Le Conseil de Bank Al-Maghrib, réuni le mardi 23 juin 2026 à Rabat, a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%. Cette décision confirme une ligne de prudence : soutenir la dynamique de l'activité économique, tout en restant vigilant face au retour du risque inflationniste, notamment via les prix de l'énergie et l'inflation importée.
- Le taux directeur de Bank Al-Maghrib reste fixé à 2,25%.
- L'inflation demeure compatible avec l'objectif de stabilité des prix à moyen terme, malgré des tensions sur l'énergie.
- La croissance nationale se consolide, portée par le rebond agricole et la résistance des activités non agricoles.
- Pour les entreprises marocaines : stabilité du coût de référence, mais vigilance accrue sur la trésorerie, les marges et les plans de financement.
Parce que l'inflation attendue reste, selon BAM, en ligne avec l'objectif de stabilité des prix à moyen terme, que l'activité économique continue de s'améliorer et que l'environnement international reste marqué par de fortes incertitudes. Le statu quo permet donc de conserver une politique monétaire prudente, sans freiner brutalement le financement de l'économie.
Sommaire
ToggleUne décision de prudence, pas un simple statu quo
Le maintien du taux directeur à 2,25% intervient dans un contexte délicat. D'un côté, l'économie marocaine affiche une trajectoire plus favorable, avec une croissance qui se renforce. De l'autre, les tensions internationales, la volatilité des cours énergétiques et les perturbations des chaînes d'approvisionnement ravivent le risque d'une inflation importée.
Bank Al-Maghrib n'a donc ni choisi de durcir les conditions monétaires, ni d'engager une nouvelle baisse. Le message envoyé aux marchés, aux banques et aux entreprises est celui d'une observation active : la Banque centrale garde la main sur son instrument de référence, tout en fondant ses prochaines décisions sur les données économiques les plus récentes.
Inflation : le risque vient surtout de l'extérieur
L'inflation reste au centre de l'arbitrage. Les projections actualisées de Bank Al-Maghrib anticipent une inflation moyenne de 1,5% en 2026, puis de 2,1% en 2027. Ces niveaux restent modérés à moyen terme, mais ils s'inscrivent dans un environnement plus tendu qu'en début d'année.
Le point de vigilance concerne l'inflation importée. Les prix des carburants ont connu une hausse annuelle marquée en mai 2026, dans un contexte de tensions sur l'approvisionnement et de renchérissement de l'énergie. Pour les entreprises, cela peut se traduire par une progression des coûts logistiques, des charges de transport, des achats importés et, à terme, une pression sur les marges.
Dans ce cas, une hausse du taux directeur ne serait pas automatiquement la réponse la plus efficace, car il s'agit principalement d'un choc externe. BAM privilégie donc une position d'équilibre : ne pas amplifier le coût du crédit, tout en restant attentive à la transmission des hausses de coûts vers les prix domestiques.
Croissance : un environnement plus porteur pour l'économie marocaine
La décision de BAM s'explique aussi par l'amélioration de l'activité économique. Le rebond agricole y joue un rôle majeur, avec une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux et une valeur ajoutée agricole attendue en forte hausse cette année. Les activités non agricoles demeurent également un pilier important.
| Indicateur | 2025 | 2026 (prévision) | 2027 (prévision) |
|---|---|---|---|
| Croissance nationale | 4,9% | 5,2% | 3,1% |
| Inflation moyenne | — | 1,5% | 2,1% |
| Taux directeur BAM | 2,25% | 2,25% (maintenu) | — |
| Récolte céréalière estimée | — | 90 M quintaux | — |
Pour les dirigeants, ce contexte signifie que les projets d'investissement, de recrutement ou d'expansion doivent continuer à être analysés, mais avec des scénarios prudents sur les coûts de financement, l'énergie et les délais de paiement.
Quel impact sur les crédits et le financement des entreprises ?
Le taux directeur est le taux de référence des opérations de Bank Al-Maghrib avec les banques. Il influence, directement ou indirectement, les conditions du marché monétaire, les taux interbancaires et la tarification des crédits. Son maintien ne signifie pas que tous les taux bancaires resteront parfaitement stables, car les banques tiennent aussi compte du profil de risque, des garanties, de la maturité du prêt et de la situation de liquidité.
Pour les entreprises, le statu quo donne toutefois une meilleure visibilité à court terme. Les dossiers de financement peuvent être préparés dans un environnement où le taux de référence ne subit pas de nouvelle pression haussière. Cela peut soutenir les demandes de crédit d'investissement, de leasing, de lignes de trésorerie ou de financement du besoin en fonds de roulement.
- Comparer les offres bancaires : taux nominal, commissions, garanties, échéancier et coût global.
- Revoir les crédits à taux variable et vérifier les clauses de révision applicables.
- Actualiser les budgets 2026 avec des hypothèses prudentes sur l'énergie, les importations et les frais financiers.
- Surveiller le besoin en fonds de roulement : clients, fournisseurs, stocks et retards de paiement.
- Documenter les prévisions de cash-flow avant tout nouveau financement.
Trésorerie, marges, investissements : les points à surveiller
La stabilité du taux directeur ne doit pas conduire les entreprises à relâcher leur discipline financière. Dans un environnement où les charges externes peuvent remonter, la priorité reste la qualité du pilotage : marges par produit ou par projet, évolution des prix d'achat, délais clients, rotation des stocks et capacité de remboursement.
Les PME exposées aux importations, au transport ou aux intrants énergétiques devraient tester plusieurs scénarios : maintien des prix actuels, hausse modérée des coûts et choc plus sévère. Cette approche permet d'anticiper l'impact sur le résultat, la trésorerie et les covenants bancaires.
Pour les investissements, le bon réflexe consiste à raisonner en coût global : taux, durée, garanties, fiscalité, amortissement, rentabilité attendue et effets sur le cash-flow. Un taux directeur stable facilite l'analyse, mais ne remplace pas une étude financière rigoureuse.
Lecture CHY : ce que doivent faire les dirigeants en 2026
Pour les dirigeants, DAF et entrepreneurs, cette décision de Bank Al-Maghrib est un signal de stabilité prudente. Elle offre un cadre plus lisible pour négocier un financement ou réviser un budget, mais elle ne supprime pas les risques liés à l'inflation importée, aux marges et aux tensions de trésorerie.
Dans ce contexte, l'accompagnement d'un cabinet d'expertise comptable, d'audit et de conseil permet de transformer une actualité macroéconomique en décisions opérationnelles : actualisation du business plan, suivi des ratios financiers, préparation d'un dossier bancaire, analyse du coût complet d'un investissement, anticipation fiscale et pilotage du besoin en fonds de roulement.
Conclusion
Le maintien du taux directeur à 2,25% confirme une politique monétaire d'équilibre. Bank Al-Maghrib cherche à préserver la stabilité des prix sans casser la dynamique de croissance ni alourdir inutilement le financement de l'économie. Pour les entreprises marocaines, la période reste favorable à la planification, à condition de renforcer la gestion de trésorerie et de mesurer l'effet des coûts importés sur les marges.
© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-
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