Retenue à la source (RAS) au Maroc :quelles rémunérations allouées à des tiers sont concernées ?

La retenue à la source sur les rémunérations allouées à des tiers est un sujet important pour les entreprises marocaines, notamment lorsqu'elles règlent des prestations de services à des fournisseurs, cabinets, agences ou organismes externes. La note de clarification de la Direction Générale des Impôts apporte une précision essentielle : toutes les rémunérations versées à des tiers ne doivent pas être traitées de la même manière.

En pratique, la note vise à réduire les divergences d'interprétation et à uniformiser le traitement fiscal des prestations concernées. Elle distingue les prestations qui ne revêtent pas un caractère intellectuel, exclues de la RAS, des prestations qui restent obligatoirement soumises à cette retenue.

À retenir dès le départ

Le critère central est la nature de la prestation. Lorsqu'il s'agit d'une prestation d'exécution, d'exploitation, de logistique, d'entretien ou d'un service matériel sans caractère intellectuel, la note précise que la RAS ne s'applique pas. Lorsqu'il s'agit d'une prestation de formation, de conseil, de conception, de développement ou d'expertise, la RAS peut être obligatoire selon les cas expressément cités.

Pourquoi cette clarification est importante

La note rappelle que les rémunérations allouées à des tiers soumises à la retenue à la source comprennent notamment les honoraires, commissions, courtages et autres rémunérations de même nature. Cependant, dans la pratique, certaines prestations opérationnelles étaient parfois assimilées à tort à des prestations intellectuelles.

Cette clarification permet donc aux entreprises de mieux sécuriser leurs traitements comptables et fiscaux, d'éviter des retenues non justifiées sur certaines factures et de limiter les risques liés à une mauvaise qualification des prestations.

Les rémunérations non soumises à la RAS selon la note

La note précise que les rémunérations de prestations allouées à des tiers ne revêtant pas un caractère intellectuel ne sont pas soumises à la retenue à la source. Les catégories suivantes sont expressément citées comme non soumises à la RAS.

Catégorie Exemples cités Point d'attention
Services d'appui et d'exécution Non soumis Gardiennage, sécurité, nettoyage, entretien, accueil, assistance de secrétariat. Ces prestations relèvent principalement de l'exécution matérielle ou administrative.
Exploitation et logistique Non soumis Exploitation des installations, manutention, gerbage des stocks. La note les classe parmi les prestations sans caractère intellectuel.
Matériel technique et informatique Non soumis Entretien et réparation du matériel technique et informatique. À distinguer de la maintenance des logiciels, qui est traitée différemment.
Sécurité et signalisation Non soumis Fabrication et installation de dispositifs de sécurité, travaux de signalisation. Le traitement vise les prestations d'installation ou de travaux.
Réseau ferroviaire Non soumis Gestion, exploitation et maintenance d'un réseau ferroviaire, notamment le tramway. Catégorie spécifique citée par la note.
Événementiel Non soumis Réalisation de stands et pavillons. La prestation est considérée comme une réalisation matérielle.
Ressources humaines opérationnelles Non soumis Intérim, c'est-à-dire mise à disposition de personnel. La note cite expressément l'intérim comme non soumis.
Publicité et annonces Non soumis Vente d'espaces publicitaires, annonces publicitaires et insertions réglementaires, y compris les appels d'offres. La vente d'espace ou d'insertion est exclue selon la note.
Paiements électroniques Non soumis Services du CMI concernant les paiements électroniques. Catégorie explicitement exclue de la RAS.
Hébergement web Non soumis Hébergement d'un site Web. La note cite l'hébergement web parmi les prestations non soumises.
Voyage, restauration et hébergement Non soumis Restauration, billetterie et hébergement assurés par une agence de voyages lorsqu'elle n'agit pas en tant que commissionnaire. Le statut de l'agence est déterminant.
Assurances Non soumis Prestations d'assurances, notamment primes d'assurances. Les primes d'assurances sont exclues selon la note.
Vignettes de paiement de charges Non soumis Rémunérations en contrepartie de vignettes de paiement d'eau, d'électricité, de carburant et charges similaires. La note exclut la vente de ces vignettes de paiement.
Exemple pratique : une facture de nettoyage ou de gardiennage ne doit pas être traitée comme une facture de conseil. Selon la note, ce type de rémunération ne revêt pas un caractère intellectuel et n'entre donc pas dans le champ de la RAS visée.

Les rémunérations obligatoirement soumises à la RAS

La note précise également que certaines rémunérations allouées à des tiers doivent obligatoirement être soumises à la retenue à la source. Ces prestations ont généralement une dimension de service intellectuel, technique, de gestion ou d'expertise, ou sont expressément désignées par la note.

Prestation Description Traitement
Frais d'intervention et commissions Soumis Frais d'intervention et commissions alloués à des organismes publics en contrepartie de la gestion du système de vignettes. Soumis à la RAS selon la note.
Formations Soumis Rémunérations des formations. Les prestations de formation sont expressément soumises.
Recrutement, conseil et évaluation Soumis Prestations réalisées par les cabinets de recrutement, les cabinets de conseil et les cabinets d'évaluation. Les cabinets spécialisés sont clairement visés.
Logiciels Soumis Maintenance des logiciels. À distinguer de l'entretien ou de la réparation du matériel informatique.
Systèmes d'information Soumis Conception, développement et mise en œuvre de bases de données et de systèmes d'information. La composante intellectuelle et technique justifie le traitement.
Archives Soumis Services d'archivage, d'assainissement et de conservation des archives. Catégorie expressément soumise.
AMMC Soumis Rémunérations versées à l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux. Soumises à la RAS selon la note.
Exemple pratique : une prestation de maintenance de logiciels est soumise à la RAS selon la note. En revanche, l'entretien ou la réparation de matériel informatique, lorsqu'il s'agit d'une intervention matérielle, est cité parmi les prestations non soumises.

La distinction clé : prestation matérielle ou prestation intellectuelle

Pour appliquer correctement la note, l'entreprise doit éviter de raisonner uniquement à partir du nom du fournisseur. Le bon réflexe consiste à analyser l'objet réel de la facture ou du contrat. Une même entreprise peut fournir à la fois des prestations matérielles et des prestations intellectuelles, avec des traitements fiscaux différents.

Prestation plutôt non soumise

Exécution, entretien, nettoyage, gardiennage, manutention, installation, exploitation ou vente d'un espace ou d'une vignette de paiement.

Prestation plutôt soumise

Formation, conseil, recrutement spécialisé, évaluation, maintenance de logiciels, conception ou développement de systèmes d'information.

Conseil de conformité

En cas de prestation mixte, il est recommandé de séparer clairement les lignes de facturation ou les postes contractuels. Cette distinction facilite la justification du traitement retenu en cas de contrôle ou de demande d'explication.

Checklist pour appliquer la note dans l'entreprise

Avant de payer une facture à un tiers, l'entreprise peut suivre une grille simple de contrôle :

  • Lire l'objet exact de la facture : le libellé doit permettre de comprendre la nature réelle de la prestation.
  • Comparer avec les catégories de la note : vérifier si la prestation est listée parmi les rémunérations non soumises ou obligatoirement soumises.
  • Identifier le caractère intellectuel : conseil, conception, développement, formation ou évaluation nécessitent une attention particulière.
  • Distinguer matériel et logiciel : l'entretien du matériel informatique et la maintenance des logiciels ne suivent pas le même traitement dans la note.
  • Documenter la décision : conserver une trace de l'analyse fiscale, notamment pour les prestations importantes ou récurrentes.
  • Vérifier les prestations mixtes : demander, si nécessaire, une ventilation contractuelle ou une facture détaillée.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Appliquer automatiquement la RAS à tous les prestataires : la note montre que certaines prestations d'exécution ou d'exploitation sont exclues.
  • Confondre matériel informatique et logiciel : l'entretien du matériel est cité comme non soumis, alors que la maintenance des logiciels est soumise.
  • Négliger le rôle de l'agence de voyages : les prestations de restauration, billetterie et hébergement sont exclues lorsque l'agence n'agit pas en tant que commissionnaire.
  • Se fier uniquement au libellé commercial : la qualification fiscale dépend de la réalité de la prestation, pas seulement du nom du service.

Ce qu'il faut retenir

La note de la DGI apporte une clarification utile pour les entreprises marocaines : les prestations sans caractère intellectuel, comme le gardiennage, le nettoyage, la manutention, l'hébergement web, certaines prestations d'agences de voyages ou les primes d'assurances, ne sont pas soumises à la retenue à la source. À l'inverse, les formations, les prestations de conseil, de recrutement ou d'évaluation, la maintenance de logiciels, le développement de bases de données et de systèmes d'information, l'archivage et les rémunérations versées à l'AMMC restent soumises à la RAS.

Pour sécuriser le traitement fiscal, chaque facture doit être analysée selon la nature de la prestation et rapprochée des catégories précisées dans la note. Cette méthode permet de limiter les erreurs, d'améliorer la conformité fiscale et de fluidifier les relations avec les prestataires.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la retenue à la source sur les rémunérations allouées à des tiers ?
Il s'agit d'une retenue fiscale appliquée à certaines rémunérations versées à des tiers, notamment des honoraires, commissions, courtages et rémunérations de même nature, lorsque ces rémunérations entrent dans le champ prévu par le CGI et les clarifications de la DGI.
Les prestations de gardiennage, nettoyage ou accueil sont-elles soumises à la RAS ?
Non. La note cite le gardiennage, le nettoyage, l'entretien, l'accueil et l'assistance de secrétariat parmi les prestations ne revêtant pas un caractère intellectuel et non soumises à la RAS.
L'entretien du matériel informatique est-il soumis à la RAS ?
Non, lorsqu'il s'agit d'entretien ou de réparation de matériel technique et informatique. La note classe ces prestations parmi les rémunérations non soumises à la RAS.
La maintenance des logiciels est-elle soumise à la RAS ?
Oui. La note indique que les rémunérations relatives à la maintenance des logiciels sont obligatoirement soumises à la retenue à la source.
Les formations sont-elles soumises à la retenue à la source ?
Oui. Les rémunérations des formations figurent parmi les rémunérations allouées à des tiers obligatoirement soumises à la RAS selon la note.
L'hébergement d'un site web est-il soumis à la RAS ?
Non. L'hébergement d'un site Web est expressément cité par la note parmi les prestations non soumises à la retenue à la source.
Les cabinets de recrutement, de conseil ou d'évaluation sont-ils concernés par la RAS ?
Oui. Les prestations réalisées par les cabinets de recrutement, les cabinets de conseil et les cabinets d'évaluation sont expressément citées parmi les rémunérations soumises à la RAS.
Les prestations d'une agence de voyages sont-elles soumises à la RAS ?
La note précise que les prestations de restauration, de billetterie et d'hébergement assurées par une agence de voyages ne sont pas soumises à la RAS lorsqu'elle n'agit pas en tant que commissionnaire.
Que faire lorsqu'une facture contient à la fois une prestation matérielle et une prestation intellectuelle ?
Il est préférable de demander une ventilation détaillée afin de distinguer les prestations non soumises de celles soumises à la RAS. Cette séparation facilite la justification du traitement fiscal retenu.
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La DGI clarifie le traitement des actes établis en France présentés à la conservation foncière au Maroc

La Direction Générale des Impôts a apporté, dans une réponse datée du 25 mai 2026, des éclaircissements importants concernant l'application de l'article 139-I du Code Général des Impôts marocain aux actes établis en France et présentés ensuite au Maroc, notamment à la conservation foncière.

Cette clarification intéresse les praticiens du chiffre et du droit, les contribuables concernés par des actes transfrontaliers, les Marocains résidant à l'étranger et les investisseurs dont les actes établis en France doivent produire effet au Maroc.

Le sujet porte principalement sur la preuve du paiement des droits en France, l'imputation éventuelle de ces droits au Maroc, l'application des pénalités en cas de paiement tardif des droits complémentaires marocains et la délivrance de l'attestation d'enregistrement exigée pour la conservation foncière.

Ce que confirme la réponse DGI

  • Les droits acquittés en France peuvent être justifiés au Maroc par tout moyen de preuve, notamment une quittance ou une attestation.
  • Lorsque la convention fiscale le permet, le contribuable peut demander l'imputation des droits payés en France sur les droits dus au Maroc auprès du bureau d'enregistrement compétent.
  • Le paiement tardif de droits complémentaires au Maroc peut entraîner des pénalités et majorations, même si l'acte a déjà été enregistré à l'étranger.
  • Une remise ou modération des pénalités peut être demandée selon les circonstances, conformément à l'article 236-2 du CGI.
  • L'attestation d'enregistrement prévue à l'article 139-I concerne les actes présentés à la conservation foncière, qu'ils soient enregistrés électroniquement ou directement auprès du bureau compétent.
  • L'attestation comporte normalement un QR Code. À défaut de QR Code pour une attestation délivrée directement par un bureau d'enregistrement, le cachet de l'administration fait foi.

Contexte de la clarification DGI

La question posée à la DGI portait sur l'application de l'article 139-I du CGI marocain aux actes établis en France, puis présentés au Maroc pour l'immatriculation ou l'inscription sur les livres fonciers.

L'article 139-I impose que certains actes visés par l'article 127-I du CGI soient préalablement enregistrés avant d'être acceptés par le Conservateur de la Propriété Foncière.

La difficulté pratique concerne les actes déjà établis ou enregistrés en France : faut-il accomplir une formalité au Maroc, les droits déjà payés en France peuvent-ils être imputés, quels justificatifs produire et quelles conséquences en cas de paiement tardif des droits complémentaires marocains ?

Question soumise à l'administration

La demande adressée à la DGI sollicitait des éclaircissements sur les points suivants :

  1. Les documents à produire auprès des services marocains de l'enregistrement et du timbre pour justifier le paiement des droits acquittés en France.
  2. Les modalités d'imputation au Maroc des droits déjà acquittés en France.
  3. Les pénalités ou majorations applicables lorsque des droits complémentaires sont acquittés au-delà des délais légaux marocains.
  4. La justification de l'exonération des droits de timbre applicable aux actes établis en France.
  5. Les conditions de délivrance de l'attestation d'enregistrement prévue à l'article 139-I du CGI, en vue de sa présentation au Conservateur de la propriété foncière.

Réponse DGI — retranscription

Objet

Éclaircissement sur l'application de l'article 139-I du CGI marocain aux actes établis en France

Référence

Lettre en date du 01/04/2026

Par lettre citée en référence, les dispositions de l'article 139-I du Code Général des Impôts marocain (CGI), tel que modifié par la loi de finances de l'année 2024, ont été rappelées. Ces dispositions prévoient que les actes énumérés à l'article 127-I du même code ne peuvent être acceptés par le Conservateur de la Propriété Foncière, pour l'immatriculation ou l'inscription sur les livres fonciers, que s'ils ont été préalablement enregistrés et accompagnés d'une attestation d'enregistrement délivrée selon le modèle établi par l'administration.

La demande rappelait également que la convention fiscale franco-marocaine du 29 mai 1970, visant à éliminer les doubles impositions et à établir des règles d'assistance administrative mutuelle en matière fiscale, stipule dans son article 26.1 que les actes établis dans l'un des États contractants et présentés dans l'autre sont soumis aux droits d'enregistrement et de timbre applicables dans ce dernier État, conformément à sa législation interne. Le cas échéant, les droits d'enregistrement perçus dans le premier État peuvent être imputés sur les droits dus dans l'autre État. De plus, l'article 27 de ladite convention affranchit les actes des droits de timbre lorsqu'ils ont été effectivement réglés ou lorsqu'ils en sont légalement exonérés dans l'État où l'acte a été établi.

Dans ce contexte, des éclaircissements étaient sollicités quant aux modalités d'application des dispositions de l'article 139-I du CGI aux actes émanant de pays liés au Maroc par une convention de non double imposition.

Documents à produire pour justifier le paiement des droits acquittés en France

La justification du paiement des droits acquittés en France, pour bénéficier d'une éventuelle imputation au Maroc, peut s'opérer par tous moyens de preuve dont dispose le contribuable, notamment une quittance ou une attestation.

Modalités d'imputation au Maroc des droits acquittés en France

Eu égard à la suprématie des règles des conventions internationales sur le droit interne, lorsque la convention de non double imposition permet l'imputation des droits acquittés dans un État sur les droits dus dans l'autre État, le contribuable peut demander le bénéfice de ce droit d'imputation auprès du Bureau d'enregistrement compétent.

Pénalités ou majorations en cas de paiement tardif des droits complémentaires

Le paiement des droits complémentaires au-delà des délais prévus par l'article 128 du CGI entraîne l'application des pénalités et majorations correspondantes, indépendamment de la date de l'accomplissement de la formalité de l'enregistrement à l'étranger.

Toutefois, il peut être accordé, à la demande du contribuable et au vu des circonstances invoquées, remise ou modération des majorations, amendes et pénalités prévues par la législation en vigueur, conformément aux dispositions de l'article 236-2 du CGI.

Justification de l'exonération des droits de timbre applicable aux actes établis en France

La justification de l'exonération des droits de timbre en France peut également s'opérer par tous moyens de preuve dont dispose le contribuable, notamment une attestation ou une mention sur l'acte.

Délivrance de l'attestation d'enregistrement prévue à l'article 139-I

Afin de faciliter le contrôle de l'accomplissement de la formalité de l'enregistrement pour les actes présentés à la conservation foncière, la LF 2025 a complété les dispositions de l'article 139-I du CGI pour instituer l'obligation d'accompagner les actes présentés aux conservateurs de la propriété foncière d'une attestation d'enregistrement délivrée selon un modèle établi par l'administration.

Cette attestation permet de s'assurer de l'accomplissement de la formalité d'enregistrement et du paiement des droits correspondants.

L'attestation concerne tous les actes et écrits présentés à la conservation foncière, qu'ils soient enregistrés par voie électronique ou enregistrés auprès du bureau de l'enregistrement compétent.

L'attestation d'enregistrement comporte un code à réponse rapide, ou QR Code, permettant de vérifier l'authenticité de l'attestation et de visualiser les informations relatives à la formalité de l'enregistrement.

Toutefois, si l'attestation d'enregistrement des actes enregistrés directement auprès des bureaux de l'enregistrement ne comporte pas un QR Code, le cachet de l'administration fait foi.

Analyse pratique

1. Les actes établis en France doivent être examinés au regard du CGI marocain

La réponse DGI confirme que le fait qu'un acte soit établi en France ne dispense pas automatiquement de l'application des règles marocaines lorsque cet acte est présenté au Maroc, notamment devant la conservation foncière.

En pratique, un acte étranger peut donc nécessiter une formalité auprès des services marocains de l'enregistrement lorsqu'il est utilisé pour une inscription foncière ou une opération portant sur un bien situé au Maroc.

2. Les droits payés en France peuvent être pris en compte

La DGI admet que le contribuable puisse demander l'imputation des droits acquittés en France lorsque la convention fiscale applicable le permet.

Cette imputation n'est pas automatique. Elle doit être demandée auprès du Bureau d'enregistrement compétent et justifiée par des pièces probantes.

Les justificatifs peuvent notamment comprendre :

  • une quittance de paiement ;
  • une attestation fiscale ;
  • une mention portée sur l'acte ;
  • tout document permettant d'établir le paiement effectif des droits en France.

3. Les délais marocains restent déterminants pour les pénalités

La réponse DGI précise que l'enregistrement réalisé à l'étranger ne neutralise pas les délais prévus par le CGI marocain.

Lorsque des droits complémentaires sont dus au Maroc et qu'ils sont payés après les délais légaux marocains, les pénalités et majorations peuvent s'appliquer.

Une remise ou une modération des sanctions peut toutefois être sollicitée selon les circonstances du dossier, sur le fondement de l'article 236-2 du CGI.

4. L'exonération des droits de timbre en France doit être justifiée

Lorsque l'acte établi en France est exonéré de droits de timbre, cette exonération peut être justifiée au Maroc par tout moyen de preuve.

La DGI cite notamment l'attestation, la mention sur l'acte ou tout document permettant de démontrer que l'acte a effectivement été exonéré en France.

5. L'attestation d'enregistrement devient un document clé pour la conservation foncière

La réponse DGI insiste sur l'importance de l'attestation d'enregistrement prévue par l'article 139-I du CGI.

Cette attestation permet au Conservateur de la propriété foncière de vérifier que la formalité d'enregistrement a été accomplie et que les droits correspondants ont été payés.

Elle concerne tous les actes et écrits présentés à la conservation foncière, qu'ils soient enregistrés :

  • par voie électronique ;
  • ou directement auprès du bureau d'enregistrement compétent.

Lorsque l'attestation comporte un QR Code, celui-ci permet de vérifier l'authenticité du document et de visualiser les informations relatives à l'enregistrement. Lorsque l'attestation délivrée directement par un bureau d'enregistrement ne comporte pas de QR Code, le cachet de l'administration fait foi.

Points de vigilance pour les contribuables et les professionnels

Avant de présenter au Maroc un acte établi en France, il convient de vérifier les points suivants :

  1. Si l'acte entre dans le champ des actes soumis obligatoirement à l'enregistrement au Maroc.
  2. Si l'acte est destiné à être présenté à la conservation foncière.
  3. Si des droits ont déjà été payés en France.
  4. Si ces droits peuvent être imputés au Maroc en application de la convention fiscale.
  5. Si des droits complémentaires restent dus au Maroc.
  6. Si les délais marocains d'enregistrement sont respectés.
  7. Si l'attestation d'enregistrement exigée par l'article 139-I est disponible.
  8. Si l'attestation comporte un QR Code ou, à défaut, le cachet de l'administration.

Questions fréquentes

L'article 139-I du CGI s'applique-t-il aux actes établis en France ?
Oui, lorsque l'acte est présenté au Maroc, notamment à la conservation foncière, il doit être examiné au regard des obligations prévues par le CGI marocain, en particulier lorsqu'il fait partie des actes visés par l'article 127-I.
Quels documents produire pour prouver le paiement des droits en France ?
La DGI précise que la justification peut être faite par tout moyen de preuve dont dispose le contribuable, notamment une quittance ou une attestation.
Les droits d'enregistrement payés en France peuvent-ils être imputés au Maroc ?
Oui, lorsque la convention fiscale applicable le permet. Le contribuable peut demander l'imputation auprès du bureau d'enregistrement compétent.
Des pénalités peuvent-elles s'appliquer si les droits marocains sont payés en retard ?
Oui. Le paiement des droits complémentaires au-delà des délais prévus par l'article 128 du CGI entraîne l'application des pénalités et majorations correspondantes. Une demande de remise ou modération peut toutefois être présentée selon les circonstances.
L'attestation d'enregistrement doit-elle obligatoirement comporter un QR Code ?
L'attestation comporte normalement un QR Code permettant de vérifier son authenticité. Toutefois, pour les actes enregistrés directement auprès des bureaux de l'enregistrement, si l'attestation ne comporte pas de QR Code, le cachet de l'administration fait foi.

La réponse de la DGI du 25 mai 2026 apporte une clarification importante sur l'application de l'article 139-I du CGI aux actes établis en France et utilisés au Maroc.

Elle confirme que les contribuables peuvent justifier les droits acquittés en France par tout moyen de preuve, demander l'imputation des droits lorsque la convention fiscale le permet et obtenir l'attestation d'enregistrement nécessaire à la présentation de l'acte auprès de la conservation foncière.

Cette clarification renforce l'importance d'une préparation rigoureuse du dossier fiscal et documentaire avant toute présentation d'un acte étranger aux administrations marocaines.

Ce contenu est publié à titre d'information générale, sans visée publicitaire et sans démarchage. Il ne constitue pas une consultation individualisée. Les situations particulières doivent être examinées au regard des textes applicables et des pièces du dossier.

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Procurations immobilières au Maroc :entrée en vigueur du registre des droits réels le 1er juin 2026

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la sécurisation des transactions immobilières. Selon le communiqué officiel du Ministère de la Justice, le registre des procurations officielles liées aux droits réels entre en application effective à compter du 1er juin 2026, avec réception des demandes d'inscription devant les tribunaux de première instance à l'échelle nationale.

Cette mesure concerne les procurations qui donnent pouvoir d'agir sur un immeuble ou sur un droit réel immobilier : transfert de propriété, constitution, transmission, modification ou extinction d'un droit réel. La loi n° 31-18 prévoit que ce mandat ne produit ses effets juridiques qu'à partir de son inscription au registre compétent.

Important : cet article est une information générale. Pour un dossier concret, il faut vérifier les modalités pratiques auprès du greffe compétent ou auprès du professionnel qui rédige l'acte.

Ce qui change à partir du 1er juin 2026

À partir de cette date, les demandes d'inscription des procurations officielles liées aux droits réels peuvent être déposées auprès des greffes des tribunaux de première instance. Le Ministère de la Justice présente cette entrée en vigueur comme une mesure destinée à renforcer la sécurité juridique et contractuelle dans les opérations portant sur des droits réels.

  • Le registre local est tenu par les greffes des tribunaux de première instance, sur support électronique.
  • Le registre comprend un registre chronologique et un registre analytique, selon les modalités fixées par le décret n° 2.23.101.
  • Les inscriptions locales alimentent un registre national électronique des procurations.
  • Les modèles de demandes, certificats, copies et extraits sont fixés par l'arrêté du ministre de la Justice n° 381.25.

Le décret n° 2.23.101 précise que le registre est organisé et tenu électroniquement par les greffes des tribunaux de première instance, tandis que l'arrêté n° 381.25 fixe notamment les modèles de demandes, de récépissés, de certificats et d'extraits.

Quelles procurations sont concernées ?

Sont visées les procurations relatives aux actes portant sur des droits réels immobiliers. Il peut s'agir, par exemple, d'une procuration donnée pour vendre un immeuble, transférer la propriété, créer ou modifier un droit réel, ou intervenir dans une opération immobilière relevant du Code des droits réels.

L'article 4 du Code des droits réels impose un formalisme renforcé pour les actes relatifs au transfert de propriété ou à la création, transmission, modification ou extinction des droits réels, y compris les promesses de vente immobilière et les procurations spéciales qui s'y rattachent.

En pratique, il faut donc distinguer une procuration ordinaire d'une procuration qui permet de réaliser une opération immobilière ou d'agir sur un droit réel. C'est cette seconde catégorie qui doit être traitée avec une vigilance particulière.

Qui doit demander l'inscription au registre ?

Le décret n° 2.23.101 prévoit que les demandes d'inscription, de modification ou d'annulation sont présentées au greffe du tribunal de première instance compétent par le rédacteur de la procuration, selon les modèles réglementaires.

La demande doit être datée et signée, et elle doit être accompagnée d'un original ou d'une copie de la procuration. Le greffe remet ensuite un récépissé de dépôt indiquant notamment l'identité et la qualité du demandeur, la date du dépôt et l'objet de la demande.

Pour les professionnels du droit et les parties à une opération immobilière, cette étape devient un point de contrôle essentiel avant toute signature ou exécution d'un acte fondé sur une procuration.

Où se fait l'inscription ?

L'inscription se fait auprès du greffe du tribunal de première instance compétent. Pour les procurations établies à l'étranger, la loi n° 31-18 prévoit que le mandat authentique est inscrit auprès du tribunal mentionné dans l'acte. À défaut de mention, l'inscription est effectuée auprès du tribunal de première instance de Rabat ou du tribunal du lieu où se trouve l'immeuble.

Cette précision est importante pour les Marocains résidant à l'étranger et pour les opérations immobilières impliquant des procurations établies hors du territoire national. Avant d'utiliser une procuration étrangère ou consulaire, il est recommandé de vérifier le tribunal compétent et les pièces demandées par le greffe.

Quelles sont les principales formalités ?

  1. Rédiger ou faire établir la procuration dans la forme requise pour l'opération immobilière concernée.
  2. Préparer la demande d'inscription selon le modèle réglementaire applicable.
  3. Déposer la demande au greffe du tribunal de première instance compétent avec l'original ou une copie de la procuration.
  4. Obtenir un récépissé de dépôt mentionnant l'identité et la qualité du demandeur, la date du dépôt et l'objet de la demande.
  5. Récupérer le certificat d'inscription lorsque le greffe a vérifié la demande.

Le décret prévoit que le greffe vérifie l'identité et la qualité du rédacteur de la procuration ainsi que la concordance entre les données figurant dans la demande et celles de la procuration. Le certificat d'inscription est délivré dans un délai de trois jours à compter de la présentation de la demande.

Quels effets juridiques en cas d'absence d'inscription ?

La règle centrale est claire : le mandat portant sur le transfert de propriété d'un immeuble ou sur un autre droit réel ne produit ses effets juridiques qu'à compter de la date de son inscription au registre. Les modifications ou la révocation du mandat ne sont opposables aux tiers qu'à partir de leur inscription.

Autrement dit, une opération immobilière réalisée sur la base d'une procuration non inscrite peut présenter un risque juridique important. Avant de signer, vendre, acheter ou modifier un droit réel à l'aide d'une procuration, il faut donc vérifier l'existence de l'inscription et conserver la preuve délivrée par le greffe.

Pourquoi cette réforme est importante pour la sécurité foncière

Les transactions immobilières fondées sur des procurations exigent une traçabilité solide. Le registre permet d'identifier les procurations liées aux droits réels, de suivre leurs modifications ou annulations, et de centraliser l'information dans un registre national électronique.

Le Ministère de la Justice indique que cette mesure s'inscrit dans :

  • La modernisation de la justice et le développement des services ;
  • Le renforcement de la sécurité juridique et contractuelle ;
  • La protection des droits des personnes intervenant dans les actes portant sur des droits réels.

Conseils pratiques avant d'utiliser une procuration immobilière

  • Demander au rédacteur de l'acte si la procuration est concernée par le registre des droits réels.
  • Ne pas se contenter d'une copie de procuration : demander le récépissé ou le certificat d'inscription lorsque l'acte entre dans le champ du registre.
  • Pour une procuration établie à l'étranger, vérifier le tribunal compétent indiqué dans l'acte ou, à défaut, les règles prévues par la loi.
  • Conserver le numéro d'inscription et les certificats délivrés par le greffe.
  • En cas de modification ou de révocation de la procuration, vérifier que cette modification ou révocation a également été inscrite.

FAQ – Registre des procurations immobilières au Maroc

Le registre est-il déjà applicable ?

Oui. D'après le communiqué officiel du Ministère de la Justice, l'entrée en application effective du registre est fixée au 1er juin 2026.

Toutes les procurations sont-elles concernées ?

Non. Le registre vise les procurations relatives aux droits réels immobiliers, notamment celles qui portent sur le transfert de propriété ou sur la création, transmission, modification ou extinction d'un droit réel.

Qui dépose la demande d'inscription ?

Le décret n° 2.23.101 prévoit que la demande est présentée par le rédacteur de la procuration au greffe du tribunal de première instance compétent.

Que se passe-t-il si la procuration n'est pas inscrite ?

La loi n° 31-18 prévoit que le mandat visé ne produit ses effets juridiques qu'à compter de son inscription au registre.

Comment traiter une procuration établie à l'étranger ?

La loi prévoit l'inscription auprès du tribunal mentionné dans l'acte. À défaut de mention, l'inscription se fait auprès du tribunal de première instance de Rabat ou du lieu où se trouve l'immeuble.

Un certificat d'inscription est-il délivré ?

Oui. Le décret prévoit la délivrance d'un certificat d'inscription après vérification par le greffe. Les modèles sont fixés par l'arrêté n° 381.25.

Conclusion

L'entrée en vigueur du registre des procurations liées aux droits réels marque un changement majeur pour les opérations immobilières au Maroc. À compter du 1er juin 2026, la vérification de l'inscription d'une procuration devient une étape indispensable pour sécuriser une vente, une modification de droit réel ou toute opération immobilière réalisée par mandataire.

Avant toute opération, les parties doivent s'assurer que la procuration respecte la forme exigée, qu'elle est inscrite au registre compétent et que les preuves d'inscription sont conservées dans le dossier.

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Expert-comptable et commissaire aux comptes : deux métiers complémentaires

Beaucoup de dirigeants ont déjà eu cette impression : lorsqu'une société travaille avec un expert-comptable et un commissaire aux comptes, elle paierait deux professionnels pour regarder les mêmes chiffres. Cette perception est compréhensible. Les deux parlent de bilan, de compte de résultat, de stocks, de chiffre d'affaires, de provisions, de créances clients et de comptes annuels. Pourtant, en pratique, ils n'exercent pas le même métier.

L'expert-comptable accompagne l'entreprise dans la production et la fiabilisation quotidienne de son information comptable. Le commissaire aux comptes, lui, intervient avec un regard extérieur et indépendant pour confronter les comptes à la réalité économique, juridique et financière de l'entreprise.

En une phrase L'expert-comptable construit les comptes avec l'entreprise ; le commissaire aux comptes les challenge.
EXPERT-COMPTABLE & CAC EXPERT-COMPTABLE : Production et conseil au quotidien CAC : Un regard externe sur votre business Tenue comptable Paie & DSN Déclarations fiscales Prévisions Optimisation Gestion de trésorerie Accompagnement RH Détection des risques opérationnels Prévention des difficultés Sécurisation du contrôle interne Diagnostic fraude Sécurisation de l'environnement juridique et fiscal Certification légale des comptes Comptes annuels : L'expert-comptable les prépare, le CAC les challenge Missions communes : Conseil stratégique Conformité légale Fiabilité des données Expert-Comptable CAC Missions communes

Deux postures différentes face aux mêmes chiffres

L'expert-comptable est le partenaire de proximité du dirigeant. Il peut tenir, surveiller, arrêter, réviser et apprécier la comptabilité, mais aussi accompagner l'entreprise sur la paie, les déclarations fiscales, les outils de gestion, l'aide au financement ou encore l'organisation administrative. L'Ordre des experts-comptables présente ainsi l'expert-comptable comme un généraliste de l'entreprise, au-delà de la seule comptabilité.

Le commissaire aux comptes, ou CAC, a une mission différente. Il certifie, en justifiant ses appréciations, que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle du résultat, de la situation financière et du patrimoine de l'entité.

Le CAC a également une mission permanente de vérification des valeurs et documents comptables, ainsi que de contrôle de la conformité de la comptabilité aux règles en vigueur, sans s'immiscer dans la gestion. C'est un point essentiel : le commissaire aux comptes ne dirige pas l'entreprise, ne choisit pas sa stratégie et ne remplace pas l'expert-comptable.

Critère Expert-comptable Commissaire aux comptes
PosturePartenaire, conseil, productionAuditeur légal indépendant
Mission principaleProduire, organiser, réviser, conseillerCertifier, vérifier, alerter
Rapport à la gestionImpliqué au quotidienRegard extérieur, sans immixtion
Logique de travailProduction, révision, conseilAudit, éléments probants, opinion
RelationMandataire ou prestataireMandataire de la loi

Pourquoi le CAC ne refait pas le travail de l'expert-comptable

Le commissaire aux comptes ne reprend pas la comptabilité ligne par ligne pour refaire ce qui a été produit. Son rôle est d'identifier les zones de risque, de collecter des éléments probants et de fonder son opinion d'audit sur les comptes. Les normes d'exercice professionnel prévoient que le CAC collecte, tout au long de l'audit, les éléments lui permettant d'aboutir aux conclusions sur lesquelles il fonde son opinion.

C'est là que se situe la différence fondamentale.

L'expert-comptable travaille dans une logique de production, de révision, de conseil et d'accompagnement. Le commissaire aux comptes travaille dans une logique d'audit, d'indépendance, de contrôle externe et de certification.

Lorsque les deux interviennent dans une même société, leur présence n'est donc pas un doublon. Elle forme un dispositif de fiabilisation à deux niveaux : une comptabilité construite et suivie au quotidien, puis une lecture indépendante des comptes et des risques.

Quatre exemples concrets de complémentarité

Exemple 1

Les stocks, variable sensible de la marge

Les stocks sont souvent un sujet clé dans les entreprises industrielles, commerciales ou de distribution. Une variation de stock mal appréciée peut modifier la marge, le résultat et parfois l'image globale de la performance.

L'expert-comptable comptabilise les stocks à partir des informations transmises par l'entreprise : inventaire, valorisation, dépréciations éventuelles, méthodes retenues.

Le commissaire aux comptes, lui, cherche à vérifier que ces stocks existent réellement et qu'ils sont correctement appréhendés. Lorsque les stocks sont significatifs, les normes d'audit prévoient qu'il assiste à la prise d'inventaire physique afin de collecter des éléments suffisants et appropriés sur leur existence et leur état physique.

L'un comptabilise. L'autre confronte la donnée comptable au terrain.

Exemple 2

Le chiffre d'affaires et les contrats longs

La reconnaissance du chiffre d'affaires est un sujet sensible, notamment pour les sociétés qui travaillent avec des contrats longs, des jalons, des livraisons partielles ou des prestations étalées dans le temps.

L'expert-comptable applique la méthode comptable retenue, en fonction des informations disponibles et du cadre applicable. Il traduit les opérations dans les comptes.

Le commissaire aux comptes, de son côté, va s'intéresser aux risques d'anomalies significatives : ce qui est facturé correspond-il à ce qui a été livré ? Les produits sont-ils rattachés au bon exercice ? Les contrats sont-ils correctement traduits dans les comptes ?

Sur ce type de sujet, l'observation du CAC n'est pas une formalité. Elle peut révéler un problème de cut-off, de documentation contractuelle, de suivi opérationnel ou de pilotage commercial.

Exemple 3

Les créances clients et le risque de trésorerie

Les créances clients peuvent donner une image flatteuse de l'activité tout en masquant une tension de trésorerie. Un chiffre d'affaires facturé mais non encaissé n'a pas le même impact économique qu'un chiffre d'affaires encaissé rapidement.

L'expert-comptable suit la balance âgée, comptabilise les dépréciations nécessaires et attire l'attention sur les retards de paiement.

Le commissaire aux comptes peut aller plus loin dans la confrontation avec la réalité. Il peut obtenir directement d'un tiers une déclaration concernant une ou plusieurs informations (confirmation des tiers). Dans certaines missions, il peut également contrôler les créances clients en examinant les encaissements intervenus après la clôture.

Cette démarche apporte une information très concrète au dirigeant : quels clients paient réellement ? Quels soldes sont contestés ? Quels clients continuent d'être servis alors qu'ils ne règlent plus ?

Exemple 4

Les immobilisations financières et la valeur réelle des investissements

Les immobilisations financières sont parfois moins visibles que les stocks ou les créances, mais elles peuvent représenter un risque majeur : titres de participation, filiales, avances, investissements stratégiques, participations qui ne produisent plus les flux attendus.

L'expert-comptable traduit ces éléments dans les comptes, en appliquant les règles comptables et les informations transmises.

Le commissaire aux comptes challenge leur valeur. Lorsque les immobilisations financières sont significatives, les normes prévoient que le CAC mette en oeuvre des procédures d'audit destinées à vérifier leur évaluation, leur imputation et les informations fournies dans l'annexe.

C'est souvent à ce moment que des signaux faibles apparaissent : filiale en difficulté, investissement moins rentable que prévu, valeur de titres à justifier, risque à anticiper avant une cession, une levée de fonds ou une restructuration.

Une observation du CAC n'est pas seulement une contrainte

Une observation du commissaire aux comptes est parfois vécue comme une critique ou une complication administrative. C'est dommage, car elle peut être une information de pilotage.

Lorsque le CAC identifie des faiblesses du contrôle interne liées à l'information comptable et financière, les normes prévoient qu'il les communique à la direction, et par écrit lorsqu'elles sont significatives.

Ce type d'observation peut aider le dirigeant à sécuriser ses processus : validation des factures, séparation des tâches, suivi des stocks, relance clients, contrôle des accès bancaires, documentation des opérations importantes.

Même logique sur la fraude : le CAC n'est pas une garantie absolue contre toute fraude, mais les normes lui imposent de prendre en considération la possibilité de fraudes susceptibles d'entraîner des anomalies significatives dans les comptes. L'enjeu n'est pas de subir le contrôle — l'enjeu est de transformer le regard externe en outil de sécurisation.

Comment mieux utiliser leur complémentarité

Pour tirer pleinement parti de ces deux professionnels, le dirigeant peut adopter une approche simple : clarifier les rôles dès le départ.

Expert-comptable : l'interlocuteur du quotidien

Comptabilité, fiscalité, social, tableaux de bord, prévisions, organisation administrative : l'expert-comptable est le partenaire naturel de la gestion courante.

Commissaire aux comptes : le tiers indépendant

Certification, analyse des risques, tests d'audit, regard critique sur les zones sensibles, communication des points d'attention : le CAC apporte la lecture extérieure que le quotidien ne permet pas toujours.

La bonne pratique : ne pas attendre la clôture

Plus les sujets sensibles sont identifiés tôt — stocks, chiffre d'affaires, créances, valorisation des titres, contrôle interne — plus l'entreprise peut corriger, documenter et sécuriser. Un CAC qui pose une question n'est pas nécessairement un CAC qui bloque. C'est souvent un professionnel qui met le doigt sur un sujet que le dirigeant a intérêt à regarder avant qu'il ne devienne un problème plus sérieux.

À retenir

L'expert-comptable et le commissaire aux comptes ne font pas deux fois le même travail.

L'expert-comptable aide l'entreprise à produire, organiser et fiabiliser ses comptes au quotidien. Le commissaire aux comptes apporte un regard indépendant sur ces comptes et sur les risques susceptibles d'en affecter la sincérité.

Pour le dirigeant, la vraie question n'est donc pas : « Pourquoi payer deux professionnels ? »

La vraie question est plutôt : qu'est-ce que le regard de chacun m'apprend sur mon entreprise ?

Et lorsqu'un commissaire aux comptes formule une observation, elle peut être vécue comme une contrainte. Mais elle peut aussi être lue pour ce qu'elle est souvent : une information utile pour mieux piloter, sécuriser et anticiper.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un expert-comptable et un commissaire aux comptes ?
L'expert-comptable accompagne l'entreprise dans la tenue, la révision, l'arrêté des comptes, la fiscalité, la paie et le conseil. Le commissaire aux comptes intervient comme auditeur légal indépendant pour certifier les comptes et vérifier qu'ils sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle.
Le commissaire aux comptes vérifie-t-il le travail de l'expert-comptable ?
Il ne « refait » pas simplement le travail de l'expert-comptable. Il réalise ses propres diligences d'audit, en tenant compte des risques et des éléments nécessaires pour fonder son opinion. Lorsqu'un expert-comptable intervient, le commissaire aux comptes prend en considération la nature et l'étendue de sa mission pour déterminer les contrôles complémentaires à mettre en oeuvre.
Une observation du CAC est-elle forcément grave ?
Non. Une observation peut signaler une faiblesse de contrôle interne, un point de documentation insuffisant, une incertitude d'évaluation ou une zone de risque à traiter. Elle doit être analysée comme une information de pilotage, pas uniquement comme une contrainte.
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Déclaration de liquidation de la taxe sur les contrats d’assurances – Échéance du 1er juin 2026

⚠️ Échéance fiscale — Dépôt et versement obligatoires au plus tard 1er juin 2026
La Direction Générale des Impôts rappelle aux entreprises d'assurances, de réassurance et aux intermédiaires d'assurances leur obligation de déclarer et de verser la taxe sur les contrats d'assurances au titre du mois d'avril 2026, et ce au plus tard le 1er juin 2026.

Qui est concerné ?

  • Les entreprises d'assurances et de réassurance exerçant au Maroc.
  • Les intermédiaires d'assurances (agents généraux, courtiers, etc.).

Quelle est l'obligation ?

Ces entités sont tenues de produire la déclaration de liquidation de la taxe sur les contrats d'assurances au titre du mois d'avril 2026 et de verser simultanément la taxe correspondante au plus tard le 1er juin 2026.

Elles doivent également souscrire :

  • Le relevé de la liquidation de la taxe sur les contrats d'assurances ;
  • Le relevé des primes, surprimes et cotisations déductibles échues au cours du mois d'avril 2026.

Comment effectuer la déclaration ?

La déclaration et le versement doivent être effectués par procédé électronique, via l'Espace professionnel des téléservices « SIMPL-Autres taxes », accessible sur le portail de la DGI : www.tax.gov.ma

  • Plateforme : SIMPL – Autres taxes (Espace professionnel)
  • Rubrique : « Déclaration et versement de la liquidation de la taxe sur les contrats d'assurances »
  • Portail : www.tax.gov.ma
Pour toute demande d'information ou d'assistance — DGI Centre d'Assistance de la DGI :
📧 SIMPL@tax.gov.ma
📞 05 37 27 37 27  (lignes groupées)
Questions fréquentes

Sont concernées toutes les entreprises d'assurances et de réassurance ainsi que les intermédiaires d'assurances (agents généraux, courtiers…) exerçant au Maroc. Ces entités sont légalement tenues de déclarer et de verser la taxe sur les contrats d'assurances selon une périodicité mensuelle.

La DGI fixe au 1er juin 2026 la date limite pour le dépôt de la déclaration de liquidation de la taxe sur les contrats d'assurances au titre du mois d'avril 2026, ainsi que pour le versement simultané de la taxe correspondante.

Deux relevés sont à souscrire lors de la déclaration :

① Le relevé de la liquidation de la taxe sur les contrats d'assurances ;
② Le relevé des primes, surprimes et cotisations déductibles échues au cours du mois d'avril 2026.

La déclaration s'effectue obligatoirement par voie électronique via l'Espace professionnel des téléservices « SIMPL-Autres taxes » sur le portail www.tax.gov.ma, rubrique « Déclaration et versement de la liquidation de la taxe sur les contrats d'assurances ».

Le Code Général des Impôts (articles 280 à 287) prévoit des majorations et pénalités de retard en cas de non-respect des délais de déclaration et de paiement. Il est donc impératif de déposer la déclaration et de verser la taxe avant le 1er juin 2026 pour éviter tout redressement.

La taxe sur les contrats d'assurances est un prélèvement assis sur les primes, surprimes et cotisations encaissées par les entreprises d'assurances et leurs intermédiaires. Son régime est défini aux articles 280 à 287 du Code Général des Impôts et sa liquidation est effectuée mensuellement.

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Prime Aïd Al-Adha 2026 : un traitement paie à sécuriser

La prime de l'Aïd Al-Adha, souvent appelée prime de mouton, ne doit plus être gérée comme une rubrique ponctuelle et isolée. Pour la paie 2026, elle doit être intégrée à un suivi annuel par salarié, car le traitement social CNSS et le traitement fiscal IR reposent sur deux plafonds différents.

L'enjeu est opérationnel : une même prime peut être exonérée de cotisations sociales, mais imposable à l'IR, selon les primes sociales déjà versées au salarié depuis le début de l'année. Sans suivi nominatif, l'entreprise s'expose à une minoration de l'assiette CNSS, à une insuffisance de retenue à la source IR et à un risque de redressement.

À retenir

Avant de verser la prime d'Aïd Al-Adha, l'entreprise doit reconstituer le cumul annuel des prestations sociales accordées à chaque salarié : naissance, mariage, circoncision, décès, rentrée scolaire, Achoura, Aïd Al-Adha, dons et cadeaux le cas échéant.

Pourquoi la prime d'Aïd ne doit plus être traitée comme une rubrique isolée

Dans de nombreuses entreprises, la prime de l'Aïd Al-Adha est paramétrée comme une rubrique de paie annuelle, déclenchée au moment du versement. Cette approche devient insuffisante lorsque plusieurs gratifications sociales ont déjà été versées pendant l'année.

Le bon réflexe paie consiste à raisonner en cumul annuel par salarié. Le traitement ne dépend pas uniquement du montant de la prime d'Aïd, mais du total des indemnités et gratifications sociales déjà accordées au même salarié au cours de l'année civile.

Cette logique de cumul impose un rapprochement entre les données RH, la paie, la comptabilité et les justificatifs internes. Le contrôle doit être réalisé avant l'intégration de la rubrique dans le bulletin de paie.

Traitement fiscal IR : un plafond global de 2.500 DH par an

Sur le plan fiscal, la note de service DGI n° 16/2017 du 13 mars 2017 assimile les gratifications sociales liées à un événement familial à des indemnités exonérées d'impôt sur le revenu, dans la limite globale de 2.500 DH par an.

Ce plafond couvre l'ensemble des événements survenus au cours d'une même année : naissance, mariage, circoncision, décès d'un ascendant ou descendant, rentrée scolaire, Achoura et achat de mouton pour l'Aïd Al-Adha.

Conséquence pratique : lorsque le cumul annuel dépasse 2.500 DH, l'excédent doit être intégré à la base imposable et soumis à la retenue à la source IR selon les règles applicables aux revenus salariaux.

Traitement social CNSS : un plafond global de 5.000 DH par an

Sur le plan social, le référentiel à retenir pour la paie 2026 est l'arrêté n° 1314.25 du 19 mai 2025, publié au Bulletin officiel n° 7443 du 29 septembre 2025. Cet arrêté fixe les éléments du salaire, indemnités et montants servis par l'employeur exclus de l'assiette des cotisations sociales, ainsi que les conditions et plafonds d'exonération.

Les indemnités sociales et d'assistance familiale incluent notamment les primes de naissance, mariage, circoncision, décès d'un ascendant ou descendant, rentrée scolaire, Achoura, achat de l'offrande de l'Aïd, ainsi que les dons et cadeaux.

Le plafond CNSS applicable à ce panier est de 5.000 DH par an et par salarié. Ce plafond est global : il couvre toutes les occasions intervenant au cours de la même année, quelle que soit leur nature. Au-delà de ce plafond, l'excédent doit être soumis à cotisations sociales.

CNSS vs IR : deux plafonds à suivre en parallèle

La difficulté vient du fait que les plafonds CNSS et IR ne sont pas identiques. Une même prime doit donc être analysée selon deux axes distincts : le cumul social CNSS et le cumul fiscal IR.

Traitement Plafond annuel Périmètre Conséquence en cas de dépassement
CNSS 5.000 DH par salarié Indemnités sociales et assistance familiale Excédent soumis aux cotisations sociales
IR 2.500 DH par salarié Gratifications sociales liées aux événements familiaux Excédent imposable à l'IR

En pratique, lorsque le salarié n'a perçu aucune autre prime sociale dans l'année, la fraction comprise entre 2.500 DH et 5.000 DH peut être non cotisable à la CNSS mais imposable à l'IR. Cette différence doit être correctement paramétrée dans le logiciel de paie.

Contrôles paie à réaliser avant le versement

Avant tout versement de la prime d'Aïd Al-Adha, l'entreprise doit établir un état nominatif des primes sociales déjà accordées depuis le début de l'année. Ce tableau doit permettre d'identifier, pour chaque salarié :

  • le cumul annuel des primes et indemnités sociales déjà versées ;
  • le reliquat disponible au regard du plafond CNSS de 5.000 DH ;
  • le reliquat disponible au regard du plafond IR de 2.500 DH ;
  • la fraction exonérée de cotisations sociales ;
  • la fraction soumise à cotisations sociales ;
  • la fraction exonérée d'IR ;
  • la fraction imposable à l'IR ;
  • les pièces justificatives et la validation interne du versement.
Point de contrôle cabinet

Le contrôle ne doit pas être réalisé uniquement au niveau de la rubrique de paie. Il doit être effectué salarié par salarié, avec une piste d'audit permettant de justifier le cumul annuel en cas de contrôle CNSS ou fiscal.

Exemples pratiques de traitement

Exemple 1 — Salarié sans prime sociale antérieure

Un salarié reçoit une prime d'Aïd Al-Adha de 4.000 DH et n'a bénéficié d'aucune autre prime sociale depuis le début de l'année.

AnalyseTraitement
CNSS 4.000 DH < 5.000 DH : la prime reste en principe hors assiette CNSS, sous réserve des conditions applicables.
IR 2.500 DH exonérés ; 1.500 DH imposables à l'IR.

Exemple 2 — Salarié ayant déjà reçu des primes sociales

Un salarié a déjà reçu 3.500 DH au titre d'une prime de mariage et d'une allocation de rentrée scolaire. L'entreprise souhaite lui verser 2.000 DH de prime d'Aïd Al-Adha.

AnalyseTraitement
CNSS Cumul total : 5.500 DH. Reliquat CNSS avant versement : 1.500 DH. Donc 1.500 DH non cotisables et 500 DH soumis à cotisations sociales.
IR Le plafond IR de 2.500 DH est déjà dépassé. La prime d'Aïd de 2.000 DH est imposable à l'IR.

Conclusion : un contrôle paie indispensable en 2026

Pour les entreprises et les cabinets, l'enjeu n'est plus uniquement le calcul de la prime d'Aïd Al-Adha. L'enjeu principal est la sécurisation complète du processus paie : qualification de la prime, suivi du cumul annuel, ventilation entre CNSS et IR, justification documentaire et paramétrage correct de la rubrique.

L'absence de suivi individuel peut entraîner une minoration de l'assiette CNSS, une insuffisance de retenue à la source IR et un risque de redressement. La mise en place d'un tableau de bord des primes sociales par salarié devient donc un contrôle indispensable pour la paie 2026.

FAQ — Prime Aïd Al-Adha, CNSS et IR

La prime Aïd Al-Adha est-elle exonérée d'IR ?

Oui, mais uniquement dans la limite globale de 2.500 DH par an et par salarié pour l'ensemble des gratifications sociales liées aux événements familiaux. L'excédent est imposable.

Quel est le plafond CNSS applicable à la prime d'Aïd Al-Adha en 2026 ?

Le plafond social applicable au panier d'indemnités sociales et d'assistance familiale est de 5.000 DH par an et par salarié, sous réserve des conditions prévues par l'arrêté n° 1314.25.

Le plafond de 5.000 DH est-il propre à la prime d'Aïd ?

Non. Il s'agit d'un plafond global qui couvre plusieurs événements sociaux : naissance, mariage, circoncision, décès, rentrée scolaire, Achoura, Aïd, dons et cadeaux.

Pourquoi faut-il suivre les primes par salarié ?

Parce que les plafonds s'apprécient annuellement et individuellement. Deux salariés recevant le même montant de prime d'Aïd peuvent avoir un traitement CNSS et IR différent selon les primes déjà perçues dans l'année.

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10 erreurs à éviter lors de la création d’une entreprise au Maroc

Une création d'entreprise rate rarement pour une seule grande erreur. Elle se fragilise le plus souvent par accumulation de petites décisions prises trop vite : forme juridique mal choisie, nom commercial improvisé, statuts trop vagues, adresse du siège mal documentée, calendrier irréaliste. Ces erreurs semblent mineures au départ, puis deviennent coûteuses une fois le projet lancé.

L'objectif de cet article n'est pas d'alourdir le parcours, mais de montrer où se situent les vrais risques. Plus un entrepreneur voit tôt les pièges classiques, plus il peut créer vite, proprement et durablement.

Ce qu'il faut retenir

  • Erreur 1 et 2 : mal choisir la forme et banaliser le capital
  • Erreur 3 et 4 : improviser le nom commercial et l'adresse du siège
  • Erreur 5 et 6 : négliger les statuts et retarder la préparation documentaire
  • Erreur 7 et 8 : oublier l'après-création et sous-estimer les obligations sociales
  • Erreur 9 et 10 : chercher le moins cher à tout prix et rester seul face au dossier
Erreur 1 & 2

Mal choisir la forme et banaliser le capital

Erreur 1 — Choisir une forme juridique par habitude ou par imitation

Une SARL, une SAS, une SA ou un régime simplifié ne répondent pas aux mêmes logiques de gouvernance, de responsabilité et de financement. La bonne question n'est pas « quelle forme tout le monde choisit ? », mais « quelle forme correspond à mon modèle économique et à ma trajectoire ? ».

Erreur 2 — Considérer le capital comme un simple symbole

Un capital trop faible peut brouiller la lecture du projet ; un capital artificiellement gonflé n'apporte pas non plus de valeur. Le capital doit être cohérent avec l'activité, les besoins de démarrage et le plan de financement.

Erreur 3 & 4

Improviser le nom commercial et l'adresse du siège

Erreur 3 — Demander un certificat négatif sans réflexion sur le nom commercial

Un nom trop générique, trop proche d'un acteur existant ou mal aligné avec la stratégie de marque devient vite un point de friction. Il faut préparer plusieurs options et penser l'usage réel du nom dans les statuts, la communication et le digital.

Erreur 4 — Sous-estimer l'adresse du siège

Une domiciliation mal documentée, un bail mal compris ou une adresse choisie uniquement pour « faire joli » peuvent compliquer la création et la suite du parcours. L'adresse est une décision juridique et opérationnelle, pas un détail décoratif.

Erreur 5 & 6

Négliger les statuts et retarder la préparation documentaire

Erreur 5 — Voir les statuts comme un document standard sans enjeu

Les statuts sont la charpente juridique de la société. Ils doivent refléter la réalité du projet, la gouvernance, la répartition des pouvoirs et les règles essentielles de fonctionnement. Plus le projet comporte plusieurs associés, plus ce point devient sensible.

Erreur 6 — Lancer les formalités sans avoir réuni les pièces et sans stabiliser les décisions

Les dossiers avancent mal lorsqu'ils changent en permanence : un associé entre, un autre sort, l'adresse évolue, le capital est revu, l'objet social est réécrit. Ce n'est pas la plateforme qui ralentit le projet ; c'est l'absence de préparation.

Erreur 7 & 8

Oublier l'après-création et sous-estimer les obligations sociales

Erreur 7 — Croire que la création se termine à l'immatriculation

En réalité, la société doit ensuite fonctionner : facturation, comptabilité, banque, obligations fiscales, archivage et éventuellement conformité sectorielle. Sans plan post-création, le dirigeant reporte les sujets jusqu'au premier problème.

Erreur 8 — Attendre le premier salarié pour découvrir la CNSS et la discipline sociale

Les entreprises qui recrutent vite doivent préparer ce terrain dès le départ. La conformité sociale n'est pas une charge administrative abstraite ; c'est un élément de sécurité juridique.

Erreur 9 & 10

Chercher le moins cher à tout prix et rester seul face au dossier

Erreur 9 — Vouloir minimiser tous les coûts, y compris ceux qui protègent le projet

Réduire les dépenses n'est pas une faute ; mais économiser sur les actes, sur la documentation du siège ou sur l'architecture du dossier crée souvent des coûts correctifs plus élevés ensuite.

Erreur 10 — Rester seul face à des décisions qui méritent un regard technique

Un entrepreneur peut naturellement piloter son projet, mais il n'a pas intérêt à improviser la partie juridique, fiscale et administrative lorsqu'elle conditionne la solidité de l'entreprise. Le bon accompagnement n'ajoute pas de complexité ; il évite des erreurs de structure.

La bonne méthode : anticiper, structurer, exécuter

Une création réussie repose sur une logique simple : préparer les bonnes décisions, documenter proprement le dossier, choisir une adresse cohérente, utiliser le bon parcours administratif et organiser l'après-création. Cette méthode paraît classique ; elle est pourtant la plus rentable.

Chez CHY, cette phase d'anticipation est traitée comme un investissement de sécurité. Elle permet de créer plus proprement, d'éviter les corrections inutiles et de donner à l'entreprise une base plus solide dès ses premiers jours.

Questions fréquentes

Quelle est l'erreur la plus fréquente à la création ?
Le mauvais choix de structure ou une structure choisie sans réflexion sur la gouvernance et le modèle économique figurent parmi les erreurs les plus fréquentes.
Le nom commercial peut-il vraiment bloquer un projet ?
Oui. Un nom mal préparé peut entraîner des refus, des retards ou une perte de cohérence entre les actes et la stratégie de marque.
Pourquoi l'après-création est-il si important ?
Parce qu'une société immatriculée mais mal organisée sur les plans comptable, fiscal et social devient rapidement fragile dans son exploitation.
Faut-il forcément être accompagné pour créer ?
Pas toujours, mais plus le projet comporte d'associés, de complexité, de budget ou de contraintes internationales, plus l'accompagnement devient utile.
Comment éviter la majorité de ces erreurs ?
En stabilisant les décisions avant le dépôt, en préparant les pièces, en choisissant une adresse cohérente et en organisant l'après-création dès le départ.

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Créer une société au Maroc quand on est étranger : conditions et points de vigilance

Le Maroc attire de nombreux investisseurs, entrepreneurs et groupes étrangers qui souhaitent y créer une société, ouvrir une filiale ou structurer une implantation progressive. Sur le papier, le cadre est accueillant. Dans la pratique, la réussite d'une création transfrontalière dépend moins de l'intention d'investir que de la qualité du montage documentaire, du choix de la structure et de l'anticipation des contraintes locales.

Ce qu'il faut retenir
  • Un investisseur étranger peut-il créer une société au Maroc ?
  • Filiale, succursale ou autre véhicule : quelle structure choisir ?
  • Les documents et points de conformité à anticiper

Un investisseur étranger peut-il créer une société au Maroc ?

Les ressources publiques consultées vont dans le sens d'une ouverture du cadre marocain aux investisseurs étrangers. Les FAQ publiques de CasaInvest indiquent clairement qu'aucun texte n'interdit de s'associer avec un associé étranger. Les textes et documents officiels relatifs à l'investissement couvrent par ailleurs les personnes physiques et morales étrangères dans le périmètre de l'investissement au Maroc.

Cela ne signifie pas que tous les dossiers se ressemblent. Entre un entrepreneur non-résident qui lance une SARL simple, une société étrangère qui crée une filiale marocaine, et un groupe qui ouvre une succursale pour tester un marché, les exigences de documentation et de pilotage varient considérablement. Le cadre est ouvert, mais il demande une exécution rigoureuse.

Filiale, succursale ou autre véhicule : quelle structure choisir ?

Le premier arbitrage porte sur la structure. Une filiale marocaine permet en général une présence locale plus autonome, avec personnalité morale propre et gouvernance adaptée au projet. La succursale, quant à elle, est utile dans certains cas d'implantation dépendante d'une société mère, mais elle ne dispose pas de personnalité morale propre et sa logique de fonctionnement est différente.

Filiale

Personnalité morale propre. Présence locale autonome. Gouvernance adaptée au projet. Idéale pour un développement commercial durable.

Succursale

Dépendante de la société mère. Pas de personnalité morale propre. Logique de fonctionnement spécifique. Utile pour certaines implantations progressives.

Le bon choix dépend de plusieurs facteurs : horizon de présence au Maroc, niveau d'autonomie souhaité, nature des contrats, gouvernance, fiscalité, image auprès des partenaires, documentation disponible côté maison mère et stratégie de développement. Il n'y a pas de solution standard.

Les groupes internationaux qui réussissent leur implantation sont généralement ceux qui arbitrent tôt cette question, plutôt que de la traiter comme un simple détail de forme.

Les documents et points de conformité à anticiper

Dans les dossiers impliquant un étranger, la documentation devient centrale. Il faut souvent préparer :

  • Un passeport ou un document d'identité
  • La preuve des pouvoirs du représentant
  • Les pièces de la société mère lorsque l'associé est une personne morale
  • Les traductions, légalisations ou apostilles selon l'origine des documents

La cohérence des dénominations, des signatures, des adresses et des pouvoirs doit être vérifiée de manière très stricte. Beaucoup de retards dans les dossiers internationaux viennent d'un simple défaut d'alignement entre les documents étrangers et les actes préparés localement.

Il faut aussi anticiper la banque, les flux de financement, la logique de représentation locale et, selon les cas, les implications sociales ou liées au recrutement de profils étrangers.

Les vrais points de vigilance au-delà des formalités

Le premier risque n'est pas toujours juridique ; il est souvent opérationnel. Une société peut être créée, mais se retrouver ralentie ensuite par une gouvernance mal calibrée, un représentant local insuffisamment habilité, une adresse mal pensée ou une documentation bancaire incomplète.

Risque fiscal

Le second risque est fiscal : mal distinguer ce qui relève de la société marocaine, de la maison mère et des flux entre entités.

Une lecture rigoureuse de l'implantation

Il faut se méfier d'une lecture trop publicitaire de l'implantation. Le Maroc offre un environnement attractif, mais un projet étranger doit être structuré au cas par cas, avec une discipline documentaire forte. C'est particulièrement vrai lorsque les associés ne résident pas sur place ou lorsque l'entreprise veut engager rapidement des opérations commerciales.

Pourquoi un accompagnement local fait la différence

Lorsqu'un projet traverse plusieurs juridictions, le rôle d'un cabinet local n'est pas de compliquer le dossier, mais de le simplifier intelligemment. Il faut traduire les exigences locales en un langage compréhensible par des actionnaires, des directions juridiques ou des investisseurs qui raisonnent parfois avec d'autres standards.

CHY intervient précisément dans cette logique : sécuriser la création marocaine, coordonner la documentation, clarifier les choix de structure et éviter que l'implantation locale ne soit freinée par des incohérences évitables.

Questions fréquentes

Un étranger peut-il être associé dans une société marocaine ?
Les ressources publiques consultées indiquent qu'aucun texte n'interdit de s'associer avec un associé étranger au Maroc.
Faut-il créer une filiale ou une succursale ?
Le choix dépend du niveau d'autonomie souhaité, de la nature de l'activité, de la gouvernance, de la documentation disponible et de la stratégie d'implantation.
Quels documents faut-il préparer quand l'associé est étranger ?
Le dossier peut inclure, selon le cas, passeport, documents juridiques de la société étrangère, preuve des pouvoirs, traductions, légalisations ou apostilles.
La création est-elle plus longue pour un investisseur étranger ?
Elle peut l'être si la documentation n'est pas alignée ou si la structure choisie n'a pas été pensée en amont. Une bonne préparation réduit fortement ce risque.
Pourquoi se faire accompagner localement ?
Parce que les dossiers internationaux exigent une coordination fine entre actes, pouvoirs, banque, gouvernance, fiscalité et conformité locale.

© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-

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Auto-entrepreneur ou société au Maroc : quel statut choisir ?

Le choix entre auto-entrepreneur et société est l'un des arbitrages les plus structurants au démarrage. Il oppose souvent, à tort, deux visions caricaturales : d'un côté la simplicité, de l'autre la sophistication.

En réalité, la vraie question est ailleurs : quel cadre correspond à votre activité, à votre clientèle, à votre chiffre d'affaires prévisible et à votre ambition de développement ?

Le régime de l'auto-entrepreneur peut être extrêmement pertinent pour une activité individuelle simple, avec un niveau de formalisation allégé. La société, elle, devient souvent la meilleure option dès qu'il faut sécuriser une image plus institutionnelle, accueillir des associés, structurer la croissance ou dépasser les limites du régime simplifié.

Ce qu'il faut retenir

  • Quand le régime de l'auto-entrepreneur est pertinent
  • Les limites du régime simplifié
  • Quand la société devient le meilleur choix

Quand le régime de l'auto-entrepreneur est pertinent

L'auto-entrepreneur convient bien aux activités personnelles et indépendantes qui démarrent avec un volume d'affaires maîtrisé, peu de charges fixes et une logique d'exploitation individuelle. Les ressources publiques rappellent que ce régime bénéficie d'un cadre fiscal simplifié, avec des taux spécifiques sur le chiffre d'affaires encaissé, une exonération de TVA dans le régime et une exonération de taxe professionnelle pendant les premières années dans les conditions prévues.

Il est particulièrement adapté lorsque le porteur de projet vend surtout sa compétence, son temps ou un service simple, sans volonté immédiate d'associer d'autres personnes, de lever des fonds ou de construire une gouvernance plus structurée. C'est un excellent véhicule de démarrage pour tester une activité, créer ses premiers revenus et formaliser une activité indépendante.

Les limites du régime simplifié

La simplicité a toutefois ses contreparties. Le régime fonctionne dans les limites de seuils de chiffre d'affaires. Il n'est pas conçu pour tous les secteurs, ni pour toutes les ambitions. Dès qu'une activité veut travailler avec de grands comptes, recruter rapidement, faire entrer des associés, construire une marque plus institutionnelle ou porter des engagements contractuels plus lourds, la société offre souvent un cadre plus robuste.

Il faut aussi garder à l'esprit que la perception du statut par les clients peut varier. Pour certains marchés, l'auto-entrepreneur est parfaitement accepté. Pour d'autres, notamment lorsque le niveau de formalisation attendu est élevé, une société inspire davantage de solidité et de continuité.

Quand la société devient le meilleur choix

La société est généralement préférable lorsque le projet dépasse une logique purement individuelle. C'est le cas lorsqu'il y a plusieurs associés, lorsqu'un capital doit être structuré, lorsqu'une gouvernance doit être organisée, lorsque l'activité supporte des risques plus élevés ou lorsque l'entreprise vise des clients qui attendent une entité plus institutionnelle.

La société devient aussi pertinente lorsque l'entrepreneur veut séparer plus clairement son activité de sa personne, préparer la croissance, professionnaliser sa gestion et anticiper une trajectoire plus ambitieuse. Une SARL ou une SARL à associé unique constitue souvent une solution équilibrée dans ce contexte.

Le bon choix dépend du client, du chiffre d'affaires et de la trajectoire

Pour arbitrer intelligemment, il faut examiner trois choses :

01
La nature des clients : particuliers, PME, grands comptes, administrations, partenaires étrangers
02
Le niveau de chiffre d'affaires visé à court terme
03
La trajectoire probable sur douze à vingt-quatre mois : rester seul, recruter, s'associer, investir, louer un local, structurer une équipe

Un entrepreneur qui prévoit de rester seul, avec des prestations simples et un volume d'affaires compatible avec le régime, peut parfaitement commencer comme auto-entrepreneur. À l'inverse, un projet qui vise rapidement une équipe, des partenaires structurés ou une image plus forte gagne souvent à être créé directement en société.

L'approche la plus saine : choisir pour aujourd'hui sans bloquer demain

Le meilleur statut n'est pas celui qui paraît le plus léger aujourd'hui, ni celui qui impressionne le plus sur le papier. C'est celui qui permet de démarrer proprement tout en laissant une trajectoire crédible pour la suite.

Chez CHY, le choix est abordé comme un arbitrage de développement. L'idée n'est pas de pousser systématiquement vers la société, ni de recommander par défaut le régime le plus simple. Il s'agit de retenir le cadre qui correspond vraiment au modèle économique, à la clientèle et à l'ambition du dirigeant.

FAQ

Les ressources publiques récentes indiquent notamment un taux de 0,5 % pour certaines activités commerciales, industrielles et artisanales dans la limite du seuil applicable, et 1 % pour les prestations de services dans la limite du seuil applicable.
Les ressources publiques consultées indiquent que l'auto-entrepreneur bénéficie d'une exonération de TVA dans le cadre du régime.
La société devient préférable lorsqu'il faut structurer des associés, une gouvernance, une image plus institutionnelle, des risques plus importants ou une croissance au-delà du cadre simplifié.
Oui, selon la trajectoire du projet. Cette évolution doit toutefois être anticipée pour éviter une transition mal préparée.
Cela dépend du niveau de chiffre d'affaires visé, de la nature des clients et du degré de structuration recherché. Le régime de l'auto-entrepreneur peut convenir au démarrage, mais une société peut devenir plus pertinente selon la trajectoire.

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Guide complet de l’auto-entrepreneur au Maroc

Auto-entrepreneur Maroc : guide complet 2026 | Fiscalité, seuils et obligations
Executive Summary

Le régime de l'auto-entrepreneur a été conçu pour encourager l'activité formelle, développer l'esprit entrepreneurial et faciliter l'accès au marché du travail par l'auto-emploi. Le guide officiel de la Direction Générale des Impôts précise que ce statut s'adresse aux personnes physiques exerçant à titre individuel une activité professionnelle et qu'il ne peut pas être utilisé lorsqu'une activité déjà soumise à la taxe professionnelle est encore exploitée sous une autre forme.

Le statut est attractif par sa simplicité apparente : impôt proportionnel au chiffre d'affaires encaissé, hors champ de TVA, dispense du registre de commerce et des obligations comptables, domiciliation possible à la résidence, et accès à la couverture sociale dès l'inscription au RNAE. Mais cette simplicité ne doit pas masquer les zones de vigilance : activités exclues, dépassement de seuils, obligations déclaratives et risque de sortie du régime.

En langage cabinet : le statut d'auto-entrepreneur est un outil de démarrage ou de simplification pour certaines activités — pas une solution universelle. Il convient très bien à un indépendant qui veut lancer une activité simple, bien délimitée, avec un volume d'affaires modéré. Il devient en revanche moins pertinent dès que l'activité grossit, se complexifie ou se rapproche d'un modèle PME.

Ce qui change / ce qu'il faut savoir

500 000 DH Plafond CA — Activités commerciales, industrielles & artisanales
200 000 DH Plafond CA — Prestations de services
0,5 % Taux IR — Activités commerciales, industrielles & artisanales
1 % Taux IR — Prestations de services (dans la limite du plafond)
  • Plafonds de chiffre d'affaires. Le régime repose sur des seuils de CA encaissé. L'option reste valable tant que ces limites ne sont pas dépassées pendant deux années consécutives. Au-delà, le régime du résultat net réel devient applicable à compter du 1er janvier de l'année suivant les deux années de dépassement.
  • Imposition proportionnelle au CA encaissé. Le guide DGI 2025 mentionne un taux de 0,5 % pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et 1 % pour les prestations de services. Règle particulière : lorsque le CA annuel réalisé pour un même client dépasse 80 000 DH, le surplus est soumis à l'IR par voie de retenue à la source opérée par ce client.
  • Professions exclues. Le statut n'est pas ouvert à toutes les professions. Avant toute inscription, l'éligibilité de l'activité réelle doit être vérifiée — et pas seulement l'intitulé commercial choisi.
  • Obligations maintenues malgré la simplicité. Le guide rappelle l'obligation d'adhérer au régime de sécurité sociale et les obligations déclaratives : le CA encaissé doit être déclaré mensuellement ou trimestriellement, avec paiement de l'impôt dans le même délai. La simplicité du régime n'exonère ni de la discipline déclarative, ni du risque de contrôle ou de sanctions.
  • Prudence sur 2025-2026. Les sources officielles consultées confirment l'existence du CGI 2025 et de la page officielle de la Loi de Finances 2026, sans modification substantielle identifiée des paramètres essentiels du guide DGI 2025. La prudence rédactionnelle est nécessaire.

Règle des 80 000 DH par client. Pour les prestations de services, dès que le chiffre d'affaires annuel réalisé pour un même client dépasse 80 000 DH, le surplus est soumis à l'impôt sur le revenu par retenue à la source opérée par le client, au taux prévu par le CGI. Ce point doit être anticipé dans tout suivi de facturation.

Professions exclues du régime auto-entrepreneur

Le guide DGI énumère une liste de professions pour lesquelles le statut n'est pas accessible. Cette liste inclut notamment :

Architectes Avocats Médecins Notaires Commissaires aux comptes Experts-comptables Pharmaciens Transitaires en douane Géomètres Radiologues Hôteliers Importateurs / Exportateurs

À retenir : ce n'est pas l'intitulé commercial qui définit l'éligibilité, mais la nature réelle de l'activité exercée. Une vérification rigoureuse en amont est indispensable.

Qui est concerné

Le statut vise les personnes physiques qui exercent à titre individuel une activité professionnelle. Le guide précise qu'une personne associée ou actionnaire dans une entreprise peut rester éligible au statut d'auto-entrepreneur dès lors qu'elle n'y exerce pas d'activité. En revanche, une personne qui exerce déjà une activité soumise à la taxe professionnelle ne peut pas obtenir le statut sans accomplir au préalable les démarches de cessation de l'activité existante.

Profils principalement concernés

  • Démarreurs d'activité indépendante. Consultant, créatif, artisan, commerçant de petite taille, prestataire de proximité — avec un chiffre d'affaires encore limité.
  • Activité accessoire ou parallèle. Travailleurs souhaitant formaliser une activité secondaire, sous réserve de respecter les conditions d'éligibilité.
  • Porteurs de projet en phase de test. Entrepreneurs souhaitant valider un marché avant de basculer vers une structure sociétaire.
  • Indépendants en quête de cadre légal. Personnes cherchant un cadre fiscal et administratif plus lisible qu'une exploitation informelle.

À l'inverse, ce régime ne doit pas être recommandé par automatisme à toute personne qui souhaite facturer. Les professions exclues doivent être filtrées dès le départ. Les activités ayant vocation à dépasser rapidement les plafonds doivent être analysées avec recul. Les entrepreneurs qui travaillent avec un nombre très limité de gros clients doivent aussi anticiper les conséquences de la règle des 80 000 DH et l'impact éventuel de la retenue à la source sur le surplus.

Risques en cas de non-conformité

R1

Risque d'éligibilité

S'inscrire alors que l'activité entre dans la liste des professions exclues, ou qu'une activité soumise à la taxe professionnelle existe déjà sans cessation préalable, expose à une situation irrégulière. Ce point est fondamental car l'erreur intervient en amont, dès la structuration du projet.

R2

Risque déclaratif

Le guide impose une déclaration mensuelle ou trimestrielle et le versement de l'impôt dans le même délai. Oublis, déclarations nulles répétées ou décalages avec les encaissements réels peuvent entraîner la perte des avantages du régime et la radiation, notamment en cas de non-déclaration à partir de la deuxième année suivant l'inscription.

R3

Dépassement des seuils

Le régime reste applicable tant que les limites ne sont pas dépassées pendant deux années consécutives. Lorsque ce seuil est franchi sans anticipation, la transition vers un autre régime fiscal peut être mal préparée, avec une organisation documentaire et comptable insuffisante. C'est souvent là que l'absence de conseil structuré se paie cher.

R4

Risque opérationnel

Beaucoup d'auto-entrepreneurs confondent simplicité et absence de pilotage. La dispense d'obligations comptables lourdes ne signifie pas l'absence de suivi. Ne pas conserver ses justificatifs, ne pas suivre ses encaissements, ne pas séparer les flux personnels et professionnels ou ignorer la part réalisée avec un même client crée une zone de risque réelle.

R5

Risque stratégique

Un statut mal choisi peut freiner la croissance. Certains marchés, partenaires, banques ou appels d'offres exigent un niveau de structuration plus élevé. Le guide rappelle que l'attestation de régularité fiscale est requise pour la soumission aux marchés publics et s'obtient via SIMPL-ATTESTATION, tandis que l'attestation de radiation du RNAE relève de Barid Al-Maghrib.

Plan d'action recommandé

01

Vérifier l'éligibilité réelle

Avant toute inscription, valider trois points : la nature exacte de l'activité, l'absence d'appartenance à une profession exclue, et l'absence d'activité déjà soumise à la taxe professionnelle non encore cessée. C'est la base.

02

Qualifier le modèle économique

Apprécier le niveau de chiffre d'affaires attendu, la part services vs commerce, le nombre de clients et la concentration éventuelle du CA sur un client principal. Cette étape permet de savoir si le régime est cohérent à court terme, mais aussi à 12 ou 24 mois.

03

Organiser l'inscription

La demande d'inscription se fait électroniquement via le portail du RNAE, puis doit être retirée, signée et déposée auprès d'un guichet partenaire de Barid Al-Maghrib avec les pièces requises. Sécuriser la cohérence des informations déclarées dès cette phase.

04

Mettre en place une discipline de suivi

Tenir un tableau simple des encaissements, par date, par client et par nature d'activité, ainsi qu'un classement rigoureux des factures et justificatifs. Pour les services, le suivi du seuil de 80 000 DH par client doit être mensuel.

05

Sécuriser les obligations périodiques

Le choix entre déclaration mensuelle et trimestrielle doit être assumé et intégré dans un calendrier. Le paiement spontané doit être anticipé. En parallèle, maintenir la situation fiscale et sociale à jour pour éviter les difficultés de régularité.

06

Préparer la sortie éventuelle du régime

Un bon accompagnement ne se limite pas à l'entrée ; il prépare aussi l'après. Dès que le chiffre d'affaires approche durablement les plafonds ou que l'activité se professionnalise, il faut comparer les scénarios : maintien temporaire, bascule vers CPU si pertinente, ou structuration en société.

Notre lecture cabinet

Notre lecture est claire : le régime de l'auto-entrepreneur est utile, mais il doit être présenté comme un cadre de démarrage ou de simplification, non comme une réponse universelle à tous les projets. D'un point de vue conseil, les erreurs les plus fréquentes ne sont pas techniques ; elles tiennent à un mauvais calibrage du statut par rapport au projet réel.

Un contenu orienté "Big 4" doit donc faire trois choses. D'abord, simplifier sans déformer : expliquer précisément les seuils, l'imposition, les déclarations et la radiation sans promettre une simplicité absolue. Ensuite, hiérarchiser les risques : activité exclue, dépassement des seuils, concentration du CA sur un même client, mauvaise hygiène documentaire. Enfin, orienter le lecteur vers une décision : le statut est-il adapté aujourd'hui, et pour combien de temps ?

Pour un cabinet, la vraie valeur n'est pas de répéter que l'inscription est simple. La vraie valeur est de dire quand ce régime convient, quand il devient limite, et comment éviter d'avoir à corriger plus tard une structuration initiale inadaptée.

Un entrepreneur qui cherche de la simplicité a souvent surtout besoin de clarté. Et cette clarté passe par un diagnostic en amont, un suivi minimal en aval, et une trajectoire pensée dès le départ.

Questions fréquentes

Selon le guide DGI, toute personne physique exerçant à titre individuel une activité professionnelle peut en principe demander ce statut, sous réserve de respecter les conditions prévues et de ne pas relever d'une profession exclue.

Le guide indique qu'une personne associée ou actionnaire dans une entreprise, sans y exercer une activité, reste éligible au statut.

Le guide DGI 2025 fixe les plafonds à 500 000 DH pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et à 200 000 DH pour les prestations de services.

Le guide mentionne 0,5 % du chiffre d'affaires encaissé pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et 1 % pour les prestations de services, dans les limites prévues par le régime.

Le guide précise que l'auto-entrepreneur est hors champ d'application de la TVA, son chiffre d'affaires ne dépassant pas le seuil d'assujettissement de 500 000 DH.

Le guide prévoit une exonération de taxe professionnelle pendant cinq ans à compter du début d'activité, dans les conditions qu'il rappelle.

L'inscription commence en ligne via le portail du RNAE, puis la demande doit être signée et déposée auprès d'un guichet partenaire de Barid Al-Maghrib avec les pièces requises.

Le guide mentionne notamment la non-déclaration, l'absence de versement des cotisations sociales et fiscales pendant une année, la transformation en un autre statut, ou le dépassement du seuil pendant deux années consécutives.

Le guide précise que l'attestation de régularité fiscale peut être obtenue via SIMPL-ATTESTATION sur le portail de la DGI, document nécessaire pour la soumission aux marchés publics.

Non, cela dépend de l'activité réelle, du niveau de chiffre d'affaires, du nombre de clients, des besoins de croissance et des contraintes sectorielles. Le bon choix nécessite une analyse préalable du profil et des projections.

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