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Circulaire conjointe sur l’attestation fiscale des immeubles – Procédure dématérialisée

Circulaire conjointe — 08 AVR. 2026

Contexte légal et objet de la circulaire

L'article 95 du Code de Recouvrement des Créances Publiques dispose qu'en cas de mutation ou de cession d'immeuble, il est fait obligation aux adouls, notaires ou toute autre personne exerçant des fonctions notariales, à peine d'être tenus solidairement avec le contribuable au paiement des impôts et taxes grevant l'immeuble objet de cession, de se faire présenter une attestation des services de recouvrement justifiant le paiement des cotes se rapportant à l'année de mutation ou de cession et aux années antérieures.

Par ailleurs, la circulaire conjointe de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) et de la Direction Générale des Collectivités Territoriales (DGCT) visée en référence, a consacré la dématérialisation des échanges liés à la délivrance de l'attestation de paiement des impôts et taxes grevant l'immeuble objet de mutation ou de cession.

Dans ce sens et conformément à la procédure prévue par ladite circulaire, les échanges précités, effectués entre les comptables publics chargés de délivrer ladite attestation, d'une part, et les services compétents des communes, d'autre part, ont été dématérialisés.


Mise en œuvre de la loi n° 14-25

La présente circulaire conjointe intervient dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de la loi n° 14-25 modifiant et complétant la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités territoriales qui a conféré aux percepteurs communaux la qualité de comptables publics chargés du recouvrement des taxes locales à l'exclusion de la taxe professionnelle (TP), la taxe d'habitation (TH) et la taxe de services communaux (TSC).

Dans ce cadre, la TGR a adapté le télé-service disponible à l'adresse https://eservices.tgr.gov.ma en vue de permettre aux percepteurs communaux de renseigner les comptables chargés de la délivrance de ladite attestation sur la situation fiscale du bien objet de mutation ou de cession.


Processus de traitement des demandes

Les différentes étapes du processus de traitement des demandes de délivrance de l'attestation se présentent comme suit :

1. Récupération de la fiche de renseignements auprès de la DGI

L'obtention de l'attestation de paiement des impôts et taxes grevant l'immeuble débute par la récupération de la fiche de renseignements auprès de la Direction Générale des Impôts (DGI). Ce service a été entièrement dématérialisé en vue d'offrir un meilleur service aux usagers et ce dans les meilleurs délais.

Deux situations peuvent se présenter :

  • Lorsque le contribuable n'a aucun reste à recouvrer auprès de la DGI, la fiche en question lui est délivrée électroniquement et en temps réel sur la base de son numéro d'article TH/TSC, via la plateforme SIMPL/Attestation.
  • Dans le cas contraire et lorsque le contribuable a un reste à recouvrer auprès de la DGI, la fiche susvisée lui est délivrée via la même plateforme, dans un délai de 48 heures à compter de la date de dépôt de la demande, après paiement des arriérés afférents auxdites taxes.

Il est rappelé que l'ensemble des paiements peuvent être opérés au niveau du guichet électronique SIMPL. Ces paiements sont comptabilisés, sans délai, dès règlement.

2. Cas particulier des terrains nus

S'agissant des terrains nus, ces biens font l'objet de la délivrance de la fiche de renseignement relative aux terrains non bâtis. Pour ce faire, une demande, selon le modèle établi par l'administration, est à déposer physiquement auprès de la direction des impôts dont relève le bien. Le modèle précité énumère l'ensemble des pièces justificatives à joindre à la demande.

3. Initiation de la demande d'attestation par le notaire ou l'Adel

Ensuite, le notaire, via l'application Tawtik + ou l'Adel via le portail de la TGR, initie la demande d'obtention de l'attestation des impôts et taxes grevant l'immeuble, appuyée des informations et documents nécessaires liés à la transaction, ainsi que de la fiche de renseignements délivrée par les services compétents de la DGI afin de renseigner le percepteur chargé provisoirement de délivrer l'attestation de la situation fiscale du bien objet de cession ou de mutation.

Pour ce qui est des documents nécessaires précités, il s'agit notamment :

  • Du compromis de vente ;
  • Du certificat de propriété ;
  • De la carte nationale d'identité électronique (personne physique) ;
  • De l'extrait modèle « J » du registre de commerce (personne morale).

4. Traitement automatique de la demande

Ladite demande est acheminée automatiquement et simultanément au percepteur précité d'une part, et au service d'assiette de la commune concernée ainsi qu'au percepteur communal compétent d'autre part, lesquels renseignent le percepteur sur la situation fiscale du bien en question dans un délai n'excédant pas 48 heures à compter de la réception de la demande précitée.

5. Délivrance de l'attestation

Lorsque le bien objet de cession ou de mutation n'est pas grevé de créances, chez l'ensemble des intervenants, l'attestation est délivrée de manière dématérialisée par le percepteur relevant de la TGR dans un délai ne dépassant pas 48 heures à compter de la réception des renseignements de la commune et du percepteur communal.

Au cas où l'un des intervenants précités, la commune, le percepteur communal ou le percepteur relevant de la TGR constate que le bien en question est grevé de créances, il adresse, via le télé-service, au notaire ou à l'Adel initiateur de la demande les informations relatives auxdites créances afin de lui permettre d'en informer le cédant et de régulariser la situation fiscale du bien.


Point important à retenir

À cet égard, il convient de rappeler que pour prétendre à la délivrance de l'attestation en question, le demandeur n'est tenu de régler que les impositions dues, grevant uniquement l'immeuble objet de cession ou de mutation.


Instructions aux responsables territoriaux

Mesdames et Messieurs les Walis de Régions et les Gouverneurs des Préfectures, des Préfectures d'arrondissements et des Provinces du Royaume, les Trésoriers régionaux, les Trésoriers préfectoraux et provinciaux et les percepteurs sont invités à prêter assistance aux percepteurs communaux pour qu'ils accèdent au télé-service et produisent les renseignements requis dans le délai imparti de 48 heures, à compter du jour suivant la réception de la demande.


Signataires

Le Ministre de l'Intérieur
Abdelouafi LAFTIT
La Ministre de l'Économie et des Finances
Nadia FETTAH

© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-

Expertise Comptable | Audit | Conseil Fiscal | commissariat aux comptes
https://chy.ma I https://chy.ma/contacts/

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GUIDE PRATIQUE :Préparation d’un Business Plan -Financement Bancaire

Guide Pratique : Préparation d'un Business Plan pour Financement Bancaire

Dans un environnement économique de plus en plus compétitif et des critères d'octroi de crédit constamment renforcés, la qualité du business plan est devenue un facteur déterminant dans la décision de financement bancaire. Un dossier mal structuré, des projections non crédibles ou une présentation imprécise du risque sont les principales causes de refus de financement, même pour des projets économiquement viables.


Ce guide pratique, élaboré par les experts du CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY forts d'une expérience en advisory, évaluation et finance structurée, vous offre une méthodologie éprouvée pour préparer un business plan bancaire qui répond aux exigences les plus rigoureuses des comités de crédit.

💡 À qui s'adresse ce guide ?
  • Entrepreneurs et porteurs de projets en phase de création
  • Dirigeants de PME-PMI cherchant à financer leur croissance ou acquisition
  • Investisseurs préparant un montage de financement structuré
  • Directeurs financiers en charge de la relation bancaire
  • Professionnels du chiffre accompagnant leurs clients dans la levée de fonds

1. Fondamentaux du Business Plan Bancaire

1.1 Définition et enjeux

Le business plan bancaire est un document de synthèse qui présente de manière structurée et chiffrée un projet d'entreprise ou de développement, en vue d'obtenir un financement auprès d'un établissement de crédit. Il se distingue du business plan investisseur par son orientation vers la capacité de remboursement et la maîtrise du risque, plutôt que vers le potentiel de valorisation.

📌 Définition opérationnelle — CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY

Un business plan bancaire est un outil de communication financière et stratégique qui doit simultanément :

  • → Démontrer la viabilité économique du projet
  • → Prouver la capacité de remboursement des dettes
  • → Quantifier et maîtriser les risques identifiés
  • → Crédibiliser l'équipe dirigeante
  • → Justifier le montant et la structure du financement demandé

1.2 Les attentes spécifiques des banques marocaines

Les établissements bancaires au Maroc — Attijariwafa Bank, CIH Bank, BMCE Bank of Africa, Banque Populaire, BMCI, Société Générale Maroc, CDG Capital — évaluent les dossiers de financement selon des critères structurés.

Critère d'analyseCe que recherche la banquePondération
Capacité de remboursementDSCR > 1,20x sur toute la durée du créditÉlevée
Qualité des garantiesHypothèques, nantissements, cautions personnellesÉlevée
Fonds propres / apportMinimum 20%–30% du projet selon secteurÉlevée
Expérience de l'équipeTrack record, compétences sectoriellesMoyenne
Viabilité du marchéTaille, croissance, positionnement concurrentielMoyenne
Qualité des projectionsCohérence, conservatisme, hypothèses documentéesÉlevée
Historique clientAntécédents de crédit, relation bancaire existanteMoyenne

* Pondération indicative basée sur l'analyse des pratiques des comités de crédit au Maroc.

1.3 Les règles d'or d'un business plan bancaire réussi

🏆 Les 7 règles d'or — CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY

Règle 1 : Conservatisme. Privilégiez des hypothèses prudentes. Le banquier préfère une surprise positive à une déception.

Règle 2 : Cohérence interne. Toutes les données (narratif, tableaux, ratios) doivent se recouper parfaitement.

Règle 3 : Transparence des hypothèses. Documentez et justifiez chaque hypothèse clé.

Règle 4 : Sensibilité et scénarios. Présentez des scénarios pessimiste, réaliste et optimiste.

Règle 5 : Focalisation sur le cash-flow. Le banquier finance des flux, pas des bénéfices comptables.

Règle 6 : Clarté et lisibilité. Un dossier dense mais lisible. Évitez le jargon inutile.

Règle 7 : Réalisme du besoin. Ne sur-dimensionnez pas le financement demandé.

2. Architecture du Business Plan Bancaire

Un business plan bancaire de qualité professionnelle s'articule autour de dix composantes essentielles. Chacune remplit une fonction précise dans la démonstration de la viabilité du projet et de la crédibilité du porteur.

#ComposanteObjectif bancaire
1Executive SummaryDécision de poursuivre la lecture
2Présentation de l'entrepriseCrédibilité juridique et organisationnelle
3Analyse de marchéValidation de l'opportunité commerciale
4Stratégie et modèle économiqueCompréhension des leviers de valeur
5Plan opérationnelRéalisme de l'exécution
6Équipe de directionConfiance dans les porteurs
7Projections financièresCapacité de remboursement
8Plan de financementStructure et besoin précis
9Analyse des risquesMaîtrise des aléas
10Annexes et justificatifsTraçabilité et vérification

3. L'Executive Summary : Première Impression, Dernière Chance

L'Executive Summary est la section la plus lue et souvent la seule à être lue en premier par le décideur bancaire. Il doit tenir en 1 à 2 pages maximum et répondre immédiatement aux questions fondamentales du comité de crédit.

3.1 Contenu obligatoire de l'Executive Summary

InformationContenu attendu
Nature du projetDescription en 2–3 phrases : secteur, activité, stade
Montant demandéMontant exact, nature du financement, durée souhaitée
Objet du financementInvestissements précis financés par l'emprunt
Apport propreMontant et origine des fonds propres mobilisés
Chiffres clés projetésCA an 1–3, EBITDA, résultat net, capacité de remboursement
DSCRDebt Service Coverage Ratio sur toute la durée
Garanties offertesNature, valeur estimée, taux de couverture
Expérience dirigeantParcours professionnel pertinent en 3 lignes

3.2 Formule de l'Executive Summary efficace

✍️ Structure narrative recommandée

§1 — Le projet : « [Nom de l'entreprise] est une [forme juridique] opérant dans [secteur], créée/en cours de création, qui [activité principale] à destination de [cible client]. »

§2 — L'opportunité : « Le marché [nom marché] représente [taille] et croît de [X%/an]. Notre positionnement [différenciateur] nous permet de cibler [part de marché visée]. »

§3 — Le financement : « Nous sollicitons un financement de [montant] MAD sous forme de [nature] sur [durée] ans. Ce financement couvre [X% du projet]. L'apport propre représente [Y%]. »

§4 — La viabilité : « Le projet génère un CA de [X] MAD en année 1, [Y] en année 3, avec un EBITDA de [Z%]. Le DSCR est de [ratio]x sur toute la durée du crédit. »

§5 — Les garanties : « Les garanties offertes comprennent [liste] pour une couverture totale de [X%] du montant financé. »

4. L'Analyse de Marché : Valider l'Opportunité

L'analyse de marché démontre au banquier que le projet s'appuie sur une réalité économique mesurable et non sur un simple espoir. Elle conditionne directement la crédibilité des projections de chiffre d'affaires.

4.1 Méthodologie d'analyse de marché — Approche TAM / SAM / SOM

📐 L'entonnoir de marché — Standard

TAM (Total Addressable Market) : Marché total mondial ou national de l'activité

SAM (Serviceable Addressable Market) : Marché accessible compte tenu de la géographie, des canaux et du positionnement

SOM (Serviceable Obtainable Market) : Part de marché réalistement capturable à 3–5 ans

Exemple — Restauration rapide à Casablanca :
TAM = 45 Mds MAD (restauration hors domicile Maroc) → SAM = 8 Mds MAD (Casablanca) → SOM = 12 M MAD (objectif 3 ans)

4.2 Sources documentaires recommandées pour le Maroc

SourceType de donnéesAccessibilité
Haut-Commissariat au Plan (HCP)PIB, démographie, enquêtes sectoriellesGratuit — hcp.ma
Bank Al-Maghrib (BAM)Crédit, taux, rapports annuels sectorielsGratuit — bkam.ma
OMPICDonnées entreprises, marques, brevetsPayant — ompic.ma
DEPF (Ministère Finances)Conjoncture, notes sectoriellesGratuit — finances.gov.ma
CGEM / Fédérations sectoriellesRapports sectoriels, statistiquesVariable
Euromonitor / StatistaÉtudes de marché internationalesPayant
Études terrain (enquêtes, sondages)Données primaires localesÀ réaliser

4.3 Analyse concurrentielle — Modèle Porter adapté

L'analyse des 5 forces de Porter reste la référence pour structurer l'environnement concurrentiel. Pour un dossier bancaire, elle doit être synthétisée et orientée vers l'identification des avantages compétitifs durables.

ForceQuestions clésImpact sur le projet
Rivalité concurrentielleQui sont les 3–5 concurrents directs ? Parts de marché ? Forces/faiblesses ?À documenter
Pouvoir fournisseursConcentration ? Dépendance ? Alternatives disponibles ?À évaluer
Pouvoir clientsConcentration ? Pouvoir de négociation ? Fidélité ?À quantifier
Menace entrantsBarrières à l'entrée ? Réglementation ? Capital minimum ?À qualifier
Produits de substitutionAlternatives technologiques ? Evolution des usages ?À anticiper

5. Stratégie et Modèle Économique

5.1 Le Business Model Canvas adapté au dossier bancaire

Le Business Model Canvas (Osterwalder) est l'outil de référence pour formaliser le modèle économique de manière synthétique et communicable. Pour un dossier bancaire, il doit être adapté pour mettre en avant les éléments de génération de cash.

Bloc du BM CanvasQuestions clésLien avec la viabilité financière
Proposition de valeurQuel problème résolvez-vous ? Pourquoi vous ?Justifie le CA projeté
Segments clientsQui paie ? Quelle solvabilité ? Quelle récurrence ?Qualité du CA
Canaux de distributionComment atteignez-vous vos clients ?Structure des coûts commerciaux
Relations clientsFidélisation ? Abonnement ? Transaction unique ?Prévisibilité des revenus
Sources de revenusQuels flux ? Prix ? Conditions de paiement ?Cash-flow timing
Ressources clésActifs critiques ? Propriété intellectuelle ?Justifie les investissements
Activités clésCore process ? Compétences distinctives ?Structure des charges
Partenaires clésFournisseurs stratégiques ? Alliances ?Risques de dépendance
Structure de coûtsFixes vs variables ? Seuil de rentabilité ?Levier opérationnel

5.2 Stratégie de mise en marché

Le plan marketing et commercial doit démontrer comment l'entreprise va effectivement capter les revenus projetés. C'est souvent le maillon faible des business plans soumis aux banques.

  • Stratégie de prix : positionnement par rapport aux concurrents, justification des prix retenus
  • Plan commercial : force de vente, canaux digitaux, partenariats, référencements
  • Plan de communication : budget, canaux, stratégie SEO/SEA
  • Objectifs commerciaux mensuels : pipeline clients, taux de conversion, CAC (coût d'acquisition)
  • Politique de crédit client : délais de paiement, risque de créances impayées

6. Plan Opérationnel et Ressources Humaines

6.1 Plan d'investissement détaillé

Le plan d'investissement est la pièce maîtresse de la justification du financement demandé. Chaque poste doit être documenté par des devis, études de faisabilité ou références sectorielles.

Poste d'investissementMontant (MAD)FinancementJustificatif
Immobilisations incorporellesX XXX XXXFonds propres / CréditDevis / Contrats
Terrain et constructionsX XXX XXXCrédit immobilierTitre foncier / Permis
Matériel et équipementsX XXX XXXCrédit équipementDevis fournisseurs
Matériel informatiqueX XXX XXXFonds propresDevis informatique
VéhiculesX XXX XXXLeasing / Crédit autoDevis concessionnaire
Aménagements & travauxX XXX XXXCrédit MLTDevis BTP
Besoin en fonds de roulementX XXX XXXLigne de crédit CTCalcul BFR
Frais de démarrageX XXX XXXFonds propresEstimations
TOTAL INVESTISSEMENTSXX XXX XXX

6.2 Calcul du Besoin en Fonds de Roulement (BFR)

Formule BFR — Standard Expert-Comptable

BFR = Stocks + Créances clients − Dettes fournisseurs

Stocks = (Achats annuels / 360) × Jours de stock
Créances clients = (CA TTC annuel / 360) × Délai client (jours)
Dettes fournisseurs = (Achats TTC annuels / 360) × Délai fournisseur (jours)

Exemple : CA = 10 M MAD, achats = 6 M MAD, délai client = 45 j, stock = 30 j, délai fourn. = 60 j
BFR = (10M×1,2/360×45) + (6M×1,2/360×30) − (6M×1,2/360×60) = 1,5M + 600K − 1,2M = 900 K MAD

6.3 Plan de ressources humaines

Le plan RH doit démontrer l'adéquation entre les compétences mobilisées et les besoins opérationnels du projet, tout en intégrant rigoureusement les charges sociales dans les projections financières.

PosteNbreSalaire brut/moisCharges patronales (~20%)Coût annuel total
Directeur Général1XX XXX MADX XXX MADXXX XXX MAD
Responsable Commercial1XX XXX MADX XXX MADXXX XXX MAD
Équipe production/serviceXXX XXX MADX XXX MADXXX XXX MAD
Administration & Finance1XX XXX MADX XXX MADXXX XXX MAD
Total masse salarialeXXX XXX MAD

7. Projections Financières : Le Cœur du Dossier

Les projections financières constituent le volet le plus scruté par les analystes de crédit. Elles doivent couvrir a minima 3 ans, idéalement 5 ans, et s'articuler autour de cinq états financiers prévisionnels interdépendants et cohérents.

7.1 Schéma d'interdépendance des états financiers

Hypothèses de base (CA, prix, volumes, coûts unitaires) ↓ Compte de Produits et Charges (CPC) prévisionnel → Résultat net ↓ ↓ Plan de financement (Emplois / Ressources) Capacité d'autofinancement (CAF) ↓ ↓ Bilan prévisionnel ←←←←←←←←←←←←←←←←←←←←←←←←←←← CAF ↓ Tableau de flux de trésorerie → Solde de trésorerie fin de période ↓ Tableau de remboursement du crédit → DSCR (Debt Service Coverage Ratio)

7.2 Compte de Produits et Charges (CPC) prévisionnel

Le CPC prévisionnel doit être établi selon le plan comptable marocain (PCM) sur 3 à 5 ans. Chaque ligne doit être justifiée par une hypothèse documentée.

Rubriques CPCAn 1An 2An 3Hypothèse clé
Chiffre d'affaires HTXXXXXXXXXTaux de croissance : X%
Variation de stocksXXXXXXXXXJours de stock
Achats consommésXXXXXXXXX% du CA : X%
Autres charges externesXXXXXXXXXLoyer, énergie, services
VALEUR AJOUTÉEXXXXXXXXXTaux VA : X%
Charges de personnelXXXXXXXXXVoir plan RH
Impôts et taxesXXXXXXXXXPatente, taxes locales
EXCÉDENT BRUT D'EXPL. (EBE)XXXXXXXXXTaux EBITDA : X%
Dotations aux amortissementsXXXXXXXXXDurées légales PCM
RÉSULTAT D'EXPLOITATIONXXXXXXXXX
Charges d'intérêtsXXXXXXXXXTableau amortissement
RÉSULTAT AVANT IMPÔTXXXXXXXXX
IS (30% ou 20%)XXXXXXXXXTaux IS applicable
RÉSULTAT NETXXXXXXXXX

7.3 Plan de financement (Emplois / Ressources)

Le plan de financement présente les emplois (investissements, BFR, remboursements) et les ressources (fonds propres, emprunts, subventions) sur la durée du projet. Il doit être équilibré ou excédentaire chaque année.

EMPLOISAn 1RESSOURCESAn 1
Investissements (HT)X XXXCapital social / ApportX XXX
Augmentation du BFRX XXXEmprunts à MLTX XXX
Remboursement dettes MLTX XXXCAF (autofinancement)X XXX
Dividendes versésX XXXSubventions d'investissementX XXX
TOTAL EMPLOISX XXXTOTAL RESSOURCESX XXX
SOLDE (excédent/déficit)X XXX

7.4 Le tableau de flux de trésorerie (Cash-flow)

💰 Pourquoi le cash-flow prime sur le résultat net ?

Le banquier finance des flux de trésorerie, pas des bénéfices comptables.

Un projet peut être rentable (résultat net positif) mais illiquide (trésorerie négative).

Cash-Flow Libre (Free Cash Flow) = EBE − Variation BFR − Investissements − IS payé

Cash-Flow Disponible pour le Service de la Dette = FCF + Intérêts payés

DSCR = Cash-Flow Disponible / (Principal + Intérêts annuels)

Critère minimum : DSCR ≥ 1,20x | Critère confortable : DSCR ≥ 1,50x

7.5 Le Debt Service Coverage Ratio (DSCR) — Indicateur clé

Le DSCR est LE ratio de référence des banques pour évaluer la capacité de remboursement.

Valeur DSCRInterprétation bancaireProbabilité d'accord
< 1,00xCash-flow insuffisant pour rembourser — Projet non viableRefus quasi-certain
1,00x – 1,10xMarge très faible — Vulnérable aux aléasTrès difficile
1,10x – 1,20xMarge minimale — Conditions strictes exigéesDifficile
1,20x – 1,50xZone acceptable — Financement envisageablePossible avec garanties
1,50x – 2,00xBonne couverture — Dossier solideFavorable
> 2,00xExcellente couverture — Dossier premiumTrès favorable

8. Hypothèses Financières et Analyse de Sensibilité

8.1 Construction des hypothèses du CA — Méthode bottom-up

L'approche bottom-up (du bas vers le haut) est la plus crédible aux yeux des banques. Contrairement à l'approche top-down qui part d'une part de marché estimée, le bottom-up reconstruit le CA à partir des capacités opérationnelles réelles.

📊 Approche Bottom-Up — Exemple commerce de détail

Surface de vente : 200 m²

× Chiffre d'affaires moyen au m² (secteur) : 15 000 MAD/m²/an

= CA potentiel brut : 3 000 000 MAD/an

× Taux d'occupation estimé année 1 : 70%

= CA retenu année 1 : 2 100 000 MAD

Croissance année 2 : +15% (montée en charge) → CA an 2 : 2 415 000 MAD

Croissance année 3 : +10% (régime de croisière) → CA an 3 : 2 656 500 MAD

Sources : données sectorielles HCP / CGEM / études de marché commissionnées

8.2 Tableau des hypothèses — Structure type

HypothèseValeur retenueBasis / JustificationSource
Taux de croissance CA an 1–2X%Phase de démarrage, montée en chargeÉtude terrain
Taux de croissance CA an 3–5X%Régime de croisière sectorielHCP / secteur
Marge bruteX%Benchmark concurrents / secteurDonnées secteur
Charges personnel / CAX%Plan RH détailléVoir section 6
Taux d'amortissementX%Durées légales PCMPCM Maroc
Taux d'intérêt crédit MLTX%Offre bancaire / taux marché BAMBank Al-Maghrib
Délai paiement clientsX joursPratiques secteur / contratsNégociations
Délai paiement fournisseursX joursContrats fournisseursContrats signés
Taux ISX%Régime fiscal applicableCode Général Impôts
Inflation chargesX%Prévisions BAMBank Al-Maghrib

8.3 Analyse de sensibilité — Les 3 scénarios obligatoires

Tout business plan bancaire professionnel doit intégrer une analyse de sensibilité en 3 scénarios. Elle démontre la robustesse du projet face aux aléas et rassure le banquier sur la maîtrise des risques.

ParamètreScénario pessimisteScénario centralScénario optimiste
CA an 1−20% vs centralBase = 100%+15% vs central
Marge brute−3 ptsBase+2 pts
Délai démarrage+6 moisDélai prévuDans les délais
Taux d'intérêtHausse de 1 ptTaux convenuTaux convenu
Charges opex+10%Hypothèse de base−5%
DSCR résultantX,XXxX,XXxX,XXx
Trésorerie cumul an 3X MADX MADX MAD
Seuil de rentabilitéX MAD CAX MAD CAX MAD CA
⚠️ Règle — CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY

Même dans le scénario pessimiste, le DSCR doit rester supérieur à 1,10x. Si ce n'est pas le cas, il faut revoir la structure de financement (allongement de durée, augmentation de l'apport propre, différé de remboursement) avant de soumettre le dossier.

9. Structure de Financement et Garanties

9.1 Règle de partage du risque

Les banques marocaines appliquent un principe fondamental : le porteur de projet doit prendre une part significative du risque. L'apport personnel constitue un signal fort de l'engagement du promoteur.

📐 Standards d'apport minimum par type de financement
  • Immobilier commercial : 20% minimum du coût total
  • Équipements productifs : 20% à 30% selon secteur
  • Fonds de commerce / reprise : 30% à 40%
  • Projet de création : 30% minimum
  • Financement de croissance : 20% à 25%
  • Financement international : 25% à 35%

Note : Ces ratios sont indicatifs et varient selon l'établissement et le profil du client.

9.2 Catalogue des garanties disponibles

Type de garantieDescriptionCouverture typiqueAdapté à
Hypothèque de 1er rangInscription sur bien immobilier du promoteur60%–80% valeur vénaleCrédits MLT immobilier
Nantissement fonds de commerceInscription sur le fonds financé30%–50% valeur fondsReprise fonds de commerce
Nantissement équipementsInscription sur matériel financé40%–60% valeur neuveCrédit équipement
Caution personnelle dirigeantEngagement personnel du promoteur100% du créditTous types
Caution solidaire associésEngagement solidaire des associés100% du créditSociétés multi-associés
CCG / TamwilcomGarantie partielle de l'État marocain50%–80% du créditPME/TPE éligibles
Assurance-crédit (Sanad)Couverture décès/invalidité dirigeantCapital restant dûCrédits MLT
Caution bancaire (LC)Garantie d'une autre banque100% de l'engagementGrands projets

9.3 Le mécanisme CCG/Tamwilcom

💡 Dispositifs de garantie publique au Maroc

Tamwilcom (ex-CCG) propose plusieurs produits de garantie partielle pour faciliter l'accès au crédit :

  • DAMANE CRÉA : Création d'entreprise — Couverture jusqu'à 85% — Plafond 5 M MAD
  • DAMANE OXYGÈNE : PME en difficulté — Couverture 80% — Crédits de trésorerie
  • DAMANE TATWIR : Développement PME — Couverture 60% — Investissements productifs
  • DAMANE ISTITMAR : Export et investissement — Couverture jusqu'à 70%
  • MIFTAH (BAM) : Logement social et intermédiaire — Couverture 70%

→ Ces garanties réduisent significativement l'exigence de garanties personnelles.

→ Éligibilité à vérifier selon secteur, taille et objet du financement.

10. Analyse et Gestion des Risques

La cartographie des risques est une composante souvent sous-estimée des business plans. Paradoxalement, présenter ses risques de manière structurée est un signe de maturité professionnelle qui renforce la crédibilité du dossier aux yeux du banquier.

10.1 Matrice des risques — Approche COSO adaptée

CatégorieRisque identifiéProbabilitéImpactMesure d'atténuation
MarchéRetard de montée en charge du CAMoyenÉlevéScénario pessimiste intégré + délai remboursement
MarchéIntensification concurrenceFaibleMoyenDifférenciation + fidélisation clientèle
FinancierHausse des taux d'intérêtFaibleMoyenTaux fixe privilégié
FinancierRetards paiements clientsMoyenÉlevéDélais encaissements courts + assurance-crédit
OpérationnelRetard travaux / livraisonsMoyenMoyenPlanning détaillé + pénalités contractuelles
OpérationnelDépart personnel cléFaibleÉlevéClauses non-concurrence + plan succession
RéglementaireChangement fiscal ou normatifFaibleMoyenVeille réglementaire + conseil spécialisé
HumainIncapacité/décès dirigeantTrès faibleTrès élevéAssurance homme-clé + co-gérance

10.2 L'assurance homme-clé

🛡️ Recommandation CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY : L'assurance homme-clé

Dans de nombreux projets, la pérennité est fortement liée à la personne du dirigeant. Les banques exigent souvent la souscription d'une assurance homme-clé.

Capital minimum recommandé = Encours du crédit à rembourser

Bénéficiaire : l'établissement bancaire en premier rang

Cette assurance couvre : décès, invalidité totale et permanente (ITP), parfois longue maladie.

Elle sécurise la banque et peut améliorer les conditions d'octroi (taux, garanties).

11. Le Dossier Documentaire : Pièces à Fournir

La complétude du dossier documentaire est un facteur déterminant dans la rapidité d'instruction du dossier. Un dossier incomplet génère des allers-retours et affaiblit la perception de professionnalisme du demandeur.

11.1 Documents entreprise / porteur de projet

DocumentCréationEntreprise existanteCommentaire
Pièce d'identité dirigeant(s)✅ Obligatoire✅ ObligatoireCNI ou passeport en cours
Statuts de la société✅ À déposer✅ Statuts à jourAvec tous avenants
Registre de commerce (RC)✅ À obtenir✅ RC récent (<3 mois)OMPIC ou Tribunal
Attestation fiscale (IF)N/A✅ ObligatoireAttestation de situation
Attestation CNSSN/A✅ ObligatoireMoins de 3 mois
Bilan 3 derniers exercicesN/A✅ ObligatoireCertifiés expert-comptable
CPC 3 derniers exercicesN/A✅ ObligatoireIdem
Liasse fiscale (IS/IR)N/A✅ Obligatoire3 derniers exercices
CV détaillé du dirigeant✅ Obligatoire✅ Fortement recommandéAvec références
Relevés bancaires 12 mois✅ Obligatoire✅ ObligatoireTous comptes professionnels

11.2 Documents relatifs au projet

DocumentImportanceCommentaire
Business plan complet🔴 CritiqueSelon structure de ce guide
Projections financières 3–5 ans🔴 CritiqueTableaux Excel détaillés
Devis fournisseurs / équipements🔴 CritiqueOriginaux datés de moins de 3 mois
Bail commercial ou promesse🔴 CritiqueSi local commercial
Titre foncier ou compromis🔴 CritiqueSi acquisition immobilière
Permis de construire / autorisation🔴 CritiqueSi projet immobilier ou spécifique
Contrats clients signés (si existants)🟠 ImportantPreuve de CA déjà sécurisé
Étude de marché🟠 ImportantExterne ou interne documentée
Plan de situation et plans architecte🟡 Selon projetSi construction ou aménagement
Licence / autorisation spéciale🟡 Selon secteurSanté, éducation, transport, etc.

12. Le Processus d'Instruction Bancaire

Comprendre le processus interne de décision bancaire permet d'adapter sa stratégie de présentation et d'anticipation des objections. Ce processus varie selon les établissements, mais suit des étapes communes.

12.1 Les étapes du circuit d'instruction

ÉtapeActeurDurée typiquePoints de vigilance
1. Réception & triChargé d'affaires2–5 joursComplétude du dossier
2. Analyse financièreAnalyste crédit5–10 joursRatios, DSCR, cohérence
3. Évaluation garantiesExpert/Service juridique5–7 joursValeur vénale actuelle
4. Scoring de risqueSystème interne1–2 joursRating automatique
5. Avis chargé d'affairesChargé d'affaires2–3 joursRecommandation formelle
6. Comité de créditDirecteurs / DG5–15 joursDélai variable selon montant
7. Notification décisionChargé d'affaires2–3 joursAccord / Refus / Contre-proposition
8. Mise en placeService juridique7–15 joursSignatures, actes notariés

12.2 Comment maximiser les chances d'approbation

🎯 Stratégies CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY pour optimiser l'instruction
  • Présélection bancaire : comparer 3 banques minimum avant de déposer
  • Relation préalable : avoir un compte professionnel actif dans la banque visée
  • Intermédiaire expert : confier la présentation à un expert-comptable (crédibilité accrue)
  • Présentation en personne : demander un rendez-vous de présentation avant dépôt
  • Dossier impeccable : reliure professionnelle, onglets, table des matières, résumé 1 page
  • Réactivité : répondre sous 24h à toute demande d'information complémentaire
  • Accompagnement CCG : demander si le projet est éligible aux garanties Tamwilcom
  • Alternative : préparer un plan B (autres sources de financement, phase progressive)

13. Checklist de Validation Finale

Avant de soumettre votre dossier de financement, validez systématiquement chaque point de cette checklist. Le CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY utilise cet outil de contrôle pour garantir la qualité de tous les dossiers préparés pour ses clients.

Partie Narrative

  1. Executive Summary tient en 1–2 pages, répond aux 5 questions clés du banquier
  2. Présentation entreprise complète : forme juridique, capital, actionnariat, gouvernance
  3. Analyse marché avec données chiffrées, sources citées, TAM/SAM/SOM documenté
  4. Concurrence : au moins 3 concurrents analysés, avantages compétitifs clairs
  5. Modèle économique explicite : comment l'entreprise gagne-t-elle de l'argent ?
  6. Équipe dirigeante : CV pertinents joints, complémentarité des profils

Partie Financière

  1. Hypothèses documentées et conservatrices, tableau récapitulatif inclus
  2. CPC prévisionnel 3–5 ans, cohérent avec le plan RH et le plan d'investissement
  3. Bilan prévisionnel équilibré, actif = passif chaque année
  4. Tableau de flux : trésorerie positive chaque mois dès la 2ème année au plus tard
  5. Plan de financement : emplois = ressources, solde cumulé positif ou nul
  6. Tableau de remboursement détaillé par mois avec capital, intérêts, CRD
  7. DSCR calculé et supérieur à 1,20x sur toute la durée du crédit
  8. 3 scénarios (pessimiste / central / optimiste) avec DSCR dans chaque cas
  9. Seuil de rentabilité calculé en MAD de CA et en % de capacité

Partie Documentaire

  1. Toutes les pièces d'identité et documents juridiques inclus
  2. Devis fournisseurs récents (< 3 mois) pour tous les investissements
  3. Bail commercial ou promesse de bail signée
  4. Attestation fiscale et CNSS à jour (si entreprise existante)
  5. Bilans et CPC des 3 derniers exercices certifiés (si existants)

Présentation et Forme

  1. Document relié, paginé, avec table des matières et onglets
  2. En-têtes et pieds de page professionnels (nom société, date, page n°/total)
  3. Graphiques lisibles, à jour, avec sources mentionnées
  4. Relecture orthographique et cohérence terminologique
  5. Résumé exécutif 1 page inclus en première partie

14. Questions Fréquentes

Quelle est la durée idéale des projections financières ?
Les banques marocaines acceptent généralement 3 ans pour les crédits à court-moyen terme. Pour les crédits immobiliers ou d'infrastructures sur 7–15 ans, les projections doivent couvrir a minima la durée du crédit avec des hypothèses de croissance modérées au-delà de l'an 5.
Peut-on présenter un business plan en cas d'EBE négatif la première année ?
Oui, à condition que les projections démontrent clairement la trajectoire vers la rentabilité et que la structure de financement intègre un différé de remboursement adapté. Un différé en capital de 12 à 24 mois est courant pour les projets en phase de démarrage.
Vaut-il mieux solliciter une seule banque ou plusieurs en parallèle ?
La pratique recommandée par le CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY est de cibler 2 à 3 établissements de manière sélective, en priorisant ceux qui ont des programmes adaptés à votre secteur (ex : banques partenaires de la CCG/Tamwilcom). Démultiplier les demandes au-delà de 3 peut être perçu négativement.
Comment traiter les premiers mois sans activité dans les projections ?
Les premiers mois d'investissement et de démarrage doivent être intégrés dans le plan de financement et dans le tableau de trésorerie mensuel. La trésorerie négative en phase de démarrage est acceptable si elle est couverte par des fonds propres ou une ligne de crédit provisionnée.
Le business plan doit-il être certifié par un expert-comptable ?
La certification par un expert-comptable n'est pas légalement obligatoire mais est fortement recommandée et de plus en plus exigée par les comités de crédit pour les montants significatifs (> 2 M MAD). Elle atteste de la rigueur méthodologique et de la sincérité des projections. Le CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY propose cette mission de validation.

Conclusion

Un business plan bancaire de qualité est bien plus qu'un exercice administratif : c'est le reflet de votre vision entrepreneuriale, de votre maîtrise des enjeux financiers et de votre capacité à anticiper les risques. Les établissements bancaires marocains, de plus en plus sélectifs dans leurs décisions de crédit, accordent un poids croissant à la qualité intrinsèque du dossier présenté.

Les fondamentaux restent inchangés : conservatisme des hypothèses, cohérence interne absolue, démonstration solide de la capacité de remboursement et transparence totale sur les risques identifiés. À ces exigences techniques s'ajoute un impératif de forme : un dossier professionnel, bien structuré et lisible fait la différence entre deux projets de valeur équivalente.

Mentions Légales

Ce guide pratique est publié à titre informatif et pédagogique par le CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY. Il ne constitue pas un conseil financier ou juridique personnalisé et ne saurait se substituer à une mission d'accompagnement individuelle. Les ratios, pourcentages et délais mentionnés dans ce document sont des références indicatives basées sur les pratiques observées sur le marché marocain et les standards internationaux. Ils peuvent évoluer en fonction de la conjoncture, des politiques des établissements bancaires et des caractéristiques propres à chaque projet.

Toute reproduction, même partielle, de ce document est soumise à l'autorisation préalable et écrite du CABINET EL HOUSNY YOUSSEF - CHY.

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Créer une société SAS (Société par Actions Simplifiée) au Maroc en 2026

Dans la pratique, les difficultés ne viennent pas seulement du dépôt initial, mais surtout de l'enchaînement entre certificat négatif, statuts, registre du commerce, identifiants fiscaux, CNSS, siège social et ouverture opérationnelle. Cet article propose une lecture cabinet : comprendre l'ordre logique, les pièces attendues, les arbitrages juridiques et les risques de non-conformité afin de réduire les allers-retours et les coûts cachés.

La SAS figure désormais dans les formes sociétaires utilisées en pratique au Maroc. Les publications officielles consultées confirment la place de cette forme dans l'écosystème de création d'entreprise, notamment via les formulaires de nom commercial et le cadre juridique mis à jour par la loi n° 19-20 publiée au Bulletin officiel n° 7006 du 22 juillet 2021 en édition générale arabe.

Le vrai changement n'est pas seulement l'existence de la SAS, mais la manière de la sécuriser. Contrairement à une SARL standard, la SAS demande un travail statutaire plus fin : répartition des pouvoirs, droits de vote, clauses de sortie, agrément, préemption, gouvernance du président et articulation éventuelle avec un pacte d'actionnaires.

En 2026, la création passe de plus en plus par un parcours numérique. L'OMPIC a confirmé la généralisation de la plateforme de création d'entreprises par voie électronique sur tout le Royaume ; cela réduit les déplacements mais augmente l'exigence de cohérence documentaire dès la préparation du dossier.

Cette fiche concerne les fondateurs de startups, sociétés innovantes, groupes qui veulent une gouvernance souple, investisseurs qui préparent une entrée au capital, dirigeants qui souhaitent organiser des droits différenciés entre actionnaires, ainsi que les cabinets qui structurent des statuts sur mesure.


1. La SAS au Maroc : une forme souple, mais exigeante sur les statuts

La SAS répond à un besoin très précis : permettre une société de capitaux avec une organisation interne largement paramétrée par les statuts. En pratique, c'est souvent la forme recherchée lorsque le projet ne rentre pas confortablement dans le cadre d'une SARL classique, soit parce qu'il existe plusieurs catégories d'investisseurs, soit parce que les fondateurs veulent séparer le pouvoir de gestion, le pouvoir financier et les règles de sortie. Cette souplesse n'est utile que si elle est réellement pensée. Une SAS mal rédigée se retourne vite contre ses associés : blocages en assemblée, ambiguïtés sur les pouvoirs du président, difficulté à céder ou faire entrer un nouvel actionnaire, incertitude sur les quorums ou sur les clauses d'exclusion.

Le premier réflexe doit donc être juridique avant d'être administratif. La question n'est pas uniquement « peut-on créer une SAS ? », mais « pourquoi la SAS est-elle meilleure ici qu'une SARL, une SA ou une succursale ? ». Si le projet est simple, peu capitalistique et ne prévoit ni investisseurs ni gouvernance sophistiquée, la SARL reste souvent plus lisible. En revanche, lorsque l'entreprise vise la croissance, l'entrée progressive d'actionnaires, l'attribution de droits économiques différenciés ou une gouvernance contractuelle, la SAS devient une option sérieuse. Au Maroc, cela suppose une rédaction de statuts sur mesure et une revue complète des conséquences fiscales, comptables et opérationnelles dès la phase de constitution.

Les textes à connaître avant de se lancer

Le socle de lecture repose sur la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes, la loi n° 5-96 sur les autres formes sociales commerciales et la loi n° 19-20 qui a modifié et complété ces textes. Pour la pratique de création, il faut aussi regarder les sources OMPIC sur le nom commercial, les formulaires RCC et la plateforme de création électronique. Enfin, la sécurisation du dossier suppose d'anticiper le Code de commerce pour l'immatriculation et les pièces de siège social, ainsi que le CGI pour les obligations fiscales de démarrage.


2. Quand la SAS est pertinente par rapport à une SARL ou à une SA

La SAS intéresse surtout les projets où la gouvernance doit rester malléable. C'est typiquement le cas lorsqu'un ou plusieurs fondateurs exploitent l'activité au quotidien tandis que d'autres investisseurs veulent des droits de contrôle sur certaines décisions seulement : augmentation de capital, endettement important, changement d'objet, vente d'actifs clés, distribution de dividendes, recrutement d'un dirigeant, ou cession de titres. Dans une SARL, beaucoup de sujets sont plus encadrés par la loi et les pratiques bancaires. Dans une SA, la structure est plus lourde et mieux adaptée à des projets déjà significatifs ou à des besoins de financement plus institutionnels.

La SAS est également intéressante lorsque l'on anticipe des levées de fonds par étapes. Les fondateurs peuvent organiser la circulation des titres, la protection contre une cession non désirée, les droits de sortie conjointe, les obligations de cession forcée dans certains cas, ou encore les modalités de nomination et de révocation des organes de direction. En revanche, cette liberté suppose une rédaction précise. Une clause floue sur l'agrément, un droit de veto mal calibré, ou un mécanisme de décision qui ne prévoit pas les situations de blocage peuvent retarder un tour de table, créer un conflit entre associés ou rendre la société difficile à piloter.

La question à se poser avant de choisir

La bonne question n'est pas seulement « quelle forme protège le mieux ? », mais « quelle forme accompagnera le mieux les trois prochaines années ? ». Une société qui démarre seule mais prévoit d'ouvrir son capital à un investisseur stratégique, à un fonds, à un business angel ou à un manager-clé n'a pas les mêmes besoins qu'une petite structure familiale. La SAS se justifie lorsqu'on a besoin d'anticiper ce futur, pas simplement pour suivre une mode.


3. Les clauses de statuts qu'il faut absolument sécuriser

Dans une SAS, les statuts ne doivent pas être traités comme un formulaire. Ils doivent décrire de manière exploitable la dénomination, l'objet social, le siège, la durée, le capital, la répartition des actions, mais surtout la mécanique de pouvoir. Il faut désigner clairement l'organe ou la personne habilitée à représenter la société, définir ses pouvoirs, préciser les limites éventuelles vis-à-vis des associés, et organiser les décisions collectives : convocation, quorum, majorité, consultation écrite ou réunion, décisions ordinaires et extraordinaires, information préalable des actionnaires, et modalités de preuve des décisions.

Il faut également soigner les clauses de vie actionnariale : agrément en cas de cession, préemption, inaliénabilité temporaire, exclusion dans des hypothèses strictement définies, mécanismes de sortie conjointe, traitement d'un actionnaire défaillant, et modalités de valorisation des titres en cas de conflit. Lorsque ces sujets sont renvoyés à plus tard, le coût de la correction explose au premier événement important : arrivée d'un investisseur, départ d'un fondateur, augmentation de capital ou contentieux interne. Un bon statut de SAS sert à faire fonctionner l'entreprise, pas seulement à la faire immatriculer.

Dans certains dossiers, il est aussi utile de répartir entre les statuts et un pacte d'actionnaires ce qui doit être public et ce qui doit rester confidentiel. Les statuts structurent l'opposabilité à la société et aux tiers ; le pacte permet souvent d'organiser des équilibres plus fins entre investisseurs. La frontière entre les deux doit être pensée. Si elle ne l'est pas, on retrouve des obligations stratégiques mal placées ou des clauses privées impossibles à exécuter en pratique.

Président, direction, contrôle : ce qu'il faut cadrer

Le président doit être identifié avec précision, tout comme les conditions de sa nomination, de sa révocation, de sa rémunération éventuelle et de la délégation de certains pouvoirs. Si plusieurs personnes interviennent dans la gestion, il faut éviter toute zone grise entre pouvoir légal, pouvoir contractuel et pouvoir opérationnel. C'est souvent là que naissent les blocages bancaires, les contestations de signature ou les décisions prises hors cadre.


4. Le dossier de création d'une SAS : pièces, formalités et séquencement

Sur le plan documentaire, la SAS suit un parcours proche des autres sociétés commerciales : choix de la dénomination, certificat négatif, rédaction des statuts, justification du siège social, préparation des pièces d'identité et pouvoirs, organisation du capital et des apports, puis dépôt du dossier via la chaîne de création. Les sources OMPIC rappellent que le nom commercial se traite par voie électronique et que l'ICE est attribué pour les nouvelles personnes morales lors de la demande du certificat négatif. La plateforme de création d'entreprises par voie électronique permet ensuite d'enchaîner les formalités de constitution et certaines formalités postérieures.

Dans les dossiers SAS, le point le plus sensible n'est généralement pas le dépôt lui-même, mais la cohérence entre toutes les pièces. La dénomination doit être identique partout. L'objet doit être compatible avec l'activité réellement visée. Le siège doit être justifié par un document exploitable. Les personnes qui signent doivent avoir qualité pour le faire. Les annexes relatives aux nominations, aux pouvoirs ou aux apports doivent être alignées avec les statuts. Lorsqu'il existe un investisseur étranger, des documents en langue étrangère ou des pièces émises hors Maroc, il faut anticiper la traduction, la légalisation ou l'apostille selon les cas.

Checklist pratique de constitution

Avant tout dépôt, il est conseillé d'arrêter une checklist simple :

  • Dénomination validée
  • Objet rédigé
  • Statuts relus
  • Preuve de siège obtenue
  • Organes de direction désignés
  • Répartition du capital validée
  • Pièces des fondateurs réunies
  • Calendrier de signature fixé
  • Compte de dépôt des fonds organisé si nécessaire
  • Plan de mise en conformité comptable et fiscale prêt

Cette discipline documentaire évite les allers-retours qui donnent l'impression d'une création longue alors que la difficulté vient surtout d'un dossier incomplet ou incohérent.


5. Ce qu'il faut préparer dès l'immatriculation pour éviter une SAS « juridiquement créée mais techniquement fragile »

La constitution n'est qu'un point de départ. Dès l'immatriculation, la SAS doit être capable d'émettre des factures conformes, d'ouvrir et d'exploiter correctement ses comptes bancaires, de suivre les pouvoirs de signature, de tenir une comptabilité conforme à la loi n° 9-88 et au CGNC, d'organiser la conservation de ses pièces justificatives et de préparer, si elle embauche, ses démarches CNSS et paie. Une société bien structurée sur le papier mais désorganisée dans ses flux devient vulnérable dès le premier contrôle, la première levée de fonds ou le premier audit d'acquisition.

Il faut aussi mettre à jour le dossier permanent de la société : statuts signés, actes de nomination, registre des décisions, justificatifs de siège, pièces des actionnaires, contrats importants, schéma de gouvernance, calendrier fiscal, procédure d'engagement des dépenses, plan de comptes et règle de classement documentaire. Pour une SAS, cette discipline est encore plus importante que pour des formes plus simples, car la société repose beaucoup sur ce que les associés ont choisi d'écrire. Sans documentation claire, la souplesse devient une source d'incertitude.


Risques en cas de non-conformité

Les principaux risques sont le rejet ou la suspension d'un dossier, la non-cohérence entre statuts et exploitation réelle, l'oubli d'une formalité post-création, la sous-estimation des coûts, ou encore le démarrage d'activité avec un cadre contractuel et fiscal mal calibré.


Plan d'action recommandé

  1. Cartographier l'activité réelle, les associés, la gouvernance et l'horizon de croissance avant de choisir la forme juridique.
  2. Préparer un dossier unique et cohérent : identité, adresse, activité, capital, pouvoirs, justificatifs et calendrier.
  3. Sécuriser les statuts et les actes annexes avant dépôt pour éviter de corriger après immatriculation.
  4. Planifier les formalités post-création dès l'amont : fiscalité, CNSS, contrats, facturation, comptabilité et compte bancaire.
  5. Mettre en place un suivi cabinet de bout en bout avec contrôle documentaire et jalons.

Le parcours administratif à sécuriser

Un bon dossier suit une logique de dépendance. Le nom commercial, la rédaction des statuts, les justificatifs d'adresse et de pouvoirs, puis les formalités d'immatriculation et d'identification doivent être pensés comme une chaîne. Dès qu'un document est incohérent avec les autres, le temps de traitement s'allonge.

Concrètement, ce sujet doit être traduit en procédures internes claires, en documents modèles, en responsabilités identifiées et en calendrier de suivi. Une bonne pratique consiste à matérialiser un dossier permanent regroupant les actes ou contrats utiles, les pièces justificatives structurantes, le schéma des flux, les options retenues, la liste des échéances et les contrôles clés.

Du point de vue cabinet, une approche par risque permet de distinguer les erreurs de conception initiale, les erreurs d'exécution au fil de l'eau et les erreurs de preuve. Cette distinction aide à prioriser les corrections : d'abord le cadre juridique et fiscal, ensuite le paramétrage opérationnel, puis la documentation de la piste d'audit et des contrôles.

Les arbitrages économiques derrière la formalité

Au-delà des pièces, le dirigeant doit arbitrer entre souplesse de fonctionnement, crédibilité bancaire, répartition des pouvoirs, protection des associés, régime de responsabilité et niveau de structuration attendu par les clients et partenaires.

Les livrables internes à préparer après création

Pour éviter une société créée mais mal opérationnelle, il faut préparer dès le départ un mini-kit de conformité : processus de facturation, classement des justificatifs, gouvernance de signature, procédure de paie si recrutement, et calendrier déclaratif.


Notre lecture cabinet

Notre lecture cabinet est simple : une création d'entreprise ne doit pas être traitée comme une simple démarche administrative. C'est le point de départ d'une architecture juridique, comptable, fiscale et sociale. Plus le cadrage initial est précis, moins l'entreprise subira de coûts de correction ensuite.

Questions fréquentes

La SAS est-elle adaptée à une startup au Maroc ?
Oui, surtout lorsque le projet prévoit des investisseurs, une gouvernance évolutive, des clauses de sortie ou une ouverture graduelle du capital. Si l'activité est très simple et que l'actionnariat ne doit pas évoluer, une SARL peut toutefois être plus lisible.
Peut-on copier des statuts trouvés en ligne ?
C'est déconseillé. La SAS vit par ses statuts. Un modèle standard ne couvre généralement ni les droits politiques réels des actionnaires, ni les scénarios de conflit, ni les besoins de financement du projet.
Le capital doit-il être élevé pour créer une SAS ?
Le bon niveau de capital est d'abord un sujet de crédibilité et de cohérence avec le projet. Il faut choisir un montant compatible avec l'activité, les besoins de trésorerie, les attentes bancaires et les engagements des fondateurs.
Quel est le principal risque d'une SAS mal rédigée ?
Le principal risque n'est pas l'immatriculation, mais la vie sociale : conflit entre associés, blocage des décisions, difficulté d'entrée ou de sortie d'actionnaires, contestation des pouvoirs du président et fragilité lors d'une levée de fonds.
Faut-il un accompagnement juridique et comptable dès la constitution ?
Oui, dans la plupart des dossiers SAS. L'enjeu n'est pas seulement de déposer un dossier, mais d'aligner le juridique, le fiscal, le comptable et l'opérationnel dès le départ.

© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-

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Étrangers & MRE : Pourquoi investir à Agadir en 2026 ?

Cabinet El-Housny Youssef — CHY  |  Expert-Comptable à Agadir

Agadir n'est plus seulement une destination balnéaire prisée. En 2026, la capitale du Souss s'impose comme l'un des marchés d'investissement les plus attractifs du continent africain — pour les étrangers comme pour les Marocains Résidant à l'Étranger (MRE). Voici un décryptage complet, signé par votre cabinet d'expertise comptable de référence à Agadir.

Agadir en 2026 : une ville en pleine transformation

Agadir a connu, au cours des cinq dernières années, une mutation économique et urbaine spectaculaire. Portée par le Plan de Développement du Grand Agadir, la ville bénéficie aujourd'hui d'infrastructures modernes, d'un tissu économique diversifié et d'une attractivité internationale croissante. Que vous soyez ressortissant européen, investisseur du Golfe, ou MRE souhaitant ancrer un projet sur votre terre d'origine, les conditions n'ont jamais été aussi favorables.

La région Souss-Massa, dont Agadir est le cœur économique, affiche en 2026 une croissance du PIB régional supérieure à la moyenne nationale. Le port d'Agadir — l'un des plus dynamiques d'Afrique — traite désormais plus de 10 millions de tonnes de marchandises par an, consolidant la vocation logistique et commerciale de la ville.

Chiffres clés

+9% Croissance du secteur immobilier à Agadir (2025–2026)
3,5 M Touristes accueillis par an à Agadir
15 Mds MAD Transferts MRE vers la région Souss-Massa (2025)
300 jours Ensoleillement par an — un atout climatique unique

Les secteurs porteurs où investir à Agadir en 2026

Agadir offre une palette d'opportunités d'investissement diversifiée. Voici les secteurs stratégiques identifiés par les experts du Cabinet CHY pour 2026 :

🏗️ Immobilier résidentiel & locatif —  Forte demande locative (tourisme + étudiants), prix encore compétitifs vs Casablanca ou Marrakech, plus-value à la revente estimée entre 15 et 25% sur 5 ans.
🏨 Hôtellerie & Tourisme —  Agadir ambitionne 6 millions de touristes d'ici 2030. Riads, boutique-hôtels, résidences de vacances : un marché en pleine expansion.
🌿 Agro-industrie & Export —  La région est le premier exportateur marocain de fruits rouges et primeurs. Des niches rentables dans la transformation et le conditionnement.
☀️ Énergies Renouvelables —  Ensoleillement exceptionnel, fort potentiel éolien côtier. Des projets photovoltaïques ouverts aux investisseurs privés dans le cadre de la loi 13-09.
💻 Digital & Services —  Émergence d'un écosystème tech à Agadir : offshoring, e-commerce, startups. Des zones franches offshores aux avantages fiscaux significatifs.
🏥 Santé & Bien-être —  Cliniques privées, centres de thalassothérapie, tourisme médical : un secteur sous-équipé face à une demande croissante de la classe moyenne.

Cadre fiscal : les avantages concrets pour les étrangers et MRE

Le Maroc a considérablement modernisé son cadre fiscal et juridique pour attirer les investisseurs étrangers. La Charte de l'Investissement 2022, pleinement opérationnelle en 2026, constitue un tournant majeur avec des incitations renforcées pour les projets créateurs d'emplois.

Dispositif Avantage Statut
IS sur les bénéfices d'exportation Plusieurs secteurs exonérés pendant les 5 premières années MRE & Étrangers
Droits d'enregistrement réduits Constitution et augmentation de capital Sous conditions
Transfert libre des bénéfices et capitaux Garantie constitutionnelle de rapatriement des fonds investis MRE & Étrangers
Conventions de non-double imposition Maroc signataire avec plus de 50 pays (France, Belgique, Espagne, EAU…) MRE & Étrangers
Prime à l'investissement / Subventions tourisme (Nouvelle charte de l'investissement) Subvention jusqu'à 30% du coût du projet pour les secteurs prioritaires MRE & Étrangers
💡 À noter pour les MRE : les revenus de source marocaine d'un MRE sont en principe imposés au Maroc, mais les conventions fiscales permettent dans la plupart des cas d'éviter la double imposition. Un audit fiscal préalable par un expert-comptable agréé est indispensable avant tout investissement.

Investissement immobilier à Agadir : ce que vous devez savoir en 2026

Achat d'un bien immobilier par un étranger non-résident

Le Maroc autorise pleinement les ressortissants étrangers à acquérir des biens immobiliers sur son territoire, sous réserve que l'achat soit financé en devises convertibles et déclaré à l'Office des Changes. Cette déclaration est la clé qui ouvre le droit au rapatriement du produit de cession en cas de revente.

  • Achat possible en pleine propriété, sans restriction de nationalité
  • Financement bancaire disponible pour les non-résidents
  • Rendement locatif brut entre 5% et 8% à Agadir (zone balnéaire et centre-ville)
  • Régime de la copropriété bien encadré, transactions sécurisées par le notaire

Pourquoi Agadir plutôt que Marrakech ou Casablanca ?

La question revient souvent. La réponse tient en trois points :

  • Prix d'entrée encore accessibles (le m² reste 30 à 50% moins cher qu'à Marrakech pour des standards équivalents)
  • Qualité de vie remarquable (plage, sécurité, services de santé), et potentiel de valorisation supérieur porté par les grands chantiers d'infrastructure en cours
  • Agadir, c'est l'opportunité que Marrakech représentait il y a vingt ans

Création d'entreprise à Agadir : la démarche pour étrangers et MRE en 2026

Créer une société au Maroc en tant qu'étranger ou MRE est aujourd'hui un processus simplifié, pouvant être accompli en moins d'une semaine. Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF -CHY- accompagne ses clients à chaque étape :

  1. Choix de la forme juridique — SARL, SA, SAS, succursale ou bureau de liaison selon votre projet. Chaque structure présente des avantages fiscaux et opérationnels distincts que notre équipe analyse avec vous.
  2. Constitution du dossier et dépôt par le cabinet — Statuts, certificat négatif, dépôt du capital (pas de minimum légal pour la SARL depuis 2019), immatriculation au Registre de Commerce.
  3. Identification fiscale et affiliation sociale — Obtention de l'ICE, du numéro IF, affiliation à la CNSS pour les salariés, mise en place de la comptabilité conforme au CGNC.
  4. Ouverture du compte bancaire professionnel en devises — Essentiel pour les non-résidents, cette étape sécurise le droit au rapatriement des bénéfices.
  5. Suivi comptable, fiscal et social continu — Tenue de comptabilité, bilans, déclarations fiscales (IS, TVA, IR), bulletins de paie, audit légal.
  6. Reporting trilingue (français, arabe, anglais).

Les projets structurants qui valorisent Agadir jusqu'en 2030

Plusieurs grands chantiers en cours ou programmés vont durablement transformer la valeur économique d'Agadir. Ces projets constituent autant de catalyseurs de plus-value pour les investisseurs qui s'y positionnent dès 2026 :

1
Extension du Port d'Agadir Doublement des capacités portuaires d'ici 2028, consolidant le hub logistique atlantique du Maroc.
2
Agadir City Center 2.0 Nouveau pôle urbain mixte (commerce, bureaux, résidentiel haut de gamme) en plein cœur de la ville.
3
Ligne ferroviaire Agadir–Marrakech Désenclavement ferroviaire prévu à l'horizon 2028, réduisant la distance à 2h30 de Marrakech.
4
Technopole Souss-Massa Zone d'accélération industrielle dédiée aux industries vertes, à l'agro-industrie et au digital.
5
Nouveau terminal aéroportuaire Al-Massira Capacité portée à 8 millions de passagers/an pour accueillir le flux post-Coupe du Monde 2030.
🌍 Coupe du Monde 2030 : Le Maroc co-organise la Coupe du Monde FIFA avec l'Espagne et le Portugal. Même si Agadir ne figure pas parmi les villes hôtes, l'ensemble du territoire national bénéficiera d'un afflux touristique et d'un élan économique sans précédent. Les investissements réalisés aujourd'hui dans l'hôtellerie et l'immobilier premium à Agadir seront pleinement matures d'ici 2030.

FAQ : vos questions sur l'investissement à Agadir

Q — Un étranger non-résident peut-il ouvrir un compte bancaire au Maroc ?
Oui, toutes les banques marocaines proposent des comptes en devises ou en dirhams convertibles (CDET) aux non-résidents étrangers. Ce type de compte est indispensable pour sécuriser le droit au rapatriement des fonds investis.
Q — Les MRE sont-ils imposés doublement sur leurs revenus locatifs au Maroc ?
Non, dans la majorité des cas. Les conventions de non-double imposition signées par le Maroc (notamment avec la France, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas) permettent d'éviter la double imposition. Le Cabinet CHY réalise un diagnostic fiscal personnalisé selon votre pays de résidence.
Q — Quel capital minimum est nécessaire pour créer une SARL au Maroc ?
Depuis la réforme de 2019, le capital social minimum d'une SARL au Maroc est de 1 dirham symbolique. En pratique, un capital de 10 000 à 100 000 MAD est conseillé pour la crédibilité commerciale et bancaire de la structure.
Q — Comment le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF -CHY- peut-il m'accompagner depuis l'étranger ?
Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF -CHY- offre un accompagnement intégral à distance : visioconférences, signature à distance des documents (pays d'origine), suivi de dossier en ligne, reporting trilingue. Votre présence physique à Agadir n'est nécessaire qu'à des étapes précises, que nous planifions avec vous.
Q — Quelles sont les garanties juridiques pour les investisseurs étrangers au Maroc ?
Le Maroc offre de solides garanties constitutionnelles : droit de propriété protégé, liberté de transfert des capitaux et des bénéfices, égalité de traitement entre investisseurs nationaux et étrangers. Le pays a également ratifié plusieurs conventions bilatérales de protection des investissements (CIRDI, conventions MIGA).

À propos de l'auteur — Cabinet El-Housny Youssef -CHY- Expert-comptable, commissaire aux comptes. Membre de l'Ordre des Experts-Comptables du Maroc. 18+ ans d'expérience. Certifié IAS/IFRS (INTEC Paris), évaluation d'entreprises (OEC France & ACCA). Expert judiciaire assermenté près la Cour d'appel d'Agadir. Cabinet de référence pour les étrangers, MRE et groupes internationaux souhaitant s'implanter dans la région Souss-Massa.

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Guide complet : loi comptable 9-88 au Maroc | obligations comptables des commerçants

Ce qui change / ce qu'il faut savoir

Le texte de référence

La loi n° 9-88 reste le socle des obligations comptables des commerçants au Maroc. Les recherches récentes montrent qu'elle continue d'être mobilisée comme texte de base, avec les modifications issues notamment de la loi n° 44-03.

L'enjeu 2026

La difficulté de 2026 n'est pas l'existence du texte, mais son articulation avec la comptabilité informatisée, le FEC, les attentes de contrôle fiscal et l'exigence croissante de piste d'audit.

1Le cœur de la loi 9-88 : une comptabilité régulière, chronologique et justifiée

La loi n° 9-88 pose une exigence fondamentale : le commerçant doit tenir une comptabilité dans les formes prescrites par le texte et ses tableaux annexes. Les extraits officiels disponibles rappellent que les mouvements affectant les actifs et les passifs doivent être enregistrés chronologiquement, opération par opération et jour par jour. Chaque enregistrement doit préciser l'origine, le contenu et l'imputation du mouvement, et s'appuyer sur une pièce justificative probante. Cette logique est essentielle : la comptabilité marocaine n'est pas une simple synthèse financière ; c'est un système de preuve et de représentation fidèle de l'activité.

Concrètement, cela signifie qu'une comptabilité « reconstituée à la fin du trimestre » à partir de tableaux incomplets n'est pas conforme à l'esprit du texte. La régularité et la chronologie comptent autant que l'équilibre final des chiffres. Une écriture correcte mais sans justificatif, ou un justificatif correct mais non rapproché à une écriture claire, fragilisent l'ensemble du dossier en cas de contrôle, d'audit, de litige entre associés ou de demande de financement.

2Livres, inventaire et états de synthèse : ce que la loi attend vraiment

La loi structure la comptabilité autour de livres et d'états de synthèse qui doivent permettre de comprendre la situation de l'entreprise. Cela implique non seulement l'enregistrement des opérations, mais aussi la tenue d'un inventaire, la centralisation des informations et l'établissement des états de synthèse de clôture selon les règles du référentiel marocain. Autrement dit, la conformité ne s'arrête pas à la saisie : elle aboutit à une représentation annuelle cohérente du patrimoine, de la situation financière et du résultat.

L'un des apports importants du régime modifié est l'existence d'un modèle plus léger pour certaines entreprises. Les sources consultées rappellent que les contribuables dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur ou égal à 10 millions de dirhams peuvent bénéficier d'un allègement sur certains états, tout en restant tenus à une comptabilité régulière. Ce point est souvent mal compris : le régime simplifié dispense de certains formats, pas de la discipline comptable elle-même.

Régime simplifié ne veut pas dire comptabilité simpliste

Même lorsqu'une entreprise bénéficie d'allègements de présentation, elle doit continuer à enregistrer correctement ses opérations, à conserver ses justificatifs et à être capable de produire une lecture cohérente de ses soldes. La simplification porte sur certains états, pas sur la sincérité comptable.

3Conservation, monnaie de tenue et force probante

Les extraits de la loi 9-88 rappellent que les documents comptables sont établis en monnaie nationale et que les documents comptables et pièces justificatives doivent être conservés pendant dix ans. Cette règle d'archivage est centrale. Elle impose une politique documentaire claire : classement, indexation, rapprochement entre pièce source et écriture, et capacité de restitution rapide. Une entreprise qui tient des comptes mais perd ses pièces, ou qui numérise ses documents sans méthode, se met en danger.

L'archivage de dix ans doit être pensé avec la comptabilité informatisée. Le support peut évoluer, mais pas la capacité de preuve. Dans la pratique, cela suppose des procédures d'accès, une politique de sauvegarde, une nomenclature documentaire et une règle claire de conservation des originaux ou des copies exploitables selon la nature des pièces. C'est souvent dans ce domaine que les petites structures sous-investissent alors qu'il s'agit d'un des premiers points de fragilité en contrôle.

4Comment appliquer la loi 9-88 en 2026 sans se noyer

La meilleure méthode consiste à traduire la loi en routines simples : saisie régulière, circuit de validation, classement des pièces, rapprochements mensuels, revue des comptes de tiers, suivi de banque, immobilisations et paie, puis clôture périodique. Une entreprise n'a pas besoin d'un manuel de 200 pages pour être conforme ; elle a besoin de procédures courtes, stables et réellement appliquées.

Il faut aussi articuler la loi 9-88 avec le CGNC, le FEC et les attentes fiscales. En 2026, une comptabilité conforme n'est plus seulement une obligation de fin d'année ; elle doit être disponible et extractible. Plus l'entreprise attend la clôture pour « mettre à jour » sa comptabilité, plus elle s'éloigne de l'esprit du texte et plus le coût de régularisation augmente.

5Ce que la loi 9-88 impose indirectement au dirigeant

La loi 9-88 ne parle pas seulement au comptable ; elle parle aussi au dirigeant. En exigeant une comptabilité régulière, des justificatifs, un inventaire et des états de synthèse, elle impose au chef d'entreprise de structurer ses circuits de décision, ses validations et la conservation de ses pièces. Une société où les dépenses sont engagées sans justificatif, où les contrats sont dispersés et où les banques ne sont rapprochées qu'en urgence ne peut pas réellement appliquer le texte.

Le rôle du dirigeant est donc déterminant : il doit exiger des pièces à l'origine, valider des règles de classement, refuser les dépenses personnelles en société, imposer des clôtures mensuelles et s'assurer que les documents restent accessibles. La conformité comptable n'est pas une affaire uniquement technique ; c'est une affaire de gouvernance.

6Les indicateurs simples de conformité comptable

Trois indicateurs permettent de savoir si la loi 9-88 est réellement appliquée : délai de saisie des opérations, pourcentage de pièces justificatives classées et rapprochées, et nombre de comptes non justifiés à la clôture mensuelle. Si ces trois indicateurs dérivent, la non-conformité s'installe bien avant la clôture annuelle.

Un dirigeant qui suit ces marqueurs ne remplace pas son comptable ; il exerce simplement son devoir de pilotage. La conformité devient mesurable et ne dépend plus seulement du « ressenti » de fin d'exercice.

7La clôture mensuelle comme preuve de conformité

Une clôture mensuelle, même légère, est la meilleure traduction pratique de la loi 9-88. Elle oblige l'entreprise à rapprocher ses pièces, apurer ses comptes et détecter tôt les zones d'ombre comptables.

8Un texte qui vit au quotidien

La loi 9-88 n'est réellement respectée que lorsqu'elle est traduite en réflexes quotidiens de preuve, de classement et de justification. C'est cette discipline, plus que le volume de règles écrites, qui protège l'entreprise.

Risques en cas de non-conformité

Les risques portent sur l'absence ou l'insuffisance de pièces, une piste d'audit faible, des clôtures tardives, des retraitements manuels non documentés, un logiciel mal paramétré, des difficultés à justifier les soldes ou à extraire une comptabilité conforme.

Absence de pièces justificatives Piste d'audit faible Clôtures tardives Retraitements non documentés Logiciel mal paramétré Soldes injustifiables

Plan d'action recommandé

  1. Documenter le référentiel appliqué, les règles de saisie et les contrôles de premier niveau.
  2. Sécuriser le plan de comptes, les journaux, les schémas d'écritures récurrents et les droits d'accès.
  3. Classer et rapprocher systématiquement les justificatifs de ventes, achats, banques, paie et immobilisations.
  4. Tester périodiquement la capacité d'extraction, de restitution et de justification des écritures.
  5. Mettre en place un calendrier de clôture mensuelle et annuelle avec responsables identifiés.
Ce qu'une comptabilité conforme doit permettre

Elle doit permettre de comprendre une opération, retrouver la pièce source, justifier un solde, expliquer une variation et produire les états attendus sans reconstitutions permanentes.

Concrètement, ce sujet doit être traduit en procédures internes claires, en documents modèles, en responsabilités identifiées et en calendrier de suivi. Une bonne pratique consiste à matérialiser un dossier permanent regroupant les actes ou contrats utiles, les pièces justificatives structurantes, le schéma des flux, les options retenues, la liste des échéances et les contrôles clés.

Du point de vue cabinet, une approche par risque permet de distinguer les erreurs de conception initiale, les erreurs d'exécution au fil de l'eau et les erreurs de preuve. Cette distinction aide à prioriser les corrections : d'abord le cadre juridique et fiscal, ensuite le paramétrage opérationnel, puis la documentation de la piste d'audit et des contrôles.

L'importance de la preuve

La meilleure écriture comptable reste fragile sans document source fiable. La qualité de l'archivage et du classement fait souvent la différence entre une comptabilité simplement tenue et une comptabilité réellement défendable.

La logique de clôture permanente

Les entreprises qui ferment bien leur année sont celles qui rapprochent et apurent tous les mois. Les travaux de fin d'exercice deviennent alors une consolidation, non une opération de sauvetage.

Notre lecture cabinet

Une comptabilité robuste est d'abord un système. Elle repose sur des procédures simples, répétables, contrôlées et compatibles avec les attentes du contrôle fiscal, de l'audit légal et du pilotage de gestion.

FAQ

Q1 La loi 9-88 concerne-t-elle seulement les grandes sociétés ?
Non. Elle concerne toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant au sens du Code de commerce.
Q2 Faut-il conserver les pièces comptables pendant dix ans ?
Oui. Les extraits officiels de la loi rappellent une conservation de dix ans pour les documents comptables et les pièces justificatives.
Q3 Le régime simplifié dispense-t-il de tenir une comptabilité sérieuse ?
Non. Il allège certains états, mais ne dispense ni de la régularité des enregistrements ni de la conservation des justificatifs.
Q4 Peut-on tenir sa comptabilité seulement sur tableur ?
Un tableur peut aider, mais il ne suffit pas à lui seul à garantir la traçabilité, la sécurité et l'exploitabilité attendues en cas de contrôle.
Q5 Quel est le principal risque de non-conformité ?
Le risque majeur est la perte de force probante de la comptabilité, avec des conséquences fiscales, financières et de gouvernance.

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Guide pratique : Évaluation du Fonds de Commerce

L'évaluation du fonds de commerce est l'une des missions les plus complexes et les plus stratégiques en expertise comptable. Elle mobilise à la fois une maîtrise des méthodes d'évaluation reconnues, une connaissance approfondie du tissu économique local et un jugement professionnel affûté.

Ce guide pratique, rédigé par les experts du Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY, est conçu comme un outil de référence destiné aux dirigeants d'entreprises, investisseurs, avocats d'affaires, notaires et professionnels du chiffre. Il synthétise les meilleures pratiques en matière d'évaluation de fonds de commerce, adaptées au contexte marocain.

💡 Pourquoi évaluer son fonds de commerce ?

Une évaluation rigoureuse permet de :

  • Sécuriser une transaction de cession ou d'acquisition
  • Optimiser la négociation du prix de vente
  • Satisfaire aux exigences des établissements bancaires
  • Résoudre des situations de litige entre associés
  • Planifier une restructuration ou une transmission d'entreprise

1. Qu'est-ce qu'un Fonds de Commerce ?

1.1 Définition juridique et comptable

Le fonds de commerce est une universalité de fait regroupant l'ensemble des éléments corporels et incorporels affectés à l'exploitation d'une activité commerciale ou artisanale. Il constitue, en droit marocain comme en droit français, un actif économique à part entière, cessible, apportable et évaluable.

📖 Définition de référence

« L'ensemble des droits et valeurs au moyen desquels s'exerce un négoce ou une industrie. Il est composé de divers éléments dont la réunion, sous une direction unique, crée la valeur du fonds. »

Doctrine juridique et comptable consolidée (France/Maroc)

1.2 Composition du fonds de commerce

Le fonds de commerce se compose de deux grandes catégories d'éléments :

🏢 Éléments Incorporels 🔧 Éléments Corporels
Clientèle et achalandageMatériel et outillage
Droit au bailMobilier commercial
Nom commercial et enseigneAgencements et installations
Licences et autorisationsVéhicules affectés à l'exploitation
Brevets, marques, dessins industrielsInformatique et équipements
Droits de propriété intellectuelleStock (exclu du fonds)
⚠️ Important : Éléments exclus du fonds de commerce

Le stock de marchandises et les créances clients ne font pas partie du fonds de commerce. Ils font l'objet d'une valorisation séparée dans le cadre d'une cession.

1.3 Contextes d'évaluation

L'évaluation du fonds de commerce est requise dans de nombreuses circonstances :

  • Cession ou acquisition du fonds (transaction commerciale)
  • Apport à une société (PP vers PM, fusion, scission)
  • Dossier de crédit ou nantissement auprès d'établissements financiers
  • Litige entre associés ou contentieux judiciaire
  • Éviction du locataire — indemnité d'éviction
  • Déclarations fiscales et succession
  • Restructuration d'entreprise ou transmission familiale

2. Principes Fondamentaux de l'Évaluation

2.1 Les sources documentaires indispensables

Toute évaluation professionnelle du fonds de commerce repose sur une collecte rigoureuse de documents. Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY préconise la revue des éléments suivants :

Documents Comptables Documents Juridiques Informations de Terrain
Bilans et CPC sur 3 à 5 ansBail commercialEmplacement géographique
ESG / États de SynthèseStatuts et K-bisZone de chalandise
Balances détailléesLicences & autorisationsÉtude de concurrence
Déclarations fiscales (IS/IR)Contrats fournisseurs clésTendances du secteur
Tableaux de trésorerieMarques et brevetsConjoncture économique

2.2 Période de référence retenue

Par convention professionnelle, l'évaluation porte sur les 3 à 5 derniers exercices comptables clos. Cette période permet de lisser les effets conjoncturels et d'obtenir une vision représentative de la performance réelle du fonds.

📌 Règle pratique — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY — Pondération des exercices
  • Exercice N-1 : pondération 50%
  • Exercice N-2 : pondération 30%
  • Exercice N-3 : pondération 20%

Cette pondération peut être adaptée selon la tendance d'évolution du chiffre d'affaires.

2.3 Le jugement professionnel : pilier de toute évaluation

Aucune méthode n'est universelle. L'expert évaluateur doit exercer son jugement professionnel à chaque étape, en tenant compte :

  • De la conjoncture économique nationale et locale
  • Des caractéristiques spécifiques du fonds (emplacement, clientèle, notoriété)
  • De la dépendance du fonds à la personnalité du dirigeant
  • Des conditions du bail commercial
  • De la dynamique sectorielle et concurrentielle

3. La Méthode des Barèmes Professionnels (CA)

3.1 Principe de la méthode

La méthode d'évaluation par le chiffre d'affaires (CA) est la plus répandue dans la pratique marocaine et française. Elle consiste à appliquer un coefficient sectoriel au chiffre d'affaires moyen constaté sur la période de référence.

🔢 Formule de calcul

Valeur du Fonds = CA TTC moyen (3-5 ans) × Coefficient sectoriel

Le coefficient sectoriel est exprimé en pourcentage (%) du CA TTC annuel.

Exemple : Pour un commerce de détail alimentaire, le barème varie typiquement de 60% à 100% du CA TTC.

3.2 Analyse préalable du chiffre d'affaires

Avant d'appliquer un barème, une analyse critique du CA s'impose. L'expert doit vérifier :

  • La cohérence du CA avec les déclarations fiscales (TVA, IS/IR)
  • L'évolution du CA sur 3 à 5 ans (tendance haussière, stagnation, déclin)
  • La composition du CA (produits, services, géographie, saisonnalité)
  • L'impact de la stratégie commerciale sur le CA (promotion, fidélisation)
  • L'existence d'éléments exceptionnels (chantiers ponctuels, pandémie, etc.)

3.3 Les barèmes sectoriels au Maroc

En France, l'administration fiscale publie des barèmes de référence. Au Maroc, l'accès à des barèmes officiels demeure limité. Les praticiens s'appuient sur les barèmes français adaptés au contexte local, les transactions comparables de marché, les recommandations de l'Ordre des Experts-Comptables, et les données sectorielles de Bank Al-Maghrib et du HCP.

Secteur d'Activité Barème Min (% CA TTC) Barème Max (% CA TTC)
Commerce alimentaire de détail60%100%
Boulangerie – Pâtisserie70%100%
Café – Restaurant40%80%
Pharmacie50%100%
Coiffure – Esthétique40%80%
Habillement – Mode30%70%
Auto-école60%100%
Activités libérales (médecin, etc.)50%100%
Commerce B2B / Négoce20%50%
Hôtellerie40%80%

Ces barèmes sont donnés à titre indicatif et doivent être ajustés selon les critères qualitatifs propres à chaque fonds.

3.4 Critères d'ajustement du barème

Le coefficient retenu évolue en fonction de la qualité du fonds. Le tableau suivant synthétise les principaux facteurs d'ajustement :

Facteur favorable → Barème élevé Facteur défavorable → Barème bas
Emplacement premium (zone à fort trafic)Emplacement secondaire, faible visibilité
Clientèle fidèle et diversifiéeClientèle concentrée ou liée au dirigeant
Bail longue durée, loyer maîtriséBail précaire ou loyer élevé
Notoriété forte, marque reconnueFonds récent, image peu établie
CA en croissance constanteCA stagnant ou en déclin
Secteur porteur et dynamiqueSecteur en difficulté ou concurrencé
Dépendance faible au dirigeantFonds très dépendant du gérant

4. La Méthode par la Rentabilité (EBE)

4.1 Définition et calcul de l'EBE

L'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) mesure la richesse générée par l'exploitation du fonds, indépendamment de la politique financière, fiscale et des amortissements. C'est l'indicateur de performance économique réelle par excellence.

📊 Calcul de l'EBE — Cascade de l'ESG

Marge Brute sur Ventes en l'État

+ Production de l'Exercice

− Consommations de l'Exercice (achats + autres charges externes)

= VALEUR AJOUTÉE

+ Subventions d'exploitation

− Impôts et taxes

− Charges de personnel (hors rémunération du dirigeant)

= EXCÉDENT BRUT D'EXPLOITATION (EBE)

4.2 Retraitement de la rémunération du dirigeant

Point crucial : la rémunération du chef d'entreprise ne doit pas être incluse dans les charges de personnel pour le calcul de l'EBE d'évaluation. En effet, cette rémunération cessera avec la vente du fonds. L'acquéreur fixera librement sa propre rémunération.

⚠️ Retraitement obligatoire

EBE retraité = EBE comptable + Rémunération nette du dirigeant actuel

Ce retraitement peut avoir un impact considérable sur la valeur finale du fonds. Il est impératif de bien identifier et documenter ce poste lors de la mission d'évaluation.

4.3 Application de la méthode EBE

Une fois l'EBE moyen retraité calculé, on lui applique un coefficient multiplicateur :

🔢 Formule EBE

Valeur du Fonds = EBE moyen retraité (3-5 ans) × Coefficient

Les coefficients usuellement pratiqués varient de 2 à 5 selon la qualité du fonds.

Un fonds premium bien situé avec forte rentabilité peut justifier un coefficient de 5 ou plus.

Qualité du Fonds Coefficient EBE Profil type
Excellent (premium)4 à 6Emplacement de 1er ordre, CA croissant, forte rentabilité
Bon3 à 4Emplacement correct, bonne clientèle, rentabilité stable
Moyen2 à 3Emplacement acceptable, concurrence modérée
Fragile1 à 2Déclin d'activité, bail précaire, dépendance dirigeant forte

5. Les Autres Méthodes d'Évaluation

5.1 Méthode des comparables (approche de marché)

Cette méthode consiste à se référer aux transactions récentes portant sur des fonds de commerce comparables (même secteur, même zone géographique, taille similaire). Elle est particulièrement pertinente dans les marchés avec une base de données de transactions suffisante.

🔍 Application pratique — Sources de comparables au Maroc
  • Agences immobilières spécialisées en cession de fonds
  • Chambres de commerce et d'industrie
  • Réseaux d'experts-comptables et notaires
  • Bases de données transactionnelles des cabinets spécialisés

5.2 Méthode de la marge brute

Cette approche applique un coefficient à la marge brute de l'entreprise plutôt qu'au CA total. Elle est mieux adaptée aux activités à forte valeur ajoutée ou aux négoces avec des marges très variables selon les produits.

5.3 Méthode du droit au bail

Dans certains cas, notamment pour les fonds dont la valeur est principalement portée par l'emplacement et le bail, on procède à une évaluation spécifique du droit au bail. Celle-ci se base sur la différence entre le loyer du marché et le loyer contractuel, capitalisée sur la durée résiduelle du bail.

🔢 Formule du droit au bail

Droit au Bail = (Loyer marché − Loyer contractuel) × Coefficient de capitalisation

Exemple : Loyer marché = 50 000 MAD/mois, loyer contractuel = 30 000 MAD/mois

Économie mensuelle = 20 000 MAD → Droit au bail estimé = 20 000 × 12 × Coefficient

5.4 Méthode du Goodwill

Le Goodwill représente la valeur du sur-profit généré par le fonds par rapport à une rentabilité normale attendue. Cette méthode, plus complexe, est utilisée dans les évaluations d'entreprises et intègre le coût du capital investi.

📐 Formule du Goodwill

GW = (Résultat net retraité − i × Actif net corrigé) × Coefficient d'actualisation

où i = taux de rendement normal des capitaux investis (généralement 5% à 8%)

Cette méthode est davantage utilisée pour l'évaluation globale des entreprises.

5.5 Méthodes Ferbos et Pinoteau

Ces méthodes empiriques, développées par des praticiens français, combinent plusieurs paramètres (CA, marge, emplacement) pour aboutir à une valorisation plus nuancée. Elles sont peu répandues au Maroc mais peuvent servir de contre-vérification utile.

6. Synthèse Comparative des Méthodes

6.1 Tableau comparatif

Méthode Données requises Facilité d'usage Fiabilité Usage au Maroc
Barèmes CACA TTC 3-5 ans⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Très fréquent
EBE / RentabilitéESG 3-5 ans + retraitements⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Fréquent
ComparablesBase données transactions⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Limité
Droit au bailBail + loyers marché⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Parfois
GoodwillActif net + rentabilité⭐⭐⭐⭐⭐⭐Rare
Marge bruteComptes détaillés⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐Occasionnel

6.2 Recommandation — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY : l'approche combinée

La jurisprudence et la doctrine professionnelle recommandent de croiser les méthodes pour aboutir à une valeur vénale robuste. Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY préconise systématiquement l'approche combinée :

🎯 Méthodologie — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY — Approche en 5 étapes
  1. Calcul de la valeur par les barèmes CA (méthode de base)
  2. Calcul de la valeur par l'EBE retraité (méthode de contrôle)
  3. Pondération selon la qualité des données disponibles
  4. Ajustements qualitatifs (bail, emplacement, clientèle, conjoncture)
  5. Fourchette de valeur et valeur centrale recommandée

La valeur retenue = Moyenne pondérée des deux approches principales

7. Critères Qualitatifs d'Ajustement

7.1 L'emplacement : facteur déterminant

L'emplacement est souvent le premier facteur de valeur d'un fonds de commerce. Au Maroc, l'analyse doit porter sur :

  • La localisation (centre-ville, zone commerciale, périphérie, medina)
  • Le flux piétonnier et automobile
  • La visibilité et l'accessibilité du local
  • La présence de commerces moteurs (grande surface, banque, pharmacie)
  • L'évolution du quartier (gentrification, déclin, projets urbains)

7.2 Analyse du bail commercial

Le bail commercial conditionne la pérennité du fonds. L'expert doit examiner :

Élément du bail Impact sur la valeur
Durée résiduelle longue (> 6 ans)Valeur plus élevée
Loyer maîtrisé (< prix de marché)Droit au bail valorisé
Clause de renouvellement favorableSécurité accrue
Bail précaire ou à durée courteDécote significative
Loyer élevé (> prix de marché)Pénalise la valeur
Clause d'indexation plafonnéeFacteur positif

7.3 La clientèle et sa fidélité

La clientèle est l'actif incorporel central du fonds. L'évaluateur doit apprécier :

  • Le taux de fidélisation (clientèle récurrente vs. de passage)
  • La diversification du portefeuille clients (risque de concentration)
  • La dépendance vis-à-vis du dirigeant actuel
  • La notoriété de l'enseigne et la réputation en ligne
  • La présence digitale et le référencement web (Google, réseaux sociaux)

7.4 Facteurs économiques et sectoriels

Au-delà des données internes, l'expert intègre des paramètres macro-économiques :

  • Tendances du secteur (croissance, saturation, disruption digitale)
  • Niveau de concurrence locale
  • Réglementations spécifiques au secteur
  • Contexte économique national (croissance PIB, pouvoir d'achat)
  • Saisonnalité de l'activité

8. Cas Pratiques et Situations Complexes

8.1 EBE négatif ou très faible

Lorsque l'EBE est négatif ou insuffisant pour servir de base de calcul, l'expert adopte une démarche spécifique :

💡 Solution pratique en cas d'EBE négatif
  1. Analyser les causes : charges exceptionnelles, investissements massifs, période de démarrage
  2. Retraiter les charges non récurrentes (provisions, dotations exceptionnelles)
  3. Recalculer un EBE normatif fondé sur un CA potentiel
  4. Privilégier la méthode des barèmes CA comme référence principale
  5. Appliquer une décote sur la valeur obtenue par les barèmes
  6. Justifier toutes les hypothèses retenues dans le rapport d'évaluation

8.2 Activités sans barème sectoriel

Pour les activités innovantes, les nouvelles technologies ou les secteurs non couverts par les barèmes existants, l'expert procède ainsi :

  • Identification d'activités comparables comme proxy
  • Recours exclusif à la méthode EBE
  • Application de la méthode des comparables si des transactions similaires existent
  • Construction d'un barème ad hoc basé sur les marges sectorielles

8.3 Fonds en difficulté

L'évaluation d'un fonds en difficulté requiert des ajustements spécifiques :

Situation Approche recommandée
CA en déclin sur 3 ansBarème bas + décote sur EBE
Procédure collective en coursValeur liquidative ou valeur de cession forcée
Bail expirant dans < 2 ansDécote de 30% à 50% sur la valeur normale
Fonds très dépendant du dirigeantDécote de 20% à 40% selon le degré de dépendance
Contentieux en coursProvision pour risque + rapport juridique requis

9. Le Rapport d'Évaluation : Structure et Exigences

9.1 Contenu du rapport professionnel

Un rapport d'évaluation du fonds de commerce conforme aux standards professionnels doit comprendre :

  1. Présentation de la mission et du mandat : contexte, objet, date de référence de l'évaluation
  2. Description du fonds de commerce évalué : activité, localisation, historique, éléments constitutifs
  3. Analyse de l'environnement : secteur, marché, concurrence, tendances
  4. Analyse financière : CA, EBE, marges, évolution sur 3-5 ans
  5. Application des méthodes d'évaluation : détail des calculs, hypothèses et coefficients retenus
  6. Synthèse et fourchette de valeur : valeur basse, valeur centrale, valeur haute
  7. Conclusion et signature de l'expert : déclarations, réserves éventuelles

9.2 Responsabilité de l'expert évaluateur

L'expert-comptable mandaté pour évaluer un fonds de commerce engage sa responsabilité professionnelle. Il doit :

  • Respecter les normes de l'Ordre des Experts-Comptables au Maroc
  • Maintenir son indépendance et éviter tout conflit d'intérêts
  • Documenter toutes les hypothèses et sources utilisées
  • Exprimer ses conclusions avec le niveau de certitude approprié
  • Mentionner les limitations et réserves éventuelles

10. Checklist Pratique d'Évaluation

Phase 1 — Collecte documentaire

Avant de commencer l'évaluation, s'assurer de disposer de :

  • 3 à 5 derniers bilans et CPC certifiés
  • ESG (États des Soldes de Gestion) sur la même période
  • Déclarations fiscales (IS, TVA, IR le cas échéant)
  • Copie du bail commercial et ses avenants
  • Autorisations et licences d'exploitation
  • Liste des actifs corporels avec état de vétusté
  • Liste du personnel et contrats de travail
  • Contrats fournisseurs importants
  • Informations sur la clientèle (concentration, récurrence)

Phase 2 — Analyse et retraitements

  • Vérification de la cohérence CA/TVA déclarée
  • Retraitement de la rémunération du dirigeant
  • Élimination des charges et produits non récurrents
  • Calcul des moyennes pondérées (CA et EBE)
  • Analyse des ratios (marge brute, charges de personnel/CA)

Phase 3 — Application des méthodes

  • Calcul par barèmes CA (méthode principale)
  • Calcul par EBE retraité (méthode de contrôle)
  • Vérification par comparables si disponibles
  • Ajustements qualitatifs (emplacement, bail, clientèle)
  • Calcul de la fourchette de valeur finale
Règle d'or — Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY

Ne jamais communiquer une valeur unique mais toujours une fourchette.
La valeur d'un fonds de commerce est une estimation professionnelle, non une vérité absolue.
C'est la négociation qui fixera le prix définitif.

11. Questions Fréquentes (FAQ)

? Quelle est la différence entre la valeur et le prix d'un fonds de commerce ?
La valeur est une estimation technique réalisée par un expert sur la base de méthodes professionnelles. Le prix est le résultat d'une négociation entre acheteur et vendeur, qui intègre des facteurs subjectifs (urgence de vente, motivation de l'acheteur, conditions de marché du moment). Le prix peut s'écarter significativement de la valeur estimée.
? Les barèmes fiscaux marocains sont-ils obligatoires ?
Non. Les barèmes publiés par l'administration fiscale n'ont aucune base légale contraignante. Ils servent de référence indicative. L'expert peut s'en écarter s'il dispose d'éléments justifiant une valorisation différente.
? Faut-il inclure le stock dans la valeur du fonds de commerce ?
Non. Le stock de marchandises est valorisé séparément, généralement au prix de revient ou à la valeur nette de réalisation. La cession du fonds et la cession du stock font l'objet d'actes distincts dans la pratique transactionnelle.
? Combien de temps prend une évaluation de fonds de commerce ?
Une évaluation professionnelle réalisée par le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY nécessite généralement 5 à 15 jours ouvrés selon la complexité du dossier, la disponibilité des documents et la taille de l'entreprise. Ce délai permet une analyse rigoureuse et la rédaction d'un rapport complet.
? Peut-on contester une évaluation fiscale du fonds de commerce ?
Oui. En cas de redressement fiscal portant sur la valeur d'un fonds de commerce, l'expertise contradictoire est possible. Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY accompagne ses clients dans les procédures de contestation et de dialogue avec l'administration fiscale, avec constitution d'un dossier d'évaluation opposable.

Conclusion

L'évaluation du fonds de commerce est une discipline exigeante qui associe rigueur analytique, maîtrise des méthodes professionnelles et finesse de jugement. Elle est au cœur des décisions stratégiques des entrepreneurs marocains : cession, acquisition, transmission, financement.

La combinaison des méthodes — barèmes CA et EBE retraité — reste l'approche de référence préconisée par la profession. Elle doit toutefois être enrichie d'une analyse qualitative approfondie du fonds, de son environnement et de sa dynamique sectorielle.

Le Cabinet EL HOUSNY YOUSSEF-CHY, fort de son expertise en évaluation d'entreprises et de fonds de commerce, est à votre disposition pour vous accompagner dans toutes vos missions d'évaluation, de cession, d'acquisition et de conseil stratégique.

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Guide complet : Quelle forme juridique choisir au Maroc

Dans la pratique, les difficultés ne viennent pas seulement du dépôt initial, mais surtout de l'enchaînement entre certificat négatif, statuts, registre du commerce, identifiants fiscaux, CNSS, siège social et ouverture opérationnelle. Cet article propose une lecture cabinet : comprendre l'ordre logique, les pièces attendues, les arbitrages juridiques et les risques de non-conformité afin de réduire les allers-retours et les coûts cachés.

Le paysage marocain s'est enrichi en pratique avec la SAS, tandis que la création électronique s'est généralisée. Le choix de forme juridique ne se résume donc plus à SARL ou SA : il faut désormais raisonner aussi en termes de souplesse statutaire, de transmission, d'investisseurs, de responsabilité et de contraintes de gouvernance.

Les sources officielles de création rappellent que les formalités sont de plus en plus interconnectées. En clair, un mauvais choix juridique ne se corrige pas seulement sur le papier : il se répercute sur les statuts, les pouvoirs, le siège, la fiscalité, les relations bancaires et le coût de mise en conformité.

Cette fiche s'adresse aux créateurs d'entreprise, investisseurs, dirigeants de PME, familles entrepreneuriales, groupes étrangers qui s'implantent au Maroc, ainsi qu'aux professionnels qui doivent arbitrer entre simplicité, sécurité et potentiel de croissance.

1. Le bon choix juridique commence par le projet, pas par le formulaire

La première erreur consiste à choisir une forme juridique parce qu'elle est « courante ». La SARL est très répandue au Maroc, mais ce n'est pas une raison suffisante pour l'adopter systématiquement. Il faut partir de questions concrètes : combien d'associés aujourd'hui et demain ? L'activité nécessite-t-elle des investisseurs ? La gouvernance doit-elle rester simple ou prévoir des droits de veto, des clauses de sortie, plusieurs classes de titres ou des pouvoirs différenciés ? Le projet a-t-il vocation à lever des fonds, à rester familial, à être transmis, ou à servir simplement d'outil d'exploitation locale ?

Une forme sociale correcte est celle qui réduit les frictions futures. Une société peut être parfaitement immatriculée et pourtant mal calibrée : responsabilité mal comprise, entrée d'un associé rendue trop compliquée, gouvernance trop lourde, ou fiscalité indirecte mal anticipée parce que les actes de la vie sociale sont devenus inutilement complexes. Le choix doit donc être fait en croisant cinq critères : responsabilité des associés, gouvernance, circulation des titres ou parts, financement, et coût de conformité.

2. Les principales formes à comparer : SARL, SARL AU, SAS, SA, SNC et succursale

La SARL reste la forme la plus intuitive pour les PME et les activités d'exploitation classiques. Elle protège le patrimoine personnel des associés à hauteur des apports, permet une gestion assez lisible par un ou plusieurs gérants, et convient bien aux structures familiales, commerciales ou de services qui n'ont pas besoin d'ingénierie actionnariale lourde. La SARL AU répond à la même logique pour l'entrepreneur seul qui souhaite isoler son activité dans une personne morale distincte.

La SAS devient pertinente quand la souplesse statutaire est un vrai besoin. Elle convient mieux aux projets où la relation entre associés doit être finement organisée. La SA, quant à elle, correspond davantage aux projets de taille importante, aux montages qui exigent une gouvernance plus institutionnelle ou aux structures appelées à accueillir un actionnariat large. La SNC doit être réservée aux cas où les associés assument une responsabilité indéfinie et solidaire dans un cadre de confiance fort ; ce n'est pas un véhicule neutre. Enfin, la succursale n'est pas une société marocaine autonome : elle prolonge juridiquement une société étrangère, ce qui peut être utile pour garder le contrôle depuis la maison mère, mais expose aussi celle-ci plus directement.

Tableau comparatif des formes juridiques

Forme Responsabilité Gouvernance Usage typique
SARL Limitée aux apports Gérant(s) — simple PME, commerces, services, famille
SARL AU Limitée aux apports Associé unique gérant Entrepreneur seul, isolation du risque
SAS Limitée aux apports Statutairement libre Startups, investisseurs, gouvernance sur mesure
SA Limitée aux apports Conseil d'administration / Directoire Grands projets, actionnariat large, institutionnel
SNC Indéfinie et solidaire Gérant(s) Forte confiance entre associés
Succursale Reportée sur la maison mère Représentant désigné Implantation d'un groupe étranger

Lecture rapide par usage

SARL / SARL AU

Simplicité, exploitation locale, stabilité de l'actionnariat.

SAS

Croissance, investisseurs, gouvernance sur mesure.

SA

Projets plus structurés et institutionnels.

SNC

Très forte confiance entre associés.

Succursale

Implantation d'un groupe étranger sans créer une filiale autonome.

3. Les critères qui font vraiment la différence au quotidien

La responsabilité est le premier filtre. Si les associés veulent protéger leur patrimoine hors faute de gestion ou garanties personnelles, les formes à responsabilité limitée sont généralement privilégiées. Ensuite vient la gouvernance. Une SARL fonctionne bien quand les rôles sont simples ; une SAS ou une SA prennent plus de sens lorsque les pouvoirs doivent être formalisés et partagés. Le troisième critère est la circulation du capital : cession de parts, entrée d'un investisseur, mécanismes d'agrément ou de préemption, opération de levée de fonds, transformation future.

Le quatrième critère est la perception des partenaires. Une banque, un investisseur, un grand donneur d'ordre ou une maison mère étrangère ne lisent pas toutes les structures de la même manière. Le cinquième critère est le coût de conformité. Plus la forme est sophistiquée, plus il faut accepter un niveau supérieur de rédaction, de suivi juridique, de décisions sociales et de contrôle documentaire. Ce coût supplémentaire est utile seulement s'il crée une vraie valeur : fluidité de gouvernance, protection des fondateurs, capacité de financement ou lisibilité pour les tiers.

Cas typiques de choix

Projet familial

Commerce ou services : la SARL reste souvent le meilleur point d'équilibre.

Entrepreneur seul

SARL AU si l'objectif est d'isoler le risque.

Startup

Avec investisseurs et management réparti : la SAS mérite une étude approfondie.

Grande structure

Besoin de gouvernance institutionnelle : la SA s'impose plus naturellement.

Groupe étranger

Qui teste le marché : la succursale peut être pertinente, sous réserve d'une analyse juridique et fiscale.

4. Les erreurs de choix les plus fréquentes

Sous-structurer un projet ambitieux : on choisit une SARL par facilité alors qu'une gouvernance plus souple ou des clauses d'investisseur seront nécessaires très vite.

Sur-structurer une activité simple : la société existe, mais les associés perdent du temps et de l'argent à faire vivre des règles inutiles.

Ignorer la sortie : beaucoup d'associés pensent uniquement à la création et non à la revente, à l'arrivée d'un tiers, au décès, au conflit ou au départ d'un fondateur.

Erreurs documentaires : objet social trop vague ou trop étroit, confusion entre siège et domiciliation, pouvoirs mal définis, incohérence entre statuts et organisation réelle. Ces faiblesses apparaissent au premier litige, à l'ouverture du compte bancaire, à la demande d'un investisseur ou lors d'un contrôle fiscal.

5. La bonne méthode pour arbitrer avant de créer

Avant toute immatriculation, il est utile de tenir une séance de cadrage très concrète avec les fondateurs : qui apporte quoi, qui décide quoi, qui exploite l'activité, qui finance, qui peut vendre, qui veut rester majoritaire, quel est le scénario si un associé sort, et quel sera le besoin de financement à douze ou vingt-quatre mois. À partir de là, on peut rédiger une matrice de choix simple et éliminer les formes qui ne conviennent pas.

Une fois la forme arrêtée, il faut faire suivre immédiatement les actes. La qualité du choix dépend aussi de la qualité d'exécution : statuts cohérents, siège justifié, pouvoirs alignés, calendrier de création maîtrisé, fiscalité de démarrage anticipée, comptabilité et facturation préparées. Le bon choix juridique n'est pas uniquement un débat théorique : c'est une séquence de conformité.

Risques en cas de non-conformité

Les principaux risques sont le rejet ou la suspension d'un dossier, la non-cohérence entre statuts et exploitation réelle, l'oubli d'une formalité post-création, la sous-estimation des coûts, ou encore le démarrage d'activité avec un cadre contractuel et fiscal mal calibré.

Plan d'action recommandé

  • 1Cartographier l'activité réelle, les associés, la gouvernance et l'horizon de croissance avant de choisir la forme juridique.
  • 2Préparer un dossier unique et cohérent : identité, adresse, activité, capital, pouvoirs, justificatifs et calendrier.
  • 3Sécuriser les statuts et les actes annexes avant dépôt pour éviter de corriger après immatriculation.
  • 4Planifier les formalités post-création dès l'amont : fiscalité, CNSS, contrats, facturation, comptabilité et compte bancaire.
  • 5Mettre en place un suivi cabinet de bout en bout avec contrôle documentaire et jalons.
  • 6Matérialiser un dossier permanent : actes et contrats utiles, pièces justificatives structurantes, schéma des flux, options retenues, liste des échéances et contrôles clés.

Notre lecture cabinet est simple : une création d'entreprise ne doit pas être traitée comme une simple démarche administrative. C'est le point de départ d'une architecture juridique, comptable, fiscale et sociale. Plus le cadrage initial est précis, moins l'entreprise subira de coûts de correction ensuite.

Questions fréquentes

Non. Elle est souvent la plus pratique pour une PME classique, mais elle n'est pas toujours adaptée à un projet avec investisseurs, droits différenciés ou gouvernance complexe.
La différence majeure tient à la liberté statutaire. La SAS permet de construire une gouvernance plus personnalisée, alors que la SARL reste plus standardisée.
La succursale peut être pertinente lorsqu'une société étrangère veut s'implanter au Maroc sans créer une entité autonome séparée. Il faut toutefois mesurer les effets juridiques, fiscaux et opérationnels de cette exposition directe.
Oui, mais elle convient à des situations particulières marquées par une forte confiance entre associés, car la responsabilité y est beaucoup plus lourde que dans une SARL ou une SAS.
Oui, mais la transformation a un coût documentaire, fiscal, juridique et parfois relationnel. Mieux vaut choisir la structure qui accompagnera raisonnablement la croissance du projet.

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Guide Directives_OEC MAROC _Delais_Paiement_Loi 69-21

Partie I — Commissaire aux Comptes

CA ≥ 50 MMAD

Directive approuvée : 6 octobre 2023

Déclaration : Trimestrielle

Partie II — Expert-Comptable

CA < 50 MMAD

Directive approuvée : 11 mars 2025

Déclaration : Annuelle (2024–2025) puis trimestrielle (à partir de 2026)

Partie I — Commissaire aux Comptes (CA ≥ 50 MMAD)

Directive relative aux diligences du Commissaire aux Comptes — Appliquer pour les entités réalisant un chiffre d'affaires égal ou supérieur à 50 MMAD

Directive OEC approuvée le 6 octobre 2023

Introduction

1. La présente directive a pour objet de définir les principes fondamentaux et leurs modalités d'application relatifs au rôle, aux conditions d'intervention et aux diligences du commissaire aux comptes à qui il est demandé, conformément aux dispositions de la Loi 69-21, d'émettre un visa sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents.

2. A cet effet, et conformément aux dispositions de ladite loi, la mission est assurée par le(s) commissaire(s) aux comptes de l'entité en exercice, lorsqu'il s'agit d'une entité réalisant un chiffre d'affaires égal ou supérieur à MMAD 50.

Par ailleurs, pour les entités spécifiques réalisant un chiffre d'affaires égal ou supérieur à MMAD 50 et n'ayant pas un commissaire aux comptes (établissements publics, succursales, etc.), la mission est réalisée par l'auditeur externe en exercice (commissaire aux comptes dans la suite de la présente directive).

3. Cette intervention ponctuelle requiert du ou des commissaire(s) aux comptes une obligation de moyens, c'est-à-dire, la mise en œuvre des diligences requises en vue de délivrer son/leur visa.

Elle requiert également des délais minimums afin que le commissaire aux comptes puisse mettre en œuvre ses diligences en application des exigences et normes professionnelles. Le commissaire aux comptes doit à ce titre, et en fonction de la taille et des spécificités de l'entité et compte tenu de la date limite de dépôt de la déclaration, convenir avec les dirigeants de l'entité de délais appropriés de remise de la déclaration et des pièces justificatives correspondantes.

Ces délais devront être précisés dans la lettre de mission et ne pourront être inférieurs à quinze jours de la date limite de dépôt de la déclaration.

4. La déclaration et l'état joint sont établis sous la responsabilité de la direction de l'entité qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité.

5. Cette mission a pour but, sur la base des diligences citées ci-dessous, de délivrer un visa de concordance conformément aux dispositions prévues par la loi 69-21.

Le visa, auquel est annexé l'état joint à la déclaration signé par la direction de l'entité, est délivré :

  • Soit sans observations,
  • Soit avec observations motivant la/les discordance(s) relevée(s),
  • Soit avec impossibilité de conclure sur la concordance lorsque l'étendue des observations le justifie.

Attitude professionnelle du commissaire aux comptes

6. Dans le cadre de la réalisation de cette mission, le Commissaire aux comptes doit se référer aux principes fondamentaux prévus par le Code des devoirs professionnels adopté par le décret n°2.18.254 et publié au Bulletin officiel n°6844 du 2 janvier 2020.

7. Le visa de concordance est délivré par le commissaire aux comptes dans le respect des dispositions légales et réglementaires, des normes professionnelles ainsi que des dispositions de la présente directive.

8. La réalisation de cette mission reste subordonnée à la disponibilité de toutes les pièces justificatives requises, documentant les informations figurant dans l'état joint à la déclaration, bases de contrôle du professionnel.

9. Cette intervention constitue une mission connexe instituée par la Loi. Elle doit faire l'objet d'une lettre de mission séparée précisant l'objectif de la mission, les responsabilités respectives et les modalités d'intervention. Un modèle de lettre de mission est présenté en annexe.

Diligences

10. Le Commissaire aux comptes doit prendre connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet.

11. Le commissaire aux comptes doit mener les diligences qu'il estime nécessaires selon son jugement professionnel, notamment s'entretenir avec la direction de l'entité, s'appuyer sur la connaissance qu'il a ou qu'il devra avoir de l'entité et s'enquérir de toutes les informations nécessaires pouvant impacter éventuellement ses conclusions.

12. Le commissaire aux comptes doit également prendre connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) afin d'organiser et de planifier sa mission.

13. Conformément aux dispositions de la loi 69-21, le commissaire aux comptes doit vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et les justificatifs correspondants.

14. Par conséquent, il n'appartient pas au commissaire aux comptes de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

15. Le commissaire aux comptes doit vérifier la concordance des informations ci-dessous avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) :

  • Identifiant fiscal du fournisseur + ICE
  • Numéro de Registre de commerce du fournisseur
  • Adresse du Siège social, domicile fiscal ou principal établissement
  • Numéro de la facture
  • Date d'émission de la facture
  • Nature de la marchandise
  • Date de livraison
  • Date de constatation
  • Date prévue de paiement
  • Date convenue de paiement de la facture
  • Délai prévu pour le paiement selon le délai fixé par le secteur
  • Date prévue pour le paiement de la facture selon le délai fixé
  • Montant de la facture
  • Montant non encore payé de la facture
  • Montant payé partiellement ou totalement hors délai
  • Date du paiement total ou partiel hors délai
  • Montant objet du litige soumis à la justice
  • Date de recours judiciaire
  • Montant dû après jugement
  • Date de jugement définitif
  • Mode de paiement
  • Références de paiement

16. Le commissaire aux comptes doit mener ses travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue de lui permettre d'effectuer ses travaux de vérification de concordance dans les meilleures conditions. Cet échantillon pourra varier en fonction de la taille et des spécificités de l'entité, du volume de factures non payées dans les délais, de la connaissance que le commissaire aux comptes a de l'environnement de l'entité, de son système d'information et de son dispositif de contrôle interne.

Cet échantillon est déterminé suivant le jugement professionnel du commissaire aux comptes. Toutefois, face à une volumétrie importante de factures déclarées non payées dans les délais, il doit s'assurer que la constitution de son échantillon combine aussi bien une approche statistique pure qu'une approche basée sur le jugement professionnel :

Volume Faible Moyen Élevé — Approche statistique Élevé — Jugement professionnel
Échantillon à tester Tests étendus Échantillon représentatif : taux de couverture important Sélection des éléments clés : factures dont le montant dépasse un seuil déterminé par le CAC

+ Échantillon aléatoire : XX% des factures restantes avec minimum X et maximum Y (à déterminer par le CAC)
Sélection de factures additionnelles selon le jugement professionnel (connaissance entité, SI, risques)

17. Si le commissaire aux comptes a connaissance de faits ou de situations dans le cadre de son mandat d'audit légal pouvant impacter les conclusions de son visa, il doit en apprécier les conséquences.

18. Le commissaire aux comptes doit veiller à la matérialisation de ses travaux au moyen de la constitution d'un dossier comportant les travaux réalisés, les sondages effectués et les pièces ayant servi à la documentation de la/des discordance(s) relevée(s).

19. A l'issue de ses travaux, il formule son visa de concordance en fonction de ses conclusions selon les modèles ci-joints.

Rabat, le 6 Octobre 2023
Le Conseil National de l'Ordre des Experts-Comptables

Annexe 1 Modèles de visas — Commissaire aux Comptes (CA ≥ 50 MMAD)

Variante 1 — Sans observations

Visa CAC — Variante 1 : Sans observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Commissaire aux Comptes(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

En notre qualité de commissaire(s) aux comptes de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée le 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, nous n'avons pas d'observations sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Variante 2 — Avec observations

Visa CAC — Variante 2 : Avec observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Commissaire aux Comptes(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

En notre qualité de commissaire(s) aux comptes de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée le 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA, appelle de notre part les observations suivantes :

... A préciser.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Variante 3 — Impossibilité de conclure

Visa CAC — Variante 3 : Impossibilité de conclure
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Commissaire aux Comptes(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

En notre qualité de commissaire(s) aux comptes de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée le 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Impossibilité de conclure :

En raison de [à préciser], nous ne sommes pas en mesure de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Préciser les situations/points qui ne permettent pas de vérifier la concordance.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Variante 4 — Pas de retards de paiement déclarés

Visa Commissaire aux Comptes — Variante 4 : Pas de retards de paiement déclarés
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

En notre qualité de Commissaire aux Comptes(s) de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons pour mission de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Nous attirons votre attention que ledit état ne fait ressortir aucune facture non payée totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables approuvée en date du 06 octobre 2023.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous n'avons pas d'observations à formuler.

Ou,

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous avons les observations suivantes :

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux Comptes — Dénomination du signataire

Annexe 2 Modèle de lettre de mission — Commissaire aux Comptes (CA ≥ 50 MMAD)

Lettre de mission — Commissaire aux Comptes

AAA — [Adresse] — Maroc

A l'attention de Monsieur ................ — Directeur Général
A ......................, le ....................................

Objet : Lettre de mission relative à l'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents au titre de l'année XXXX.

Monsieur le Directeur Général,

Nous vous confirmons par la présente les termes et les conditions de mise en œuvre de notre mission d'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle à établir par votre entité, avec les factures non payées dans les délais, prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, ainsi que les documents y afférents.

En tant que Commissaire aux comptes chargé de délivrer le visa relatif à la déclaration sur les délais de paiement, conformément aux dispositions de l'article 4-78 de la loi n° 69-21, nous mettrons en œuvre nos diligences, qui ne constituent ni un audit, ni un examen limité, selon les normes de la Profession au Maroc.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient, à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins.

I. Nos travaux

Notre mission portera sur les travaux suivants :

  • La réalisation des entretiens nécessaires ainsi que la prise de connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) ;
  • La vérification par sondages, de la concordance de toutes les informations prévues par la loi 69-21, telles que devant ressortir dans la déclaration trimestrielle avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) ;
  • L'accomplissement des diligences nécessaires en cas d'absence de factures impayées totalement ou partiellement dans les délais et notamment de nous entretenir avec la direction de l'entité, en nous appuyant sur la connaissance que nous avons de celle-ci et d'examiner toutes les informations jugées nécessaires pouvant impacter éventuellement nos conclusions.

Il est entendu qu'il ne nous appartient pas de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées totalement ou partiellement dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, et ne figurant pas dans l'état préparé par votre entité.

II. Responsabilité de la Direction

Votre entité doit veiller, sous sa responsabilité, à :

  • La mise en place de tous les systèmes et procédures nécessaires, pour s'assurer de la mise en conformité de votre système de gestion/comptable, par rapport aux exigences de la loi 69.21 relatives aux délais de paiement ;
  • L'établissement de la déclaration ainsi que de son annexe prévue à l'article 4.78 de la loi 69-21, comportant de manière exhaustive, sincère et exacte toutes les données et informations prévues par ladite loi ;
  • La mise à notre disposition de toutes les factures non payées dans les délais, des pièces justificatives y afférentes ainsi que tous autres documents ou informations jugés nécessaires au plus tard quinze jours avant la date limite de dépôt de la déclaration ;
  • La mise à notre disposition de la déclaration à déposer par vos soins dans les délais légaux, dûment signée et cachetée par votre entité et qui sera annexée à notre visa.
III. Responsabilité du Commissaire aux comptes

Nous avons pour mission de contrôler la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus, conformément à la directive de l'ordre des experts comptables et notamment, nous assurer de :

  • La prise de connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet ;
  • La vérification de la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et des justificatifs correspondants ;
  • La mise en œuvre de nos travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue d'effectuer les vérifications requises ;
  • La mise à la disposition de votre entité de notre visa auquel est annexé la déclaration établie et signée par votre entité, pour dépôt par vos soins.
IV. Nos Honoraires

Nos honoraires sont déterminés en fonction du temps passé, du niveau de responsabilité et de la qualification professionnelle des collaborateurs affectés à la mission.

Sur la base de ces critères, nos honoraires pour l'émission du visa de concordance au titre de chaque trimestre, s'élèvent à ..... MAD hors taxes et débours.

Cette estimation d'honoraires repose sur des conditions de déroulement normal de notre mission et sur une assistance active de vos services. Au cas où nous rencontrerions des problèmes particuliers en cours de mission, nous vous en informerons sans délais et serons amenés, le cas échéant, à réviser cette estimation.

Nous vous saurions gré d'accuser réception de cette lettre et de confirmer par écrit votre acceptation des termes et conditions de notre mission en nous retournant un exemplaire de cette lettre revêtu de votre signature avec la mention « bon pour accord ».

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de nos sentiments distingués.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Commissaire aux comptes

Bon pour accord, pour le compte de la société ................ — M................. Directeur Général

Partie II — Expert-Comptable (CA < 50 MMAD)

Directive relative aux diligences de l'Expert-Comptable — Appliquer pour les entités réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 50 MMAD et supérieur à 2 MMAD

Directive OEC approuvée le 11 mars 2025

Introduction

1. La présente directive a pour objet de définir les principes fondamentaux et leurs modalités d'application relatifs au rôle, aux conditions d'intervention et aux diligences de l'Expert-Comptable à qui il est demandé, conformément aux dispositions de la Loi 69-21, d'émettre un visa sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle/trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents.

2. A cet effet, et conformément aux dispositions de ladite loi, la mission est assurée par l'Expert-Comptable désigné par l'entité, lorsqu'il s'agit d'une entité réalisant un chiffre d'affaires inférieur à MMAD 50 et supérieur à MMAD 2.

Par ailleurs, pour les entités réalisant un chiffre d'affaires inférieur à MMAD 50 et ayant un Commissaire aux Comptes, il est recommandé que la mission soit réalisée par ce dernier conformément à la directive de l'OEC du 6 octobre 2023.

3. Cette intervention ponctuelle requiert de l'Expert-Comptable une obligation de moyens, c'est-à-dire, la mise en œuvre des diligences requises en vue de délivrer son visa.

Elle requiert également des délais minimums afin que l'Expert-Comptable puisse mettre en œuvre ses diligences en application des exigences et normes professionnelles. L'Expert-Comptable doit à ce titre, et en fonction de la taille et des spécificités de l'entité et compte tenu de la date limite de dépôt de la déclaration, convenir avec les dirigeants de l'entité des délais appropriés de remise de la déclaration et des pièces justificatives correspondantes.

Ces délais devront être précisés dans la lettre de mission et ne pourront être inférieurs à trente jours de la date limite de dépôt de la déclaration annuelle et à quinze jours de la date limite de dépôt de la déclaration trimestrielle.

4. La déclaration et l'état joint sont établis par et sous la responsabilité de la direction de l'entité qui doit s'assurer de leur exhaustivité et sincérité.

5. Cette mission a pour but, sur la base des diligences citées ci-dessous, de délivrer un visa de concordance conformément aux dispositions prévues par la loi 69-21.

Le visa, auquel est annexé l'état joint à la déclaration, signée par la direction de l'entité, est délivré :

  • Soit sans observations,
  • Soit avec observations motivant la/les discordance(s) relevée(s),
  • Soit avec impossibilité de conclure sur la concordance lorsque l'étendue des observations le justifie.

Attitude professionnelle de l'Expert-Comptable

6. Dans le cadre de la réalisation de cette mission, l'Expert-Comptable doit se référer aux principes fondamentaux prévus par le Code des devoirs professionnels adopté par le décret n°2.18.254 et publié au Bulletin officiel n°6844 du 2 janvier 2020.

7. Le visa de concordance est délivré par l'Expert-Comptable dans le respect des dispositions légales et réglementaires, des normes professionnelles ainsi que des dispositions de la présente directive.

8. La réalisation de cette mission reste subordonnée à la disponibilité de toutes les pièces justificatives requises, documentant les informations figurant dans l'état joint à la déclaration, bases de contrôle du professionnel.

9. Cette intervention constitue une mission distincte des missions dont l'Expert-Comptable désigné par l'entité, est chargé de réaliser au profit de cette dernière. Elle doit faire l'objet d'une lettre de mission séparée précisant l'objectif de la mission, les responsabilités respectives et les modalités d'intervention. Un modèle de lettre de mission est présenté en annexe.

Diligences

10. L'Expert-Comptable doit prendre connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet.

11. L'Expert-Comptable doit mener les diligences qu'il estime nécessaires selon son jugement professionnel, notamment s'entretenir avec la direction de l'entité, s'appuyer sur la connaissance qu'il a ou qu'il devra avoir de l'entité et s'enquérir de toutes les informations nécessaires pouvant impacter éventuellement ses conclusions.

12. L'Expert-Comptable doit également prendre connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) afin d'organiser et de planifier sa mission.

13. Conformément aux dispositions de la loi 69-21, l'Expert-Comptable doit vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle/annuelle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et les justificatifs correspondants.

14. Par conséquent, il n'appartient pas à l'Expert-Comptable de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

15. L'Expert-Comptable doit vérifier la concordance des informations ci-dessous avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) :

  • Identifiant fiscal du fournisseur + ICE
  • Numéro de Registre de commerce du fournisseur
  • Adresse du Siège social, domicile fiscal ou principal établissement
  • Numéro de la facture
  • Date d'émission de la facture
  • Nature de la marchandise
  • Date de livraison
  • Date de constatation
  • Date prévue de paiement
  • Date convenue de paiement de la facture
  • Délai prévu pour le paiement selon le délai fixé par le secteur
  • Date prévue pour le paiement de la facture selon le délai fixé
  • Montant de la facture
  • Montant non encore payé de la facture
  • Montant payé partiellement ou totalement hors délai
  • Date du paiement total ou partiel hors délai
  • Montant objet du litige soumis à la justice
  • Date de recours judiciaire
  • Montant dû après jugement
  • Date de jugement définitif
  • Mode de paiement
  • Références de paiement

16. L'Expert-Comptable doit mener ses travaux, dont il détermine l'étendue, suivant son jugement professionnel. Il peut avoir recours à la réalisation de ses travaux par sondages, le cas échéant, sur la base d'un échantillon représentatif lui permettant d'effectuer ses travaux de vérification de concordance dans les meilleures conditions. Cet échantillon pourra varier en fonction de la taille et des spécificités de l'entité, du volume de factures non payées dans les délais, de la connaissance qu'il a ou qu'il doit avoir de l'environnement de l'entité, de son système d'information et de son dispositif de contrôle interne.

17. L'Expert-Comptable doit veiller à la matérialisation de ses travaux au moyen de la constitution d'un dossier comportant les travaux réalisés, les sondages effectués et les pièces ayant servi à la documentation des discordances relevées.

18. A l'issue de ses travaux, il formule son visa de concordance en fonction de ses conclusions selon les modèles ci-après.

Rabat, le 11 Mars 2025
Faïçal Mekouar — Président du Conseil National

Annexe 1 Modèles de visas — Expert-Comptable (CA < 50 MMAD)

Variante 1 — Sans observations

Visa EC — Variante 1 : Sans observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Exercice/Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Expert-Comptable(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

Conformément aux dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, nous n'avons pas d'observations sur la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Variante 2 — Avec observations

Visa EC — Variante 2 : Avec observations
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Exercice/Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Expert-Comptable(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

Conformément aux dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base de nos travaux, la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA, appelle de notre part les observations suivantes :

... A préciser.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Variante 3 — Impossibilité de conclure

Visa EC — Variante 3 : Impossibilité de conclure
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Exercice/Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

Visa du (des) Expert-Comptable(s) relatif à la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, prévu par la loi 69-21 relative aux délais de paiement modifiant les dispositions de la loi 15-95 relative au code de commerce.

Conformément aux dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons vérifié la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA. Ledit état, ci-joint, fait ressortir un montant total de ........ Dirhams de factures non payées totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité. Il nous appartient de vérifier la concordance de ces informations avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Impossibilité de conclure :

En raison de [à préciser], nous ne sommes pas en mesure de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration relative aux délais de paiement préparée par votre société avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 au titre de l'année/la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Préciser les situations/points qui ne permettent pas de vérifier la concordance.

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Variante 4 — Pas de retards de paiement déclarés

Visa Expert-Comptable — Variante 4 : Pas de retards de paiement déclarés
A l'attention de :M. (représentant légal de l'entité)
Entité (Société) :AAA
Adresse :...
Période :du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA

En notre qualité de Expert-Comptable(s) de l'entité (la société) AAA et en application des dispositions de la loi 69-21 relative aux délais de paiement, nous avons pour mission de vérifier la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 de l'entité (la société) AAA au titre de la période du JJ/MM/AAAA au JJ/MM/AAAA.

Nous attirons votre attention que ledit état ne fait ressortir aucune facture non payée totalement ou partiellement dans lesdits délais.

Ces informations ont été établies sous la responsabilité de la direction de l'entité (la société) AAA qui doit s'assurer de leur exhaustivité et de leur sincérité.

Notre intervention qui porte sur le contrôle de concordance, par sondages, d'informations documentaires et de gestion, ne constitue ni un audit, ni un examen limité. Elle a été effectuée selon la Directive de l'Ordre des Experts-Comptables, approuvée par son Conseil National de 10 mars 2025.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins en application de la loi 69-21.


Conclusion :

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous n'avons pas d'observations à formuler.

Ou,

Sur la base des diligences mises en œuvre et que nous avons estimées nécessaires conformément à la Directive susci­tée, nous avons les observations suivantes :

Notre visa n'a pour seul objectif que celui indiqué dans le premier paragraphe ci-dessus et est réservé à votre propre usage dans le cadre de la loi 69-21. Il ne peut être utilisé à d'autres fins, ni être communiqué à d'autres parties.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable — Dénomination du signataire

Annexe 2 Modèles de lettres de mission — Expert-Comptable (CA < 50 MMAD)

Modèle A — Déclaration annuelle (2024 et 2025)

Lettre de mission — Expert-Comptable — Modèle A : Déclaration annuelle (2024 et 2025)

AAA — [Adresse] — Maroc

A l'attention de Monsieur ................ — Directeur Général
A ......................, le ....................................

Objet : Lettre de mission relative à l'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents au titre de l'année 2024/2025.

Monsieur le Directeur Général,

Nous vous confirmons par la présente les termes et les conditions de mise en œuvre de notre mission d'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle à établir par votre entité, avec les factures non payées dans les délais, prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, ainsi que les documents y afférents.

En tant que Expert-Comptable chargé de délivrer le visa relatif à la déclaration sur les délais de paiement, conformément aux dispositions de l'article 4-78 de la loi n° 69-21, nous mettrons en œuvre nos diligences, qui ne constituent ni un audit, ni un examen limité, selon les normes de la Profession au Maroc.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient, à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins.

I. Nos travaux

Notre mission portera sur les travaux suivants :

  • La réalisation des entretiens nécessaires ainsi que la prise de connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) ;
  • La vérification par sondages, de la concordance de toutes les informations prévues par la loi 69-21, telles que devant ressortir dans la déclaration annuelle avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) ;
  • L'accomplissement des diligences nécessaires en cas d'absence de factures impayées totalement ou partiellement dans les délais et notamment de nous entretenir avec la direction de l'entité, en nous appuyant sur la connaissance que nous avons de celle-ci (ou de prendre connaissance de celle-ci et de son système comptable et d'information (en cas de nouveau dossier)) et d'examiner toutes les informations jugées nécessaires pouvant impacter éventuellement nos conclusions.

Il est entendu qu'il ne nous appartient pas de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées totalement ou partiellement dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, et ne figurant pas dans l'état préparé par votre entité.

II. Responsabilité de la Direction

Votre entité doit veiller, sous sa responsabilité, à :

  • La mise en place de tous les systèmes et procédures nécessaires, pour s'assurer de la mise en conformité de votre système de gestion/comptable, par rapport aux exigences de la loi 69.21 relatives aux délais de paiement ;
  • L'établissement de la déclaration ainsi que de son annexe prévue à l'article 4.78 de la loi 69-21, comportant de manière exhaustive, sincère et exacte toutes les données et informations prévues par ladite loi ;
  • La mise à notre disposition de toutes les factures non payées dans les délais, des pièces justificatives y afférentes ainsi que tous autres documents ou informations jugés nécessaires au plus tard trente jours avant la date limite de dépôt de la déclaration ;
  • La mise à notre disposition de la déclaration à déposer par vos soins dans les délais légaux, dûment signée et cachetée par votre entité et qui sera annexée à notre visa.
III. Responsabilité du Expert-Comptable

Nous avons pour mission de contrôler la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus, conformément à la directive de l'ordre des experts comptables et notamment, nous assurer de :

  • La prise de connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet ;
  • La vérification de la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration annuelle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et des justificatifs correspondants ;
  • La mise en œuvre de nos travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue d'effectuer les vérifications requises ;
  • La mise à la disposition de votre entité de notre visa auquel est annexé la déclaration établie et signée par votre entité, pour dépôt par vos soins.
IV. Nos Honoraires

Nos honoraires sont déterminés en fonction du temps passé, du niveau de responsabilité et de la qualification professionnelle des collaborateurs affectés à la mission.

Sur la base de ces critères, nos honoraires pour l'émission du visa de concordance au titre de l'année 2024/2025, s'élèvent à ………………. MAD hors taxes et débours par année.

Cette estimation d'honoraires repose sur des conditions de déroulement normal de notre mission et sur une assistance active de vos services. Au cas où nous rencontrerions des problèmes particuliers en cours de mission, nous vous en informerons sans délais et serons amenés, le cas échéant, à réviser cette estimation.

Nous vous saurions gré d'accuser réception de cette lettre et de confirmer par écrit votre acceptation des termes et conditions de notre mission en nous retournant un exemplaire de cette lettre revêtu de votre signature avec la mention « bon pour accord ».

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de nos sentiments distingués.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable

Bon pour accord, pour le compte de la société ................ — M................. Directeur Général

Modèle B — Déclarations trimestrielles (à partir de 2026)

Lettre de mission — Expert-Comptable — Modèle B : Déclarations trimestrielles (à partir de 2026)

AAA — [Adresse] — Maroc

A l'attention de Monsieur ................ — Directeur Général
A ......................, le ....................................

Objet : Lettre de mission relative à l'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 ainsi que les documents justificatifs y afférents au titre de l'année XXXX.

Monsieur le Directeur Général,

Nous vous confirmons par la présente les termes et les conditions de mise en œuvre de notre mission d'émission d'un visa de concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle à établir par votre entité, avec les factures non payées dans les délais, prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, ainsi que les documents y afférents.

En tant que Expert-Comptable chargé de délivrer le visa relatif à la déclaration sur les délais de paiement, conformément aux dispositions de l'article 4-78 de la loi n° 69-21, nous mettrons en œuvre nos diligences, qui ne constituent ni un audit, ni un examen limité, selon les normes de la Profession au Maroc.

Nos travaux ne sont pas destinés à remplacer les diligences qu'il appartient, à l'Administration, ayant eu communication de ce visa, de mettre en œuvre au regard de ses propres besoins.

I. Nos travaux

Notre mission portera sur les travaux suivants :

  • La réalisation des entretiens nécessaires ainsi que la prise de connaissance des modalités d'élaboration de la déclaration (extraction/requêtes informatiques, systèmes et paramétrages spécifiques, traitements manuels, ...) ;
  • La vérification par sondages, de la concordance de toutes les informations prévues par la loi 69-21, telles que devant ressortir dans la déclaration trimestrielle avec celles figurant sur les factures non payées dans les délais ainsi que les justificatifs y afférents (bons de réception/livraison, contrats, bons de commande, justificatifs de règlements (partiels ou totaux), dossiers juridiques (pour les factures objet de litige soumis à la justice)) ;
  • L'accomplissement des diligences nécessaires en cas d'absence de factures impayées totalement ou partiellement dans les délais et notamment de nous entretenir avec la direction de l'entité, en nous appuyant sur la connaissance que nous avons de celle-ci (ou de prendre connaissance de celle-ci et de son système comptable et d'information (en cas de nouveau dossier)) et d'examiner toutes les informations jugées nécessaires pouvant impacter éventuellement nos conclusions.

Il est entendu qu'il ne nous appartient pas de rechercher l'existence d'éventuelles autres factures non payées totalement ou partiellement dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21, et ne figurant pas dans l'état préparé par votre entité.

II. Responsabilité de la Direction

Votre entité doit veiller, sous sa responsabilité, à :

  • La mise en place de tous les systèmes et procédures nécessaires, pour s'assurer de la mise en conformité de votre système de gestion/comptable, par rapport aux exigences de la loi 69.21 relatives aux délais de paiement ;
  • L'établissement de la déclaration ainsi que de son annexe prévue à l'article 4.78 de la loi 69-21, comportant de manière exhaustive, sincère et exacte toutes les données et informations prévues par ladite loi ;
  • La mise à notre disposition de toutes les factures non payées dans les délais, des pièces justificatives y afférentes ainsi que tous autres documents ou informations jugés nécessaires au plus tard quinze jours avant la date limite de dépôt de la déclaration ;
  • La mise à notre disposition de la déclaration à déposer par vos soins dans les délais légaux, dûment signée et cachetée par votre entité et qui sera annexée à notre visa.
III. Responsabilité du Expert-Comptable

Nous avons pour mission de contrôler la concordance des informations, figurant dans l'état joint à la déclaration des délais de paiement, avec les justificatifs des informations figurant sur les factures non payées dans les délais prévus, conformément à la directive de l'ordre des experts comptables et notamment, nous assurer de :

  • La prise de connaissance de toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux délais de paiement ainsi que de toute communication de l'Ordre des Experts-Comptables à cet effet ;
  • La vérification de la concordance des informations figurant dans l'état joint à la déclaration trimestrielle des délais de paiement, avec les factures non payées dans les délais prévus à l'article 2.78 de la loi 69-21 et des justificatifs correspondants ;
  • La mise en œuvre de nos travaux, par sondages, sur la base d'un échantillon représentatif en vue d'effectuer les vérifications requises ;
  • La mise à la disposition de votre entité de notre visa auquel est annexé la déclaration établie et signée par votre entité, pour dépôt par vos soins.
IV. Nos Honoraires

Nos honoraires sont déterminés en fonction du temps passé, du niveau de responsabilité et de la qualification professionnelle des collaborateurs affectés à la mission.

Sur la base de ces critères, nos honoraires pour l'émission du visa de concordance au titre de chaque trimestre, s'élèvent à ..... MAD hors taxes et débours.

Cette estimation d'honoraires repose sur des conditions de déroulement normal de notre mission et sur une assistance active de vos services. Au cas où nous rencontrerions des problèmes particuliers en cours de mission, nous vous en informerons sans délais et serons amenés, le cas échéant, à réviser cette estimation.

Nous vous saurions gré d'accuser réception de cette lettre et de confirmer par écrit votre acceptation des termes et conditions de notre mission en nous retournant un exemplaire de cette lettre revêtu de votre signature avec la mention « bon pour accord ».

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de nos sentiments distingués.

Lieu, date
_______________________
Cachet et Signature
_______________________

Expert-Comptable

Bon pour accord, pour le compte de la société ................ — M................. Directeur Général

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Les délais de paiement – Loi N° 69-21-Délais de Paiement au Maroc : Obligations, Amendes et Déclarations

1. Contexte et enjeux de la réforme

La loi n° 69-21, publiée au Bulletin Officiel n° 7204 du 15 juin 2023, constitue une réforme structurelle majeure du droit commercial marocain. Elle modifie en profondeur les dispositions du Chapitre III du Titre IV du Livre Premier de la loi n° 15-95 formant Code de Commerce, en y introduisant un mécanisme inédit de sanction pécuniaire au profit du Trésor pour tout dépassement des délais légaux de règlement entre commerçants.

Cette réforme s'inscrit dans une volonté claire du législateur d'assainir les pratiques de trésorerie inter-entreprises, d'améliorer le climat des affaires et de protéger les fournisseurs — notamment les PME — contre les pratiques abusives de retard de paiement. Sa gestion opérationnelle a été confiée à la Direction Générale des Impôts (DGI).

Les trois piliers de la réforme sont :

  • La mise en place d'amendes pécuniaires au profit du Trésor (et non plus du fournisseur) pour tout retard de paiement ;
  • L'instauration d'une obligation de déclaration périodique électronique auprès de la DGI ;
  • L'application progressive du dispositif selon le chiffre d'affaires de l'entreprise, avec des mesures transitoires pour les exercices 2024 et 2025.
📌 NB Fiscal L'amende pécuniaire n'est pas déductible du résultat fiscal, conformément aux dispositions de l'article 11-I du Code Général des Impôts (CGI). Cette non-déductibilité renforce l'effet dissuasif de la sanction.

2. Champ d'application du dispositif

2.1 Personnes concernées

En application de l'article 78-1 de la loi n° 15-95, le dispositif s'applique à toute transaction commerciale entre commerçants. Sont ainsi visés :

  • Les commerçants disposant d'un siège social, d'un domicile fiscal ou d'un établissement stable au Maroc ;
  • Les personnes de droit privé délégataires de la gestion d'un service public ;
  • Les établissements publics exerçant des activités commerciales au sens de la loi n° 15-95.

Les transactions avec des entités non-résidentes ne disposant pas d'établissement stable au Maroc sont expressément exclues du champ d'application.

2.2 Personnes exclues — Seuil de 2 000 000 DH

Les personnes physiques ou morales dont le chiffre d'affaires annuel hors TVA est inférieur ou égal à 2 000 000 dirhams sont exclues de l'obligation. Cette exclusion, prévue au dernier alinéa de l'article 78-1, vise à protéger les micro-entreprises et TPE d'une charge administrative disproportionnée.

⚠ ATTENTION L'exclusion porte sur le statut de débiteur de l'amende. En revanche, les factures émises par ces entités envers des commerçants assujettis restent soumises aux délais légaux, dont le respect est à la charge de l'acheteur.

3. Délais de paiement légaux

3.1 Délais de droit commun (Art. 78-2)

L'article 78-2 fixe deux régimes de délai :

  • 60 jours : délai légal supplétif, applicable en l'absence de convention entre les parties. Ce délai court à compter de la date d'émission de la facture.
  • 120 jours maximum : délai conventionnel, librement négocié entre les parties mais plafonné. Tout accord prévoyant un délai supérieur est nul et réputé non écrit.

Le délai de 120 jours constitue un plafond absolu, même en présence d'un accord contractuel explicite. Le dépassement de ce seuil expose l'acheteur à l'amende pécuniaire, quel que soit le contenu du contrat.

3.2 Délais spécifiques à certains secteurs

Par dérogation aux délais susvisés, un décret peut fixer un délai n'excédant pas 180 jours pour certains secteurs professionnels, pris après avis du Conseil de la Concurrence. Cette dérogation est conditionnée à la conclusion d'accords sectoriels et à des études objectives tenant compte de la saisonnalité et des spécificités de chaque filière.

3.3 Calcul du point de départ du délai

Le délai de paiement commence à courir selon trois situations distinctes :

  • De la date d'émission de la facture, laquelle doit être émise au plus tard le dernier jour du mois de la livraison ou de la prestation. À défaut, le point de départ est la fin du mois de la livraison/prestation.
  • De la date de constatation du service fait (pour les établissements publics), telle que définie par les textes réglementaires en vigueur.
  • Du premier du mois suivant celui des transactions, pour les contrats à exécution périodique mensuelle (eau, électricité, téléphone, internet, location…).
📌 Précision pratique Lorsque l'échéance tombe un jour férié ou chômé légal, elle est reportée au premier jour ouvrable suivant. Cette disposition sécurise les droits des deux parties.

4. Sanction : l'amende pécuniaire

4.1 Principe et nature de l'amende

La loi n° 69-21 a profondément modifié la nature de la sanction applicable en cas de retard de paiement. L'ancienne indemnité de retard versée au fournisseur (art. 78-3 ancien) a été remplacée par une amende pécuniaire versée au Trésor. Ce changement marque le passage d'un mécanisme indemnitaire privé à une sanction administrative à caractère fiscal.

⚠ ATTENTION Contrairement à l'ancien régime, l'amende ne bénéficie plus au créancier impayé. Le fournisseur ne perçoit aucun montant à ce titre. La sanction est exclusivement une recette du Trésor Public.

4.2 Taux et base de calcul

1er mois de retard : Montant facture TTC × Taux directeur BAM
Mois supplémentaires : Montant facture TTC × 0,85 % par mois ou fraction de mois
Tout mois entamé est décompté entièrement — Base : montant TTC non payé — Arrondi au dirham supérieur

Le taux directeur de Bank Al-Maghrib (BAM) appliqué est celui en vigueur à la fin du premier mois de retard.

4.3 Suspension de l'amende

Lorsqu'une facture fait l'objet d'un litige porté devant les tribunaux, l'exécution de l'amende est suspendue jusqu'au prononcé d'un arrêt définitif ayant acquis la force de chose jugée. Toutefois :

  • Si l'arrêt confirme la dette, l'amende est due pour toute la période de suspension, sans préjudice des sanctions pour déclaration tardive (art. 78-6).
  • Si l'arrêt infirme la créance, l'amende versée spontanément est restituée à l'intéressé sur sa réclamation (art. 78-9).
  • Les règlements amiables sans recours judiciaire ne bénéficient pas de la suspension.

4.4 Cas particulier — Procédures collectives

En application de l'article 690 de la loi n° 15-95, l'ouverture d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire emporte de plein droit l'interdiction de payer toute créance née antérieurement au jugement d'ouverture. L'amende pécuniaire ne peut donc être due pour les factures antérieures à ce jugement.

5. Obligations déclaratives

5.1 Déclaration périodique — Principe

Toute personne physique ou morale dont le chiffre d'affaires annuel hors TVA dépasse 2 000 000 DH est tenue de déposer auprès de la DGI, par voie électronique, une déclaration des délais de paiement. Le régime de droit commun prévoit une déclaration trimestrielle, à déposer avant la fin du mois qui suit l'écoulement de chaque trimestre.

📌 Obligation inconditionnelle L'absence de factures non payées dans les délais ne dispense pas de l'obligation déclarative. La déclaration doit être souscrite dans tous les cas, même si son contenu est néant.

5.2 Contenu de la déclaration (Art. 78-4)

La déclaration comporte les éléments d'identification de l'entreprise (raison sociale, IF, ICE, RC), la période concernée, le chiffre d'affaires global HT, le montant total des factures non payées dans les délais, le montant de l'amende pécuniaire calculée, et le détail des factures litigieuses soumises à la justice.

5.3 État annexe — Visa obligatoire

La déclaration doit être accompagnée d'un état détaillé présentant, facture par facture, les données relatives aux retards constatés. Cet état doit obligatoirement faire l'objet d'un visa :

  • Par le commissaire aux comptes, si le chiffre d'affaires annuel est supérieur ou égal à 50 000 000 DH HT ;
  • Par un expert-comptable ou un comptable agréé, si le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 50 000 000 DH HT.

Même en l'absence de factures non payées dans les délais, cet état doit être visé et déposé. Le professionnel signataire doit engager toutes les diligences nécessaires pour s'assurer de la conformité et de l'exhaustivité des informations déclarées.

⚠ ATTENTION Le visa du commissaire aux comptes ou de l'expert-comptable engage la responsabilité professionnelle du signataire. Il convient de mettre en place une procédure de contrôle des délais de paiement dès le début de l'exercice, et non en fin de trimestre.

6. Sanctions pour infraction aux obligations déclaratives

6.1 Sanctions permanentes (Art. 78-6)

Le défaut ou le retard de dépôt de la déclaration et de ses annexes, ainsi que le défaut ou le retard de paiement de l'amende pécuniaire, sont passibles des sanctions fixes suivantes :

Chiffre d'affaires annuel HT (en dirhams) Montant de la sanction (en DH)
2 000 000 < CA ≤ 10 000 0005 000
10 000 000 < CA ≤ 50 000 00012 500
50 000 000 < CA ≤ 200 000 00050 000
200 000 000 < CA ≤ 500 000 000125 000
CA > 500 000 000250 000

Ces sanctions s'appliquent une seule fois au titre de l'infraction à l'obligation de déclaration et de versement pour une même période.

6.2 Déclaration insuffisante ou incomplète

Lorsque la déclaration est insuffisante ou incomplète, une amende distincte de 5 000 dirhams est appliquée pour chaque facture manquante ou inexacte. Cette amende est émise par ordre de recettes sans procédure contradictoire préalable.

6.3 Récidive

En cas de récidive constatée à l'issue d'un contrôle sur place, la sanction prévue à l'article 78-6, alinéa 1er, est portée au double. La récidive suppose un premier manquement constaté par procès-verbal et une nouvelle infraction dans la même période ou une période ultérieure.

7. Mesures transitoires — Application progressive

7.1 Calendrier d'entrée en vigueur selon le chiffre d'affaires

La loi n° 69-21 a prévu une entrée en vigueur progressive afin de permettre aux entreprises de s'adapter. Ce calendrier s'applique aux factures émises à compter des dates suivantes :

Date d'effet Chiffre d'affaires concerné (HT) Type de déclaration
1er juillet 2023CA > 50 000 000 DHTrimestrielle
1er janvier 202410 000 000 < CA ≤ 50 000 000 DHAnnuelle 2024 et 2025
1er janvier 20252 000 000 < CA ≤ 10 000 000 DHAnnuelle 2024 et 2025
1er janvier 2026CA > 2 000 000 DHTrimestrielle

7.2 Déclaration annuelle dérogatoire (2024 et 2025)

Par mesure transitoire, les personnes physiques ou morales dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur ou égal à 50 000 000 DH HT bénéficient, pour les années 2024 et 2025, d'un régime déclaratif annuel simplifié. Ces déclarations doivent être déposées respectivement :

  • Avant le 1er avril 2025, pour la déclaration relative à l'année 2024 ;
  • Avant le 1er avril 2026, pour la déclaration relative à l'année 2025.

7.3 Factures exclues provisoirement de l'amende

Les factures d'un montant inférieur ou égal à 10 000 DH TTC émises avant le 1er janvier 2025 sont exclues du champ de l'amende pécuniaire et ne doivent pas figurer dans les déclarations au titre des années 2023 et 2024. Cette exclusion est strictement temporaire et ne vaut pas pour les factures émises à compter du 1er janvier 2025.

7.4 Sanctions pour les années transitoires 2024 et 2025

CA annuel HT (en DH) Sanction (DH)
2 000 000 < CA ≤ 10 000 00020 000
10 000 000 < CA ≤ 50 000 00050 000

8. Recouvrement, contrôle et contentieux

8.1 Modalités de recouvrement

L'amende pécuniaire non versée spontanément, ainsi que les autres sanctions, sont émises par ordre de recettes et recouvrées conformément au Code de Recouvrement des Créances Publiques (CRCP — loi n° 15-97). Les majorations de recouvrement ne s'appliquent pas à l'amende pécuniaire de la loi n° 69-21.

8.2 Droit de contrôle de la DGI

La DGI dispose d'un droit de contrôle sur les déclarations déposées. Ce contrôle peut être exercé sur pièces ou sur place. En cas de contrôle sur place, la DGI doit aviser les entreprises au moins 15 jours avant la date fixée pour le début des opérations de vérification. En cas de refus de communication des documents, la sanction prévue à l'article 78-6 s'applique immédiatement, doublée en cas de récidive.

8.3 Procédure contradictoire

Les infractions constatées donnent lieu à l'établissement d'un procès-verbal dont copie est notifiée à l'entreprise concernée. Celle-ci dispose d'un délai de 30 jours pour présenter ses observations. À défaut de réponse ou en cas de réponse insuffisante, les sommes exigibles sont émises par ordre de recettes.

8.4 Prescription

L'action de l'administration en matière de délais de paiement se prescrit par cinq ans, par renvoi combiné à l'article 5 du Code de Commerce et à l'article 123 du CRCP.

8.5 Règlement des litiges (Art. 78-9)

Les entreprises contestant tout ou partie des sommes exigibles disposent d'un délai de six mois à compter du mois de l'émission de l'ordre de recettes pour adresser une réclamation au Ministre chargé des Finances ou à la personne déléguée par lui (DGI). En l'absence de réponse dans les trois mois, ou en cas de décision défavorable, le contribuable peut saisir le tribunal compétent dans les deux mois suivants.

8.6 Remises et modérations (Art. 78-10)

Le Ministre chargé des Finances — ou la personne déléguée — peut accorder des remises ou modérations sur l'amende pécuniaire et les autres sanctions. Cette faculté discrétionnaire est conditionnée au préalable règlement des factures ayant été à l'origine des amendes. Elle ne peut être accordée avant ce règlement.

9. Recommandations pratiques

9.1 Mise en conformité opérationnelle

Au vu de l'analyse approfondie de la Note Circulaire n° 734 et des textes législatifs afférents, les mesures suivantes sont recommandées aux entreprises assujetties :

Mise à jour des contrats Intégrer explicitement un délai de paiement convenu n'excédant pas 120 jours, avec une clause de pénalité conforme à la loi.
Paramétrage ERP / comptable Configurer Sage, Cegid, Odoo, etc. pour générer des alertes automatiques à J-15 de l'échéance légale ou conventionnelle.
Tableau de bord mensuel Mettre en place un suivi des délais fournisseurs et clients pour identifier en temps réel les factures à risque de dépassement.
Conservation des preuves Conserver les preuves de réception des factures et des bons de livraison signés, éléments déterminants pour établir le point de départ du délai.
Responsable interne dédié Désigner un interlocuteur DGI (contrôleur de gestion ou DAF) dédié à la gestion du dispositif de déclaration.

9.2 Calendrier déclaratif 2025–2026

Pour l'exercice en cours, le calendrier déclaratif à respecter est le suivant :

Tranche de CA (HT) Régime Période Échéance de dépôt Statut
CA > 50 000 000 DH HT Trimestriel Q1 2025 30 avril 2025 Passée
Q2 2025 31 juillet 2025 Passée
Q3 2025 31 octobre 2025 Passée
Q4 2025 31 janvier 2026 Passée
Q1 2026 → 30 avril 2026 (prochain)
2 000 000 < CA ≤ 50 000 000 DH HT Annuel Déclaration 2024 Immédiatement ⚠ À régulariser
Déclaration 2025 1er avril 2026 À venir
⚠ ATTENTION La déclaration annuelle de l'année 2024 (pour les entreprises à CA ≤ 50 MDHS) devait être déposée avant le 1er avril 2025. Les entreprises n'ayant pas encore satisfait à cette obligation s'exposent aux sanctions prévues à l'article 78-6 de la loi n° 15-95.

9.3 Articulation avec la clôture comptable

Dans le cadre de l'arrêté des comptes 2025, la vérification des délais de paiement fournisseurs constitue désormais une étape incontournable. Le commissaire aux comptes et l'expert-comptable ou le comptable agréé doivent, dans le cadre de leur mission, s'assurer de la cohérence entre les données comptables (comptes fournisseurs, dates de factures) et l'état annexe de la déclaration des délais de paiement. Cette vérification s'intègre naturellement dans les travaux de contrôle des transactions prévu à l'article 193 du CGI (seuil de 20 000 DH) et dans la revue des comptes fournisseurs (classe 4 — poste 441).

10. Exemple chiffré d'application

Soit un commerçant dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 50 000 000 DH HT (assujetti depuis le 1er juillet 2023) :

Date livraison Date facture Montant TTC Montant payé Date paiement Délai conv.
10/07/202317/07/20234 000 000 DH4 000 000 DH10/11/2023Aucun (60j)
23/08/202323/08/20236 000 000 DH6 000 000 DH10/12/202390 jours
Calcul des amendes
Facture 1 — Amende au 3ème trimestre 2023
Date limite de paiement : 17/07/2023 + 60 jours = 14/09/2023
La facture est payée le 10/11/2023, soit 1 mois de retard au T3 (septembre).
Amende T3 2023 : 4 000 000 × 3 % (taux BAM) = 120 000 DH — à verser avant fin octobre 2023.
Facture 2 — Pas de déclaration au T3
Date convenue : 23/08/2023 + 90 jours = 20/11/2023. L'échéance tombe au T4.
Aucune déclaration due au T3 pour cette facture.
Calcul au 4ème trimestre 2023 — les deux factures

Facture 1 (4 000 000 DH) — 2 mois de retard supplémentaires au T4 (octobre et novembre) :
Amende : 4 000 000 × 0,85 % × 2 = 68 000 DH

Facture 2 (6 000 000 DH) — payée le 10/12, soit 2 mois de retard (novembre et décembre) :
1er mois = taux BAM 3 % ; mois suivant = 0,85 %
Amende : 6 000 000 × (3 % + 0,85 %) = 231 000 DH
Total amende T4 : 68 000 + 231 000 = 299 000 DH — à verser avant fin janvier 2024

Conclusion

La loi n° 69-21 et la Note Circulaire n° 734 de la DGI marquent un tournant décisif dans la régulation des relations commerciales inter-entreprises au Maroc. Le passage d'une indemnité de retard privée à une amende fiscale administrée par la DGI confère à ce dispositif une puissance coercitive sans précédent. Les montants d'amende peuvent être considérables pour les grandes entreprises — jusqu'à 250 000 DH par infraction déclarative, auxquels s'ajoutent les amendes sur les montants des factures — et l'obligation de visa par un professionnel du chiffre engage directement la responsabilité des experts-comptables et commissaires aux comptes.

Les entreprises doivent dès à présent intégrer cette réglementation dans leur organisation interne, leur politique d'achat et leurs processus de clôture comptable.

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Arrêté des comptes 2025 au Maroc : guide complet de clôture comptable et audit

⚠️ Note légale : Ce guide est fourni à titre informatif et ne saurait se substituer à un conseil professionnel personnalisé. Les règles fiscales doivent être vérifiées au regard des textes officiels en vigueur. Le Cabinet CHY décline toute responsabilité pour toute décision prise sur la seule base de ce document.

Fondement Juridique de l'Arrêté des Comptes

1.1 Cadre légal applicable

L'arrêté des comptes est encadré par trois corps de règles cumulatives qui s'imposent à toute personne morale passible de l'IS au Maroc.

Droit des sociétésDroit comptableDroit fiscal
Loi 9-88 sur les obligations comptables. Loi 5-96 (SARL) et 17-95 (SA). Établissement et dépôt des comptes obligatoires. PV d'AGO requis. Plan Comptable Général Marocain (CGNC). 7 principes fondamentaux. États de synthèse annuels. CA ≤ 10 M DH : dispense ESG, TF, ETIC. CGI 2025 (LF n°60-24). Art. 20 IS : déclaration dans les 3 mois. Art. 82 IR. Détermination extra-comptable du résultat fiscal.

1.2 États de synthèse annuels — Cinq documents obligatoires (Art. 9 Loi 9-88)

DocumentObjetObligation
Bilan (BL)Situation patrimoniale à la clôture : actif, passif, capitaux propresTous
CPCCompte de Produits et Charges — mesure du résultat de l'exerciceTous
ESGÉtat des Soldes de Gestion — marges intermédiaires et capacité d'autofinancementCA > 10 M DH
TFTableau de Financement — variation des ressources et emploisCA > 10 M DH
ETICÉtat des Informations Complémentaires — notes et détailsCA > 10 M DH

1.3 Calendrier des travaux 2025-2026

ÉtapeDescriptionDélai
Clôture de l'exerciceArrêt des enregistrements comptables31/12/2025
Inventaire physiqueInventaire des actifs, créances et dettesFin déc. 2025
Balance avant inventaireÉdition de la balance provisoireJanv. 2026
RégularisationsProvisions, charges à payer, produits à recevoir, écarts de conversionJanv.–Fév. 2026
Balance après inventaireRésultat comptable provisoireFév. 2026
Passage fiscalRéintégrations, déductions, calcul IS et CSSFév.–Mars 2026
États de synthèseÉtablissement de la liasse fiscaleMars 2026
Déclaration IS + CSSDépôt électronique sur Simpl-IS≤ 31/03/2026
Remise au CACTransmission au commissaire aux comptes avant AGOAvant AGO
Approbation AGODélai légal : 6 mois après clôture≤ 30/06/2026
Dépôt au greffeÉtats de synthèse + PV AGO (SA/SARL)SARL : Dans le mois suivant AGO
SA : Dans les 2 mois suivant AGO
⚠️
Amende : De 10 000 à 50 000 DH en l'absence de dépôt au greffe dans le délai légal pour les SA et SARL (art. 263 et ss. loi 17-95 / loi 5-96).

Contrôle de la Balance — Revue par Classe

2.1 Classe 1 — Capitaux propres et assimilés

Capital social

Vérifier la concordance avec les PV d'AGE. Contrôler les augmentations/réductions de capital. Le capital doit être entièrement libéré : condition indispensable pour la déductibilité des intérêts des comptes courants d'associés (art. 10-II-A du CGI).

Affectation du résultat

Vérifier la conformité de l'affectation avec le PV d'AGO approuvant les comptes. Contrôler la retenue à la source (RAS) sur dividendes distribués.

⚠️
RAS dividendes 2025 : taux porté à 12,5% (art. 247 XXXVII-C CGI 2025). Ce taux sera ramené à 11,25% en 2026 puis à 10% en 2027.

Réserve légale

Prélèvement minimum de 1/20 (5%) sur le bénéfice diminué des pertes antérieures. Obligatoire jusqu'à ce que la réserve atteigne 1/10 (10%) du capital social pour la SA et 20% pour la SARL. Contrôler le calcul.

Subventions d'investissement

Reprise au CPC au même rythme que l'amortissement de l'immobilisation financée (ou sur 10 ans si non amortissable). Vérifier le tableau de suivi des reprises et la concordance avec les dotations aux amortissements.

Amortissements dérogatoires

Contrôler l'exactitude du calcul. La reprise de l'amortissement dérogatoire intervient généralement à partir de la moitié de la durée de vie du bien. Distinction impérative entre part économique (déductible) et part dérogatoire (réintégration/déduction selon l'exercice).

Écart de réévaluation

La réévaluation libre porte sur les immobilisations corporelles et financières (pas les incorporelles). L'écart est non distribuable et doit être incorporé au capital ou apuré par des pertes.

2.2 Classe 1 — Dettes de financement

Emprunts bancaires

Rapprocher le capital restant dû avec le tableau d'amortissement bancaire. Contrôler la séparation correcte part courante / long terme. Vérifier les intérêts courus non échus comptabilisés.

Crédit-bail (TAB 7 liasse)

Contrôler le tableau des biens en crédit-bail. Rapprocher les redevances avec les extraits de compte. Vérifier le traitement fiscal de la part non déductible pour les véhicules de tourisme (voir section III).

2.3 Classe 2 — Immobilisations et amortissements

▶️
NOUVEAUTÉ LF 2025 : Véhicules de tourisme — La valeur fiscalement déductible est plafonnée à 400 000 DH par véhicule (TTC), répartie sur 5 ans à parts égales (80 000 DH/an). Ancienne limite : 300 000 DH (remontant à 1994). Même plafond applicable pour le crédit-bail. — Réf. Art. 10-I-F-1°-b) CGI 2025
Catégorie d'immobilisationTaux usuelDurée
Bâtiments industriels5%20 ans
Bâtiments administratifs et d'habitation4%25 ans
Constructions légères10%10 ans
Matériel et outillage industriel10%10 ans
Matériel informatique / micro-informatique15%6-7 ans
Matériel de bureau et mobilier10% à 20%5-10 ans
Installations et aménagements10%10 ans
Matériel roulant (hors tourisme)20% à 25%4-5 ans
Véhicules de tourisme — taux fiscal minimum20%5 ans max

Amortissement dégressif (art. 10-III-C-1° CGI)

Option irrévocable. Applicable aux biens d'équipement. Coefficients : ×1,5 pour 3-4 ans / ×2 pour 5-6 ans / ×3 pour > 6 ans.

⚠️
L'amortissement dégressif est formellement exclu pour les immeubles (quelle que soit leur destination) et pour les véhicules de transport de personnes (art. 10-III-C-1° CGI).

Cessions d'immobilisations (TAB 10)

Vérifier la plus ou moins-value de cession. Contrôler le reversement de TVA si conservation < 60 mois pour les biens meubles (10 ans pour immeubles). Attention à la TVA sur les biens meubles d'occasion. Exiger un PV de retrait d'actif.

2.4 Classe 3 — Stocks

Méthode d'évaluation

CMUP ou FIFO. Tout changement de méthode doit être mentionné dans l'ETIC et traité de façon rétrospective (impact en report à nouveau).

Dépréciation des stocks

Identifier les stocks à rotation lente ou obsolètes. Valeur de réalisation < coût de revient : constituer une provision individualisée et justifiée. Vérifier le traitement fiscal (déductible si régulièrement constituée).

2.5 Classe 3 — Créances clients et comptes rattachés

Rattachement des produits

S'assurer que toutes les ventes dont le transfert de propriété est intervenu avant le 31/12/2025 sont comptabilisées (FAE : Factures à Établir). Contrôler les avoirs à émettre.

Provisions pour créances douteuses

Constituer des provisions pour dépréciation des créances en litige. La provision doit être individualisée et justifiée.

⚠️
Condition de déductibilité fiscale (art. 10-I-F-2° CGI) : Un recours judiciaire doit être engagé dans un délai de 12 mois suivant la constitution de la provision. À défaut, la provision est réintégrée fiscalement.

Créances en devises

Évaluer au cours de clôture du 31/12/2025. Comptabiliser l'écart de conversion-actif (perte latente) en charge déductible. L'écart de conversion-passif (gain latent) est un produit imposable.

2.6 Classe 4 — Fournisseurs et comptes rattachés

Factures non parvenues (FNP)

Rattacher à l'exercice toutes les livraisons reçues avant le 31/12/2025 même si la facture n'est pas encore reçue. Contacter les fournisseurs clés pour obtenir un état des livraisons.

Justification des achats (art. 11-III CGI)

Toute charge sans facture régulière est réintégrée fiscalement. La facture doit comporter obligatoirement : identité du vendeur, IF, TP, ICE, date, nature, quantité, prix, références de paiement.

Contrôle des paiements en espèces (art. 11-II CGI)

⚠️
Limite déductibilité espèces : 5 000 DH par jour et par fournisseur, sans dépasser 50 000 DH par mois et par fournisseur. Au-delà, la dépense n'est pas déductible. Exception : animaux vivants et produits agricoles non transformés entre non-commerçants. — Réf. Art. 11-II CGI 2025

Délais de paiement fournisseurs

La législation sur les délais de paiement impose de provisionner les pénalités de retard éventuelles. Attention : les indemnités de retard régies par la loi n°32-10 ne sont PAS des amendes au sens de l'art. 11-I CGI et restent déductibles.

2.7 Classe 4 — Comptes courants d'associés (CCA)

Conditions de déductibilité des intérêts (art. 10-II-A CGI)

ConditionContrôle à effectuer
Capital entièrement libéréComparer le capital libéré effectif avec le capital social souscrit — aucune fraction non libérée tolérée
Montant CCA ≤ capital socialLa base portant intérêts ne peut dépasser le montant du capital social (toutes avances associés confondues)
Taux ≤ taux BAM BT 6 mois (N-1)Taux fixé annuellement par arrêté du Ministre des Finances. 2,74% pour 2025 — 2,15% pour 2026

2.8 Classe 4 — Dettes fiscales

IS et Cotisation Minimale

Contrôler le correct enregistrement des 4 acomptes provisionnels versés au titre de l'exercice 2025 (31/03, 30/06, 30/09, 31/12). La différence entre l'IS dû et les acomptes constitue le reliquat à verser avec la déclaration.

TVA et taxes locales

Vérifier le bouclage du compte TVA déductible / TVA facturée. Confirmer que le solde correspond à la dernière déclaration déposée. Provisionner les rôles de taxe professionnelle, TSC, et taxe des services communaux non encore reçus.

2.9 Classe 4 — Personnel et organismes sociaux

Salaires à payer

Rattacher les salaires de décembre 2025 versés en janvier 2026. Contrôler la concordance avec les journaux de paie (compte 6171) et les déclarations CNSS et IR.

Provisions à constater

Congés payés acquis non pris au 31/12/2025 (déductible si individualisé et certain). Provisions pour primes, bonus, commissions de l'exercice non encore versés. ICNE à payer sur emprunts.

2.10 Classe 5 — Trésorerie

Rapprochements bancaires

Établir un état de rapprochement pour chaque compte bancaire au 31/12/2025. Analyser les chèques en circulation et dépôts en transit. S'assurer que les soldes créditeurs bancaires sont reclassés en trésorerie passive.

Comptes de régularisation

Comptabiliser les charges constatées d'avance (CCA) et les produits constatés d'avance (PCA). Comptabiliser les intérêts sur effets escomptés non échus, les agios et frais de fin de période non reçus.

Aspects Fiscaux de la Clôture — IS 2025

3.1 Schéma de passage au résultat fiscal (art. 8 CGI)

Le résultat fiscal est déterminé extra-comptablement à partir du résultat net comptable selon le schéma suivant :

= Résultat Net Comptable (avant IS)
+ Réintégrations fiscales (charges non déductibles comptabilisées dans le RNC)
Déductions fiscales (produits non imposables dans le RNC)
= Résultat Brut Fiscal
Reports déficitaires imputés (art. 12 CGI)
= Résultat Net Fiscal
IS exigible = Max (Cotisation Minimale ; Taux IS × Résultat Net Fiscal)

3.2 Réintégrations fiscales — CGI 2025

Charge réintégréeBase légaleRègle 2025
Amendes, pénalités et majorations (infractions légales, fiscales, sociales, changes, prix…)Art. 11-I CGINon déductibles — SAUF indemnités de retard payés aux fournisseurs (loi 32-10)
Dépenses en espèces : > 5 000 DH/jour/fournisseur ou > 50 000 DH/mois/fournisseurArt. 11-II CGIFraction excédentaire non déductible + amort. correspondants
Achats, travaux, prestations sans facture régulière (manque IF, TP, ICE, prix…)Art. 11-III CGINon déductibles (possibilité de régularisation en cours de contrôle)
Libéralités et avantages sans contrepartie commercialeArt. 11-IV CGINon déductibles
CSS (Contribution Sociale de Solidarité) comptabilisée en chargeArt. 11-IV CGINon déductible (art. 11-IV al. 3 CGI)
Amortissement véhicule tourisme > 80 000 DH/an (20% × 400 000 DH)Art. 10-I-F-1°-b) CGIFraction excédant 80 000 DH/an réintégrée
Redevance CBL véhicule tourisme : part > plafond 400 000 DH × 20% / 12 moisArt. 10-I-F-1°-b) CGIPart excédentaire non déductible
Intérêts CCA : capital non libéré ou montant > capital ou taux > arrêté BAMArt. 10-II-A CGIFraction non conforme réintégrée
Provisions irrégulièrement constituées (non individualisées, sans recours judiciaire)Art. 10-I-F-2° CGINon déductibles
Gains de change latents / Pertes de change latentesCGNC/CGIGains imposables / Pertes déductibles. Réintégrer ECP au niveau du tableau de passage.

3.3 Déductions fiscales — CGI 2025

DéductionBase légaleCondition / Plafond
Fraction d'amortissement réintégrée antérieurement (si reprise en comptabilité)Art. 10 CGIEn fin de période ou lors de la cession
Dégrèvements sur impôts non déductibles (IS, taxes restituées)Art. 10 CGIExercice de notification du dégrèvement
Dividendes et produits de participation (sociétés IS)Art. 6-I-C-1° CGIAbattement 100% sur montant brut reçu
Profits latents de change de l'exercice N-1 (réalisés en N)CGNC / CGISi imposables en N-1 et réalisés en N
Déficits d'exploitation reportables (y compris dotations des Immobilisations en NV)Art. 12 CGI4 exercices maximum
Déficits correspondant à des amortissements régulièrement comptabilisésArt. 12 al. 2 CGIReportables sans limite de temps

3.4 Déficits reportables — Règles CGI 2025 (art. 12)

L'art. 12 du CGI distingue deux catégories de déficits avec des règles de report différentes. Il est impératif de tenir un tableau de suivi individualisé par exercice d'origine.

Catégorie de déficitRègle de reportOrdre d'imputation
Déficit d'exploitation (charges non amortissables)Report limité à 4 exercices suivant l'exercice déficitaireÀ imputer EN PREMIER pour ne pas perdre le droit à 4 ans
Déficit lié aux amortissements régulièrement comptabilisésReportable sans limitation de duréeÀ imputer après les déficits d'exploitation limités
EXCEPTION : Amortissements en non-valeurs (frais préliminaires, etc.)Report limité à 4 ans seulement (comme exploitation)Traité comme déficit d'exploitation

3.5 Barème IS 2025 — Taux transitoires (art. 247 XXXVII-A CGI)

Dans le cadre de la réforme fiscale (Loi-cadre n°69-19 et LF n°50-22), les taux IS font l'objet d'une convergence progressive vers un barème unifié. Les taux applicables pour l'exercice ouvert à compter du 1er janvier 2025 sont les suivants :

Catégorie / Tranche de bénéfice net202320242025 ⭐2026
Bénéfice net ≤ 300 000 DH12,5%15%17,5%20%
Bénéfice net 300 001 à 1 000 000 DH20%20%20%20%
Bénéfice net 1 000 001 à 100 000 000 DH28,25%25,5%22,75%20%
Bénéfice net ≥ 100 000 000 DH32%33%34%35%
Établissements de crédit, BAM, CDG, assurances/réassurances37,75%38,5%39,25%40%
Sociétés activité industrielle BNF < 100 M DH24,5%23%21,5%20%
ZAI / Casablanca Finance City (services)16,25%17,5%18,75%20%
⚠️
Les taux ci-dessus sont des taux transitoires. Les sociétés ayant réalisé un bénéfice net ≥ 100 M DH au cours d'au moins un exercice de la période 2023-2026 ne peuvent bénéficier d'un taux inférieur pour les exercices suivants, même si le BNF redescend en-dessous du seuil. — Réf. Art. 247 XXXVII-A CGI 2025

3.6 Cotisation Minimale (CM) — Art. 144 CGI 2025

La CM est un minimum d'imposition dû même en l'absence de bénéfice. L'IS exigible est le maximum entre l'IS théorique et la CM.

ParamètreRègle CGI 2025
Taux général CM (IS et IR/RNR)0,25% de la base
Taux réduit — produits pétroliers, gaz, beurre, huile, sucre, farine, eau, électricité, médicaments0,15% de la base
Taux spécifique professions libérales IR4% de la base
Minimum absolu IS (même en l'absence de CA)3 000 DH
Minimum absolu IR/RNR et IR agricole1 500 DH
Exonération CM (sociétés IS)36 premiers mois d'exploitation (60 mois max après constitution)
ℹ️
Base de calcul CM inclut : Chiffre d'affaires ; Subventions d'exploitation ; Autres produits d'exploitation ; Produits des titres de participation ; Gains de change ; Intérêts courus ; Subventions d'équilibre ; Autres produits non courants.
Éléments exclus : Variation des stocks ; Immobilisations produites par l'entreprise pour elle-même ; Reprises d'exploitation & transferts de charges ; Produits de cession d'immobilisations ; Reprises sur subventions d'investissement ; Reprises non courantes & transferts de charges.
▶️
NOUVEAUTÉ LF 2025 : Le taux de CM est de 0,25% (ramené de 0,50% depuis la LF 2019). Le minimum absolu de 3 000 DH demeure inchangé.

3.7 Contribution Sociale de Solidarité (CSS) — Art. 267 à 273 CGI

La CSS est une contribution distincte de l'IS, non déductible du résultat fiscal (art. 11-IV CGI). Elle s'applique aux sociétés dont le bénéfice net est ≥ 1 000 000 DH.

Tranche de bénéfice net (DH)Taux CSS
D'un million à moins de 5 millions DH1,5%
De 5 millions à moins de 10 millions DH2,5%
De 10 millions à moins de 40 millions DH3,5%
De 40 millions DH et plus5% (taux maximal)
⚠️
ATTENTION : La CSS est à réintégrer systématiquement dans le tableau de passage (TAB 3) car elle ne peut être déduite du résultat fiscal. Ne pas oublier de la provisionner au 31/12/2025 si le BNF provisoire est ≥ 1 M DH.
Période d'application : exercices 2022, 2023, 2024 et 2025 (art. 273 CGI). Déclaration électronique et paiement dans les 3 mois suivant la clôture (≤ 31/03/2026).
LDF 2026 : Reconduction de la CSS jusqu'en 2028.

3.8 Retenue à la source sur dividendes — Art. 247 XXXVII-C CGI

Période de distributionTaux RASTaux net reçuObservation
Distributions à compter du 01/01/202512,5%87,5%ÉCHELLE 2025
Distributions à compter du 01/01/202611,25%88,75%
Distributions à compter du 01/01/202710%90%Taux cible final
ℹ️
Exonération inter-sociétés : Les dividendes distribués par une société IS à une autre société IS marocaine restent exonérés de RAS sous condition de fourniture d'une attestation de propriété de titres avec IF. Ces dividendes sont compris dans les produits financiers avec abattement de 100% (art. 6-I-C-1° CGI).
📊 Chiffres Clés & Échéances — Exercice 2025
⏰ Échéances fiscales 2026
IR Salaires (9421)28/02/2026
Déclaration IS31/03/2026
Déclaration CSS31/03/2026
1er acompte IS31/03/2026
Approbation AGO30/06/2026
Dépôt au greffeDans le mois/AGO
📊 Taux IS 2025 (taux transitoires)
17,5%
BNF ≤ 300K DH
20%
300K–1M DH
22,75%
1M–100M DH
34%
≥ 100M DH
CM : 0,25% de la base — Min. absolu IS : 3 000 DH
💰 RAS dividendes & CSS 2025
12,5%
RAS dividendes 2025 (→ 10% en 2027)
CSS — Barème 2025
BNF 1M–5M DH1,5%
BNF 5M–10M DH2,5%
BNF 10M–40M DH3,5%
BNF ≥ 40M DH5%

Comptes Annuels et Déclarations Fiscales

4.1 Tableaux de la liasse fiscale IS (déclaration art. 20 CGI)

N° Tab.IntituléObligation
TAB 1Bilan (Actif) — avec séparation terrain/construction obligatoireTous
TAB 2Bilan (Passif)Tous
TAB 3Passage du résultat net comptable au résultat net fiscal (IS et CSS)Tous
TAB 4Tableau des immobilisations (hors financières)Tous
TAB 5État des Soldes de Gestion (ESG)CA > 10 M DH
TAB 6Détail des postes du CPCTous
TAB 7Tableau des biens en crédit-bail (avec col. Déduction fiscale)Si CBL
TAB 8Tableau des amortissementsTous
TAB 9Tableau des provisionsTous
TAB 10Plus ou moins-values sur cessions / retraits d'immobilisationsSi cession
TAB 11Tableau des titres de participationSi participations
TAB 12Détail de la TVA — rapprochement CA IS/CPC et CA TVA déclaréTous
TAB 13État de répartition du capital socialTous
TAB 14État d'affectation des résultatsTous
TAB 15Déclaration du résultat fiscal et de l'IS (+ acomptes)Tous
TAB 16Tableau des dotations aux amortissementsTous
TAB 19Tableau des locations et charges locativesSi locations
ℹ️
Contrôles DGI en télé-déclaration : La DGI effectue des contrôles automatiques de cohérence inter-tableaux (TAB 3 vs TAB 7/8/16, CA CPC vs TAB 12 TVA, écarts rémunérations vs déclarations sociales). Vérifier ces rapprochements AVANT dépôt (art. 221 bis CGI).

4.2 Délais de dépôt 2026

Obligation déclarativeDélai / Échéance
Déclaration IS (art. 20 CGI)≤ 31/03/2026
Déclaration CSS (art. 270 CGI)≤ 31/03/2026
Acomptes IS (art. 169 CGI)31/03, 30/06, 30/09, 31/12
Déclaration TVA mensuelleFin du mois suivant
IR / Traitements et salaires (9421)≤ 28/02/2026
Déclaration dépôt au greffe (SA/SARL)SARL : Dans le mois suivant l'AGO
SA : Dans les 2 mois suivant l'AGO

4.3 Nouveautés LF 2025 (Loi n°60-24) — Synthèse

Mesure LF 2025Ancienne règleNouvelle règle 2025
Plafond amort. véhicules tourisme (art. 10-I-F)300 000 DH (depuis 1994)400 000 DH — soit 80 000 DH/an max
Plafond CBL véhicules tourisme300 000 DH400 000 DH × 20% = 80 000 DH/an
RAS dividendes distribués15% (régime antérieur)12,5% en 2025 → 11,25% 2026 → 10% 2027
Barème IS — tranche ≤ 300 000 DH15% (2024)17,5% en 2025 → 20% en 2026
Barème IS — tranche 1M-100M DH25,5% (2024)22,75% en 2025 → 20% en 2026
Barème IS — BNF ≥ 100 M DH33% (2024)34% en 2025 → 35% en 2026
Barème IR (art. 73 CGI)Ancien barèmeNouveau barème à 6 tranches (40k exon.)
Connexion DGE / Simpl obligatoireProgressiveAdresse électronique prestataire de confiance
CSS — Dernière année d'application2022 à 20242025 inclus (art. 273 CGI) — à provisionner

4.4 Nouveau barème IR 2025 (art. 73-I CGI, modifié par art. 8 LF n°60-24)

Ce barème impacte les entreprises individuelles, les associés de SNC/SCS non IS, et les gérants majoritaires dans certaines configurations.

Tranche de revenu annuel imposable (DH)Taux IR 2025Observation
Jusqu'à 40 000 DHExonéréeSeuil relevé (LF 2025)
De 40 001 à 60 000 DH10%
De 60 001 à 80 000 DH20%
De 80 001 à 100 000 DH30%
De 100 001 à 180 000 DH34%
Au-delà de 180 000 DH37%Taux marginal

4.5 Contrôle des transactions — Art. 193 CGI (seuil 20 000 DH)

Tout règlement d'une transaction d'un montant égal ou supérieur à 20 000 DH entre contribuables professionnels doit obligatoirement être effectué par chèque barré non endossable, effet de commerce, moyen magnétique de paiement, virement ou dépôt bancaire, procédé électronique ou compensation.

⚠️
Sanction art. 193 CGI : amende de 6% du montant de la transaction effectuée en espèces. Ce seuil de 20 000 DH concerne les sanctions sur le vendeur/prestataire. À distinguer du seuil de déductibilité fiscale de l'art. 11-II (5 000 DH/jour).

Check-list de Clôture — Cabinet El-Housny Youssef

A. Travaux préliminaires et organisation

Confirmer la date de clôture et réunir les interlocuteurs clés (DAF, gérant, CAC)
Lancer les demandes de confirmation bancaires et tiers significatifs
Organiser et superviser l'inventaire physique des stocks (date, équipes, fiches de comptage)
Obtenir et pointer tous les relevés bancaires au 31/12/2025
Recenser les contrats significatifs : crédit-bail, emprunts, assurances, baux
Identifier les événements post-clôture (avant AGO) à mentionner dans l'ETIC
Vérifier le compte fiscal du contribuable sur Simpl.tax

B. Bilan — Contrôles clés

Rapprochement des immobilisations : entrées/sorties/amortissements (TAB 4 vs grand-livre)
Séparation terrain / construction dans TAB 4 (exigé par DGI)
Vérifier que tous les biens mis en service avant 31/12 sont amortis
Contrôler le traitement fiscal des véhicules tourisme : plafond 400 000 DH (LF 2025)
Valider le tableau de suivi des crédits-baux (TAB 7) : plafond 400 000 DH × 20%
Pointer les stocks : concordance inventaire physique / comptabilité / TAB 6
Analyser les créances clients > 6 mois : provisions à constituer avec recours judiciaire
Vérifier les comptes courants d'associés : capital libéré ? montant ? taux MAX ?
Rapprochements bancaires finalisés pour tous les comptes (y compris soldes créditeurs)
Contrôler les soldes inter-compagnies et associés

C. CPC — Contrôles clés

Comptabiliser les FAE (factures à établir) et produits à recevoir
Enregistrer les FNP (factures non parvenues) et charges à payer
Constituer les provisions pour risques et charges (litiges, garanties…)
Comptabiliser les ICNE (intérêts courus non échus) sur emprunts et CCA
Provisionner les congés payés non pris et primes/bonus de l'exercice
Rattacher les CCA / PCA (charges et produits constatés d'avance)
Enregistrer les écarts de conversion actif (charge) et passif (produit imposable)
Enregistrer la dotation aux amortissements (vérifier taux, base, première année prorata)
Provisionner la CSS si BNF provisoire ≥ 1 000 000 DH (taux 1,5% à 5%)

D. Passage fiscal et calcul IS 2025

Réintégrer toutes les charges non déductibles (amendes, libéralités, IS, CSS, etc.)
Vérifier les dépenses en espèces : > 5 000 DH/jour/fourn. ou > 50 000 DH/mois/fourn.
Calculer la réintégration véhicules tourisme : base réelle – 400 000 DH (plafond LF 2025)
Vérifier les conditions CCA (capital libéré, plafond capital, taux BAM)
Contrôler les provisions : déductibilité (recours judiciaire dans 12 mois pour créances)
Appliquer le bon taux IS 2025 (taux transitoire selon tranche : 17,5% / 20% / 22,75% / 34%)
Calculer la CM : 0,25% × base (CA HT + prod. financiers + subv.) — min 3 000 DH
IS dû = Max (IS théorique ; CM) — déduire les acomptes versés
Calculer et comptabiliser la CSS si BNF ≥ 1 000 000 DH (ne pas oublier la réintégration)
Traiter les déficits reportables : imputer en priorité la fraction à 4 ans

E. Liasse fiscale et déclarations 2026

Renseigner TAB 3 : passage RC au RF (IS et CSS séparément si possible)
Vérifier la cohérence TAB 8 (amortissements) vs TAB 16 vs grand-livre
Vérifier TAB 9 (provisions) vs grand-livre
Renseigner TAB 7 (CBL) avec plafond 400 000 DH (LF 2025)
Rapprochement CA TAB 12 TVA vs CA CPC — justifier tout écart
Compléter TAB 13 (capital), TAB 14 (affectation N-1 validée AGO)
Préparer TAB 15 : résultat fiscal, IS, acomptes, reliquat ou excédent
Déclarer la CSS dans les 3 mois (≤ 31/03/2026) par procédé électronique
Déposer la déclaration IS via Simpl.tax (≤ 31/03/2026)
Préparer les déclarations TVA, IR salaires (28/02), TP (31/01), CNSS (31/01)
Dépôt au greffe après AGO (dans le mois suivant) — justifier les RAS dividendes 12,5%

© CABINET EL HOUSNY YOUSSEF -CHY-

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