clientèle est l'actif incorporel central du fonds. L'évaluateur doit apprécier :

  • Le taux de fidélisation (clientèle récurrente vs. de passage)
  • La diversification du portefeuille clients (risque de concentration)
  • La dépendance vis-à-vis du dirigeant actuel
  • La notoriété de l'enseigne et la réputation en ligne
  • La présence digitale et le référencement web (Google, réseaux sociaux)

7.4 Facteurs économiques et sectoriels

Au-delà des données internes, l'expert intègre des paramètres macro-économiques :

  • Tendances du secteur (croissance, saturation, disruption digitale)
  • Niveau de concurrence locale
  • Réglementations spécifiques au secteur
  • Contexte économique national (croissance PIB, pouvoir d'achat)
  • Saisonnalité de l'activité

8. Cas Pratiques et Situations Complexes

8.1 EBE négatif ou très faible

Lorsque l'EBE est négatif ou insuffisant pour servir de base de calcul, l'expert adopte une démarche spécifique :

💡 Solution pratique en cas d'EBE négatif
  1. Analyser les causes : charges exceptionnelles, investissements massifs, période de démarrage
  2. Retraiter les charges non récurrentes (provisions, dotations exceptionnelles)
  3. Recalculer un EBE normatif fondé sur un CA potentiel
  4. Privilégier la méthode des barèmes CA comme référence principale
  5. Appliquer une décote sur la valeur obtenue par les barèmes
  6. Justifier toutes les hypothèses retenues dans le rapport d'évaluation

8.2 Activités sans barème sectoriel

Pour les activités innovantes, les nouvelles technologies ou les secteurs non couverts par les barèmes existants, l'expert procède ainsi :

  • Identification d'activités comparables comme proxy
  • Recours exclusif à la méthode EBE
  • Application de la méthode des comparables si des transactions similaires existent
  • Construction d'un barème ad hoc basé sur les marges sectorielles

8.3 Fonds en difficulté

L'évaluation d'un fonds en difficulté requiert des ajustements spécifiques :

Situation Approche recommandée
CA en déclin sur 3 ansBarème bas + décote sur EBE
Procédure collective en coursValeur liquidative ou valeur de cession forcée
Bail expirant dans < 2 ansDécote de 30% à 50% sur la valeur normale
Fonds très dépendant du dirigeantDécote de 20% à 40% selon le degré de dépendance
Contentieux en coursProvision pour risque + rapport juridique requis

9. Le Rapport d'Évaluation : Structure et Exigences

9.1 Contenu du rapport professionnel

Un rapport d'évaluation du fonds de commerce conforme aux standards professionnels doit comprendre :

  1. Présentation de la mission et du mandat : contexte, objet, date de référence de l'évaluation
  2. Description du fonds de commerce évalué : activité, localisation, historique, éléments constitutifs
  3. Analyse de l'environnement : secteur, marché, concurrence, tendances
  4. Analyse financière : CA, EBE, marges, évolution sur 3-5 ans
  5. Application des méthodes d'évaluation : détail des calculs, hypothèses et coefficients retenus
  6. Synthèse et fourchette de valeur : valeur basse, valeur centrale, valeur haute
  7. Conclusion et signature de l'expert : déclarations, réserves éventuelles

9.2 Responsabilité de l'expert évaluateur

L'expert-comptable mandaté pour évaluer un fonds de commerce engage sa responsabilité professionnelle. Il doit :

  • Respecter les normes de l'Ordre des Experts-Comptables au Maroc
  • Maintenir son indépendance et éviter tout conflit d'intérêts
  • Documenter toutes les hypothèses et sources utilisées
  • Exprimer ses conclusions avec le niveau de certitude approprié
  • Mentionner les limitations et réserves éventuelles

10. Checklist Pratique d'Évaluation

Phase 1 — Collecte documentaire

Avant de commencer l'évaluation, s'assurer de disposer de :

  • 3 à 5 derniers bilans et CPC certifiés
  • ESG (États des Soldes de Gestion) sur la même période
  • Déclarations fiscales (IS, TVA, IR le cas échéant)
  • Copie du bail commercial et ses avenants
  • Autorisations et licences d'exploitation
  • Liste des actifs corporels avec état de vétusté
  • Liste du personnel et contrats de travail
  • Contrats fournisseurs importants
  • Informations sur la clientèle (concentration, récurrence)

Phase 2 — Analyse et retraitements

  • Vérification de la cohérence CA/TVA déclarée
  • Retraitement de la rémunération du dirigeant
  • Élimination des charges et produits non récurrents
  • Calcul des moyennes pondérées (CA et EBE)
  • Analyse des ratios (marge brute, charges de personnel/CA)

Phase 3 — Application des méthodes

  • Calcul par barèmes CA (méthode principale)
  • Calcul par EBE retraité (méthode de contrôle)
  • Vérification par comparables si disponibles
  • Ajustements qualitatifs (emplacement, bail, clientèle)
  • Calcul de la fourchette de valeur finale
Règle d'or — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY

Ne jamais communiquer une valeur unique mais toujours une fourchette.
La valeur d'un fonds de commerce est une estimation professionnelle, non une vérité absolue.
C'est la négociation qui fixera le prix définitif.

11. Questions Fréquentes (FAQ)

? Quelle est la différence entre la valeur et le prix d'un fonds de commerce ?
La valeur est une estimation technique réalisée par un expert sur la base de méthodes professionnelles. Le prix est le résultat d'une négociation entre acheteur et vendeur, qui intègre des facteurs subjectifs (urgence de vente, motivation de l'acheteur, conditions de marché du moment). Le prix peut s'écarter significativement de la valeur estimée.
? Les barèmes fiscaux marocains sont-ils obligatoires ?
Non. Les barèmes publiés par l'administration fiscale n'ont aucune base légale contraignante. Ils servent de référence indicative. L'expert peut s'en écarter s'il dispose d'éléments justifiant une valorisation différente.
? Faut-il inclure le stock dans la valeur du fonds de commerce ?
Non. Le stock de marchandises est valorisé séparément, généralement au prix de revient ou à la valeur nette de réalisation. La cession du fonds et la cession du stock font l'objet d'actes distincts dans la pratique transactionnelle.
? Combien de temps prend une évaluation de fonds de commerce ?
Une évaluation professionnelle réalisée par le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY nécessite généralement 5 à 15 jours ouvrés selon la complexité du dossier, la disponibilité des documents et la taille de l'entreprise. Ce délai permet une analyse rigoureuse et la rédaction d'un rapport complet.
? Peut-on contester une évaluation fiscale du fonds de commerce ?
Oui. En cas de redressement fiscal portant sur la valeur d'un fonds de commerce, l'expertise contradictoire est possible. Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY accompagne ses clients dans les procédures de contestation et de dialogue avec l'administration fiscale, avec constitution d'un dossier d'évaluation opposable.

Conclusion

L'évaluation du fonds de commerce est une discipline exigeante qui associe rigueur analytique, maîtrise des méthodes professionnelles et finesse de jugement. Elle est au cœur des décisions stratégiques des entrepreneurs marocains : cession, acquisition, transmission, financement.

La combinaison des méthodes — barèmes CA et EBE retraité — reste l'approche de référence préconisée par la profession. Elle doit toutefois être enrichie d'une analyse qualitative approfondie du fonds, de son environnement et de sa dynamique sectorielle.

Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY, fort de son expertise en évaluation d'entreprises et de fonds de commerce, est à votre disposition pour vous accompagner dans toutes vos missions d'évaluation, de cession, d'acquisition et de conseil stratégique.

© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-

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Guide complet : Quelle forme juridique choisir au Maroc

Dans la pratique, les difficultés ne viennent pas seulement du dépôt initial, mais surtout de l'enchaînement entre certificat négatif, statuts, registre du commerce, identifiants fiscaux, CNSS, siège social et ouverture opérationnelle. Cet article propose une lecture cabinet : comprendre l'ordre logique, les pièces attendues, les arbitrages juridiques et les risques de non-conformité afin de réduire les allers-retours et les coûts cachés.

Le paysage marocain s'est enrichi en pratique avec la SAS, tandis que la création électronique s'est généralisée. Le choix de forme juridique ne se résume donc plus à SARL ou SA : il faut désormais raisonner aussi en termes de souplesse statutaire, de transmission, d'investisseurs, de responsabilité et de contraintes de gouvernance.

Les sources officielles de création rappellent que les formalités sont de plus en plus interconnectées. En clair, un mauvais choix juridique ne se corrige pas seulement sur le papier : il se répercute sur les statuts, les pouvoirs, le siège, la fiscalité, les relations bancaires et le coût de mise en conformité.

Cette fiche s'adresse aux créateurs d'entreprise, investisseurs, dirigeants de PME, familles entrepreneuriales, groupes étrangers qui s'implantent au Maroc, ainsi qu'aux professionnels qui doivent arbitrer entre simplicité, sécurité et potentiel de croissance.

1. Le bon choix juridique commence par le projet, pas par le formulaire

La première erreur consiste à choisir une forme juridique parce qu'elle est « courante ». La SARL est très répandue au Maroc, mais ce n'est pas une raison suffisante pour l'adopter systématiquement. Il faut partir de questions concrètes : combien d'associés aujourd'hui et demain ? L'activité nécessite-t-elle des investisseurs ? La gouvernance doit-elle rester simple ou prévoir des droits de veto, des clauses de sortie, plusieurs classes de titres ou des pouvoirs différenciés ? Le projet a-t-il vocation à lever des fonds, à rester familial, à être transmis, ou à servir simplement d'outil d'exploitation locale ?

Une forme sociale correcte est celle qui réduit les frictions futures. Une société peut être parfaitement immatriculée et pourtant mal calibrée : responsabilité mal comprise, entrée d'un associé rendue trop compliquée, gouvernance trop lourde, ou fiscalité indirecte mal anticipée parce que les actes de la vie sociale sont devenus inutilement complexes. Le choix doit donc être fait en croisant cinq critères : responsabilité des associés, gouvernance, circulation des titres ou parts, financement, et coût de conformité.

2. Les principales formes à comparer : SARL, SARL AU, SAS, SA, SNC et succursale

La SARL reste la forme la plus intuitive pour les PME et les activités d'exploitation classiques. Elle protège le patrimoine personnel des associés à hauteur des apports, permet une gestion assez lisible par un ou plusieurs gérants, et convient bien aux structures familiales, commerciales ou de services qui n'ont pas besoin d'ingénierie actionnariale lourde. La SARL AU répond à la même logique pour l'entrepreneur seul qui souhaite isoler son activité dans une personne morale distincte.

La SAS devient pertinente quand la souplesse statutaire est un vrai besoin. Elle convient mieux aux projets où la relation entre associés doit être finement organisée. La SA, quant à elle, correspond davantage aux projets de taille importante, aux montages qui exigent une gouvernance plus institutionnelle ou aux structures appelées à accueillir un actionnariat large. La SNC doit être réservée aux cas où les associés assument une responsabilité indéfinie et solidaire dans un cadre de confiance fort ; ce n'est pas un véhicule neutre. Enfin, la succursale n'est pas une société marocaine autonome : elle prolonge juridiquement une société étrangère, ce qui peut être utile pour garder le contrôle depuis la maison mère, mais expose aussi celle-ci plus directement.

Tableau comparatif des formes juridiques

Forme Responsabilité Gouvernance Usage typique
SARL Limitée aux apports Gérant(s) — simple PME, commerces, services, famille
SARL AU Limitée aux apports Associé unique gérant Entrepreneur seul, isolation du risque
SAS Limitée aux apports Statutairement libre Startups, investisseurs, gouvernance sur mesure
SA Limitée aux apports Conseil d'administration / Directoire Grands projets, actionnariat large, institutionnel
SNC Indéfinie et solidaire Gérant(s) Forte confiance entre associés
Succursale Reportée sur la maison mère Représentant désigné Implantation d'un groupe étranger

Lecture rapide par usage

SARL / SARL AU

Simplicité, exploitation locale, stabilité de l'actionnariat.

SAS

Croissance, investisseurs, gouvernance sur mesure.

SA

Projets plus structurés et institutionnels.

SNC

Très forte confiance entre associés.

Succursale

Implantation d'un groupe étranger sans créer une filiale autonome.

3. Les critères qui font vraiment la différence au quotidien

La responsabilité est le premier filtre. Si les associés veulent protéger leur patrimoine hors faute de gestion ou garanties personnelles, les formes à responsabilité limitée sont généralement privilégiées. Ensuite vient la gouvernance. Une SARL fonctionne bien quand les rôles sont simples ; une SAS ou une SA prennent plus de sens lorsque les pouvoirs doivent être formalisés et partagés. Le troisième critère est la circulation du capital : cession de parts, entrée d'un investisseur, mécanismes d'agrément ou de préemption, opération de levée de fonds, transformation future.

Le quatrième critère est la perception des partenaires. Une banque, un investisseur, un grand donneur d'ordre ou une maison mère étrangère ne lisent pas toutes les structures de la même manière. Le cinquième critère est le coût de conformité. Plus la forme est sophistiquée, plus il faut accepter un niveau supérieur de rédaction, de suivi juridique, de décisions sociales et de contrôle documentaire. Ce coût supplémentaire est utile seulement s'il crée une vraie valeur : fluidité de gouvernance, protection des fondateurs, capacité de financement ou lisibilité pour les tiers.

Cas typiques de choix

Projet familial

Commerce ou services : la SARL reste souvent le meilleur point d'équilibre.

Entrepreneur seul

SARL AU si l'objectif est d'isoler le risque.

Startup

Avec investisseurs et management réparti : la SAS mérite une étude approfondie.

Grande structure

Besoin de gouvernance institutionnelle : la SA s'impose plus naturellement.

Groupe étranger

Qui teste le marché : la succursale peut être pertinente, sous réserve d'une analyse juridique et fiscale.

4. Les erreurs de choix les plus fréquentes

Sous-structurer un projet ambitieux : on choisit une SARL par facilité alors qu'une gouvernance plus souple ou des clauses d'investisseur seront nécessaires très vite.

Sur-structurer une activité simple : la société existe, mais les associés perdent du temps et de l'argent à faire vivre des règles inutiles.

Ignorer la sortie : beaucoup d'associés pensent uniquement à la création et non à la revente, à l'arrivée d'un tiers, au décès, au conflit ou au départ d'un fondateur.

Erreurs documentaires : objet social trop vague ou trop étroit, confusion entre siège et domiciliation, pouvoirs mal définis, incohérence entre statuts et organisation réelle. Ces faiblesses apparaissent au premier litige, à l'ouverture du compte bancaire, à la demande d'un investisseur ou lors d'un contrôle fiscal.

5. La bonne méthode pour arbitrer avant de créer

Avant toute immatriculation, il est utile de tenir une séance de cadrage très concrète avec les fondateurs : qui apporte quoi, qui décide quoi, qui exploite l'activité, qui finance, qui peut vendre, qui veut rester majoritaire, quel est le scénario si un associé sort, et quel sera le besoin de financement à douze ou vingt-quatre mois. À partir de là, on peut rédiger une matrice de choix simple et éliminer les formes qui ne conviennent pas.

Une fois la forme arrêtée, il faut faire suivre immédiatement les actes. La qualité du choix dépend aussi de la qualité d'exécution : statuts cohérents, siège justifié, pouvoirs alignés, calendrier de création maîtrisé, fiscalité de démarrage anticipée, comptabilité et facturation préparées. Le bon choix juridique n'est pas uniquement un débat théorique : c'est une séquence de conformité.

Risques en cas de non-conformité

Les principaux risques sont le rejet ou la suspension d'un dossier, la non-cohérence entre statuts et exploitation réelle, l'oubli d'une formalité post-création, la sous-estimation des coûts, ou encore le démarrage d'activité avec un cadre contractuel et fiscal mal calibré.

Plan d'action recommandé

  • 1Cartographier l'activité réelle, les associés, la gouvernance et l'horizon de croissance avant de choisir la forme juridique.
  • 2Préparer un dossier unique et cohérent : identité, adresse, activité, capital, pouvoirs, justificatifs et calendrier.
  • 3Sécuriser les statuts et les actes annexes avant dépôt pour éviter de corriger après immatriculation.
  • 4Planifier les formalités post-création dès l'amont : fiscalité, CNSS, contrats, facturation, comptabilité et compte bancaire.
  • 5Mettre en place un suivi cabinet de bout en bout avec contrôle documentaire et jalons.
  • 6Matérialiser un dossier permanent : actes et contrats utiles, pièces justificatives structurantes, schéma des flux, options retenues, liste des échéances et contrôles clés.

Notre lecture cabinet est simple : une création d'entreprise ne doit pas être traitée comme une simple démarche administrative. C'est le point de départ d'une architecture juridique, comptable, fiscale et sociale. Plus le cadrage initial est précis, moins l'entreprise subira de coûts de correction ensuite.

Questions fréquentes

Non. Elle est souvent la plus pratique pour une PME classique, mais elle n'est pas toujours adaptée à un projet avec investisseurs, droits différenciés ou gouvernance complexe.
La différence majeure tient à la liberté statutaire. La SAS permet de construire une gouvernance plus personnalisée, alors que la SARL reste plus standardisée.
La succursale peut être pertinente lorsqu'une société étrangère veut s'implanter au Maroc sans créer une entité autonome séparée. Il faut toutefois mesurer les effets juridiques, fiscaux et opérationnels de cette exposition directe.
Oui, mais elle convient à des situations particulières marquées par une forte confiance entre associés, car la responsabilité y est beaucoup plus lourde que dans une SARL ou une SAS.
Oui, mais la transformation a un coût documentaire, fiscal, juridique et parfois relationnel. Mieux vaut choisir la structure qui accompagnera raisonnablement la croissance du projet.

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Guide Directives_OEC MAROC _Delais_Paiement_Loi 69-21

Partie I — Commissaire aux Comptes

CA ≥ 50 MMAD

Directive approuvée : 6 octobre 2023

Déclaration : Trimestrielle

Partie II — Expert-Comptable

CA < 50 MMAD

Directive approuvée : 11 mars 2025

Déclaration : Annuelle (2024–2025) puis trimestrielle (à partir de 2026)

Partie I — Commissaire aux Comptes (CA ≥ 50 MMAD)

Directive relative aux diligences du Commissaire aux Comptes — Appliquer pour les entités réalisant un chiffre d'affaires égal ou supérieur à 50 MMAD

Directive OEC approuvée le 6 octobre 2023

Introduction

1. La présente directive a pour objet de définir les principes fondamentaux et leurs modalités d'application relatifs au rôle, aux conditions d'intervention et aux diligences du commissaire aux comptes à qui il est demandé, conformément aux dispositions de la Loi 69-21, d'émettre un visa sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents.

2. A cet effet, et conformément aux dispositions de ladite loi, la mission est assurée par le(s) commissaire(s) aux comptes de l'entité en exercice, lorsqu'il s'agit d'une entité réalisant un chiffre d'affaires égal ou supérieur à MMAD 50.

Par ailleurs, pour les entités spécifiques réalisant un chiffre d'affaires égal ou supérieur à MMAD 50 et n'ayant pas un commissaire aux comptes (établissements publics, succursales, etc.), la mission est réalisée par l'auditeur externe en exercice (commissaire aux comptes dans la suite de la présente directive).

3. Cette intervention ponctuelle requiert du ou des commissaire(s) aux comptes une obligation de moyens, c'est-à-dire, la mise en œuvre des diligences requises en vue de délivrer son/leur visa.

Elle requiert également des délais minimums afin que le commissaire aux comptes puisse mettre en œuvre ses diligences en application des exigences et normes professionnelles. Le commissaire aux comptes doit à ce titre, et en fonction de la taille et des spécificités de l'entité et compte tenu de la date limite de dépôt de la déclaration, convenir avec les dirigeants de l'entité de délais appropriés de remise de la déclaration et des pièces justificatives correspondantes.

Ces délais devront être précisés dans la lettre de mission et ne pourront être inférieurs à quinze jours de la date limite de dépôt de la déclaration.

4. La déclaration et l'état joint sont établis sous la responsabilité de la direction de l'entité qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité.

5. Cette mission a pour but, sur la base des diligences citées ci-dessous, de délivrer un visa de concordance conformément aux dispositions prévues par la loi 69-21.

Le visa, auquel est annexé l'état joint à la déclaration signé par la direction de l'entité, est délivré :

  • Soit sans observations,
  • Soit avec observations motivant la/les discordance(s) relevée(s),
  • Soit avec impossibilité de conclure sur la concordance lorsque l'étendue des observations le justifie.

Attitude professionnelle du commissaire aux comptes

6. Dans le cadre de la réalisation de cette mission, le Commissaire aux comptes doit se référer aux principes fondamentaux prévus par le Code des devoirs professionnels adopté par le décret n°2.18.254 et publié au Bulletin officiel n°6844 du 2 janvier 2020.

7. Le visa de concordance est délivré par le commissaire aux comptes dans le respect des dispositions légales et réglementaires, des normes professionnelles ainsi que des dispositions de la présente directive.

8. La réalisation de cette mission reste subordonnée à la disponibilité de toutes les pièces justificatives requises, documentant les informations figurant dans l'état joint à la déclaration, bases de contrôle du professionnel.

9. Cette intervention constitue une mission connexe instituée par la Loi. Elle doit faire l'objet d'une lettre de mission séparée précisant l'objectif de la mission, les responsabilités respectives et les modalités d'intervention. Un modèle de lettre de mission est présenté en annexe.

Diligences

10. Le Commissaire aux comptes doit prendre connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet.

11. Le commissaire aux comptes doit mener les diligences qu'il estime nécessaires selon son jugement professionnel, notamment s'entretenir avec la direction de l'entité, s'appuyer sur la connaissance qu'il a ou qu'il devra avoir de l'entité et s'enquérir de toutes les informations nécessaires pouvant impacter éventuellement ses conclusions.

12. Le commissaire aux comptes doit également prendre connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) afin d'organiser et de planifier sa mission.

13. Conformément aux dispositions de la loi 69-21, le commissaire aux comptes doit vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et les justificatifs correspondants.

14. Par conséquent, il n'appartient pas au commissaire aux comptes de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

15. Le commissaire aux comptes doit vérifier la concordance des informations ci-dessous avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) :

  • Identifiant fiscal du fournisseur + ICE
  • Numéro de Registre de commerce du fournisseur
  • Adresse du Siège social, domicile fiscal ou principal établissement
  • Numéro de la facture
  • Date d'émission de la facture
  • Nature de la marchandise
  • Date de livraison
  • Date de constatation
  • Date prévue de paiement
  • Date convenue de paiement de la facture
  • Délai prévu pour le paiement selon le délai fixé par le secteur
  • Date prévue pour le paiement de la facture selon le délai fixé
  • Montant de la facture
  • Montant non encore payé de la facture
  • Montant payé partiellement ou totalement hors délai
  • Date du paiement total ou partiel hors délai
  • Montant objet du litige soumis à la justice
  • Date de recours judiciaire
  • Montant dû après jugement
  • Date de jugement définitif
  • Mode de paiement
  • Références de paiement

16. Le commissaire aux comptes doit mener ses travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue de lui permettre d'effectuer ses travaux de vérification de concordance dans les meilleures conditions. Cet échantillon pourra varier en fonction de la taille et des spécificités de l'entité, du volume de factures non payées dans les délais, de la connaissance que le commissaire aux comptes a de l'environnement de l'entité, de son système d'information et de son dispositif de contrôle interne.

Cet échantillon est déterminé suivant le jugement professionnel du commissaire aux comptes. Toutefois, face à une volumétrie importante de factures déclarées non payées dans les délais, il doit s'assurer que la constitution de son échantillon combine aussi bien une approche statistique pure qu'une approche basée sur le jugement professionnel :

Volume Faible Moyen Élevé — Approche statistique Élevé — Jugement professionnel
Échantillon à tester Tests étendus Échantillon représentatif : taux de couverture important Sélection des éléments clés : factures dont le montant dépasse un seuil déterminé par le CAC

+ Échantillon aléatoire : XX% des factures restantes avec minimum X et maximum Y (à déterminer par le CAC)
Sélection de factures additionnelles selon le jugement professionnel (connaissance entité, SI, risques)

17. Si le commissaire aux comptes a connaissance de faits ou de situations dans le cadre de son mandat d'audit légal pouvant impacter les conclusions de son visa, il doit en apprécier les conséquences.

18. Le commissaire aux comptes doit veiller à la matérialisation de ses travaux au moyen de la constitution d'un dossier comportant les travaux réalisés, les sondages effectués et les pièces ayant servi à la documentation de la/des discordance(s) relevée(s).

19. A l'issue de ses travaux, il formule son visa de concordance en fonction de ses conclusions selon les modèles ci-joints.

Rabat, le 6 Octobre 2023
Le Conseil National de l'Ordre des Experts-Comptables

Annexe 1 Modèles de visas — Commissaire aux Comptes (CA ≥ 50 MMAD)

Variante 1 — Sans observations

Visa CAC — Variante 1 : Sans observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Commissaire aux Comptes(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

En notre qualité de commissaire(s) aux comptes de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée le 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, nous n'avons pas d'observations sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Variante 2 — Avec observations

Visa CAC — Variante 2 : Avec observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Commissaire aux Comptes(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

En notre qualité de commissaire(s) aux comptes de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée le 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA, appelle de notre part les observations suivantes :

... A préciser.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Variante 3 — Impossibilité de conclure

Visa CAC — Variante 3 : Impossibilité de conclure
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Commissaire aux Comptes(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

En notre qualité de commissaire(s) aux comptes de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée le 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Impossibilité de conclure :

En raison de [à préciser], nous ne sommes pas en mesure de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Préciser les situations/points qui ne permettent pas de vérifier la concordance.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Variante 4 — Pas de retards de paiement déclarés

Visa Commissaire aux Comptes — Variante 4 : Pas de retards de paiement déclarés
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

En notre qualité de Commissaire aux Comptes(s) de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons pour mission de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Nous attirons votre attention que ledit état ne fait ressortir aucune facture non payée totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables approuvée en date du 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous n'avons pas d'observations à formuler.

Ou,

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous avons les observations suivantes :

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Annexe 2 Modèle de lettre de mission — Commissaire aux Comptes (CA ≥ 50 MMAD)

Lettre de mission — Commissaire aux Comptes

AAA — [Adresse] — Maroc

A l'attention de Monsieur ................ — Directeur Général
A ......................, le ....................................

Objet : Lettre de mission relative à l'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents au titre de l'année XXXX.

Monsieur le Directeur Général,

Nous vous confirmons par la présente les termes et les conditions de mise en œuvre de notre mission d'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle à établir par votre entité, avec les factures non payées dans les délais, prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, ainsi que les documents y afférents.

En tant que Commissaire aux comptes chargé de délivrer le visa relatif à la déclaration sur les délais de paiement, conformément aux dispositions de l'article 4-78 de la loi n° 69-21, nous mettrons en œuvre nos diligences, qui ne constituent ni un audit, ni un examen limité, selon les normes de la Profession au Maroc.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient, à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins.

I. Nos travaux

Notre mission portera sur les travaux suivants :

  • La réalisation des entretiens nécessaires ainsi que la prise de connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) ;
  • La vérification par sondages, de la concordance de toutes les informations prévues par la loi 69-21, telles que devant ressortir dans la déclaration trimestrielle avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) ;
  • L'accomplissement des diligences nécessaires en cas d'absence de factures impayées totalement ou partiellement dans les délais et notamment de nous entretenir avec la direction de l'entité, en nous appuyant sur la connaissance que nous avons de celle-ci et d'examiner toutes les informations jugées nécessaires pouvant impacter éventuellement nos conclusions.

Il est entendu qu'il ne nous appartient pas de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées totalement ou partiellement dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, et ne figurant pas dans l'état préparé par votre entité.

II. Responsabilité de la Direction

Votre entité doit veiller, sous sa responsabilité, à :

  • La mise en place de tous les systèmes et procédures nécessaires, pour s'assurer de la mise en conformité de votre système de gestion/comptable, par rapport aux exigences de la loi 69.21 relatives aux délais de paiement ;
  • L'établissement de la déclaration ainsi que de son annexe prévue à l'article 4.78 de la loi 69-21, comportant de manière exhaustive, sincère et exacte toutes les données et informations prévues par ladite loi ;
  • La mise à notre disposition de toutes les factures non payées dans les délais, des pièces justificatives y afférentes ainsi que tous autres documents ou informations jugés nécessaires au plus tard quinze jours avant la date limite de dépôt de la déclaration ;
  • La mise à notre disposition de la déclaration à déposer par vos soins dans les délais légaux, dûment signée et cachetée par votre entité et qui sera annexée à notre visa.
III. Responsabilité du Commissaire aux comptes

Nous avons pour mission de contrôler la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus, conformément à la directive de l'ordre des experts comptables et notamment, nous assurer de :

  • La prise de connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet ;
  • La vérification de la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et des justificatifs correspondants ;
  • La mise en œuvre de nos travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue d'effectuer les vérifications requises ;
  • La mise à la disposition de votre entité de notre visa auquel est annexé la déclaration établie et signée par votre entité, pour dépôt par vos soins.
IV. Nos Honoraires

Nos honoraires sont déterminés en fonction du temps passé, du niveau de responsabilité et de la qualification professionnelle des collaborateurs affectés à la mission.

Sur la base de ces critères, nos honoraires pour l'émission du visa de concordance au titre de chaque trimestre, s'élèvent à ..... MAD hors taxes et débours.

Cette estimation d'honoraires repose sur des conditions de déroulement normal de notre mission et sur une assistance active de vos services. Au cas où nous rencontrerions des problèmes particuliers en cours de mission, nous vous en informerons sans délais et serons amenés, le cas échéant, à réviser cette estimation.

Nous vous saurions gré d'accuser réception de cette lettre et de confirmer par écrit votre acceptation des termes et conditions de notre mission en nous retournant un exemplaire de cette lettre revêtu de votre signature avec la mention « bon pour accord ».

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de nos sentiments distingués.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux comptes

Bon pour accord, pour le compte de la société ................ — M................. Directeur Général

Partie II — Expert-Comptable (CA < 50 MMAD)

Directive relative aux diligences de l'Expert-Comptable — Appliquer pour les entités réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 50 MMAD et supérieur à 2 MMAD

Directive OEC approuvée le 11 mars 2025

Introduction

1. La présente directive a pour objet de définir les principes fondamentaux et leurs modalités d'application relatifs au rôle, aux conditions d'intervention et aux diligences de l'Expert-Comptable à qui il est demandé, conformément aux dispositions de la Loi 69-21, d'émettre un visa sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle/trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents.

2. A cet effet, et conformément aux dispositions de ladite loi, la mission est assurée par l'Expert-Comptable désigné par l'entité, lorsqu'il s'agit d'une entité réalisant un chiffre d'affaires inférieur à MMAD 50 et supérieur à MMAD 2.

Par ailleurs, pour les entités réalisant un chiffre d'affaires inférieur à MMAD 50 et ayant un Commissaire aux Comptes, il est recommandé que la mission soit réalisée par ce dernier conformément à la directive de l'OEC du 6 octobre 2023.

3. Cette intervention ponctuelle requiert de l'Expert-Comptable une obligation de moyens, c'est-à-dire, la mise en œuvre des diligences requises en vue de délivrer son visa.

Elle requiert également des délais minimums afin que l'Expert-Comptable puisse mettre en œuvre ses diligences en application des exigences et normes professionnelles. L'Expert-Comptable doit à ce titre, et en fonction de la taille et des spécificités de l'entité et compte tenu de la date limite de dépôt de la déclaration, convenir avec les dirigeants de l'entité des délais appropriés de remise de la déclaration et des pièces justificatives correspondantes.

Ces délais devront être précisés dans la lettre de mission et ne pourront être inférieurs à trente jours de la date limite de dépôt de la déclaration annuelle et à quinze jours de la date limite de dépôt de la déclaration trimestrielle.

4. La déclaration et l'état joint sont établis par et sous la responsabilité de la direction de l'entité qui doit s'assurer de leur exhaustivité et sincérité.

5. Cette mission a pour but, sur la base des diligences citées ci-dessous, de délivrer un visa de concordance conformément aux dispositions prévues par la loi 69-21.

Le visa, auquel est annexé l'état joint à la déclaration, signée par la direction de l'entité, est délivré :

  • Soit sans observations,
  • Soit avec observations motivant la/les discordance(s) relevée(s),
  • Soit avec impossibilité de conclure sur la concordance lorsque l'étendue des observations le justifie.

Attitude professionnelle de l'Expert-Comptable

6. Dans le cadre de la réalisation de cette mission, l'Expert-Comptable doit se référer aux principes fondamentaux prévus par le Code des devoirs professionnels adopté par le décret n°2.18.254 et publié au Bulletin officiel n°6844 du 2 janvier 2020.

7. Le visa de concordance est délivré par l'Expert-Comptable dans le respect des dispositions légales et réglementaires, des normes professionnelles ainsi que des dispositions de la présente directive.

8. La réalisation de cette mission reste subordonnée à la disponibilité de toutes les pièces justificatives requises, documentant les informations figurant dans l'état joint à la déclaration, bases de contrôle du professionnel.

9. Cette intervention constitue une mission distincte des missions dont l'Expert-Comptable désigné par l'entité, est chargé de réaliser au profit de cette dernière. Elle doit faire l'objet d'une lettre de mission séparée précisant l'objectif de la mission, les responsabilités respectives et les modalités d'intervention. Un modèle de lettre de mission est présenté en annexe.

Diligences

10. L'Expert-Comptable doit prendre connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet.

11. L'Expert-Comptable doit mener les diligences qu'il estime nécessaires selon son jugement professionnel, notamment s'entretenir avec la direction de l'entité, s'appuyer sur la connaissance qu'il a ou qu'il devra avoir de l'entité et s'enquérir de toutes les informations nécessaires pouvant impacter éventuellement ses conclusions.

12. L'Expert-Comptable doit également prendre connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) afin d'organiser et de planifier sa mission.

13. Conformément aux dispositions de la loi 69-21, l'Expert-Comptable doit vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle/annuelle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et les justificatifs correspondants.

14. Par conséquent, il n'appartient pas à l'Expert-Comptable de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

15. L'Expert-Comptable doit vérifier la concordance des informations ci-dessous avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) :

  • Identifiant fiscal du fournisseur + ICE
  • Numéro de Registre de commerce du fournisseur
  • Adresse du Siège social, domicile fiscal ou principal établissement
  • Numéro de la facture
  • Date d'émission de la facture
  • Nature de la marchandise
  • Date de livraison
  • Date de constatation
  • Date prévue de paiement
  • Date convenue de paiement de la facture
  • Délai prévu pour le paiement selon le délai fixé par le secteur
  • Date prévue pour le paiement de la facture selon le délai fixé
  • Montant de la facture
  • Montant non encore payé de la facture
  • Montant payé partiellement ou totalement hors délai
  • Date du paiement total ou partiel hors délai
  • Montant objet du litige soumis à la justice
  • Date de recours judiciaire
  • Montant dû après jugement
  • Date de jugement définitif
  • Mode de paiement
  • Références de paiement

16. L'Expert-Comptable doit mener ses travaux, dont il détermine l'étendue, suivant son jugement professionnel. Il peut avoir recours à la réalisation de ses travaux par sondages, le cas échéant, sur la base d'un échantillon représentatif lui permettant d'effectuer ses travaux de vérification de concordance dans les meilleures conditions. Cet échantillon pourra varier en fonction de la taille et des spécificités de l'entité, du volume de factures non payées dans les délais, de la connaissance qu'il a ou qu'il doit avoir de l'environnement de l'entité, de son système d'information et de son dispositif de contrôle interne.

17. L'Expert-Comptable doit veiller à la matérialisation de ses travaux au moyen de la constitution d'un dossier comportant les travaux réalisés, les sondages effectués et les pièces ayant servi à la documentation des discordances relevées.

18. A l'issue de ses travaux, il formule son visa de concordance en fonction de ses conclusions selon les modèles ci-après.

Rabat, le 11 Mars 2025
Faïçal Mekouar — Président du Conseil National

Annexe 1 Modèles de visas — Expert-Comptable (CA < 50 MMAD)

Variante 1 — Sans observations

Visa EC — Variante 1 : Sans observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Exercice/Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Expert-Comptable(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

Conformément aux dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, nous n'avons pas d'observations sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Variante 2 — Avec observations

Visa EC — Variante 2 : Avec observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Exercice/Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Expert-Comptable(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

Conformément aux dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA, appelle de notre part les observations suivantes :

... A préciser.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Variante 3 — Impossibilité de conclure

Visa EC — Variante 3 : Impossibilité de conclure
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Exercice/Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Expert-Comptable(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

Conformément aux dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Impossibilité de conclure :

En raison de [à préciser], nous ne sommes pas en mesure de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Préciser les situations/points qui ne permettent pas de vérifier la concordance.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Variante 4 — Pas de retards de paiement déclarés

Visa Expert-Comptable — Variante 4 : Pas de retards de paiement déclarés
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

En notre qualité de Expert-Comptable(s) de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons pour mission de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Nous attirons votre attention que ledit état ne fait ressortir aucune facture non payée totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous n'avons pas d'observations à formuler.

Ou,

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous avons les observations suivantes :

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Annexe 2 Modèles de lettres de mission — Expert-Comptable (CA < 50 MMAD)

Modèle A — Déclaration annuelle (2024 et 2025)

Lettre de mission — Expert-Comptable — Modèle A : Déclaration annuelle (2024 et 2025)

AAA — [Adresse] — Maroc

A l'attention de Monsieur ................ — Directeur Général
A ......................, le ....................................

Objet : Lettre de mission relative à l'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents au titre de l'année 2024/2025.

Monsieur le Directeur Général,

Nous vous confirmons par la présente les termes et les conditions de mise en œuvre de notre mission d'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle à établir par votre entité, avec les factures non payées dans les délais, prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, ainsi que les documents y afférents.

En tant que Expert-Comptable chargé de délivrer le visa relatif à la déclaration sur les délais de paiement, conformément aux dispositions de l'article 4-78 de la loi n° 69-21, nous mettrons en œuvre nos diligences, qui ne constituent ni un audit, ni un examen limité, selon les normes de la Profession au Maroc.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient, à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins.

I. Nos travaux

Notre mission portera sur les travaux suivants :

  • La réalisation des entretiens nécessaires ainsi que la prise de connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) ;
  • La vérification par sondages, de la concordance de toutes les informations prévues par la loi 69-21, telles que devant ressortir dans la déclaration annuelle avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) ;
  • L'accomplissement des diligences nécessaires en cas d'absence de factures impayées totalement ou partiellement dans les délais et notamment de nous entretenir avec la direction de l'entité, en nous appuyant sur la connaissance que nous avons de celle-ci (ou de prendre connaissance de celle-ci et de son système comptable et d'information (en cas de nouveau dossier)) et d'examiner toutes les informations jugées nécessaires pouvant impacter éventuellement nos conclusions.

Il est entendu qu'il ne nous appartient pas de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées totalement ou partiellement dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, et ne figurant pas dans l'état préparé par votre entité.

II. Responsabilité de la Direction

Votre entité doit veiller, sous sa responsabilité, à :

  • La mise en place de tous les systèmes et procédures nécessaires, pour s'assurer de la mise en conformité de votre système de gestion/comptable, par rapport aux exigences de la loi 69.21 relatives aux délais de paiement ;
  • L'établissement de la déclaration ainsi que de son annexe prévue à l'article 4.78 de la loi 69-21, comportant de manière exhaustive, sincère et exacte toutes les données et informations prévues par ladite loi ;
  • La mise à notre disposition de toutes les factures non payées dans les délais, des pièces justificatives y afférentes ainsi que tous autres documents ou informations jugés nécessaires au plus tard trente jours avant la date limite de dépôt de la déclaration ;
  • La mise à notre disposition de la déclaration à déposer par vos soins dans les délais légaux, dûment signée et cachetée par votre entité et qui sera annexée à notre visa.
III. Responsabilité du Expert-Comptable

Nous avons pour mission de contrôler la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus, conformément à la directive de l'ordre des experts comptables et notamment, nous assurer de :

  • La prise de connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet ;
  • La vérification de la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et des justificatifs correspondants ;
  • La mise en œuvre de nos travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue d'effectuer les vérifications requises ;
  • La mise à la disposition de votre entité de notre visa auquel est annexé la déclaration établie et signée par votre entité, pour dépôt par vos soins.
IV. Nos Honoraires

Nos honoraires sont déterminés en fonction du temps passé, du niveau de responsabilité et de la qualification professionnelle des collaborateurs affectés à la mission.

Sur la base de ces critères, nos honoraires pour l'émission du visa de concordance au titre de l'année 2024/2025, s'élèvent à ………………. MAD hors taxes et débours par année.

Cette estimation d'honoraires repose sur des conditions de déroulement normal de notre mission et sur une assistance active de vos services. Au cas où nous rencontrerions des problèmes particuliers en cours de mission, nous vous en informerons sans délais et serons amenés, le cas échéant, à réviser cette estimation.

Nous vous saurions gré d'accuser réception de cette lettre et de confirmer par écrit votre acceptation des termes et conditions de notre mission en nous retournant un exemplaire de cette lettre revêtu de votre signature avec la mention « bon pour accord ».

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de nos sentiments distingués.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable

Bon pour accord, pour le compte de la société ................ — M................. Directeur Général

Modèle B — Déclarations trimestrielles (à partir de 2026)

Lettre de mission — Expert-Comptable — Modèle B : Déclarations trimestrielles (à partir de 2026)

AAA — [Adresse] — Maroc

A l'attention de Monsieur ................ — Directeur Général
A ......................, le ....................................

Objet : Lettre de mission relative à l'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents au titre de l'année XXXX.

Monsieur le Directeur Général,

Nous vous confirmons par la présente les termes et les conditions de mise en œuvre de notre mission d'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle à établir par votre entité, avec les factures non payées dans les délais, prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, ainsi que les documents y afférents.

En tant que Expert-Comptable chargé de délivrer le visa relatif à la déclaration sur les délais de paiement, conformément aux dispositions de l'article 4-78 de la loi n° 69-21, nous mettrons en œuvre nos diligences, qui ne constituent ni un audit, ni un examen limité, selon les normes de la Profession au Maroc.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient, à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins.

I. Nos travaux

Notre mission portera sur les travaux suivants :

  • La réalisation des entretiens nécessaires ainsi que la prise de connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) ;
  • La vérification par sondages, de la concordance de toutes les informations prévues par la loi 69-21, telles que devant ressortir dans la déclaration trimestrielle avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) ;
  • L'accomplissement des diligences nécessaires en cas d'absence de factures impayées totalement ou partiellement dans les délais et notamment de nous entretenir avec la direction de l'entité, en nous appuyant sur la connaissance que nous avons de celle-ci (ou de prendre connaissance de celle-ci et de son système comptable et d'information (en cas de nouveau dossier)) et d'examiner toutes les informations jugées nécessaires pouvant impacter éventuellement nos conclusions.

Il est entendu qu'il ne nous appartient pas de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées totalement ou partiellement dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, et ne figurant pas dans l'état préparé par votre entité.

II. Responsabilité de la Direction

Votre entité doit veiller, sous sa responsabilité, à :

  • La mise en place de tous les systèmes et procédures nécessaires, pour s'assurer de la mise en conformité de votre système de gestion/comptable, par rapport aux exigences de la loi 69.21 relatives aux délais de paiement ;
  • L'établissement de la déclaration ainsi que de son annexe prévue à l'article 4.78 de la loi 69-21, comportant de manière exhaustive, sincère et exacte toutes les données et informations prévues par ladite loi ;
  • La mise à notre disposition de toutes les factures non payées dans les délais, des pièces justificatives y afférentes ainsi que tous autres documents ou informations jugés nécessaires au plus tard quinze jours avant la date limite de dépôt de la déclaration ;
  • La mise à notre disposition de la déclaration à déposer par vos soins dans les délais légaux, dûment signée et cachetée par votre entité et qui sera annexée à notre visa.
III. Responsabilité du Expert-Comptable

Nous avons pour mission de contrôler la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus, conformément à la directive de l'ordre des experts comptables et notamment, nous assurer de :

  • La prise de connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet ;
  • La vérification de la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et des justificatifs correspondants ;
  • La mise en œuvre de nos travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue d'effectuer les vérifications requises ;
  • La mise à la disposition de votre entité de notre visa auquel est annexé la déclaration établie et signée par votre entité, pour dépôt par vos soins.
IV. Nos Honoraires

Nos honoraires sont déterminés en fonction du temps passé, du niveau de responsabilité et de la qualification professionnelle des collaborateurs affectés à la mission.

Sur la base de ces critères, nos honoraires pour l'émission du visa de concordance au titre de chaque trimestre, s'élèvent à ..... MAD hors taxes et débours.

Cette estimation d'honoraires repose sur des conditions de déroulement normal de notre mission et sur une assistance active de vos services. Au cas où nous rencontrerions des problèmes particuliers en cours de mission, nous vous en informerons sans délais et serons amenés, le cas échéant, à réviser cette estimation.

Nous vous saurions gré d'accuser réception de cette lettre et de confirmer par écrit votre acceptation des termes et conditions de notre mission en nous retournant un exemplaire de cette lettre revêtu de votre signature avec la mention « bon pour accord ».

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de nos sentiments distingués.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable

Bon pour accord, pour le compte de la société ................ — M................. Directeur Général

© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-

Expertise Comptable | Audit | Conseil Fiscal | commissariat aux comptes
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Les délais de paiement – Loi N° 69-21-Délais de Paiement au Maroc : Obligations, Amendes et Déclarations

1. Contexte et enjeux de la réforme

La loi n° 69-21, publiée au Bulletin Officiel n° 7204 du 15 juin 2023, constitue une réforme structurelle majeure du droit commercial marocain. Elle modifie en profondeur les dispositions du Chapitre III du Titre IV du Livre Premier de la loi n° 15-95 formant Code de Commerce, en y introduisant un mécanisme inédit de sanction pécuniaire au profit du Trésor pour tout dépassement des délais légaux de règlement entre commerçants.

Cette réforme s'inscrit dans une volonté claire du législateur d'assainir les pratiques de trésorerie inter-entreprises, d'améliorer le climat des affaires et de protéger les fournisseurs — notamment les PME — contre les pratiques abusives de retard de paiement. Sa gestion opérationnelle a été confiée à la Direction Générale des Impôts (DGI).

Les trois piliers de la réforme sont :

  • La mise en place d'amendes pécuniaires au profit du Trésor (et non plus du fournisseur) pour tout retard de paiement ;
  • L'instauration d'une obligation de déclaration périodique électronique auprès de la DGI ;
  • L'application progressive du dispositif selon le chiffre d'affaires de l'entreprise, avec des mesures transitoires pour les exercices 2024 et 2025.
📌 NB Fiscal L'amende pécuniaire n'est pas déductible du résultat fiscal, conformément aux dispositions de l'article 11-I du Code Général des Impôts (CGI). Cette non-déductibilité renforce l'effet dissuasif de la sanction.

2. Champ d'application du dispositif

2.1 Personnes concernées

En application de l'article 78-1 de la loi n° 15-95, le dispositif s'applique à toute transaction commerciale entre commerçants. Sont ainsi visés :

  • Les commerçants disposant d'un siège social, d'un domicile fiscal ou d'un établissement stable au Maroc ;
  • Les personnes de droit privé délégataires de la gestion d'un service public ;
  • Les établissements publics exerçant des activités commerciales au sens de la loi n° 15-95.

Les transactions avec des entités non-résidentes ne disposant pas d'établissement stable au Maroc sont expressément exclues du champ d'application.

2.2 Personnes exclues — Seuil de 2 000 000 DH

Les personnes physiques ou morales dont le chiffre d'affaires annuel hors TVA est inférieur ou égal à 2 000 000 dirhams sont exclues de l'obligation. Cette exclusion, prévue au dernier alinéa de l'article 78-1, vise à protéger les micro-entreprises et TPE d'une charge administrative disproportionnée.

⚠ ATTENTION L'exclusion porte sur le statut de débiteur de l'amende. En revanche, les factures émises par ces entités envers des commerçants assujettis restent soumises aux délais légaux, dont le respect est à la charge de l'acheteur.

3. Délais de paiement légaux

3.1 Délais de droit commun (Art. 78-2)

L'article 78-2 fixe deux régimes de délai :

  • 60 jours : délai légal supplétif, applicable en l'absence de convention entre les parties. Ce délai court à compter de la date d'émission de la facture.
  • 120 jours maximum : délai conventionnel, librement négocié entre les parties mais plafonné. Tout accord prévoyant un délai supérieur est nul et réputé non écrit.

Le délai de 120 jours constitue un plafond absolu, même en présence d'un accord contractuel explicite. Le dépassement de ce seuil expose l'acheteur à l'amende pécuniaire, quel que soit le contenu du contrat.

3.2 Délais spécifiques à certains secteurs

Par dérogation aux délais susvisés, un décret peut fixer un délai n'excédant pas 180 jours pour certains secteurs professionnels, pris après avis du Conseil de la Concurrence. Cette dérogation est conditionnée à la conclusion d'accords sectoriels et à des études objectives tenant compte de la saisonnalité et des spécificités de chaque filière.

3.3 Calcul du point de départ du délai

Le délai de paiement commence à courir selon trois situations distinctes :

  • De la date d'émission de la facture, laquelle doit être émise au plus tard le dernier jour du mois de la livraison ou de la prestation. À défaut, le point de départ est la fin du mois de la livraison/prestation.
  • De la date de constatation du service fait (pour les établissements publics), telle que définie par les textes réglementaires en vigueur.
  • Du premier du mois suivant celui des transactions, pour les contrats à exécution périodique mensuelle (eau, électricité, téléphone, internet, location…).
📌 Précision pratique Lorsque l'échéance tombe un jour férié ou chômé légal, elle est reportée au premier jour ouvrable suivant. Cette disposition sécurise les droits des deux parties.

4. Sanction : l'amende pécuniaire

4.1 Principe et nature de l'amende

La loi n° 69-21 a profondément modifié la nature de la sanction applicable en cas de retard de paiement. L'ancienne indemnité de retard versée au fournisseur (art. 78-3 ancien) a été remplacée par une amende pécuniaire versée au Trésor. Ce changement marque le passage d'un mécanisme indemnitaire privé à une sanction administrative à caractère fiscal.

⚠ ATTENTION Contrairement à l'ancien régime, l'amende ne bénéficie plus au créancier impayé. Le fournisseur ne perçoit aucun montant à ce titre. La sanction est exclusivement une recette du Trésor Public.

4.2 Taux et base de calcul

1er mois de retard : Montant facture TTC × Taux directeur BAM
Mois supplémentaires : Montant facture TTC × 0,85 % par mois ou fraction de mois
Tout mois entamé est décompté entièrement — Base : montant TTC non payé — Arrondi au dirham supérieur

Le taux directeur de Bank Al-Maghrib (BAM) appliqué est celui en vigueur à la fin du premier mois de retard.

4.3 Suspension de l'amende

Lorsqu'une facture fait l'objet d'un litige porté devant les tribunaux, l'exécution de l'amende est suspendue jusqu'au prononcé d'un arrêt définitif ayant acquis la force de chose jugée. Toutefois :

  • Si l'arrêt confirme la dette, l'amende est due pour toute la période de suspension, sans préjudice des sanctions pour déclaration tardive (art. 78-6).
  • Si l'arrêt infirme la créance, l'amende versée spontanément est restituée à l'intéressé sur sa réclamation (art. 78-9).
  • Les règlements amiables sans recours judiciaire ne bénéficient pas de la suspension.

4.4 Cas particulier — Procédures collectives

En application de l'article 690 de la loi n° 15-95, l'ouverture d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire emporte de plein droit l'interdiction de payer toute créance née antérieurement au jugement d'ouverture. L'amende pécuniaire ne peut donc être due pour les factures antérieures à ce jugement.

5. Obligations déclaratives

5.1 Déclaration périodique — Principe

Toute personne physique ou morale dont le chiffre d'affaires annuel hors TVA dépasse 2 000 000 DH est tenue de déposer auprès de la DGI, par voie électronique, une déclaration des délais de paiement. Le régime de droit commun prévoit une déclaration trimestrielle, à déposer avant la fin du mois qui suit l'écoulement de chaque trimestre.

📌 Obligation inconditionnelle L'absence de factures non payées dans les délais ne dispense pas de l'obligation déclarative. La déclaration doit être souscrite dans tous les cas, même si son contenu est néant.

5.2 Contenu de la déclaration (Art. 78-4)

La déclaration comporte les éléments d'identification de l'entreprise (raison sociale, IF, ICE, RC), la période concernée, le chiffre d'affaires global HT, le montant total des factures non payées dans les délais, le montant de l'amende pécuniaire calculée, et le détail des factures litigieuses soumises à la justice.

5.3 État annexe — Visa obligatoire

La déclaration doit être accompagnée d'un état détaillé présentant, facture par facture, les données relatives aux retards constatés. Cet état doit obligatoirement faire l'objet d'un visa :

  • Par le commissaire aux comptes, si le chiffre d'affaires annuel est supérieur ou égal à 50 000 000 DH HT ;
  • Par un expert-comptable ou un comptable agréé, si le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 50 000 000 DH HT.

Même en l'absence de factures non payées dans les délais, cet état doit être visé et déposé. Le professionnel signataire doit engager toutes les diligences nécessaires pour s'assurer de la conformité et de l'exhaustivité des informations déclarées.

⚠ ATTENTION Le visa du commissaire aux comptes ou de l'expert-comptable engage la responsabilité professionnelle du signataire. Il convient de mettre en place une procédure de contrôle des délais de paiement dès le début de l'exercice, et non en fin de trimestre.

6. Sanctions pour infraction aux obligations déclaratives

6.1 Sanctions permanentes (Art. 78-6)

Le défaut ou le retard de dépôt de la déclaration et de ses annexes, ainsi que le défaut ou le retard de paiement de l'amende pécuniaire, sont passibles des sanctions fixes suivantes :

Chiffre d'affaires annuel HT (en dirhams) Montant de la sanction (en DH)
2 000 000 < CA ≤ 10 000 0005 000
10 000 000 < CA ≤ 50 000 00012 500
50 000 000 < CA ≤ 200 000 00050 000
200 000 000 < CA ≤ 500 000 000125 000
CA > 500 000 000250 000

Ces sanctions s'appliquent une seule fois au titre de l'infraction à l'obligation de déclaration et de versement pour une même période.

6.2 Déclaration insuffisante ou incomplète

Lorsque la déclaration est insuffisante ou incomplète, une amende distincte de 5 000 dirhams est appliquée pour chaque facture manquante ou inexacte. Cette amende est émise par ordre de recettes sans procédure contradictoire préalable.

6.3 Récidive

En cas de récidive constatée à l'issue d'un contrôle sur place, la sanction prévue à l'article 78-6, alinéa 1er, est portée au double. La récidive suppose un premier manquement constaté par procès-verbal et une nouvelle infraction dans la même période ou une période ultérieure.

7. Mesures transitoires — Application progressive

7.1 Calendrier d'entrée en vigueur selon le chiffre d'affaires

La loi n° 69-21 a prévu une entrée en vigueur progressive afin de permettre aux entreprises de s'adapter. Ce calendrier s'applique aux factures émises à compter des dates suivantes :

Date d'effet Chiffre d'affaires concerné (HT) Type de déclaration
1er juillet 2023CA > 50 000 000 DHTrimestrielle
1er janvier 202410 000 000 < CA ≤ 50 000 000 DHAnnuelle 2024 et 2025
1er janvier 20252 000 000 < CA ≤ 10 000 000 DHAnnuelle 2024 et 2025
1er janvier 2026CA > 2 000 000 DHTrimestrielle

7.2 Déclaration annuelle dérogatoire (2024 et 2025)

Par mesure transitoire, les personnes physiques ou morales dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur ou égal à 50 000 000 DH HT bénéficient, pour les années 2024 et 2025, d'un régime déclaratif annuel simplifié. Ces déclarations doivent être déposées respectivement :

  • Avant le 1er avril 2025, pour la déclaration relative à l'année 2024 ;
  • Avant le 1er avril 2026, pour la déclaration relative à l'année 2025.

7.3 Factures exclues provisoirement de l'amende

Les factures d'un montant inférieur ou égal à 10 000 DH TTC émises avant le 1er janvier 2025 sont exclues du champ de l'amende pécuniaire et ne doivent pas figurer dans les déclarations au titre des années 2023 et 2024. Cette exclusion est strictement temporaire et ne vaut pas pour les factures émises à compter du 1er janvier 2025.

7.4 Sanctions pour les années transitoires 2024 et 2025

CA annuel HT (en DH) Sanction (DH)
2 000 000 < CA ≤ 10 000 00020 000
10 000 000 < CA ≤ 50 000 00050 000

8. Recouvrement, contrôle et contentieux

8.1 Modalités de recouvrement

L'amende pécuniaire non versée spontanément, ainsi que les autres sanctions, sont émises par ordre de recettes et recouvrées conformément au Code de Recouvrement des Créances Publiques (CRCP — loi n° 15-97). Les majorations de recouvrement ne s'appliquent pas à l'amende pécuniaire de la loi n° 69-21.

8.2 Droit de contrôle de la DGI

La DGI dispose d'un droit de contrôle sur les déclarations déposées. Ce contrôle peut être exercé sur pièces ou sur place. En cas de contrôle sur place, la DGI doit aviser les entreprises au moins 15 jours avant la date fixée pour le début des opérations de vérification. En cas de refus de communication des documents, la sanction prévue à l'article 78-6 s'applique immédiatement, doublée en cas de récidive.

8.3 Procédure contradictoire

Les infractions constatées donnent lieu à l'établissement d'un procès-verbal dont copie est notifiée à l'entreprise concernée. Celle-ci dispose d'un délai de 30 jours pour présenter ses observations. À défaut de réponse ou en cas de réponse insuffisante, les sommes exigibles sont émises par ordre de recettes.

8.4 Prescription

L'action de l'administration en matière de délais de paiement se prescrit par cinq ans, par renvoi combiné à l'article 5 du Code de Commerce et à l'article 123 du CRCP.

8.5 Règlement des litiges (Art. 78-9)

Les entreprises contestant tout ou partie des sommes exigibles disposent d'un délai de six mois à compter du mois de l'émission de l'ordre de recettes pour adresser une réclamation au Ministre chargé des Finances ou à la personne déléguée par lui (DGI). En l'absence de réponse dans les trois mois, ou en cas de décision défavorable, le contribuable peut saisir le tribunal compétent dans les deux mois suivants.

8.6 Remises et modérations (Art. 78-10)

Le Ministre chargé des Finances — ou la personne déléguée — peut accorder des remises ou modérations sur l'amende pécuniaire et les autres sanctions. Cette faculté discrétionnaire est conditionnée au préalable règlement des factures ayant été à l'origine des amendes. Elle ne peut être accordée avant ce règlement.

9. Recommandations pratiques

9.1 Mise en conformité opérationnelle

Au vu de l'analyse approfondie de la Note Circulaire n° 734 et des textes législatifs afférents, les mesures suivantes sont recommandées aux entreprises assujetties :

Mise à jour des contrats Intégrer explicitement un délai de paiement convenu n'excédant pas 120 jours, avec une clause de pénalité conforme à la loi.
Paramétrage ERP / comptable Configurer Sage, Cegid, Odoo, etc. pour générer des alertes automatiques à J-15 de l'échéance légale ou conventionnelle.
Tableau de bord mensuel Mettre en place un suivi des délais fournisseurs et clients pour identifier en temps réel les factures à risque de dépassement.
Conservation des preuves Conserver les preuves de réception des factures et des bons de livraison signés, éléments déterminants pour établir le point de départ du délai.
Responsable interne dédié Désigner un interlocuteur DGI (contrôleur de gestion ou DAF) dédié à la gestion du dispositif de déclaration.

9.2 Calendrier déclaratif 2025–2026

Pour l'exercice en cours, le calendrier déclaratif à respecter est le suivant :

Tranche de CA (HT) Régime Période Échéance de dépôt Statut
CA > 50 000 000 DH HT Trimestriel Q1 2025 30 avril 2025 Passée
Q2 2025 31 juillet 2025 Passée
Q3 2025 31 octobre 2025 Passée
Q4 2025 31 janvier 2026 Passée
Q1 2026 → 30 avril 2026 (prochain)
2 000 000 < CA ≤ 50 000 000 DH HT Annuel Déclaration 2024 Immédiatement ⚠ À régulariser
Déclaration 2025 1er avril 2026 À venir
⚠ ATTENTION La déclaration annuelle de l'année 2024 (pour les entreprises à CA ≤ 50 MDHS) devait être déposée avant le 1er avril 2025. Les entreprises n'ayant pas encore satisfait à cette obligation s'exposent aux sanctions prévues à l'article 78-6 de la loi n° 15-95.

9.3 Articulation avec la clôture comptable

Dans le cadre de l'arrêté des comptes 2025, la vérification des délais de paiement fournisseurs constitue désormais une étape incontournable. Le commissaire aux comptes et l'expert-comptable ou le comptable agréé doivent, dans le cadre de leur mission, s'assurer de la cohérence entre les données comptables (comptes fournisseurs, dates de factures) et l'état annexe de la déclaration des délais de paiement. Cette vérification s'intègre naturellement dans les travaux de contrôle des transactions prévu à l'article 193 du CGI (seuil de 20 000 DH) et dans la revue des comptes fournisseurs (classe 4 — poste 441).

10. Exemple chiffré d'application

Soit un commerçant dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 50 000 000 DH HT (assujetti depuis le 1er juillet 2023) :

Date livraison Date facture Montant TTC Montant payé Date paiement Délai conv.
10/07/202317/07/20234 000 000 DH4 000 000 DH10/11/2023Aucun (60j)
23/08/202323/08/20236 000 000 DH6 000 000 DH10/12/202390 jours
Calcul des amendes
Facture 1 — Amende au 3ème trimestre 2023
Date limite de paiement : 17/07/2023 + 60 jours = 14/09/2023
La facture est payée le 10/11/2023, soit 1 mois de retard au T3 (septembre).
Amende T3 2023 : 4 000 000 × 3 % (taux BAM) = 120 000 DH — à verser avant fin octobre 2023.
Facture 2 — Pas de déclaration au T3
Date convenue : 23/08/2023 + 90 jours = 20/11/2023. L'échéance tombe au T4.
Aucune déclaration due au T3 pour cette facture.
Calcul au 4ème trimestre 2023 — les deux factures

Facture 1 (4 000 000 DH) — 2 mois de retard supplémentaires au T4 (octobre et novembre) :
Amende : 4 000 000 × 0,85 % × 2 = 68 000 DH

Facture 2 (6 000 000 DH) — payée le 10/12, soit 2 mois de retard (novembre et décembre) :
1er mois = taux BAM 3 % ; mois suivant = 0,85 %
Amende : 6 000 000 × (3 % + 0,85 %) = 231 000 DH
Total amende T4 : 68 000 + 231 000 = 299 000 DH — à verser avant fin janvier 2024

Conclusion

La loi n° 69-21 et la Note Circulaire n° 734 de la DGI marquent un tournant décisif dans la régulation des relations commerciales inter-entreprises au Maroc. Le passage d'une indemnité de retard privée à une amende fiscale administrée par la DGI confère à ce dispositif une puissance coercitive sans précédent. Les montants d'amende peuvent être considérables pour les grandes entreprises — jusqu'à 250 000 DH par infraction déclarative, auxquels s'ajoutent les amendes sur les montants des factures — et l'obligation de visa par un professionnel du chiffre engage directement la responsabilité des experts-comptables et commissaires aux comptes.

Les entreprises doivent dès à présent intégrer cette réglementation dans leur organisation interne, leur politique d'achat et leurs processus de clôture comptable.

© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-

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Arrêté des comptes 2025 au Maroc : guide complet de clôture comptable et audit

⚠️ Note légale : Ce guide est fourni à titre informatif et ne saurait se substituer à un conseil professionnel personnalisé. Les règles fiscales doivent être vérifiées au regard des textes officiels en vigueur. Le Cabinet CHY décline toute responsabilité pour toute décision prise sur la seule base de ce document.

Fondement Juridique de l'Arrêté des Comptes

1.1 Cadre légal applicable

L'arrêté des comptes est encadré par trois corps de règles cumulatives qui s'imposent à toute personne morale passible de l'IS au Maroc.

Droit des sociétésDroit comptableDroit fiscal
Loi 9-88 sur les obligations comptables. Loi 5-96 (SARL) et 17-95 (SA). Établissement et dépôt des comptes obligatoires. PV d'AGO requis. Plan Comptable Général Marocain (CGNC). 7 principes fondamentaux. États de synthèse annuels. CA ≤ 10 M DH : dispense ESG, TF, ETIC. CGI 2025 (LF n°60-24). Art. 20 IS : déclaration dans les 3 mois. Art. 82 IR. Détermination extra-comptable du résultat fiscal.

1.2 États de synthèse annuels — Cinq documents obligatoires (Art. 9 Loi 9-88)

DocumentObjetObligation
Bilan (BL)Situation patrimoniale à la clôture : actif, passif, capitaux propresTous
CPCCompte de Produits et Charges — mesure du résultat de l'exerciceTous
ESGÉtat des Soldes de Gestion — marges intermédiaires et capacité d'autofinancementCA > 10 M DH
TFTableau de Financement — variation des ressources et emploisCA > 10 M DH
ETICÉtat des Informations Complémentaires — notes et détailsCA > 10 M DH

1.3 Calendrier des travaux 2025-2026

ÉtapeDescriptionDélai
Clôture de l'exerciceArrêt des enregistrements comptables31/12/2025
Inventaire physiqueInventaire des actifs, créances et dettesFin déc. 2025
Balance avant inventaireÉdition de la balance provisoireJanv. 2026
RégularisationsProvisions, charges à payer, produits à recevoir, écarts de conversionJanv.–Fév. 2026
Balance après inventaireRésultat comptable provisoireFév. 2026
Passage fiscalRéintégrations, déductions, calcul IS et CSSFév.–Mars 2026
États de synthèseÉtablissement de la liasse fiscaleMars 2026
Déclaration IS + CSSDépôt électronique sur Simpl-IS≤ 31/03/2026
Remise au CACTransmission au commissaire aux comptes avant AGOAvant AGO
Approbation AGODélai légal : 6 mois après clôture≤ 30/06/2026
Dépôt au greffeÉtats de synthèse + PV AGO (SA/SARL)SARL : Dans le mois suivant AGO
SA : Dans les 2 mois suivant AGO
⚠️
Amende : De 10 000 à 50 000 DH en l'absence de dépôt au greffe dans le délai légal pour les SA et SARL (art. 263 et ss. loi 17-95 / loi 5-96).

Contrôle de la Balance — Revue par Classe

2.1 Classe 1 — Capitaux propres et assimilés

Capital social

Vérifier la concordance avec les PV d'AGE. Contrôler les augmentations/réductions de capital. Le capital doit être entièrement libéré : condition indispensable pour la déductibilité des intérêts des comptes courants d'associés (art. 10-II-A du CGI).

Affectation du résultat

Vérifier la conformité de l'affectation avec le PV d'AGO approuvant les comptes. Contrôler la retenue à la source (RAS) sur dividendes distribués.

⚠️
RAS dividendes 2025 : taux porté à 12,5% (art. 247 XXXVII-C CGI 2025). Ce taux sera ramené à 11,25% en 2026 puis à 10% en 2027.

Réserve légale

Prélèvement minimum de 1/20 (5%) sur le bénéfice diminué des pertes antérieures. Obligatoire jusqu'à ce que la réserve atteigne 1/10 (10%) du capital social pour la SA et 20% pour la SARL. Contrôler le calcul.

Subventions d'investissement

Reprise au CPC au même rythme que l'amortissement de l'immobilisation financée (ou sur 10 ans si non amortissable). Vérifier le tableau de suivi des reprises et la concordance avec les dotations aux amortissements.

Amortissements dérogatoires

Contrôler l'exactitude du calcul. La reprise de l'amortissement dérogatoire intervient généralement à partir de la moitié de la durée de vie du bien. Distinction impérative entre part économique (déductible) et part dérogatoire (réintégration/déduction selon l'exercice).

Écart de réévaluation

La réévaluation libre porte sur les immobilisations corporelles et financières (pas les incorporelles). L'écart est non distribuable et doit être incorporé au capital ou apuré par des pertes.

2.2 Classe 1 — Dettes de financement

Emprunts bancaires

Rapprocher le capital restant dû avec le tableau d'amortissement bancaire. Contrôler la séparation correcte part courante / long terme. Vérifier les intérêts courus non échus comptabilisés.

Crédit-bail (TAB 7 liasse)

Contrôler le tableau des biens en crédit-bail. Rapprocher les redevances avec les extraits de compte. Vérifier le traitement fiscal de la part non déductible pour les véhicules de tourisme (voir section III).

2.3 Classe 2 — Immobilisations et amortissements

▶️
NOUVEAUTÉ LF 2025 : Véhicules de tourisme — La valeur fiscalement déductible est plafonnée à 400 000 DH par véhicule (TTC), répartie sur 5 ans à parts égales (80 000 DH/an). Ancienne limite : 300 000 DH (remontant à 1994). Même plafond applicable pour le crédit-bail. — Réf. Art. 10-I-F-1°-b) CGI 2025
Catégorie d'immobilisationTaux usuelDurée
Bâtiments industriels5%20 ans
Bâtiments administratifs et d'habitation4%25 ans
Constructions légères10%10 ans
Matériel et outillage industriel10%10 ans
Matériel informatique / micro-informatique15%6-7 ans
Matériel de bureau et mobilier10% à 20%5-10 ans
Installations et aménagements10%10 ans
Matériel roulant (hors tourisme)20% à 25%4-5 ans
Véhicules de tourisme — taux fiscal minimum20%5 ans max

Amortissement dégressif (art. 10-III-C-1° CGI)

Option irrévocable. Applicable aux biens d'équipement. Coefficients : ×1,5 pour 3-4 ans / ×2 pour 5-6 ans / ×3 pour > 6 ans.

⚠️
L'amortissement dégressif est formellement exclu pour les immeubles (quelle que soit leur destination) et pour les véhicules de transport de personnes (art. 10-III-C-1° CGI).

Cessions d'immobilisations (TAB 10)

Vérifier la plus ou moins-value de cession. Contrôler le reversement de TVA si conservation < 60 mois pour les biens meubles (10 ans pour immeubles). Attention à la TVA sur les biens meubles d'occasion. Exiger un PV de retrait d'actif.

2.4 Classe 3 — Stocks

Méthode d'évaluation

CMUP ou FIFO. Tout changement de méthode doit être mentionné dans l'ETIC et traité de façon rétrospective (impact en report à nouveau).

Dépréciation des stocks

Identifier les stocks à rotation lente ou obsolètes. Valeur de réalisation < coût de revient : constituer une provision individualisée et justifiée. Vérifier le traitement fiscal (déductible si régulièrement constituée).

2.5 Classe 3 — Créances clients et comptes rattachés

Rattachement des produits

S'assurer que toutes les ventes dont le transfert de propriété est intervenu avant le 31/12/2025 sont comptabilisées (FAE : Factures à Établir). Contrôler les avoirs à émettre.

Provisions pour créances douteuses

Constituer des provisions pour dépréciation des créances en litige. La provision doit être individualisée et justifiée.

⚠️
Condition de déductibilité fiscale (art. 10-I-F-2° CGI) : Un recours judiciaire doit être engagé dans un délai de 12 mois suivant la constitution de la provision. À défaut, la provision est réintégrée fiscalement.

Créances en devises

Évaluer au cours de clôture du 31/12/2025. Comptabiliser l'écart de conversion-actif (perte latente) en charge déductible. L'écart de conversion-passif (gain latent) est un produit imposable.

2.6 Classe 4 — Fournisseurs et comptes rattachés

Factures non parvenues (FNP)

Rattacher à l'exercice toutes les livraisons reçues avant le 31/12/2025 même si la facture n'est pas encore reçue. Contacter les fournisseurs clés pour obtenir un état des livraisons.

Justification des achats (art. 11-III CGI)

Toute charge sans facture régulière est réintégrée fiscalement. La facture doit comporter obligatoirement : identité du vendeur, IF, TP, ICE, date, nature, quantité, prix, références de paiement.

Contrôle des paiements en espèces (art. 11-II CGI)

⚠️
Limite déductibilité espèces : 5 000 DH par jour et par fournisseur, sans dépasser 50 000 DH par mois et par fournisseur. Au-delà, la dépense n'est pas déductible. Exception : animaux vivants et produits agricoles non transformés entre non-commerçants. — Réf. Art. 11-II CGI 2025

Délais de paiement fournisseurs

La législation sur les délais de paiement impose de provisionner les pénalités de retard éventuelles. Attention : les indemnités de retard régies par la loi n°32-10 ne sont PAS des amendes au sens de l'art. 11-I CGI et restent déductibles.

2.7 Classe 4 — Comptes courants d'associés (CCA)

Conditions de déductibilité des intérêts (art. 10-II-A CGI)

ConditionContrôle à effectuer
Capital entièrement libéréComparer le capital libéré effectif avec le capital social souscrit — aucune fraction non libérée tolérée
Montant CCA ≤ capital socialLa base portant intérêts ne peut dépasser le montant du capital social (toutes avances associés confondues)
Taux ≤ taux BAM BT 6 mois (N-1)Taux fixé annuellement par arrêté du Ministre des Finances. 2,74% pour 2025 — 2,15% pour 2026

2.8 Classe 4 — Dettes fiscales

IS et Cotisation Minimale

Contrôler le correct enregistrement des 4 acomptes provisionnels versés au titre de l'exercice 2025 (31/03, 30/06, 30/09, 31/12). La différence entre l'IS dû et les acomptes constitue le reliquat à verser avec la déclaration.

TVA et taxes locales

Vérifier le bouclage du compte TVA déductible / TVA facturée. Confirmer que le solde correspond à la dernière déclaration déposée. Provisionner les rôles de taxe professionnelle, TSC, et taxe des services communaux non encore reçus.

2.9 Classe 4 — Personnel et organismes sociaux

Salaires à payer

Rattacher les salaires de décembre 2025 versés en janvier 2026. Contrôler la concordance avec les journaux de paie (compte 6171) et les déclarations CNSS et IR.

Provisions à constater

Congés payés acquis non pris au 31/12/2025 (déductible si individualisé et certain). Provisions pour primes, bonus, commissions de l'exercice non encore versés. ICNE à payer sur emprunts.

2.10 Classe 5 — Trésorerie

Rapprochements bancaires

Établir un état de rapprochement pour chaque compte bancaire au 31/12/2025. Analyser les chèques en circulation et dépôts en transit. S'assurer que les soldes créditeurs bancaires sont reclassés en trésorerie passive.

Comptes de régularisation

Comptabiliser les charges constatées d'avance (CCA) et les produits constatés d'avance (PCA). Comptabiliser les intérêts sur effets escomptés non échus, les agios et frais de fin de période non reçus.

Aspects Fiscaux de la Clôture — IS 2025

3.1 Schéma de passage au résultat fiscal (art. 8 CGI)

Le résultat fiscal est déterminé extra-comptablement à partir du résultat net comptable selon le schéma suivant :

= Résultat Net Comptable (avant IS)
+ Réintégrations fiscales (charges non déductibles comptabilisées dans le RNC)
Déductions fiscales (produits non imposables dans le RNC)
= Résultat Brut Fiscal
Reports déficitaires imputés (art. 12 CGI)
= Résultat Net Fiscal
IS exigible = Max (Cotisation Minimale ; Taux IS × Résultat Net Fiscal)

3.2 Réintégrations fiscales — CGI 2025

Charge réintégréeBase légaleRègle 2025
Amendes, pénalités et majorations (infractions légales, fiscales, sociales, changes, prix…)Art. 11-I CGINon déductibles — SAUF indemnités de retard payés aux fournisseurs (loi 32-10)
Dépenses en espèces : > 5 000 DH/jour/fournisseur ou > 50 000 DH/mois/fournisseurArt. 11-II CGIFraction excédentaire non déductible + amort. correspondants
Achats, travaux, prestations sans facture régulière (manque IF, TP, ICE, prix…)Art. 11-III CGINon déductibles (possibilité de régularisation en cours de contrôle)
Libéralités et avantages sans contrepartie commercialeArt. 11-IV CGINon déductibles
CSS (Contribution Sociale de Solidarité) comptabilisée en chargeArt. 11-IV CGINon déductible (art. 11-IV al. 3 CGI)
Amortissement véhicule tourisme > 80 000 DH/an (20% × 400 000 DH)Art. 10-I-F-1°-b) CGIFraction excédant 80 000 DH/an réintégrée
Redevance CBL véhicule tourisme : part > plafond 400 000 DH × 20% / 12 moisArt. 10-I-F-1°-b) CGIPart excédentaire non déductible
Intérêts CCA : capital non libéré ou montant > capital ou taux > arrêté BAMArt. 10-II-A CGIFraction non conforme réintégrée
Provisions irrégulièrement constituées (non individualisées, sans recours judiciaire)Art. 10-I-F-2° CGINon déductibles
Gains de change latents / Pertes de change latentesCGNC/CGIGains imposables / Pertes déductibles. Réintégrer ECP au niveau du tableau de passage.

3.3 Déductions fiscales — CGI 2025

DéductionBase légaleCondition / Plafond
Fraction d'amortissement réintégrée antérieurement (si reprise en comptabilité)Art. 10 CGIEn fin de période ou lors de la cession
Dégrèvements sur impôts non déductibles (IS, taxes restituées)Art. 10 CGIExercice de notification du dégrèvement
Dividendes et produits de participation (sociétés IS)Art. 6-I-C-1° CGIAbattement 100% sur montant brut reçu
Profits latents de change de l'exercice N-1 (réalisés en N)CGNC / CGISi imposables en N-1 et réalisés en N
Déficits d'exploitation reportables (y compris dotations des Immobilisations en NV)Art. 12 CGI4 exercices maximum
Déficits correspondant à des amortissements régulièrement comptabilisésArt. 12 al. 2 CGIReportables sans limite de temps

3.4 Déficits reportables — Règles CGI 2025 (art. 12)

L'art. 12 du CGI distingue deux catégories de déficits avec des règles de report différentes. Il est impératif de tenir un tableau de suivi individualisé par exercice d'origine.

Catégorie de déficitRègle de reportOrdre d'imputation
Déficit d'exploitation (charges non amortissables)Report limité à 4 exercices suivant l'exercice déficitaireÀ imputer EN PREMIER pour ne pas perdre le droit à 4 ans
Déficit lié aux amortissements régulièrement comptabilisésReportable sans limitation de duréeÀ imputer après les déficits d'exploitation limités
EXCEPTION : Amortissements en non-valeurs (frais préliminaires, etc.)Report limité à 4 ans seulement (comme exploitation)Traité comme déficit d'exploitation

3.5 Barème IS 2025 — Taux transitoires (art. 247 XXXVII-A CGI)

Dans le cadre de la réforme fiscale (Loi-cadre n°69-19 et LF n°50-22), les taux IS font l'objet d'une convergence progressive vers un barème unifié. Les taux applicables pour l'exercice ouvert à compter du 1er janvier 2025 sont les suivants :

Catégorie / Tranche de bénéfice net202320242025 ⭐2026
Bénéfice net ≤ 300 000 DH12,5%15%17,5%20%
Bénéfice net 300 001 à 1 000 000 DH20%20%20%20%
Bénéfice net 1 000 001 à 100 000 000 DH28,25%25,5%22,75%20%
Bénéfice net ≥ 100 000 000 DH32%33%34%35%
Établissements de crédit, BAM, CDG, assurances/réassurances37,75%38,5%39,25%40%
Sociétés activité industrielle BNF < 100 M DH24,5%23%21,5%20%
ZAI / Casablanca Finance City (services)16,25%17,5%18,75%20%
⚠️
Les taux ci-dessus sont des taux transitoires. Les sociétés ayant réalisé un bénéfice net ≥ 100 M DH au cours d'au moins un exercice de la période 2023-2026 ne peuvent bénéficier d'un taux inférieur pour les exercices suivants, même si le BNF redescend en-dessous du seuil. — Réf. Art. 247 XXXVII-A CGI 2025

3.6 Cotisation Minimale (CM) — Art. 144 CGI 2025

La CM est un minimum d'imposition dû même en l'absence de bénéfice. L'IS exigible est le maximum entre l'IS théorique et la CM.

ParamètreRègle CGI 2025
Taux général CM (IS et IR/RNR)0,25% de la base
Taux réduit — produits pétroliers, gaz, beurre, huile, sucre, farine, eau, électricité, médicaments0,15% de la base
Taux spécifique professions libérales IR4% de la base
Minimum absolu IS (même en l'absence de CA)3 000 DH
Minimum absolu IR/RNR et IR agricole1 500 DH
Exonération CM (sociétés IS)36 premiers mois d'exploitation (60 mois max après constitution)
ℹ️
Base de calcul CM inclut : Chiffre d'affaires ; Subventions d'exploitation ; Autres produits d'exploitation ; Produits des titres de participation ; Gains de change ; Intérêts courus ; Subventions d'équilibre ; Autres produits non courants.
Éléments exclus : Variation des stocks ; Immobilisations produites par l'entreprise pour elle-même ; Reprises d'exploitation & transferts de charges ; Produits de cession d'immobilisations ; Reprises sur subventions d'investissement ; Reprises non courantes & transferts de charges.
▶️
NOUVEAUTÉ LF 2025 : Le taux de CM est de 0,25% (ramené de 0,50% depuis la LF 2019). Le minimum absolu de 3 000 DH demeure inchangé.

3.7 Contribution Sociale de Solidarité (CSS) — Art. 267 à 273 CGI

La CSS est une contribution distincte de l'IS, non déductible du résultat fiscal (art. 11-IV CGI). Elle s'applique aux sociétés dont le bénéfice net est ≥ 1 000 000 DH.

Tranche de bénéfice net (DH)Taux CSS
D'un million à moins de 5 millions DH1,5%
De 5 millions à moins de 10 millions DH2,5%
De 10 millions à moins de 40 millions DH3,5%
De 40 millions DH et plus5% (taux maximal)
⚠️
ATTENTION : La CSS est à réintégrer systématiquement dans le tableau de passage (TAB 3) car elle ne peut être déduite du résultat fiscal. Ne pas oublier de la provisionner au 31/12/2025 si le BNF provisoire est ≥ 1 M DH.
Période d'application : exercices 2022, 2023, 2024 et 2025 (art. 273 CGI). Déclaration électronique et paiement dans les 3 mois suivant la clôture (≤ 31/03/2026).
LDF 2026 : Reconduction de la CSS jusqu'en 2028.

3.8 Retenue à la source sur dividendes — Art. 247 XXXVII-C CGI

Période de distributionTaux RASTaux net reçuObservation
Distributions à compter du 01/01/202512,5%87,5%ÉCHELLE 2025
Distributions à compter du 01/01/202611,25%88,75%
Distributions à compter du 01/01/202710%90%Taux cible final
ℹ️
Exonération inter-sociétés : Les dividendes distribués par une société IS à une autre société IS marocaine restent exonérés de RAS sous condition de fourniture d'une attestation de propriété de titres avec IF. Ces dividendes sont compris dans les produits financiers avec abattement de 100% (art. 6-I-C-1° CGI).
📊 Chiffres Clés & Échéances — Exercice 2025
⏰ Échéances fiscales 2026
IR Salaires (9421)28/02/2026
Déclaration IS31/03/2026
Déclaration CSS31/03/2026
1er acompte IS31/03/2026
Approbation AGO30/06/2026
Dépôt au greffeDans le mois/AGO
📊 Taux IS 2025 (taux transitoires)
17,5%
BNF ≤ 300K DH
20%
300K–1M DH
22,75%
1M–100M DH
34%
≥ 100M DH
CM : 0,25% de la base — Min. absolu IS : 3 000 DH
💰 RAS dividendes & CSS 2025
12,5%
RAS dividendes 2025 (→ 10% en 2027)
CSS — Barème 2025
BNF 1M–5M DH1,5%
BNF 5M–10M DH2,5%
BNF 10M–40M DH3,5%
BNF ≥ 40M DH5%

Comptes Annuels et Déclarations Fiscales

4.1 Tableaux de la liasse fiscale IS (déclaration art. 20 CGI)

N° Tab.IntituléObligation
TAB 1Bilan (Actif) — avec séparation terrain/construction obligatoireTous
TAB 2Bilan (Passif)Tous
TAB 3Passage du résultat net comptable au résultat net fiscal (IS et CSS)Tous
TAB 4Tableau des immobilisations (hors financières)Tous
TAB 5État des Soldes de Gestion (ESG)CA > 10 M DH
TAB 6Détail des postes du CPCTous
TAB 7Tableau des biens en crédit-bail (avec col. Déduction fiscale)Si CBL
TAB 8Tableau des amortissementsTous
TAB 9Tableau des provisionsTous
TAB 10Plus ou moins-values sur cessions / retraits d'immobilisationsSi cession
TAB 11Tableau des titres de participationSi participations
TAB 12Détail de la TVA — rapprochement CA IS/CPC et CA TVA déclaréTous
TAB 13État de répartition du capital socialTous
TAB 14État d'affectation des résultatsTous
TAB 15Déclaration du résultat fiscal et de l'IS (+ acomptes)Tous
TAB 16Tableau des dotations aux amortissementsTous
TAB 19Tableau des locations et charges locativesSi locations
ℹ️
Contrôles DGI en télé-déclaration : La DGI effectue des contrôles automatiques de cohérence inter-tableaux (TAB 3 vs TAB 7/8/16, CA CPC vs TAB 12 TVA, écarts rémunérations vs déclarations sociales). Vérifier ces rapprochements AVANT dépôt (art. 221 bis CGI).

4.2 Délais de dépôt 2026

Obligation déclarativeDélai / Échéance
Déclaration IS (art. 20 CGI)≤ 31/03/2026
Déclaration CSS (art. 270 CGI)≤ 31/03/2026
Acomptes IS (art. 169 CGI)31/03, 30/06, 30/09, 31/12
Déclaration TVA mensuelleFin du mois suivant
IR / Traitements et salaires (9421)≤ 28/02/2026
Déclaration dépôt au greffe (SA/SARL)SARL : Dans le mois suivant l'AGO
SA : Dans les 2 mois suivant l'AGO

4.3 Nouveautés LF 2025 (Loi n°60-24) — Synthèse

Mesure LF 2025Ancienne règleNouvelle règle 2025
Plafond amort. véhicules tourisme (art. 10-I-F)300 000 DH (depuis 1994)400 000 DH — soit 80 000 DH/an max
Plafond CBL véhicules tourisme300 000 DH400 000 DH × 20% = 80 000 DH/an
RAS dividendes distribués15% (régime antérieur)12,5% en 2025 → 11,25% 2026 → 10% 2027
Barème IS — tranche ≤ 300 000 DH15% (2024)17,5% en 2025 → 20% en 2026
Barème IS — tranche 1M-100M DH25,5% (2024)22,75% en 2025 → 20% en 2026
Barème IS — BNF ≥ 100 M DH33% (2024)34% en 2025 → 35% en 2026
Barème IR (art. 73 CGI)Ancien barèmeNouveau barème à 6 tranches (40k exon.)
Connexion DGE / Simpl obligatoireProgressiveAdresse électronique prestataire de confiance
CSS — Dernière année d'application2022 à 20242025 inclus (art. 273 CGI) — à provisionner

4.4 Nouveau barème IR 2025 (art. 73-I CGI, modifié par art. 8 LF n°60-24)

Ce barème impacte les entreprises individuelles, les associés de SNC/SCS non IS, et les gérants majoritaires dans certaines configurations.

Tranche de revenu annuel imposable (DH)Taux IR 2025Observation
Jusqu'à 40 000 DHExonéréeSeuil relevé (LF 2025)
De 40 001 à 60 000 DH10%
De 60 001 à 80 000 DH20%
De 80 001 à 100 000 DH30%
De 100 001 à 180 000 DH34%
Au-delà de 180 000 DH37%Taux marginal

4.5 Contrôle des transactions — Art. 193 CGI (seuil 20 000 DH)

Tout règlement d'une transaction d'un montant égal ou supérieur à 20 000 DH entre contribuables professionnels doit obligatoirement être effectué par chèque barré non endossable, effet de commerce, moyen magnétique de paiement, virement ou dépôt bancaire, procédé électronique ou compensation.

⚠️
Sanction art. 193 CGI : amende de 6% du montant de la transaction effectuée en espèces. Ce seuil de 20 000 DH concerne les sanctions sur le vendeur/prestataire. À distinguer du seuil de déductibilité fiscale de l'art. 11-II (5 000 DH/jour).

Check-list de Clôture — Cabinet El-Housny Youssef

A. Travaux préliminaires et organisation

Confirmer la date de clôture et réunir les interlocuteurs clés (DAF, gérant, CAC)
Lancer les demandes de confirmation bancaires et tiers significatifs
Organiser et superviser l'inventaire physique des stocks (date, équipes, fiches de comptage)
Obtenir et pointer tous les relevés bancaires au 31/12/2025
Recenser les contrats significatifs : crédit-bail, emprunts, assurances, baux
Identifier les événements post-clôture (avant AGO) à mentionner dans l'ETIC
Vérifier le compte fiscal du contribuable sur Simpl.tax

B. Bilan — Contrôles clés

Rapprochement des immobilisations : entrées/sorties/amortissements (TAB 4 vs grand-livre)
Séparation terrain / construction dans TAB 4 (exigé par DGI)
Vérifier que tous les biens mis en service avant 31/12 sont amortis
Contrôler le traitement fiscal des véhicules tourisme : plafond 400 000 DH (LF 2025)
Valider le tableau de suivi des crédits-baux (TAB 7) : plafond 400 000 DH × 20%
Pointer les stocks : concordance inventaire physique / comptabilité / TAB 6
Analyser les créances clients > 6 mois : provisions à constituer avec recours judiciaire
Vérifier les comptes courants d'associés : capital libéré ? montant ? taux MAX ?
Rapprochements bancaires finalisés pour tous les comptes (y compris soldes créditeurs)
Contrôler les soldes inter-compagnies et associés

C. CPC — Contrôles clés

Comptabiliser les FAE (factures à établir) et produits à recevoir
Enregistrer les FNP (factures non parvenues) et charges à payer
Constituer les provisions pour risques et charges (litiges, garanties…)
Comptabiliser les ICNE (intérêts courus non échus) sur emprunts et CCA
Provisionner les congés payés non pris et primes/bonus de l'exercice
Rattacher les CCA / PCA (charges et produits constatés d'avance)
Enregistrer les écarts de conversion actif (charge) et passif (produit imposable)
Enregistrer la dotation aux amortissements (vérifier taux, base, première année prorata)
Provisionner la CSS si BNF provisoire ≥ 1 000 000 DH (taux 1,5% à 5%)

D. Passage fiscal et calcul IS 2025

Réintégrer toutes les charges non déductibles (amendes, libéralités, IS, CSS, etc.)
Vérifier les dépenses en espèces : > 5 000 DH/jour/fourn. ou > 50 000 DH/mois/fourn.
Calculer la réintégration véhicules tourisme : base réelle – 400 000 DH (plafond LF 2025)
Vérifier les conditions CCA (capital libéré, plafond capital, taux BAM)
Contrôler les provisions : déductibilité (recours judiciaire dans 12 mois pour créances)
Appliquer le bon taux IS 2025 (taux transitoire selon tranche : 17,5% / 20% / 22,75% / 34%)
Calculer la CM : 0,25% × base (CA HT + prod. financiers + subv.) — min 3 000 DH
IS dû = Max (IS théorique ; CM) — déduire les acomptes versés
Calculer et comptabiliser la CSS si BNF ≥ 1 000 000 DH (ne pas oublier la réintégration)
Traiter les déficits reportables : imputer en priorité la fraction à 4 ans

E. Liasse fiscale et déclarations 2026

Renseigner TAB 3 : passage RC au RF (IS et CSS séparément si possible)
Vérifier la cohérence TAB 8 (amortissements) vs TAB 16 vs grand-livre
Vérifier TAB 9 (provisions) vs grand-livre
Renseigner TAB 7 (CBL) avec plafond 400 000 DH (LF 2025)
Rapprochement CA TAB 12 TVA vs CA CPC — justifier tout écart
Compléter TAB 13 (capital), TAB 14 (affectation N-1 validée AGO)
Préparer TAB 15 : résultat fiscal, IS, acomptes, reliquat ou excédent
Déclarer la CSS dans les 3 mois (≤ 31/03/2026) par procédé électronique
Déposer la déclaration IS via Simpl.tax (≤ 31/03/2026)
Préparer les déclarations TVA, IR salaires (28/02), TP (31/01), CNSS (31/01)
Dépôt au greffe après AGO (dans le mois suivant) — justifier les RAS dividendes 12,5%

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L’expert-comptable au Maroc : missions, normes de travail et de qualité

Au Maroc, l’expert-comptable est un professionnel réglementé par la loi n° 15-89. Son rôle ne se limite pas à la saisie des pièces : il organise les comptabilités, atteste la régularité et la sincérité des états financiers, délivre certaines attestations, exerce la mission de commissaire aux comptes et conseille l’entreprise sur des sujets juridiques, fiscaux, financiers et organisationnels. Dans un contexte marqué par la traçabilité digitale et la formalisation des dossiers, comprendre ses missions et ses normes de travail est devenu un enjeu de pilotage autant que de conformité.

Résumé

L’expert-comptable intervient à plusieurs niveaux : production comptable, supervision, certification, organisation des systèmes comptables, conseil et accompagnement à la conformité. Le cadre principal repose sur la loi n° 15-89, le Code des devoirs professionnels de l’Ordre, les normes de mission et le CGNC.

Le point clé pour l’entreprise est de choisir la bonne mission : une assistance comptable ne vaut pas audit ; une supervision ne produit pas automatiquement une opinion ; une certification suppose des diligences plus fortes, un programme de travail écrit et un Budget-Temps.

Ce qu’il faut savoir

L’expert-comptable n’est pas seulement « celui qui tient la compta »

La loi 15-89 lui reconnaît un champ d’intervention large : réviser, apprécier et organiser les comptabilités, ouvrir, tenir, redresser, centraliser, suivre et arrêter les comptabilités, mais aussi délivrer des avis et entreprendre des travaux d’ordre juridique, fiscal, économique, financier et organisationnel. Beaucoup d’entreprises sous-utilisent donc l’expert-comptable en le mobilisant uniquement en fin d’exercice.

Toutes les missions ne donnent pas le même niveau d’assurance

Le manuel professionnel marocain distingue clairement les missions. L’assistance comptable est une mission sans assurance dans laquelle le professionnel classe et synthétise les informations sans exprimer d’opinion. La supervision comptable vise à apprécier la cohérence des comptes et peut inclure l’aide à l’établissement ou à la revue des déclarations fiscales et sociales, sans se confondre avec un audit ou un examen limité.

La qualité se mesure par la documentation et l’indépendance

Pour les missions de certification légale ou contractuelle, le Code des devoirs professionnels prévoit un programme de travail écrit et un Budget-Temps. La qualité repose autant sur la traçabilité des travaux, la supervision du dossier, l’adéquation des diligences et le respect des règles d’indépendance que sur la compétence technique.

La conformité est de plus en plus connectée aux outils digitaux

Les obligations fiscales et sociales s’inscrivent dans un environnement numérique avec les services SIMPL de la DGI et Damancom pour la CNSS. Cela renforce l’importance des accès, des calendriers, des rapprochements et de l’archivage. Le guide LBC/FT rappelle aussi que les experts-comptables doivent évaluer les risques de blanchiment et de financement du terrorisme.

Qui est concerné ?

Les sociétés anonymes, filiales de groupes, entreprises en croissance, PME structurées, start-up en levée de fonds et sociétés cherchant un financement bancaire sont particulièrement concernées : la qualité de leurs comptes influence directement la gouvernance, la relation avec les associés et la crédibilité vis-à-vis des tiers.

Sont également concernées les directions financières, comptables, administratives et RH, notamment lorsque la mission couvre les déclarations fiscales, la paie, les obligations sociales et l’articulation avec la CNSS. Plus largement, toute entreprise qui veut passer d’une comptabilité de conformité minimale à une comptabilité fiable et pilotable a intérêt à clarifier le rôle attendu de son expert-comptable.

Les missions de l’expert-comptable au Maroc

Mission 1

Certification & commissariat aux comptes

La loi 15-89 habilite l’expert-comptable à attester la régularité et la sincérité des bilans, à délivrer certaines attestations et à exercer la mission de commissaire aux comptes. Elle est centrale pour sécuriser la confiance de la banque, des actionnaires ou d’un investisseur.

Mission 2

Assistance comptable

Mission sans assurance dont l’objectif est de recueillir, classer et synthétiser l’information comptable. C’est souvent le bon point de départ pour une PME qui veut structurer ses cycles avant de viser une certification plus forte.

Mission 3

Supervision comptable

Va plus loin dans la revue de cohérence : elle peut couvrir les déclarations fiscales et sociales périodiques et annuelles. Elle sert à détecter tôt les anomalies, sécuriser les clôtures et éviter les écarts entre comptabilité, fiscalité et paie.

Mission 4

Conseil fiscal, juridique & organisationnel

La loi autorise également l’expert-comptable à donner des avis d’ordre juridique, fiscal, financier et organisationnel : TVA complexe, préparation de financement, changement d’actionnariat, structuration des premiers process.

Normes de travail et de qualité

⚖️

Un professionnel inscrit, responsable et assuré

L’exercice des actes réservés suppose l’inscription à l’Ordre des Experts-Comptables. La loi 15-89 rappelle que l’expert-comptable assume la responsabilité de ses travaux et doit souscrire une assurance en responsabilité civile professionnelle.

🛡️

Indépendance et déontologie

Le Code des devoirs professionnels, aligné sur le référentiel IFAC, met en avant l’intégrité, l’objectivité, la compétence, la confidentialité et le comportement professionnel. Sans indépendance, la qualité technique perd une grande partie de sa valeur.

📋

Lettre de mission, programme de travail et Budget-Temps

Les normes marocaines insistent sur la lettre de mission et la bonne compréhension de l’entité avant acceptation. Pour les missions de certification, les travaux doivent être formalisés dans un programme de travail écrit associé à un Budget-Temps.

📊

Le CGNC comme socle de qualité de l’information

Le Code Général de la Normalisation Comptable insiste sur la pertinence et la fiabilité de l’information, la conservation des pièces de base, l’exhaustivité de la saisie et la continuité de la chaîne de traitement. Une mission de qualité ne peut être dissociée de la qualité du système comptable.

Risques en cas de non-conformité

Risque opérationnel

Clôtures retardées, comptes d’attente non apurés, écarts bancaires, documentation incomplète ou déclarations préparées dans l’urgence.

Risque fiscal & social

Incohérences entre comptabilité, TVA, IS, IR, paie et CNSS, avec à la clé des régularisations, pénalités ou contentieux.

Risque de gouvernance

Des comptes peu fiables fragilisent la relation avec les banques, investisseurs, actionnaires et commissaires aux comptes.

Risque contractuel & déontologique

Un problème de périmètre de mission, d’indépendance ou de documentation peut rapidement devenir un sujet contentieux.

Plan d’action recommandé

Clarifier l’objectif de la mission

Qualifier le besoin avant de consulter un cabinet : assistance comptable, supervision, audit, revue fiscale, mise en conformité, création de société, sécurisation de la paie ou accompagnement global. Un mauvais cadrage produit presque toujours une mauvaise attente.

Formaliser une lettre de mission utile

La lettre de mission doit préciser le périmètre, les responsabilités, les livrables, les échéances, les pièces à transmettre et le traitement des anomalies. C’est le premier outil de qualité de la relation cabinet-client.

Sécuriser les cycles sensibles

Les cycles ventes, achats, trésorerie, paie, fiscalité et immobilisations doivent être documentés et rapprochés régulièrement. Une grande partie des erreurs de clôture naît d’un défaut de discipline mensuelle.

Relier comptabilité, fiscalité, paie et social

Les flux doivent raconter la même histoire dans les comptes, dans les déclarations DGI et dans les déclarations CNSS. La qualité se construit dans cette cohérence transversale.

Prévoir une revue périodique

Une revue mensuelle ou trimestrielle permet de corriger tôt les écarts, d’anticiper la clôture et de préparer les moments sensibles : contrôle, financement, distribution, restructuration ou audit.

Notre lecture cabinet

Dans la pratique, l’entreprise gagne rarement à attendre la fin d’année pour appeler son expert-comptable. La vraie création de valeur se situe en amont : cadrer la mission, fiabiliser les pièces, organiser les circuits de validation, documenter les positions techniques et préparer la clôture avant qu’elle ne devienne une course contre la montre.

Notre lecture est donc la suivante : le bon accompagnement n’est pas toujours le plus lourd. Très souvent, une combinaison bien pensée entre assistance, supervision, revue fiscale et contrôle des cycles sensibles apporte davantage de sécurité qu’un audit lancé trop tard sur une base documentaire fragile.

Comment bien choisir sa mission d’expertise comptable ?

Le choix de la mission dépend de l’objectif de l’entreprise : fiabiliser les comptes, se conformer aux obligations fiscales et sociales, préparer un financement ou répondre à une exigence légale de certification. Chaque situation appelle un périmètre différent — assistance, supervision, audit ou conseil structurant.

L’Ordre des Experts-Comptables du Maroc tient à jour la liste des professionnels inscrits au tableau. Vérifier cette inscription est le premier réflexe avant toute entrée en relation avec un cabinet.

Conformément au Code des devoirs professionnels de l’Ordre des Experts-Comptables du Maroc, ce cabinet ne pratique pas la sollicitation directe de clientèle.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une tenue comptable classique et une mission d’expert-comptable ?
La tenue comptable couvre surtout la production courante des écritures. La mission d’expert-comptable s’inscrit dans un cadre réglementé plus large pouvant aller jusqu’à l’organisation comptable, l’attestation, la certification, le commissariat aux comptes et le conseil structurant.
Une mission d’assistance comptable vaut-elle audit ?
Non. Les normes marocaines précisent qu’il s’agit d’une mission sans assurance et sans expression d’opinion. Elle ne remplace ni un audit ni un examen limité.
La supervision comptable peut-elle couvrir la fiscalité et le social ?
Oui. Le manuel professionnel prévoit qu’elle peut inclure l’assistance ou l’aide à l’établissement ou à la revue des déclarations fiscales et sociales périodiques et annuelles.
Comment vérifier qu’un cabinet est bien habilité au Maroc ?
Le premier réflexe est de vérifier l’inscription du professionnel ou de la société au tableau de l’Ordre des Experts-Comptables du Maroc, puisque l’exercice des actes réservés en dépend.
Faut-il demander un audit ou une mise en conformité ?
Tout dépend de l’objectif. Si vous devez certifier ou répondre à une exigence forte de tiers, l’audit est pertinent. Si votre priorité est d’assainir vos comptes, de sécuriser la TVA, la paie, la CNSS ou la clôture, une mission de mise en conformité ou de supervision constitue souvent la meilleure première étape.

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Comptes courants d’associés au Maroc : taux des intérêts fiscalement déductibles fixé à 2,15 % pour 2026 (Arrêté n° 231.26)

Chaque année, un simple arrêté ministériel détermine ce que votre société peut — ou ne peut pas — déduire fiscalement au titre des intérêts versés à ses associés.

Pour 2026, le plafond est fixé à 2,15 % par l’arrêté n° 231.26 du 6 février 2026. Un taux en apparence technique, mais dont le non-respect expose directement à un retraitement lors d’un contrôle fiscal.

Conditions cumulatives, double plafond, libération du capital… Voici ce que les directions financières doivent vérifier avant la clôture.

À retenir

  • Le plafond 2026 des intérêts fiscalement déductibles sur comptes courants créditeurs d’associés est fixé à 2,15 % 
  • La déductibilité est encadrée par l’article 10 (II‑A‑2°) du CGI et une note de service DGI (CI 438/25/DGI – 07/03/2025) qui rappelle trois conditions cumulatives .
  • Le taux plafond annuel est fixé par arrêté du Ministre chargé des finances, en fonction du taux d’intérêt moyen des bons du Trésor à six (6) mois de l’année précédente .
  • L’arrêté n° 231.26 (06/02/2026) se fonde sur les articles 10 (II‑A‑2°) et 35 du CGI et mentionne l’examen des taux des bons du Trésor à six mois de 2025.

1. Pourquoi ce sujet est stratégique en clôture fiscale

Le compte courant d’associé (CCA) est un levier de financement interne : l’associé met des fonds à disposition de la société, et la société peut décider de rémunérer ce financement par des intérêts. Sur le plan fiscal, l’enjeu n’est pas seulement la comptabilisation de la charge, mais sa déductibilité à l’IS.

Au Maroc, cette déductibilité est encadrée par un mécanisme à « double plafond » : un plafond sur la base (montant des avances éligibles) et un plafond sur le taux (taux annuel fixé par arrêté). La doctrine administrative DGI fournit une grille de lecture opérationnelle pour sécuriser ce traitement.

2. Plafond 2026 : 2,15 % (décision/arrêté n° 231.26)

Le Bulletin Officiel du Royaume du Maroc (édition arabe) publie la décision/arrêté de la Ministre de l’Économie et des Finances n° 231.26, daté du 17 Chaâbane 1447 (6 février 2026), relatif au « taux maximum des intérêts déductibles » afférents aux comptes courants créditeurs d’associés.

L’article premier de cette décision fixe le taux maximum des intérêts fiscalement déductibles à 2,15 % au titre de l’année 2026

Source officielle : Bulletin Officiel (SGG) – BO n° 7486 (édition arabe)

3. Cadre juridique et logique de fixation du taux

La décision n° 231.26 indique qu’elle est prise sur le fondement des articles 10 (II‑A‑2°) et 35 du CGI, et qu’elle intervient après examen des taux d’intérêts dus sur les bons du Trésor à six mois de l’année 2025.

La note de service DGI CI 438/25/DGI (07/03/2025) rappelle que le plafond annuel est fixé par arrêté du Ministre chargé des finances en fonction du taux d’intérêt moyen des bons du Trésor à six (6) mois de l’année précédente.

4. Conditions de déductibilité (rappel DGI)

La note DGI précise que les intérêts constatés ou facturés relatifs aux sommes avancées par les associés à la société pour les besoins de l’exploitation sont déductibles du résultat fiscal, sous réserve de conditions cumulatives .

4.1 Capital social entièrement libéré

Condition n°1 : le capital social doit être entièrement libéré . En pratique, ce point devient un contrôle d’entrée : tant que le capital n’est pas totalement libéré, la position fiscale est fragilisée.

4.2 Plafond sur la base (montant éligible)

Condition n°2 : le montant total des sommes portant intérêts déductibles ne peut excéder le montant du capital social. Cela implique un plafonnement de la base de calcul des intérêts fiscalement admis.

4.3 Plafond sur le taux (taux 2026 = 2,15 %)

Condition n°3 : le taux des intérêts déductibles ne peut dépasser le taux annuel fixé par arrêté . Pour 2026, ce taux plafond est de 2,15 % .

5. Mode opératoire recommandé pour une position « audit-ready »

Une approche structurée permet d’anticiper les retraitements extra-comptables et de sécuriser la justification. Le schéma ci-dessous reprend une logique en 4 étapes, alignée sur les exigences rappelées par la DGI (Réf. [2]).

  • Étape 1 – Qualifier les avances

    S’assurer que les avances rémunérées correspondent à des sommes avancées par les associés « pour les besoins de l’exploitation ».

  • Étape 2 – Tester la libération du capital

    Documenter la libération intégrale du capital social .

  • Étape 3 – Appliquer les plafonds (base et taux)

    Plafond base : base éligible ≤ capital social. Plafond taux : taux appliqué ≤ 2,15 % pour 2026.

  • Étape 4 – Calculer et isoler la fraction non déductible

    Si un plafond est dépassé, isoler la fraction d’intérêts non admise en déduction Formaliser un tableau de calcul annuel : base éligible, taux retenu, intérêts servis, réintégration éventuelle.

Exemples chiffrés (illustratifs)

Paramètre

Exemple 1 – Déduction intégrale

Exemple 2 – Déduction partielle

Capital social libéré

1 000 000 MAD

1 000 000 MAD

CCA rémunéré

800 000 MAD

1 500 000 MAD

Taux servi

2,15 %

3,00 %

Base éligible

800 000 MAD

Plafonnée à 1 000 000 MAD

Résultat fiscal

✓ Intérêts déductibles

■ Réintégration partielle

6. Point d’attention côté associés : produits financiers et article 213‑II

La note de service DGI indique qu’il est admis que les intérêts soient facturés et constatés dans les produits financiers des associés selon le même taux annuel fixé par arrêté .

Elle précise également les conditions dans lesquelles les dispositions de l’article 213‑II du CGI peuvent être invoquées pour redresser le montant des intérêts constatés dans les produits financiers des associés sur la base du taux d’intérêt du marché .

7. Documentation : checklist de sécurisation

8. FAQ – Comptes courants d'associés et taux 2026

Le plafond est fixé à 2,15 % au titre de l’année 2026 par la décision/arrêté n° 231.26 du 6 février 2026.

Capital entièrement libéré, base plafonnée au capital social et taux plafonné au taux annuel fixé par arrêté

 Le plafond est fixé par arrêté en fonction du taux d’intérêt moyen des bons du Trésor à six mois de l’année précédente. L’arrêté 2026 mentionne l’examen des bons du Trésor à six mois de 2025.

Les textes officiels fixent un plafond pour la déductibilité sans préciser explicitement brut vs net. Ce point mérite une vérification auprès de votre conseil fiscal.

Conclusion

Le plafond 2026 des intérêts déductibles sur comptes courants créditeurs d’associés est fixé à 2,15% par l’arrêté n° 231.26. Pour sécuriser la déduction, les directions financières doivent appliquer les trois conditions rappelées par la DGI et documenter le calcul afin d’anticiper tout retraitement lors d’un contrôle fiscal.

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Business Plan Auberge à Agadir – Accompagnement stratégique du Cabinet CHY

La création d’une auberge touristique à Agadir représente une opportunité d’investissement dans l’une des régions les plus dynamiques du tourisme marocain.

 Dans le cadre de l’accompagnement d’un porteur de projet MRE souhaitant créer une auberge dans la région d’Agadir, le cabinet CHY a élaboré un Business Plan professionnel structuré selon les standards bancaires et les meilleures pratiques des cabinets internationaux.

1. Contexte stratégique du projet

Le Business Plan a été conçu selon les attentes des établissements financiers marocains : cohérence des hypothèses, prudence des projections, démonstration de la capacité de remboursement et solidité du montage financier.

Le projet consiste en la création d’une auberge touristique dans les environs d’Agadir, région à fort potentiel touristique. Le porteur de projet, Marocain Résidant à l’Étranger (MRE), souhaite investir au Maroc dans un projet durable et rentable.

Notre mission : transformer une vision entrepreneuriale en un dossier bancaire crédible, structuré et orienté performance.

2. Approche méthodologique du Cabinet CHY

2.1 Analyse de marché et positionnement

– Analyse de l’environnement touristique régional
– Étude de la concurrence directe et indirecte
– Identification des segments cibles
– Analyse de la saisonnalité et du taux d’occupation potentiel

2.2 Structuration juridique et fiscale

– Choix de la forme juridique adaptée
– Optimisation fiscale conforme à la réglementation marocaine
– Projection des charges fiscales et sociales

2.3 Modélisation financière avancée

– Compte de résultat prévisionnel
– Plan de trésorerie détaillé
– Plan de financement structuré
– Analyse du seuil de rentabilité
– Capacité d’autofinancement et indicateurs de performance (TRI, VAN)

2.4 Analyse des risques et scénarios

– Identification des risques opérationnels et financiers
– Scénarios prudent, central et optimiste
– Plan d’atténuation des risques

3. Exigences bancaires et crédibilité financière

Le Business Plan a été conçu selon les attentes des établissements financiers marocains : cohérence des hypothèses, prudence des projections, démonstration de la capacité de remboursement et solidité du montage financier.

4. Valeur ajoutée du Cabinet CHY

Le cabinet CHY adopte une approche inspirée des standards internationaux  :
– Rigueur analytique
– Structuration stratégique
– Orientation performance
– Maîtrise réglementaire et fiscale
– Vision long terme

5. Accompagnement des MRE investisseurs au Maroc

Le cabinet CHY accompagne les investisseurs MRE dans :
– Création d’entreprise au Maroc
– Élaboration de Business Plan bancaire
– Études de faisabilité
– Structuration financière
– Conseil stratégique et fiscal

Conclusion

Un projet touristique structuré repose sur une stratégie financière maîtrisée. Le cabinet CHY positionne chaque Business Plan comme un véritable outil de décision et de financement. Notre objectif : sécuriser le financement et maximiser les chances de réussite entrepreneuriale.

Questions Fréquentes sur le Business Plan Hôtelier au Maroc

La structuration d’un Business Plan destiné à un établissement bancaire marocain comprend généralement plusieurs étapes : analyse du marché et positionnement, choix de la forme juridique, élaboration des projections financières prévisionnelles, identification des risques et préparation du dossier de financement. Chaque étape est traitée en cohérence avec les exigences spécifiques de l’établissement prêteur.

Les sources de financement mobilisables pour un projet d’hébergement touristique au Maroc comprennent l’apport personnel du porteur de projet, le crédit bancaire auprès des établissements financiers agréés, ainsi que les dispositifs d’appui publics gérés notamment par le SMIT (Société Marocaine d’Ingénierie Touristique) et les Centres Régionaux d’Investissement. La combinaison de ces sources doit être structurée en cohérence avec les exigences des établissements prêteurs.

La durée de préparation d’un Business Plan complet dépend de la disponibilité des données nécessaires (devis, données de marché, informations sur le bien immobilier) et de la complexité du projet. En pratique, cette mission requiert généralement entre 10 et 20 jours ouvrables pour un dossier complet destiné à un établissement bancaire.

L’intervention d’un expert-comptable inscrit à l’Ordre des Experts-Comptables du Maroc garantit la rigueur méthodologique du dossier, la conformité des projections financières aux normes en vigueur et la crédibilité du Business Plan auprès des établissements bancaires. Le Cabinet CHY intervient dans ce cadre réglementé pour accompagner les porteurs de projets MRE et résidents dans la structuration de leur dossier.

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Imposition des revenus fonciers 2025/2026 : Amélioration du régime de l’IR sur les revenus fonciers (Option pour le taux libératoire de 20%)

1-Contexte et cadre juridique

La Loi de Finances 2025 a modifié le régime d’imposition des revenus fonciers soumis à retenue à la source (RAS) afin de :

  • Simplifier le traitement fiscal
  • Renforcer l’équité entre contribuables
  • Réduire les obligations déclaratives (notamment pour salariés et retraités)

Les modifications concernent notamment les articles :

  • Code Général des Impôts
    • Article 64-IV
    • Article 73 (II-F-12°)
    • Article 86-6°
    • Article 160 bis

📅 Entrée en vigueur : revenus fonciers encaissés à compter du 1er janvier 2025.

2-Situation AVANT la LF 2025

Avant 2025 :

  • Les loyers versés par certaines personnes (personnes morales ou professionnels au réel/simplifié) faisaient l’objet d’une RAS :
    • 10% si loyers ≤ 120 000 DH/an
    • 15% si loyers > 120 000 DH/an

👉 Cette retenue était non libératoire.

Le contribuable devait :

  • Déclarer ses revenus fonciers dans la déclaration annuelle
  • Bénéficier d’un abattement forfaitaire de 40%
  • Régulariser l’impôt selon le barème progressif
  • Imputer la RAS déjà opérée

3-Nouveauté 2025 : Option pour le taux libératoire de 20%

Principe

Les contribuables peuvent désormais opter pour une imposition libératoire de 20% sur le montant brut imposable des revenus fonciers soumis à RAS.

L’impôt prélevé met fin à toute régularisation ultérieure sur ces revenus.

4-Contribuables concernés

Sont concernés :

  • Personnes physiques
  • Revenus fonciers soumis à RAS
  • Loyers versés par :
    • Personnes morales (publiques ou privées)
    • Personnes physiques soumises au régime du résultat net réel ou simplifié

📌 Les loyers versés par des particuliers (non soumis à RAS) ne sont pas concernés par l’option.

5-Modalités pratiques de l’option

📌 Procédure

  1. Dépôt électronique d’une demande auprès de l’administration fiscale
  2. Obtention d’un récépissé
  3. Transmission d’une copie du récépissé à chaque locataire soumis à RAS

Délais

  • Remise au moins 30 jours avant l’échéance du loyer suivant le dépôt
  • Effet à compter du mois suivant la remise

📍 Portée

  • L’option concerne l’ensemble des biens soumis à RAS
  • Une seule demande suffit
  • Copie à transmettre à tous les locataires concernés

🔁 Fin de l’option

  • Demande électronique
  • Remise aux locataires 15 jours avant échéance

6-Base d’imposition sous le taux libératoire

La RAS à 20% s’applique :

Sur le revenu foncier brut imposable, défini comme :

Loyers bruts

  • Charges normalement supportées par le propriétaire mais payées par le locataire
    – Charges payées par le propriétaire pour le compte du locataire

Particularité majeure :

Sous le taux libératoire :

  • Pas d’abattement de 40%
  • Pas d’exonération du seuil de 40 000 DH

7-Dispense de déclaration annuelle

Lorsque les revenus fonciers sont soumis au taux libératoire de 20% :

  • Dispense de déclaration annuelle pour ces revenus
  • Si le contribuable dispose uniquement :
    • D’un salaire versé par un seul employeur
    • De revenus fonciers soumis au taux libératoire

👉 Aucune déclaration annuelle requise.

8-Comparaison des deux régimes

Critère

Régime droit commun

Régime 20% libératoire

Taux RAS

10% ou 15%

20%

Nature

Non libératoire

Libératoire

Abattement 40%

Oui

Non

Seuil 40 000 DH

Oui

Non

Déclaration annuelle

Obligatoire

Dispense possible

Régularisation

Oui

Non

9-Analyse technique et arbitrage fiscal

📌 Avantages du taux libératoire

  • Simplicité administrative
  • Sécurité fiscale
  • Pas de régularisation
  • Visibilité immédiate sur la charge fiscale
  • Intéressant pour contribuables déjà fortement imposés (TMI 37%)

📌 Inconvénients

  • Perte de l’abattement de 40%
  • Imposition sur le brut
  • Moins avantageux pour contribuables à faible taux marginal

🔎 Cas pratiques synthétiques

Cas 1 : Loyers importants + salarié fortement imposé

Le taux libératoire peut être plus intéressant si :

  • Le contribuable est dans la tranche 37%
  • Le revenu foncier net après abattement serait imposé au taux marginal élevé
  • Les revenus provenant de la location des propriétés agricoles (ces locations ne bénéficient de l’abattement de 40%).

Cas 2 : Loyers modestes

Si loyers ≤ 40 000 DH :

  • En droit commun : exonération
  • Sous taux libératoire : imposition à 20%

👉 Le droit commun peut être plus avantageux.

10-Période transitoire 2025

Tolérance administrative :

Si option formulée après premier loyer :

  • Possibilité de régularisation ultérieure pour appliquer le 20% sur toute l’année
  • À défaut → régularisation via déclaration annuelle

📌 Points d’attention pour cabinets et experts-comptables

Vérifier :

  • Nature du locataire
  • Respect des délais
  • Transmission du récépissé
  • Application correcte du taux
  • Impact sur TMI du client

Mettre en place :

  • Simulateur comparatif 20% vs barème progressif
  • Procédure d’accompagnement clients
  • Check-list d’option

🎯 Recommandations pratiques (approche cabinet)

  1. Effectuer systématiquement une simulation comparative
  2. Segmenter la clientèle :
    • Salariés fortement imposés
    • Retraités
    • Multi-propriétaires
  3. Mettre à jour les lettres de mission fiscale
  4. Informer les clients avant janvier 2025

Conclusion

La réforme introduite par la Loi de Finances 2025 constitue une évolution majeure du régime des revenus fonciers au Maroc.

Elle instaure un mécanisme optionnel d’imposition libératoire à 20% qui :

  • Simplifie les obligations déclaratives
  • Offre une meilleure lisibilité fiscale
  • Nécessite une analyse personnalisée avant arbitrage

👉 Le choix entre régime progressif et taux libératoire doit être effectué sur la base d’une simulation chiffrée tenant compte du profil global du contribuable.

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Dispense de la déclaration annuelle du revenu global (IR) au Maroc : analyse experte de l’article 86 du CGI

La déclaration annuelle du revenu global constitue, en principe, une obligation fiscale pour les personnes physiques soumises à l’Impôt sur le Revenu (IR) au Maroc. Toutefois, l’article 86 du Code Général des Impôts (CGI) prévoit plusieurs cas de dispense.

Cet article propose une analyse structurée et opérationnelle des situations concernées, ainsi que des points de vigilance pour les contribuables et les cabinets d’expertise comptable.

1. Principe général de la dispense

Conformément à l’article 86 du CGI marocain, certains contribuables ne sont pas tenus de produire la déclaration annuelle du revenu global.

⚠️ Cette dispense ne s’applique pas si le contribuable :

  • s’estime surtaxé ;
  • souhaite bénéficier de déductions prévues aux articles 28 et 74 du CGI ;
  • perçoit d’autres revenus non couverts par la dispense.

La logique du législateur repose sur un principe simple : lorsque l’impôt est intégralement prélevé à la source à titre libératoire, l’obligation déclarative peut être supprimée.

2. Cas de dispense prévus par l’article 86 du CGI

2.1. Salariés disposant d’un seul employeur

Sont dispensés :

  • les contribuables percevant uniquement des revenus salariaux ;
  • versés par un seul employeur ou débirentier domicilié ou établi au Maroc ;
  • soumis à la retenue à la source prévue à l’article 156-I du CGI.

Dans ce cas, l’impôt retenu à la source est considéré comme définitif.

🔎 Point de vigilance : la présence d’un second employeur ou d’un autre type de revenu rétablit l’obligation déclarative.

2.2. Revenus soumis à un taux libératoire (article 73)

Les contribuables percevant des revenus et profits imposés selon les taux libératoires prévus au dernier alinéa de l’article 73 du CGI sont également dispensés.

Un impôt libératoire signifie que :

  • le prélèvement effectué solde définitivement l’imposition ;
  • aucune régularisation annuelle n’est requise.

Cette situation concerne notamment certains revenus de capitaux mobiliers ou catégories spécifiques visées par le CGI.

2.3. Pensions de retraite complémentaire sous le seuil exonéré

La dispense s’applique aux contribuables :

  • percevant uniquement des pensions de retraite dans le cadre des régimes de retraite complémentaire ;
  • versées par plusieurs débirentiers établis au Maroc ;
  • soumises à la retenue à la source ;
  • dont le total du montant net imposable ne dépasse pas le seuil exonéré prévu à l’article 73-I du CGI.

Dès lors que le seuil est dépassé, l’obligation déclarative devient applicable.

2.4. Revenus fonciers soumis à la retenue libératoire de 20 %

Les contribuables disposant de revenus fonciers sont dispensés pour la partie de ces revenus soumise à la retenue à la source au taux libératoire de 20 %, prévue à l’article 73-II-F-12° du CGI.

Attention :

  • La dispense ne concerne que la fraction soumise au taux libératoire.
  • Toute autre catégorie de revenu foncier peut réactiver l’obligation déclarative.

2.5. Pensions et rentes viagères exonérées

Les contribuables disposant uniquement :

  • de pensions de retraite ;
  • ou de rentes viagères exonérées d’IR en vertu de l’article 57-27° du CGI ;

sont également dispensés de déclaration.

3. Cas abrogés

L’article 86 mentionne des dispositions abrogées (1° et 4°), ce qui signifie qu’elles ne sont plus applicables dans la version en vigueur du CGI.

4. Analyse pratique pour les contribuables et les cabinets

4.1. La retenue à la source ne dispense pas systématiquement

La retenue à la source doit être :

  • conforme aux dispositions de l’article 156-I du CGI ;
  • effectivement opérée ;
  • applicable à titre libératoire.

Une retenue non libératoire peut nécessiter une déclaration annuelle.

4.2. Cumul de revenus : principal facteur de risque

Dans la pratique, la majorité des erreurs provient du cumul :

  • salaire + revenus fonciers ;
  • pensions + revenus mobiliers ;
  • revenus salariés + activité indépendante.

Dans ces cas, l’obligation déclarative est rétablie.

4.3. Optimisation fiscale et restitution d’impôt

Même en cas de dispense, la déclaration peut être opportune lorsque le contribuable :

  • souhaite bénéficier de déductions fiscales ;
  • constate une retenue excessive ;
  • entend demander une restitution.

5. Conclusion

L’article 86 du CGI marocain instaure un régime de simplification administrative en dispensant certains contribuables de la déclaration annuelle du revenu global.

Toutefois, cette dispense reste strictement encadrée. La moindre variation dans la nature ou le cumul des revenus peut entraîner une obligation déclarative.

Une analyse individualisée est recommandée afin :

  • d’éviter tout risque de non-conformité fiscale ;
  • d’identifier d’éventuelles opportunités d’optimisation.

Besoin d’un diagnostic fiscal personnalisé ?

Notre cabinet accompagne les particuliers, dirigeants et investisseurs immobiliers dans :

  • la sécurisation de leur situation fiscale ;
  • l’analyse des obligations déclaratives ;
  • l’optimisation conforme au CGI marocain ;
  • l’assistance en cas de contrôle fiscal.

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